LE CHENE : L’ARBRE DU CAPRICORNE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 17-01-2010

Arbre sacré dans de nombreuses traditions, le chêne est investi des privilèges de la divinité suprême du ciel, sans doute parce qu’il attire la foudre et qu’il symbolise la majesté : le chêne de Zeus à Dodone, de Jupiter Capitolin à Rome, de Ramowe en Prusse ou de Perun chez les Slaves. La massue d’Hercule était en chêne. Il symbolise particulièrement la solidité, la puissance, la longévité qui peut atteindre 800 ans, la hauteur, au sens spirituel autant que matériel, autant de qualificatifs que le Capricorne symbolise.

Le chêne est, en tout temps et en tout lieu, synonyme de force : c’est de toute évidence, l’impression que donne l’arbre à l’âge adulte. D’ailleurs, chêne et force s’expriment en latin par le même mot : robur, qui symbolise aussi bien la force morale que la force physique.

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Le chêne était la figure par excellence de l’arbre ou de l’axe du monde, tant chez les Celtes qu’en Grèce. C’est encore le cas chez les Yakoutes sibériens.

Dans la Bible, c’est auprès de chênes qu’Abraham reçut les révélations de Yahvé, aussi bien à Sichem qu’à Hébron. Le chêne jouait déjà un rôle axial, qui en faisait l’instrument d’une communication entre le Ciel et la Terre. Dans l’Odyssée, Ulysse vient consulter l’oracle, par deux fois sur son retour, du feuillage divin du grand chêne de Zeus. La Toison d’Or, gardée par un dragon, était suspendue à un chêne : celui-ci avait alors valeur de temple.

 

le-druide-le-gui-et-sa-serpette-dorD’après un passage de Pline l’Ancien, qui s’appuie sur l’analogie du grec (drûs), le nom des druides est en relation étymologique avec le nom du chêne ; d’où la traduction homme de chêne, qui a souvent réussi à s’introduire jusque dans nos expressions contemporaines. Cependant, le nom du chêne est différent dans toutes les langues celtiques, y compris le gaulois (dervo). Le rapprochement est symboliquement valable cependant, en ce sens que les druides, étant donné leur qualité sacerdotale, ont droit à la fois à la sagesse et à la force. Le chêne symbolise en effet ces deux valeurs. Adoré par les Celtes, il était aussi pour eux, par son tronc, par ses larges branches, par son feuillage touffu et par son propre symbolisme, l’emblème de l’hospitalité et l’équivalent d’un temple.

Plus près de nous, on se souvient que Saint-Louis rendait la justice sous un chêne dans le Bois de Vincennes et que c’est sous un chêne que Jeanne d’Arc entendit pour la première fois ses fameuses voix.

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Le chêne possède de bonnes propriétés médicinales, mais attention, le tanin qu’il contient peut provoquer des irritations gastriques, des douleurs, des vomissements et une opiniâtre constipation. Le chêne est :

- anti-diarrhéique : traitement symptomatique des diarrhées chroniques ;

- hémostatique : traitement symptomatique des hémorragies (hémoptysies, hématuries) ;

- tonique astringent : traitement externe des leucorrhées, brûlures, engelures, impétigo, intertrigo, hémoroïdes, fissures, gerçures ;

- antisudoral : pour se faire on utilise aussi bien les feuilles que l’écorce.

                                                                                                                                                                                                               

glandsL’Histoire nous dit que les glands de chêne étaient utilisés pour la nourriture des hommes bien avant que ces derniers ne connaissent le blé, nous révèle une nouvelle fois Pline. Les glands présentent la particularité de respirer tout au long de leur conservation hivernale et donnent, torréfiés, le « café de gland » qui fut la boisson nationale des Allemands pendant les restrictions de la Première Guerre mondiale. Ce café est stomachique. Il possède des qualités essentiellement hygiéniques et alimentaires, ce qui le fait recommander aux personnes dont les digestions sont laborieuses et en cas de coliques, diarrhées et dysenterie. Il a, en outre, le mérite de n’être pas excitant.

Le gland pulvérisé entre dans le racahout, sorte de farine alimentaire en usage chez les Arabes.

Enfin, dans le folklore français, les noces de Chêne correspondent à 80 ans de mariage.

Maintenant… un conseil… Appuyez-vous le dos le long du tronc d’un chêne et essayez de faire le vide dans votre esprit. Ne pensez à rien… Au bout d’un temps relativement court, vous sentirez une vigueur nouvelle entrer en vous. Certains se moqueront… D’autres ne croiront pas… Essayez, cela ne coûte rien… et vous parlerez ensuite des résultats…

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Bibliographie :

Les Secrets d’une Herboriste – Marie-Antoinette Mulot

Nos grand-mères savaient – Jean Palaiseul

Dictionnaire des Symboles - Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

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SORT… SORTILEGE… SORCIERE…

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 30-10-2009

Carl Gustav Jung considérait que les sorcières étaient une projection de l’anima masculine, c’est-à-dire l’aspect féminin primitif qui subsiste dans l’inconscient de l’homme : les sorcières matérialiseraient cette ombre haineuse, dont elles ne pouvaient guère se délivrer, et se revêtaient en même temps d’une redoutable puissance. 

