LE PAVOT : FLEUR DU SOMMEIL ET DU REVE, FLEUR LUNAIRE, FLEUR CANCER

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 13-07-2009

Dans le symbolisme éleusinien, « le pavot que l’on offre à Déméter symbolise la terre, mais représente aussi la force de sommeil et d’oubli qui s’empare des hommes après la mort et avant la renaissance ». La terre est, en effet, le lieu où s’opèrent les transmutations : naissance, mort et oubli, résurgence. On comprend que le pavot soit l’attribut de Déméter, avec qui il s’identifie symboliquement.

fleur-de-pavot

Le pavot somnifère ou pavot à opium (Papaver somniferum), appelé également « pavot des jardins », est une espèce de plante herbacée annuelle de la famille des Papaveraceae, originaire d’Europe méridionale et d’Afrique du Nord. Connue pour ses propriétés psychotropes, elle est aussi cultivée à des fins ornementales ou alimentaires.Toutes les variétés de Papaver somniferum contiennent des alcaloïdes opiacés dont les plus connus sont la codéine et la morphine. Cette dernière, outre la production à but thérapeutique pour ses effets analgésiques, fait l’objet d’un trafic illicite essentiellement destiné à sa transformation en un opiacé synthétique : l’héroïne.

On distingue deux variétés de pavot somnifère :

 

 

  • Papaver somniferum – le pavot blanc ou Pavot à opium. Fleurs à corolles blanches et à fruit indéhiscent, c’est-à-dire dont les graines ne peuvent être libérées sans destruction du fruit, contenant des graines d’un blanc jaunâtre. C’est plus spécifiquement de cette variété que l’on extrait le latex afin de confectionner l’opium.
  • Papaver somniferum – le pavot noir, œillette ou encore pavot bleu, cultivé pour ses graines. Fleurs à corolles d’un rouge violacé et à fruit déhiscent, c’est-à-dire dont les capsules présentent, sur le bord du plateau stigmatique, des pores, s’ouvrant lorsque le fruit se dessèche, et par lesquels les graines sont libérées, contenant des graines gris-bleu-ardoisé.

le-pavot3

Toutes les variétés de Papaver somniferum contiennent des alcaloïdes opiacés dont les plus connus sont la codéine et la morphine. Cette dernière, outre la production à but thérapeutique pour ses effets analgésiques, fait l’objet d’un trafic illicite essentiellement destiné à sa transformation en un opiacé synthétique : l’héroïne.

pavot_roseC’est une plante annuelle herbacée dont la tige peut atteindre jusqu’à 1,5 mètre. Les fleurs peuvent être blanches, mais elles sont le plus souvent lilas (rose sale), avec un centre violet foncé. La capsule, ronde et grosse, contient de très nombreuses graines.

Contrairement aux idées reçues, le pavot somnifère ne se rencontre pas que dans les montagnes asiatiques. Ce pavot est également assez commun en Europe, fréquentant les mêmes terrains calcaires que le coquelicot : ce sont des plantes dites calcicoles. Il est probablement originaire des régions comprises entre la Méditerranée orientale et l’Asie mineure.

L’histoire du pavot à travers les siècles

Le pavot à opium est connu depuis des milliers d’années. Des graines et des capsules ont été retrouvées dans des habitats néolithiques et paléolithiques européens datant de 5 000 ans avant notre ère, ce qui a permis aux anthropologues d’assurer que cette plante a très tôt été reconnue pour ses qualités psychotropes. Quant à la domestication du pavot, elle remonte au VIe millénaire avant Jésus-Christ. Dans une grotte funéraire à Albunol près de Grenade, en Espagne, des archéologues ont daté au carbone 14 des objets ayant servi à brûler de l’opium, aux environs de 4 200 avant Jésus-Christ. Quant au plus ancien témoignage écrit sur le pavot, il remonte à 3 000 ans avant Jésus-Christ. Il s’agit d’une tablette d’argile retrouvée à Nippour, capitale sumérienne. L’inscription cunéiforme, qui y est gravée, évoque la récolte matinale du suc du pavot, que les Sumériens, mais également les Babyloniens, qualifiaient de « plante de la joie ». D’ailleurs des vestiges du néolithique laissaient déjà à penser que des cultures de pavot somnifère se trouvaient à proximité des villages.

Ce même pavot était également largement utilisé dans l’ancienne Egypte, notamment par les Pharaons, non seulement à des fins thérapeutiques, mais également pour ses propriétés psychotropes. Sur le papyrus d’Ebers, environ 1552 avant Jésus-Christ, on trouve même une inscription relative à l’usage du pavot pour arrêter les cris des bébés. Bien que les Perses ne semblent pas avoir été de grands consommateurs d’opium, celui-ci figure dans un texte persan du IXe siècle avant Jésus-Christ.

nimrud-stele5L’image de la capsule du pavot fut un attribut des dieux, bien avant que l’opium soit extrait de son latex laiteux. Si vous visitez le Metropolitan Museum de New York, dans la galerie des reliefs assyriens, on remarque une divinité ailée provenant d’un palais d’Assurnazirpal II à Nimrud, datée de 879 avant Jésus-Christ. Elle porte un bouquet de capsules de pavot, que le musée qualifie étonnamment de « grenades ».

Dans la Grèce antique et pendant des siècles, l’opium fut un objet de commerce du fait de ses qualités sédatives. Il figurait même sur des monnaies et la déesse Déméter était représentée avec des plants de pavots dans les mains. A l’époque, on l’appelait  « opion » ou « jus de pavot ». C’est d’ailleurs par son nom latinisé d’opium que déjà les médecins mettaient en garde contre les abus potentiels de ce « jus de pavot ». Le Népenthès, boisson procurant l’oubli de tous les chagrins, est décrit par Homère dans l’Odyssée. Il contenait vraisemblablement de l’opium de même que le « Soma » de l’Inde antique.  Il avait été probablement introduit en Inde par les armées d’Alexandre Le Grand trois siècles avant notre ère, mais sa culture ne s’y est développée que vers le IXe siècle.

« Le sommeil, ayant fermé leurs paupières, fait oublier à tous les hommes les biens et les maux ». Homère  (L’Odyssée)

C’est dans la Rome antique, au 1er siècle de notre ère, qu’on trouve la première description scientifique de l’opium qu’en fait Dioscoride. Un peu plus tard, Pline l’Ancien signalait ses propriétés analgésiques et antidiarrhétiques. L’opium était d’ailleurs largement consommé dans la Rome impériale, pas seulement pour ses propriétés thérapeutiques, puisqu’en l’an 312 il y existait près de 800 magasins vendant de l’opium et que son prix, modique, était fixé par décret par l’Empereur. La récolte y était faite par scarification des capsules comme c’est encore le cas aujourd’hui.

Les Arabes utilisaient également l’opium, tant pour ses propriétés thérapeutiques que pour le plaisir et ils contribuèrent à le faire connaître dans tout l’ancien monde, notamment en Inde après les conquêtes musulmanes. Sous le règne des Grands Moghols, empereurs musulmans des Indes du XVIe au XVIIe siècle, la culture du pavot et le commerce de l’opium devinrent monopole d’Etat. L’opiophagie se développa alors, puis l’habitude de le fumer, importée de Java ou de Formose.

champ-de-pavotsCependant, à la fin du XIIIe siècle, Marco Polo observa ces champs de pavot dans le Badakhashan, région du Nord de l’Afghanistan, où se trouvent encore aujourd’hui de nombreuses plantations. L’usage de l’opium se poursuivit au Moyen Age à travers différentes préparations médicamenteuses, dont le laudanum, qu’on appelait aussi « teinture d’opium ». C’était une solution d’opium en alcool. Au XVIIIe siècle, la Chine fait état d’un phénomène abusif de sa consommation. En 1729, l’Empereur de Chine interdit les importations d’opium pour cette raison, en vain. 

Au XVIIe siècle, en Europe, l’Anglais Thomas Sydenham étudia l’action de l’opium et mit au point une nouvelle formulation du laudanum. Cette drogue opiacée, la première à répondre à une formulation précise, avait été inventée par Paracelse un siècle plus tôt. « Sans l’opium, la médecine serait manchote et bancale » écrivit Sydenham qui en consommait lui-même de grandes quantités. D’importants personnages politiques comme Pierre le Grand, Frédéric II, Catherine de Russie, Richelieu et même Louis XIV et bien d’autres encore en consommaient tous les jours, de même que plus tard de nombres artistes intellectuels tels Goethe, Shelley, Coleridge, ou Goya… L’Eglise condamnera le pavot et ses usages qui resteront alors confinés dans les secrets des sorciers et des guérisseurs.