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Pour les femmes, la sorcière est la version femelle du « bouc émissaire », sur lequel elles transfèrent les éléments obscurs de leurs pulsions. Mais cette projection est en réalité une participation secrète de la nature imaginaire des sorcières. Tant que ces forces sombres de l’inconscient ne sont pas assumées par la clarté de la connaissance, des sentiments et de l’action, la sorcière continue de vivre en nous. Fruit des refoulements, elle incarne les désirs, les craintes et les autres tendances de notre psyché qui sont incompatibles avec notre Moi, soit parce qu’ils sont trop infantiles, soit pour une toute autre raison. Jung a observé que l’Anima est souvent personnifiée par une sorcière ou une prêtresse, car les femmes ont plus de liens avec les forces obscures et les esprits. La sorcière est l’antithèse de l’image idéalisée de la femme.

Dans un autre sens, la sorcière a été considérée comme une dégradation voulue, sous l’influence de la prédication chrétienne, des prêtresses, des sibylles, des magiciennes druidiques. Elles furent déguisées de façon hideuse et diabolique, à l’encontre des initiées antiques qui reliaient le Visible à l’Invisible, l’humain et de divin ; mais l’inconscient suscita la fée, dont la sorcière, servante du diable, n’apparut plus que comme une caricature. Sorcière, fée, magicienne, créatures de l’inconscient, sont filles d’une longue histoire, enregistrée dans la psyché, et des transferts personnels d’une évolution entravée, que les légendes ont hypostasiées, habillées et animées en personnages hostiles.

La sorcière serait donc une prêtresse de l’église démoniaque, née en pays chrétien de la croyance en Satan, propagée par la doctrine pastorale. Aussi l’Eglise prit-elle au sérieux la sorcellerie comme une manifestation de Satan. La principale fonction de la sorcière, comme son nom l’indique, était de jeter des sorts sur les gens auxquels, pour une raison quelconque, elle voulait du mal. Elle appelait sur eux la malédiction de l’Enfer, comme le prêtre appelait la bénédiction du Ciel. Sur ce terrain, elle se trouvait en rivalité complète avec le monde ecclésiastique. Ou bien, par des pactes avec le diable, la sorcière procurait des biens matériels et des vengeances personnelles, en contradiction avec les lois de Dieu ; ou encore, elle s’adonnait à la divination par toutes sortes de procédés, à la recherche des secrets de la nature pour obtenir des pouvoirs magiques, et toujours en contradiction avec la loi chrétienne. La frontière entre la science et la magie passait surtout par la conscience morale, et nombre de saints, précurseurs de la recherche scientifique, furent pris selon les apparences pour des jeteurs de sorts.

LES SORCIERES A CHEVAL SUR UN RAYON DE LUNE

Les sorcières du Moyen Age se rencontraient à date fixe pour ce qu’elles appelaient des assemblées, ce que les non-initiés méprisaient sous le nom d’orgies. Ces rencontres furent ensuite appelées sabbats. Le terme « sabbat » pourrait venir de « sabbat », le samedi hébraïque, jour de repos des juifs. La tradition le fait aussi dériver de la reine de Saba, qui vécut vers le IXe siècle avant Jésus-Christ et eut des relations, d’affaires et d’amour, avec le roi Salomon d’Israël. Salomon était et reste pour les sorcières un modèle à suivre. Il se pourrait que cette dernière interprétation soit la meilleure car, comme le racontent les légendes et la Bible, la reine de Saba devint une apprentie sorcière auprès de Salomon avec pour objectif, à l’instar de tous les sorciers et sorcières pendant leurs réunions nocturnes, de rencontrer et de vénérer le Diable.

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 Piero Della Francesca – La Rencontre de Salomon et de la Reine de Saba        

     Eglise San Francesco – Arezzo – Toscane         

Un texte de la Bible veut que la Reine de Saba se soit rendue à la cour du Roi Salomon, apportant à Jérusalem de nombreux présents afin d’éprouver la sagesse de Salomon par des énigmes. Il trouva les réponses à toutes ses questions et l’impressionna beaucoup. Un récit raconte qu’il parvint à reconnaître l’unique fleur naturelle d’un bouquet de fleurs artificielles, remarquablement réalistes, en utilisant une abeille. Salomon la testa également, d’après le Coran, en la faisant entrer par une porte de son palais faite de verre et de marbre bleu. Le sol imitait si bien l’eau à cet endroit que la reine fut trompée et, pour passer l’eau factice, elle remonta sa robe, dévoilant ses jambes. Le Roi Salomon aurait ainsi voulu vérifier qu’elle n’avait pas, comme certains le prétendaient, des jambes de bouc ou d’âne.