Si l’opium a été pendant des siècles l’un des médicaments les plus importants de la pharmacopée en raison de ses multiples propriétés physiologiques, l’abus d’opium à grande échelle en Europe est apparu au XVIIIe siècle en Angleterre, d’abord sous forme du Laudanum de Sydenham utilisé comme apéritif, puis sous forme de pilules d’opium brut vendues dans les pharmacies. Au XIXe siècle, des milliers d’ouvriers en consommaient en Grande-Bretagne tandis que l’habitude de fumer le chandou se développait en France.

En 1916 il y avait environ 1 200 fumeries d’opium clandestines à Paris.  C’est à partir de l’opium qu’au début du XIXe siècle l’Allemand Friedrich Sertürner isola la morphine, premier alcaloïde obtenu sous forme chimiquement pure. A partir de la morphine, fut ensuite fabriquée l’héroïne.

Au XIXe siècle, on connaîtra même des guerres de l’opium, sorte de trafic depuis l’Inde vers la Chine, organisé particulièrement par les Britanniques. C’est ainsi qu’ils obtinrent, après la première guerre de l’opium, la concession exclusive du port de Hong Kong, ainsi commença ce que les Chinois nommèrent « le siècle de la honte ». C’est à la suite de la seconde guerre de l’opium que son importation fut de nouveau légalisée en Chine à la grande indignation des ligues de tempérance américaines, d’où découlera la future politique de prohibition des drogues.

Composition et décomposition de l’opium capsule-de-pavot1

Il  s’écoule des capsules de pavot préalablement incisées. Ce latex est utilisé par l’industrie pharmaceutique. Il contient des alcaloïdes : morphine, codéine et thébaïne. Il est malheureusement également utilisé, illégalement, pour produire des stupéfiants et notamment l’héroïne, synthétisée chimiquement à partir de la morphine.

Dans les temps anciens, les décoctions de pavot était déjà en usage. C’était un remède traditionnel dans les zones où cette plante était cultivée. Elle était d’ailleurs particulièrement recherchée pour ses vertus sédatives.

L’Afghanistan est le premier producteur mondial d’opium depuis 1991, devant la Birmanie et le Laos, qui vient de perdre sa troisième place au profit du Mexique. La production afghane avait pratiquement entièrement été supprimée par les Talibans en 2000-2001, mais elle a repris de plus belle après leur chute : avec le record historique de production de 8 200 tonnes en 2007. C’est donc 93 % de la production illicite mondiale estimée par les Nations Unis que produit ce pays.  Il existe toutefois une production licite du pavot pour la production de morphine à usage pharmaceutique et, accessoirement, pour celle de graines de pavot destinées à la cuisine.

Le pavot dans la cuisine

Les graines de pavot sont très riches en vitamine B1. Elles contiennent également de la lécithine, des protéines et plus de 50 % d’une huile grasse, l’huile d’œillette. Elles entrent dans la composition du pain de pavot.

pains-de-pavot1Ces graines sont souvent utilisées en cuisine dans les pays d’Europe Centrale et d’Europe de l’Est. Elles servent à  aromatiser les pains et les pâtisseries. Ce pain de pavot est consommé couramment dans les régions slaves et germaniques, mais également en Alsace. Souvent, on les écrase et on les cuit dans du lait et du miel pour en fourrer des gâteaux.

Dans les régions méditerranéennes, et notamment en Languedoc, les jeunes feuilles de pavot étaient autrefois consommées comme la laitue. Notez d’ailleurs que la laitue est une salade que l’on recommande de consommer le soir pour ses qualités sédatives. Elle est elle-même sous l’influence de la Lune et du Cancer.

Le pavot et Mythologie  

Dans l’oeuvre d’Evelyn de Morgan, Nyx, la nuit, et Hypnos, le sommeil, distribuent des fleurs de pavot aux hommes.

nyx-nuit-et-hypnos-sommeil-distribuant-les-fleurs-de-pavot-sur-les-hommes-evelyn-de-morgan2

C’est peut-être aussi Junon emmenant Hypnos, le dieu du sommeil, tapis dans son ombre, pour qu’il prodigue le sommeil aux mortels en les touchant de la branche d’un pavot qu’il tient ou en les éventant de ses ailes. Morphée, fils d’Hypnos et dieu des songes, apportera alors le rêve aux endormis.

Etymologie

Hypnos est le dieu grec qui a donné son nom aux hypnotiques et à l’hypnose. Le pavot que tenait dans sa main Hypnos pour endormir les hommes était-il le précurseur des somnifères come le célèbre « Nonox » ?

hypnos-et-thanatosHypnos et Thanatos

La Nuit, il est aussi selon Homère dans L’Iliade,  le frère jumeau de Thanatos, la Mort, dont il est une image adoucie. Génie ailé, « il voltige tranquillement, plein de douceur pour les mortels », nous dit Hésiode. Toujours selon celui-ci, il vit dans les terres inconnues de l’Ouest ; pour Homère, il habite Lemnos, une grotte éternellement sombre et brumeuse, traversée par les eaux du Léthé, le fleuve de l’oubli. Là, le dieu repose sur une molle couche, entouré de ses innombrables fils, les Rêves. Les scholiastes d’Homère se sont interrogés à ce sujet. Selon certains, les Lemniens appréciaient beaucoup le vin, ils accueillaient donc Hypnos avec plaisir. Selon d’autres, Hypnos était amoureux de Pasithée, l’une des trois Charites (les trois Grâces pour les Romains), qui habitait cette cité. Peut-être enfin Hypnos était-il honoré à Lemnos.

Il est représenté parfois, sur les sarcophages, sous l’aspect d’un jeune garçon endormi, le bras appuyé sur une lampe renversée. Ses attributs sont la corne et le pavot. Grâce aux ailes, attachées à ses tempes, Hypnos peut voler rapidement au secours des mortels qui réclament le sommeil, dont il est l’incarnation divine.

Il peut endormir aussi bien les hommes que les dieux. Ainsi, au chant XIV de l’Iliade, Héra lui demande d’endormir Zeus en personne, afin que Poséidon puisse aider les Grecs malgré l’interdiction du maître de l’Olympe. Elle l’appelle « maître des hommes et des dieux ». Hypnos admet qu’il peut endormir tous les dieux, même Océan, l’un des Titans. Il  rappelle aussi qu’il a déjà endormi Zeus auparavant, déjà à la demande d’Héra, afin que celle-ci puisse faire périr Héraclès. Furieux, Zeus avait tenté de le jeter du haut de l’Olympe, et Hypnos n’avait dû son salut qu’à sa mère. Sur la promesse d’Héra de lui donner la main de Pasithea, Hypnos se laisse fléchir. Il se change en oiseau et, encore une fois, endort Zeus. Hypnos, sur les tombeaux, désigne l’éternel Sommeil.

junon-et-hypnos                            Junon et Hypnos                            

Hypnos est également considéré comme étant le gardien de la nuit, celui qui reste éveillé quand le monde est endormi. C’est aussi le surnom du poète et résistant français René Char qui publia Les Feuillets d’Hypnos sous l’Occupation. Il se considérait comme celui qui veillait sur son peuple dans la nuit de la Seconde Guerre Mondiale.

somnus

Somnus est le dieu latin qui a donné son nom aux somnifères. Dans la mythologie romaine, il est la personnification du Sommeil, assimilé au grec Hypnos.

 Somnus est fils de la Nuit, et frère d’Orcus, la Mort. Son lieu de résidence est variable selon les traditions : selon Virgile, il vit aux Enfers, mais selon Ovide, il se tient dans le lointain et sombre pays des Cimmériens, où le soleil ne brille pas et où règne un silence permanent, à l’exception du murmure du Léthé, la rivière de l’oubli. Des pavots, plantes somnifères, poussent alentour. Somnus apporte le sommeil à la fois aux dieux et aux hommes. Il est souvent représenté comme un homme tenant un plant de pavot.