Par ailleurs, l’Histoire abonde de documents sur ces rencontres qu’on appelait « sabbat ». Des peintres, des poètes, des écrivains y font référence, non seulement pour en avoir entendu parler, mais également, parfois, pour en avoir fait l’expérience. Les rencontres les plus célèbres se tenaient en Allemagne, dans la Forêt Noire, et sur le Blochksberg, et en France à Carnac.

Lorsqu’aujourd’hui nous lisons les comptes-rendus des sabbats, nous qui appartenons à une société qui nous a habitués à notre dose journalière de slogans et à toutes sortes de conditionnements, nous ne réunissons plus à nous émouvoir. Excepté les histoires fantastiques où les sorcières volent, à cheval sur des balais et des rayons de lune, nous ne trouvons dans ces récits que des personnes malheureuses, avides d’orgies et d’obscénités, ou des contestatrices carnavalesques qui adoraient des chèvres. Les participants du sabbat avaient en effet l’habitude d’adorer, voire de sacrifier, un bouc ; ils considéraient cet animal comme l’incarnation terrestre du diable.

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               Goya – Le Sabbat des Sorcières  - Museo Làzaro Galdiano – Madrid             

Le mot « sorcière » dérive du latin vulgaire « sortirius » qui signifie « diseur de sorts » et du latin classique « sors, sortis » qui désigne d’abord un procédé de divination, mais également « destinée » et « sort ». Le mot qui les désigne en allemand est « Hexe », dérivé du grec ancien « aix », la chèvre, une référence au monde pastoral. En espagnol, elle devient « Bruja », dérivé d’un terme ibère « bruixa », et même du galicien « bruxa ». Le mot anglais « witch » a des origines plus controversées mais paraît bien provenir de « wik » d’origine aussi bien celte que germanique. La sorcière était appelée en grec « stryx », en latin « striga » d’où dérive le vocable médiéval « stria », qui a donné en italien « strega ». Notez que le mot « strix » désignait en latin le hibou, un oiseau qui avait chez nos ancêtres la triste réputation de sucer le sang des bébés dans leur berceau. Ce mot correspond chez nous à l’effraie, oiseau de nuit, ainsi nommée à cause de son cri strident.

Les striges, les sorcières, sont très présentes dans la littérature antique. Elles figuraient déjà dans la littérature de l’empire Romain et semblaient se référer à une très ancienne croyance populaire, mais les auteurs restent très imprécis sur leur origine. Un poète, Stace, écrivait d’ailleurs ceci : « De sinistres créatures volent, des êtres maléfiques crient dans les nuées, les Striges nocturnes gémissent ».

les-stryges1Les Striges

Ensuite, c’est Ovide qui en parle au livre IV des Fastes et il écrit : « Il existe des oiseaux voraces, à la tête énorme, aux yeux fixes, au bec aiguisé pour la rapine : leurs plumes sont blanches et leurs serres crochues. On dit qu’ils déchirent les entrailles de ceux qui ne se sont encore nourris que de lait et qu’ils aiment à s’enivrer de leur sang. On les nomme stryges à cause du cri sinistre dont ils épouvantent la nuit ».

Les auteurs antiques sont nombreux à décrire ces striges et tous en parlent de façon similaire : il s’agirait d’un être chimérique ailé, mi-femme, mi-oiseau, avide de chair fraîche. Cette description des striges est très certainement influencée par les divers monstres de la mythologie grecque. Il est amusant de noter que le mot « strige » servi également d’injure chez les Romains. A ce propos, Pline l’Ancien mentionnait dans son Histoire Naturelle : « Strige est une injure déjà ancienne, mais je ne puis déterminer quel est cet oiseau ».

lamia-par-john-waterhouse                                                       Lamia par John William Waterhouse                                                                                                                                    

Les striges sont très souvent apparentées, voire confondues, avec d’autres divinités de la mythologie. Dans la mythologie grecque, parmi les nombreuses de Zeus, il y eut aussi Lamia qui lui donna beaucoup d’enfants. Héra, l’épouse en titre de Zeus, fit périr tous les enfants de Lamia. Par vengeance, Lamia se transforma en monstre se nourrissant de chair fraîche d’hommes et d’enfants. D’ailleurs, chez les Anciens, le personnage de Lamia servait de croque-mitaine pour effrayer les enfants.

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Empousa par Herbert Draper

Empousa, était la fille de la déesse Hécate. Elle effrayait les voyageurs par ses injures et se nourrissait, elle aussi, de chair humaine. Elle pouvait prendre diverses formes pour séduire les hommes la nuit et sucer leur sang, et notamment celle d’une belle jeune femme. Ensuite, elle pouvait se transformer en mulet, ou en bœuf, ou même en chien. Elle avait une jambe d’airain et l’autre était celle d’un âne.

On retrouve chez ces deux représentations de femmes, des similitudes avec la Strige. Comme la Strige, elles se nourrissent de sang et de chair humaine, en particulier celui des nourrissons. Toutefois à la différence de celles-ci, la Strige est souvent représentée comme une vieille femme alors que Lamia et Empousa, quand elles ont forme humaine, sont deux très belles femmes… comme les sirènes.