Quant à Morphée, dans les bras duquel on est sensé s’endormir, il a sans le vouloir donné son nom à la morphine. 

Morphée en grec ancien signifie « forme ». Dans la mythologie grecque, c’est une divinité des rêves prophétiques. Il est, selon certains théologiens antiques, le fils d’Hypnos (le Sommeil) et de Nyx (la Nuit), et selon d’autres, la principale divinité des mille Oneiroi (les rêves) engendrés par Nyx seule. Il a pour vocation d’endormir.

morphee-houdonMorphée par Jean-Antoine Houdon – Musée du Louvre

Il est représenté avec des ailes battant rapidement et silencieusement, qui lui permettent de voler. Pour se présenter aux mortels, il se transforme en êtres chers, d’où son nom signifiant « forme », permettant aux mortels l’espace d’un instant de sortir des machinations des dieux.

On le retrouve notamment dans l’œuvre d’Ovide. Messager des dieux, il apparaît généralement dans le sommeil des rois comme un humain sous forme de fantasme. Il est peut-être le rêve envoyé par Zeus auprès d’Agamemnon dans l’Iliade, mais dans ce passage il n’est pas explicitement nommé. Il joue un rôle important dans l’histoire d’Alcyoné, à qui il apparaît sous les traits de son époux Céyx, noyé au cours d’un naufrage. Morphée fut foudroyé par Zeus pour avoir communiqué des secrets aux mortels.

Dans les religions des Grecs et des Romains, la mort est rarement personnifiée. Certes, on connaît Perséphone (Proserpine) et Hadès (Pluton) qui règnent sur le territoire des morts ; mais ni l’un ni l’autre, malgré leur caractère farouche et implacable, ne s’identifient réellement avec la mort.

Même le dieu Thanatos n’est pas celui qui est la mort, mais celui qui donne la mort. En fait, la mort, dans l’esprit des Anciens, une idée abstraite, le sentiment de l’inconnu. On connaît ses serviteurs, Apollon (le Soleil), Artémis (la Lune) et leurs flèches empoisonnées ; mais dans la mort même, il n’y a point d’images, point de représentations allégoriques.

Le culte si minutieux des morts chez les Grecs et chez les Romains, sous forme d’offrandes, est un hommage nécessaire rendu aux âmes qui ont franchi les limites du connu et qui sont ainsi entrées en communication directe avec les divinités ; cependant ce culte n’est pas l’expression d’une vénération craintive envers une divinité qui aurait pour nom la Mort.

En résumé, le nom de Morphée est notamment à l’origine :

  • du mot morphine, en raison du pouvoir soporifique de cette drogue ;
  • de l’expression « être dans les bras de Morphée », qui signifie « rêver » et par extension « dormir » ou encore « tomber dans les bras de Morphée » pour dire « s’endormir ».
  • du personnage Morpheus dans le film Matrix, interprété par Laurence Fishburne, chef de l’équipe qui libère Neo de son « sommeil ».

En Russie, on dit d’une jeune fille qu’elle est  « belle comme une fleur de pavot ». Et, « rester en pavot », signifie « rester vieille fille ».

pistil-du-pavot1

L’opium : la drogue des poètes

De nombreux écrivains occidentaux, surtout des poètes, ont été opiomanes sous une forme ou une autre, à commencer par les Britanniques : John Keats, Samuel Taylor Coleridge et Alfred Tennyson. Mais il y eut aussi Percy Bysshe Shelley, autre poète romantique, époux de la romancière Mary Shelley. C’était un grand consommateur de Laudanum, tout comme Tomas de Quincey, auteur en 1822, des Confessions d’un mangeur d’opium anglais. On peut encore citer Walter Scott, Charles Dickens et l’Américain Edgar Allan Poe, autre buveur de Laudanum, qui parle notamment de l’opium dans la nouvelle Ligeia. Cependant, voilà ce qu’écrivait Gaston Bachelard à propos d’Edgar Poe :

               « L’opium d’Edgar Poe est un opium imaginé. Imaginé avant, réimaginé après, jamais écrit pendant ».

Quant aux auteurs français, Charles Baudelaire, dans les Paradis artificiels, évoque longuement l’opium et ses effets, de même que le poète et journaliste Jules Boissière, installé en Indochine, qui voit en lui une clé pour comprendre l’Orient et qui mourra en 1897, à 34 ans, d’une occlusion intestinale sans doute liée à sa toxicomanie. Dans les années 1920, Jean Cocteau tombera lui aussi sous sa dépendance, et en rendra compte dans « Opium, journal d’une désintoxication ».

Le « Népenthès » de l’Odyssée dite « drogue de l’oubli » contenait sans doute de l’opium.

Dans son livre « Critique de la philosophie du droit » de Hegel, publié en 1844, le philosophe Karl Marx compare la religion à l’opium du peuple.

Enfin, dans le célèbre « Tintin et le Lotus Bleu », une fumerie d’opium se trouvant à Shanghaï y est évoqué.

francais-fumeurs-dopium-couverture-du-petit-journal-5-juillet-1903

Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine de Joël Schmitt – Editions Larousse Références Dictionnaire de la Mythologie par Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout

 

 

Partager

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

DANS LE GIRON DU CANCER

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 28-06-2009

Avec le solstice d’été, le 21 juin, le Soleil fait son entrée dans le Cancer. Mais en connaissez-vous vraiment les caractéristiques ?

a

n Son graphisme

Le graphisme du signe est formé de deux spirales enroulées qui se referment l’une sur l’autre ; deux énergies tourbillonnantes telles des nébuleuses ; tels aussi l’atome et la cellule vivante, les deux germes tournent l’un autour de l’autre.

Le graphisme du Cancer est également formé de deux parallèles, mais les verticales des Gémeaux sont devenues horizontales et se détachent l’une de l’autre car chaque barre se recourbe et se referme sur elle-même.

Ces deux spirales expriment le changement de sens du mouvement solaire qui devient descendant alors que jusqu’ici il était ascendant, représentant schématiquement les vagues de la vie.

Principes opposés dans les Gémeaux, l’esprit et matière se sont transformés en Cancer en deux forces autonomes qui cherchent à s’unir et font couple pour générer la vie. Le Cancer devient ainsi le symbole de la gestation, de la maternité. On pourrait d’ailleurs comparer son graphisme à un embryon recroquevillé dans l’utérus : un être en devenir.

signe-du-cancer1Le crabe qui figure le signe du Cancer représente le monde clos, utérin. La carapace qui protège la vie des tumultes extérieurs et permet à chaque naissance de s’accomplir dans les meilleures conditions. Le Cancer est parfois représenté par une écrevisse.

  

n Ses symboles

L’écrevisse ou le crabe qui le représente est un animal d’eau vivant sous une carapace protectrice. A l’esprit des eaux s’associent intimement une valeur d’interne, d’intime ou d’intérieur qui rappelle que les ébauches et préfigurations de la vie renaissante : germes, œufs, fœtus, bourgeons, sont entourés de coquilles, matrices, écorces et enveloppes, destinées à abriter le pouvoir de résurrection enfermé dans ces cuirasses.

En fait, le quatrième signe s’identifie à l’archétype maternel défini par Jung : tout le monde des valeurs de contenu, soit tout ce qui est grand et enveloppe, abrite, conserve et nourrit, protège et réchauffe ce qui est petit. Principe matriciel et nourricier qui va de l’utérus à la terre maternelle : profondeur, abîme, puits, grotte, caverne, poche, abri, vase, maison, ville… qui aboutit au grand refuge de l’humanité, qui était la Grande Mère.

1-pleine-lune-de-nuit

A ce signe se trouve associée la Lune, à sa figure blafarde et à sa lumière cendrée, symbole planétaire de ce principe matriciel, du psychisme inconscient, de la lueur végétative crépusculaire, de la pulsion vitale non encore prise en charge par la raison.

n Ses mythes

 Dans le zodiaque égyptien, le Cancer était un animal sacré : le scarabée. L’origine du mot « écrevisse » est le même que le mot « cuirasse ». Il évoque l’enveloppe protectrice ou s’élabore l’œuf, sa coquille et le repli sur soi. Dans certains zodiaques, il est souvent représenté sous les traits d’un enfant (le dieu Horus en Egypte).

constellation-du-cancer

Le signe existait tel qu’il est aujourd’hui dans la mythologie hindoue. Il traduisait dans son idéogramme les quatre plans de la vie : du corps physique au spirituel en passant par le corps psychique et le plan de la pensée.

abeillesLe signe a toujours été en rapport avec la fécondité. Pour les Anciens, les âmes non encore incarnées venaient de la Voie Lactée : elles franchissaient « un portail » au Cancer. On appelait ces âmes «les abeilles» et cela se produisait dans la Constellation de la Ruche, dont le terme le plus ancien était «la progéniture».