D’ailleurs, à l’origine, la sirène a deux représentations. Celle d’un être mi-femme mi poisson et celui d’un être mi-femme mi-oiseau, comme son amie la Strige. Ce n’est que vers le Moyen Age qu’elles prirent définitivement l’apparence qu’on leur connaît à présent. On peut voir dans le chant des sirènes qui attirent Ulysse pour le perdre, une relation avec le cri strident des Striges qui anéantit l’homme. Comme ses consœurs, la sirène est ange de la mort se délectant de la mort de l’homme.

La Strige boit le sang des nourrissons. Lamia goûte la chair du nourrisson et de l’homme. Empousa boit le sang des hommes et les sirènes consomment le corps des hommes.

Pourquoi la strige devient-elle sorcière ? Sans doute à cause de sa représentation physique. La Strige apparaît souvent comme une vieille femme. Doit-on faire un parallèle entre son goût du sang des nourrissons et sa décrépitude physique ? En effet, elle y verrait une source de jouvence pouvant lui redonner beauté et donc sexualité. Or, sous quelle forme sont représentées les sorcières en général ? Sous les traits d’une femme flétrie pouvant se transformer en femme désirable grâce à de nombreux sortilèges.

QUELQUES SORCIERES CELEBRES

-      La Theuggia

C’est sans doute la plus connue des fées déchues. Il faut savoir que seuls les dieux et la reine des fées ont le droit de déchoir une fée afin de la bannir de la noble cour. Pour être déchue, il faut que cette fée ait commis de bien tristes vilénies considérées comme un crime, ou qu’elle se soit adonnée à quelques sorcelleries, ou bien encore qu’elle ait par amour révélé de grands secrets à l’homme, mettant ainsi en péril l’existence même des fées. Il faut bien comprendre les lois du royaume des fées. Ce qui peut sembler anodin à un simple mortel peut se révéler fatal chez les fées. Si couper une haie nous paraît naturel, pour les fées il s’agit d’un assassinat. Bien sûr si certaines créatures fantastiques n’ont pas mérité une telle punition, comme la petite sirène, la plupart du temps les fées déchues ont mérité leur sort. Ici bas comme dans l’autre monde, rien n’arrive par hasard. 

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On reconnaît la Theuggia à son aspect physique. Son visage et son corps sont partagés en deux. Le côté droit est jeune et avenant, tandis que le gauche est décrépit et repoussant   . D’un côté son œil est en amande, sa bouche pulpeuse et ses cheveux noirs, tandis que de l’autre l’œil louche, la bouche est tordue et sa chevelure est devenue blanche. Le côté droit de son corps est ferme et sensuel, alors que le côté gauche est flasque et décharné. Il en va de même de sa tenue qui est scindée en deux : un côté en haillons, l’autre portant un costume d’apparat. Seul son esprit malfaisant est d’un seul tenant.

Aigrie et rongée par le vice, la Theuggia est assoiffée de vengeance tout en buvant plus que de raison. Bien que tous ses pouvoirs lui aient été retirés, elle a gardé une très grande force musculaire. De plus, elle se complaît dans sa déchéance.

Les fées déchues sont des créatures à la fois repoussées par les siens et chassées par les hommes.

La plus célèbre des Theuggia vivait en Val d’Aoste, embusquée au fond de sa caverne, entourée d’orchons. Les orchons, tout comme elle, étaient malfaisants. C’étaient des enfants velus et méchants. Bien que lubrique, la Theuggia ignore la provenance de ses orchons qu’elle chérit pourtant par-dessus tout. Cette Theuggia italienne fut vaincu grâce au stratagème d’une vieille femme qui suggéra de donner, aux orchons qui mendiaient, du pain et du fenouil. Comme chacun sait, le fenouil est une plante consacrée qui s’avère fatale aux êtres malfaisants. Empoisonnés par le fenouil, les orchons moururent. Restée seule, la Theuggia s’en alla pleurer auprès des autres Theuggia de la montagne et elles partirent toutes du jour au lendemain. Elles se cacheraient donc sous des dolmens, des menhirs, dans les grottes des montagnes, ainsi que dans les mines désaffectées et autres carrières.

-      La Befana   

Autrefois, on l’appelait « Stria », c’est-à-dire mégère ou sorcière. Elle était attendue avec anxiété par les enfants qui, en ces temps-là, ne recevaient que de modestes cadeaux. Afin qu’elle restât le plus longtemps possible, on réchauffait la pièce où la vieille sorcière devait arriver en empruntant cheminée. Ensuite, on mettait sur la table différents mets, ainsi que des fruits et un peu de vin. On n’oubliait pas non plus de mettre du foin sur le seuil de la maison pour son âne. On s’empressait d’achever le ménage de crainte que la Vieille ne vienne tout déranger. Dans la cheminée, on pendait de vielles chaussettes où la Stria pouvait déposer ses présents.  

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La sorcière offrait la couronne, sorte de chapelet dont les grains étaient des châtaignes cuites, des pommes et des oranges. Ces fruits étaient enfilés sur une ficelle : les châtaignes, groupées par dix, étaient les « Ave Maria », les pommes les « Pater Noster ». Au fond on trouvait des bonbons et une orange finissait le rosaire.