Dans la mythologie grecque, trois divinités correspondant aux phases lunaires ont incarné la Lune et le Cancer :

- le symbole de la nouvelle lune : le croissant lunaire soit tourné vers le ciel, soit vers la terre, est incarné par Artémis-Diane, chasseresse, courant à travers monts et forêts toujours indomptée : elle était la sauvage déesse de la nature, protectrice des animaux. Déesse vierge, elle est symbole de vertu et châtie impitoyablement les femmes adultères, mais protège les femmes enceintes. Elle est la déesse des enfantements.

- la phase de la pleine lune est symbolisée par Séléné, qui relate sa séduction, ses amours et les cinquante filles que lui donna le berger Endymion. Mais c’est aussi Hélène à la beauté transparente qui jeta le trouble en Europe par la multiplicité de ses prétendants et que Pâris enleva.

- à la lune obscure fut associée Hécate, déesse des Morts, qui règne sur l’Hadès et guide dans l’initiation. Ses attributs sont les poignards, les serpents et les clés de l’Hadès (le royaume des morts).

narcisse

Avec le Cancer, on pense aussi à Narcisse, cet introverti contemplatif, rêvant sa vie ou vivant son rêve.

n Sa psychologie

La caractérologie en fait un être surémotif, lymphatique ou mélancolique.

Signe Négatif, c’est un introverti, réceptif et impressionnable. Emotif, il est influençable, perméable au milieu et réagissant à retardement. C’est un hyper-sensible qui cache ses blessures et ses anxiétés derrière une carapace presque inviolable, celle du crabe pudique et de ce fait il peut paraître susceptible ou bourru.

C’est un signe Cardinal. Dans l’eau cardinale, les émotions jaillissent d’un premier jet et coulent intensément dans l’être : c’est souvent la première impression qui est la bonne pour un être Cancer. C’est un hyper-émotif.

Le Cancer initie, dans le zodiaque, l’élément Eau,  c’est l’eau cardinale : la source, l’émotivité, après vient l’eau fixe du Scorpion (les marécages de l’inconscient), puis l’eau mutable des Poissons (l’océan de la spiritualité).

Signe lunaire, le Cancer signifie le retrait sur soi, la sensibilité, la timidité et la ténacité. Avec le Cancer surgit un univers aquatique ; il se présente comme le symbole de l’eau originelle : des eaux-mères calmes et profondes à la source murmurante, en passant par le lait maternel et la sève végétale.

C’est pourquoi ce signe symbolise la fécondité, l’attachement aux racines, aux traditions, à la famille. Il est mémoire et nostalgie. Son sens aigu de la famille va souvent de pair avec un côté bohème. Il existe en effet deux types Cancer : le sédentaire et l’aventurier.

            - La Lune dans le thème

Les signes dans lesquels se situent les planètes symbolisent l’étoffe dont nous sommes faits. Les Maisons sont les domaines de vie dans lesquels les planètes s’expriment.

En Bélier la Lune révèle la dimension instinctuelle et irrationnelle du signe, très différente des qualités conscientes d’initiative et d’autorité du Soleil en Bélier. Il y a dans cette Lune une dimension sauvage, ardente, fruste, ombrageuse et énergique, ainsi qu’un fort relent d’Amazone, ces guerrières qui cherchaient l’extase du combat. La Lune en Bélier, violente et passionnée, évoque Sekhmet, la déesse égyptienne à tête de lionne du carnage et de la guerre, ou ces lionnes qui accompagnaient Artémis.

Si elle est en Scorpion, par exemple, ou en fort aspect à Pluton, nous aurons probablement un penchant pour Hécate et pour la face sombre de la Lune, dont nous apprécierons la profondeur et le mystère. En revanche, le royaume d’Hécate peut s’avérer très inquiétant pour celui qui à la Lune en Gémeaux.