Les garçons des villages allaient dans la forêt chercher du bois de rouvre, des « visoni », c’est-à-dire des flèches sèches de houblon, des souches qui brûlaient facilement et ils rangeaient tout ce bois en tas dans la cour, dans l’attente d’exécuter la vieille sorcière.

La nuit des Rois, la nuit de l’Epiphanie, parmi les chants, les cris et les pleurs des enfants, on brûlait la vieille sorcière, sorte de pantin de paille, vêtu de guenilles, lié à un poteau au-dessus du feu, dans la cour. On attendait alors, en mangeant et en plaisantant, que le feu vengeur finisse de brûler les cendres de la Vieille. Dans chaque hameau on pouvait voir de grands feux qui illuminaient vallées et montagnes, éclairaient le ciel qui, peu à peu s’obscurcissait au fur et à mesure que les feux s’éteignaient.

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En italien, « Befana » est à la fois le nom de la fête de l’Epiphanie et le nom de la sorcière. On dit qu’on peut toujours l’apercevoir sur son balais dans la nuit du 5 au 6 janvier, toute de noir vêtue, les souliers élimés et percés, portant un énorme sac sur le dos. Elle apporte des friandises aux enfants sages et… des morceaux de charbon aux autres.

urbania1URBANIA – MARCHE – ITALIA

Savez-vous qu’on peut encore en ce XXIe siècle rencontrer la Befana. En effet, elle habite une petite maison à Urbania, une délicieuse petite ville d’Italie centrale, dans la province d’Urbino-Pesaro de la Région des Marche. Ici, on la célèbre et on lui fait la fête chaque année entre le 2 et le 6 janvier, l’Epiphanie clôturant cette semaine des Sorcières.

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-      La Baba-Yaga

Cette sorcière qui vit dans la forêt est un personnage de la mythologie slave. Elle apparaît dans de nombreux contes russes, bulgares et polonais.  C’est une sorcière qui se déplace dans un mortier, avançant à l’aide d’un pilon, effaçant ses traces à l’aide d’un balai. Elle habite dans une maison perchée sur des pattes de poulet au fin fond d’une forêt. Cette maison peut donc tourner. Une des jambes de la Baba-Yaga est entièrement en os. C’est une ogresse qui dévore les gens, surtout les enfants, en les mettant dans son four, à l’aide d’une pelle. La clôture autour de sa maison est faite d’ossements humains et les crânes servent d’éclairage. Le portail est fermé par des mains et une bouche pleine de dents acérées sert de cadenas. La Baba-Yaga a une mauvaise vue, mais elle est pourvue d’énormes seins qu’elle jette sur ses épaules de sorte qu’ils pendent dans son dos. Les animaux de la forêt obéissent à Baba-Yaga.  

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Baba-Yaga a du savoir vivre. Elle ne dévore pas les gens tout de suite. Si quelqu’un vient lui rendre visite, elle offre un repas et un bain et demande ce qui vous amène. Parfois, elle aide même certains en donnant des renseignements utiles ou un objet magique.

En Bulgarie, Baba Yaga est un personnage très utilisé par les adultes pour faire peur aux enfants qui ne sont pas sages.

Le mythe de Baba-Yaga est cité dans bien des œuvres et adapté pour s’insérer dans leur interprétation du surnaturel, comme la légende de Vassilissa dans l’œuvre de Clarissa Pinkola Estés « Femmes qui courent avec les loups ». Dans sa version plus traditionnelle, on peut lire le conte de la Baba Yaga de Afanassiev, dans l’ouvrage intitulé « Contes de sorcières et d’ogresses ». Cette histoire présente une fillette qui réussira à déjouer la Baba-Yaga et ses serviteurs à l’aide d’un ruban, d’un peu d’huile, d’un morceau de pain et d’un morceau de jambon…

Dans un poème musical pour piano « Tableaux d’une exposition » de Modeste Moussorgski, version orchestrée par Maurice Ravel, l’un des tableaux s’intitule « La Cabane sur les pattes de poules ».

Autre sorcière de la mythologie slave, la Jezibaba qui apparaît dans la Roussalka, l’opéra d’Antonin Dvoràk et dans les films de Hayao Miyazaki. C’est également une sorcière de la forêt.

-      La Dame Cygne

On peut, dit-on, la rencontrer aussi bien sur un lac irlandais que sur les bords du Rhin ou du Danube. Elle serait de taille moyenne, très gracieuse et sa peau serait aussi blanche et parfumée que le lys. Elle s’habille de plumes immaculées et porte des chaînes d’argent ou d’or rouge, des colliers ou des couronnes. La Dame Cygne est plutôt frugale dans ses habitudes alimentaires puisqu’elle se contenterait de lentilles d’eau et de rupelles des pâturages, des étangs et des rivières. Elle aurait un caractère particulièrement doux. Elle serait sage et patiente, mais deviendrait particulièrement dangereuse si on la menace et son pouvoir magique serait immense.  