La Lune en Taureau va se sentir très proche de l’image de Déméter et du monde de la nature, mais cette même Déméter, la terre-mère, n’éveillera aucun écho chez une Lune en Verseau ou fortement aspectée par Uranus.

LE CANCER : ENTRE REVE ET REALITE

Le nom du Cancer vient du mot latin « cancri » qui signifie « écrevisse ». L’écrevisse, ou le crabe, qui figure le signe du Cancer évoque un monde clos où la vie est fragile, si vulnérable qu’elle doit être enfermée dans une carapace protectrice qui l’isole. Mais il représente aussi la fécondité du vivant, témoignant de sa permanence et de sa créativité. 

le-cancer1

Le Cancer est ainsi devenu dans la tradition astrologique le symbole d’un monde de la naissance et de l’enfance où le rêve se confronte sans cesse à la réalité, le dedans au dehors. Un monde dominé par des exigences de sécurité, de protection pour que l’alchimie délicate de la vie puisse s’accomplir dans les meilleures conditions. Et cela se passe dans cette frontière irréelle entre les mots et les choses : l’imaginaire. D’imagination, le Cancer ne manque pas. Son univers ne ressemblant jamais tout à fait au nôtre, il se déplace souvent dans notre vie en oblique.

LES AMOURS LUNAIRES DU CANCER

Séléné est la personnification de la Lune. On la représentait sous les traits d’une belle jeune fille parcourant le ciel sur un char d’argent tiré par deux chevaux. Elle passait souvent, dans certaines légendes, pour la fille d’Hélios, le Soleil. Réputée pour sa séduction, elle était aussi célèbre pour ses amours. Est-ce une prédilection pour les bergers, elle en connut plusieurs, dont le dieu Pan, mi-homme, mi-bouc, qui la persuada de rejoindre sa couche en lui offrant une toison blanche.

Un autre qu’elle aima fut le mortel Endymion, berger lui aussi. On dit qu’elle lui donna cinquante filles. Mais l’adolescent était si beau qu’elle supportait mal l’idée de le voir vieillir et encore moins mourir. Elle l’endormit donc d’un sommeil éternel et il reposa dans une grotte de Carie où elle allait régulièrement le contempler.

endymion-et-selene1

Avec Séléné, le Cancer est ainsi un rêve de jeunesse et d’immortalité, et une étrange leçon d’amour. Quel meilleur moyen de garder celui qu’on aime que de l’endormir d’un sommeil qui ressemble à la mort, mais qui n’est pas la mort ?

Et les amours du Cancer  ressemblent aussi toujours à l’amour sans en être parfois. Pourrait-il vraiment en aller autrement ? Rêve d’amour s’accorde rarement avec l’amour de la réalité !

Et si le Cancer était…

…un animal… ce serait chatsun chat, ou… une grenouille, ou bien… un marsouin.

                                               Si c’était un arbre : ce serait un saule pleureur et argenté saule-pleureur-argente

Si le Cancer était une plante, ce serait une laitue ou…  un chou-rave chou-rave

Une fleur ?  fleur-de-pavot  le pavot bien sûr, fleur du sommeil, fleur du rêve.

                                                                                                        Mais aussi le spathiphyllum appelé aussi « Fleur de lune le-spathiphyllum-la-fleur-de-lune 

Un condiment ? Un cornichon                    cornichon1

La couleur du Cancer est le blanc-bleuté ou le gris perle.

Son métal est l’argent et sa pierre la perle, mais aussi la pierre de lune    pierre-de-lune1

fleur-doranger

 

 

L’eau de la fleur d’oranger lui fait un parfum agréable

Si le Cancer était un instrument de musique, ce serait un clavecin… musique de chambre oblige… clavecin1

Enfin le Cancer a tellement besoin de collectionner que pour un objet on a l’embarras du choix : des photographies, aux cartes postales anciennes et même les déguisements…

collection-de-photos

Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Connaissez-vous votre thème astral ? de Joëlle de Gravelaine – Collection Marabout Service

Photo de la Lune dans le ciel d’Arzon (56) – http://lesecritsdumacaron.hautetfort.com

Partager

 

Tagged Under : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,