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Des légendes racontent que la Dame Cygne et ses compagnes auraient créé la voie lactée, les papillons blancs des marécages, les fleurs de nénuphars, la neige et les nuages. Elles pondraient même des pierres de lune, feraient chanter les alouettes des marais et protègeraient les albinos. En quelque sorte la Dame Cygne est une sorcière lunaire.

-      La Dame Rouge

C’est une fée d’une irrésistible beauté, plutôt grande, les yeux brillants au regard velouté. Elle a une peau si blanche que le bleu de ses veines ressort. Afin de conserver intacte sa beauté, elle se réfugie, dit-on, dans une chambre glaciale d’un manoir inaccessible. Elle s’habille avec beaucoup d’élégance d’une longue robe de cour noir et rouge, avec une collerette en calice qui encadre parfaitement son visage.

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Le chemin de la Dame Rouge de Gaasbeek

Pourtant, la Dame Rouge est un monstre de perversité, une ogresse insatiable, dérobant les enfants pour les dévorer. De même, elle obligerait ses amants d’une nuit à se soumettre aux plus démoniaques débauches. Elle les capturerait en ouvrant son manteau écarlate, offrant ainsi à leur vue un corps que nulle autre fée n’aurait et ne pourrait égaler, non seulement à cause de sa beauté parfaite, mais par le sortilège érotique qui émane d’elle. La Dame Rouge redoute pourtant de se voir dans les miroirs et ne supporte la vue de son image que dans le reflet des eaux corrompues.

-      La fée Carabosse

Elle était très vieille, très laide et très méchante. Son nom vient du fait qu’elle est bossue, mais vraiment très bossue. Si son apparition est rare dans les contes, elle n’en demeure pas moins célèbre pour être à l’origine de la malédiction qui frappe la princesse Aurore, héroïne de la Belle au Bois Dormant. La version la plus ancienne du conte qui nous soit parvenue est celle de « Le Soleil, la Lune et Thalie », extraite du « Pentamrone » de Giambattista Basile. Il n’y est cependant pas question de méchante marraine. Si le destin de Thalie est bien prophétisé, il ne résulte pas d’un sort qui lui est jeté.  

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Dans les deux versions postérieures du conte, qui restent les plus connues, la fée Carabosse n’apparaît pas en tant que telle :

. Dans sa version, Charles Perrault ajoute le personnage de la méchante marraine, mais elle est présentée comme une « vieille fée », sans précision sur son nom.

. Dans l’adaptation des Frères Grimm, elle devient la « treizième fée » par opposition aux onze premières qui offrent à la princesse des dons merveilleux et à la douzième qui intervient en dernier ressors pour atténuer la malédiction.

-      La Sorcière d’Hansel et Gretel

Hansel et sa sœur Gretel sont les enfants d’un pauvre bûcheron. Craignant la famine, l’épouse du bûcheron, leur mère, convainc son mari de perdre les enfants dans la forêt. Ceux-ci entendent son plan et recueillant de petits cailloux blancs marquent le chemin depuis chez eux. Ainsi la tentative de les perdre échoue. Toutefois la mère pousse le père à recommencer et cette fois les enfants n’ont que des morceaux de pain à jeter derrière eux. Une fois abandonnés en pleine forêt, ils réalisent que le pain a été mangé par les oiseaux. Errant dans la forêt, ils trouvent une maison de pain d’épices avec des fenêtres en sucre qu’ils commencent à manger.  

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L’habitante de la maison, une vieille femme, les invite et prépare un festin. Cependant cette vieille femme est une sorcière qui a construit la maison pour attirer les enfants afin de les manger. Elle enferme Hansel dans une cage et fait de Gretel sa servante. Gretel doit cuisiner afin d’engraisser son frère Hansel et chaque jour la sorcière vérifie s’il est suffisamment gras pour être mangé. Comme elle est à moitié aveugle, elle demande à Hansel de lui donner son doigt et celui-ci à la place lui tend un os. La sorcière a ainsi l’impression qu’Hansel ne grossit pas et les enfants gagnent ainsi du temps. Mais un jour, folle de rage, elle n’a plus la patience d’attendre et décide de manger Hansel.

Alors qu’elle se prépare à cuire Hansel, la sorcière demande à Gretel de regarder dans le four pour voir s’il est prêt. Gretel prétexte qu’elle est trop petite et la sorcière doit vérifier par elle-même. Alors qu’elle se penche dans le four, Gretel la pousse et referme la porte derrière elle. La sorcière meurt carbonisée. Gretel délivre Hansel et s’emparant de tout ce que contient la maison de la sorcière, ils regagnent le domicile de leurs parents.

Ce conte des Frères Grimm était destiné aux lecteurs de la classe moyenne du XIXe siècle. L’original était pourtant une description de la dureté de la vie au Moyen Age. L’infanticide était alors, selon les idées historiographiques de l’époque, une pratique courante et en période de disette il était donc habituel d’abandonner les enfants dans les bois et de les laisser mourir.

-      Diana

C’est une fée qui vit en Espagne, dans un jardin magnifique, au fond d’une grotte. Elle a des cheveux blonds, sa peau douce est parfumée. Elle se nourrit de mets fins et épicés au safran. Cependant, elle se transforme parfois en mégère hideuse, ou même en serpent, pour éprouver les gens à qui elle réclame un baiser « donné sans dégoût ». Elle aussi on l’accuse de voler les enfants. Pourtant, Diana serait une fée bienfaisante, bienveillante et généreuse envers les hommes dont elle s’efforcerait de racheter la faute originelle. Ainsi, elle s’active pour surveiller les berceaux, protéger la paix des foyers, les cultures et le cycle des saisons. Elle guérit aussi les malades, aide les pauvres, récompense les personnes de bien, se chargeant également de punir les autres. Lorsque les hommes meurent, on dit en Espagne, qu’elle les conduirait au tombeau et veillerait durant trois jours pour en chasser les démons avides de chair morte.

-     La Caillac Bheur

Elle habite une grotte ouverte à tous les vents en Grande Bretagne. Elle serait très grande, 1 m 73 pour être précis, mais horriblement maigre, avec des os saillants et pointus. Son visage est décharné, bleu de froid. Il exprime un rictus d’épouvante impressionnant. Elle a les mains noueuses et griffues et boite, suite à une chute malencontreuse. Son habillement ne serait pas plus agréable que son physique car elle porte une longue robe noire en haillons, un châle gris sur la tête et un tablier déchiré dont la poche est pleine de grêlons.

La Caillac Bheur est cannibale et pour se reposer s’assied sur un tas d’os humains. Cependant son activité principale la fait protectrice de la faune de la montagne : cerfs, daims, boucs, chèvres sauvages et même les loups. Elle les rassemble et les mène paître pour les dérober à la vue des chasseurs.

-      La Vouivre

Dans une très ancienne légende de Franche-Comté, la Vouivre apparaît sous les traits d’une superbe sauvageonne portant sur la tête un diadème avec un énorme rubis, objet de convoitise dans toute la région. Cependant, la Vouivre est toujours accompagnée d’une armée de serpents invisibles qui surgissent au moment où on s’avise de dérober le bijou et qui mettent le voleur en pièces.  

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Arsène Muselier la découvre au moment où il fauche un de ses prés. La Vouivre se baigne toute nue, laissant ses bijoux et vêtements sur le bord de la rivière. Arsène voit le rubis, mais il est davantage tenté par la baigneuse, ce qui séduit la Vouivre, plus habituée à être poursuivie pour ses richesses que pour sa beauté. Du coup, la Vouivre pourchasse Arsène partout où elle peut. Au marché de Dole, il la retrouve habillée en citadine élégante, et elle vient le provoquer jusque dans ses travaux des champs. Cependant, Arsène est un paysan prudent, à la fois réaliste et tendre, il est déjà amoureux d’une fille du pays, Juliette. Contrairement au fils Beuillat, un bon rien revenu de la ville sans gloire et sans argent, il ne cherche jamais à s’approprier le rubis. Il affrontera pourtant l’armée de serpents pour tenter de sauver une gamine du pays, la petite Belete, au moment où Eugène Beuillat déclenche un tourbillon de reptiles par sa maladresse.

En Franche-Comté, la Vouivre est un animal fabuleux, sorte de grand serpent aux ailes de chauve-souris, qui a la particularité, lorsqu’elle se baigne, de déposer sur le rivage la pierre précieuse qu’elle porte habituellement au front.

Cette histoire réelle et fantastique est un célèbre roman de Marcel Aymé : « ouvrage bucolique où la fusion s’accomplit du féérique avec le réalisme. L’histoire de cette fée aux serpents, éternellement jeune, désirable et stérile, c’est le Jura de Marcel Aymé », écrivit Roger Nimier.

-      La Fausserole

Elle fut chassée du monde des fées pour sa perversité. Elle était pourtant bien plus intelligente que la plupart de ses consœurs. Sous une apparence douce, vêtue de blanc et de jupons, elle arrive un jour dans un village, y loue une maison qu’elle astique avec entrain. Elle rend service aux personnes âgées, invite les femmes les plus distinguées pour prendre le thé et passe ainsi aux yeux de tous pour la plus gentille et la plus charmante des voisines.

Une jeune femme si douce devait, selon les villageois, trouver un mari honnête et travailleur. Ils lui en trouvèrent un qui ne fit malheureusement pas long feu. Elle le tua. La Fausserole tue les époux. Puis, en veuve éplorée, elle quitte le village afin de fuir les lieux de son malheur et part pour un autre village. Pourtant, elle finit par être démasquée. Elle avait trouvé pour mari un homme grand et fort, mais analphabète. Sur le registre de mariage, lorsqu’il dut signer, à la place de son nom, il traça une croix rouge. A la vue de la Sainte Croix, la Fausserole poussa des hurlements terribles et disparut par la fenêtre.

-      La Valkyrie

Elle vivrait dans le Walhalla, c’est-à-dire dans le domaine d’Odin, dieu scandinave de la guerre, séjour des héros morts au combat. Elle serait une fée éternellement belle et jeune, gracieuse comme un cygne, dont elle emprunterait l’apparence parfois.

Elle est d’une taille et d’une stature impressionnantes qui se révèleraient au combat. Le plus souvent, elle s’habille de voiles courts et transparents maintenus par une ceinture d’or, mettant en valeur ses charmes certains. Cependant, quand elle part en guerre, elle revêt une cuirasse d’airain, une jupette en mailles d’acier, des jambières et des épaulières finement ciselées. Sur ses cheveux blonds nattés, elle porte un casque. On dit qu’elle aime manger du ragout d’ours, du sanglier rôti arrosé de cervoise et d’hydromel. En fait, elle serait douce, sensible, aimante, aussi douée pour le chant que pour l’art du combat.

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Dans l’art moderne les Valkyries sont parfois décrites comme étant de belles vierges montant des Pégases, ornées de casques et armées de lances. Cependant, le cheval de la Valkyrie était un kenning de loup, donc contrairement aux stéréotypes, elles ne montaient pas de Pégase. Leurs montures étaient plutôt des hordes de loups qui traînaient au milieu des corps de guerriers morts. Ces loups étaient de macabres combattants. Tandis que le loup est la monture de la Valkyrie, celle-ci semble être apparentée au corbeau, animal apparaissant fréquemment dans la mythologie nordique, notamment Hugin et Munin, deux corbeaux perchés sur les épaules d’Odin, volant au-dessus des champs de batailles et choisissant des corps. Les hordes de loups et de corbeaux ayant ainsi nettoyé les lendemains de batailles pourraient avoir été là pour servir de plus grandes causes. L’origine des Valkyries en général n’est pas rapportée comme existante, mais plusieurs Valkyries connues semblent avoir des parents mortels.

DEUX VILLAGES DE SORCIERES EN FRANCE

-      Saint –Pée-sur-Nivelle

C’est un charmant village situé à côté de Bayonne qui fut, dans les temps anciens, surnommé « la terreur des sorcières ».

En 1609, le château de Saint-Pée-sur-Nivelle fut le théâtre sanglant des agissements sordides du bien nommé Pierre de Lancre, chasseur de sorcières. Pierre de Lancre était né à Bordeaux en 1553. Après des études de droit et de théologie en France, puis en Bohème et à Turin, il devint le 3 août 1582, Conseiller au Parlement de Bordeaux. En 1588, il épousait la petite-nièce de Montaigne. Et c’est en 1609 que le conseiller de Lancre intervint au Pays Basque, à la tête de la commission d’enquête demandée par Henri IV.

 

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Château des Sorcières à Saint-Pée-sur-Nivelle – Pays Basque 

 

Cette commission devait purger le pays de tous les sorciers et sorcières sous l’emprise des démons, des guérisseuses et des cartomanciennes. Vaste programme pour un homme peu compatissant. Il ne faut pas oublier que la région basque vivait beaucoup à l’époque de la pêche. Et donc cette région était peuplée de marins et surtout de leurs femmes réputées pour leurs soi-disant mœurs légères. C’était donc un vivier de femmes seules censées courir le sabbat afin d’assouvir leurs pulsions. C’est donc dans le château de Saint-Pée-sur-Nivelle que ce triste sire introduisit plus de 600 procès pour sorcellerie. Des femmes, mais aussi des enfants et des prêtres furent torturés puis brûlés. Pour cette besogne, il fût aidé par une toute jeune fille de 17 ans qui était experte à trouver « la marque du diable ».

De retour de mer, les marins prirent fait et cause pour les malheureuses accusées encore vivantes. Aussi, craignant une insurrection, le parlement de Bordeaux rappela Pierre de Lancre.

  -      Mâlain ,  petite ville de Bourgogne, haut lieu de la sorcellerie

Mâlain porte bien son nom puisque ce village fut considéré comme un ancien lieu de la pratique de sorcellerie noire en France. En effet, on y raconte l’histoire d’une jeune femme qui, un soir, aurait été emmenée par un homme en rouge, jusqu’à une crevasse réputée pour avoir été appelée « La crevasse du Diable » et qui mènerait jusqu’aux enfers. Aussi, le château de Mâlain, aujourd’hui en ruine, est-il lui-même considéré comme maudit car construit au-dessus de cette « crevasse du Diable ».

Loin des fables ancestrales, si Mâlain fête de nos jours ses sorcières, c’est qu’en 1644 le procès que firent les villageois à quelques femmes et hommes, est de triste mémoire. A Mâlain, tout commence déjà par une légende qu’on raconte depuis la nuit des temps.

Cérès, déesse antique de la fertilité, cherchait désespérément sa fille disparue depuis des lunes et des lunes. Au hasard de ses pérégrinations, son chemin croisa celui d’Aloîs, un enfant du pays, à la grâce et au charme troublant. Celui-ci, connaissant la région comme personne, entraîna Cérès jusqu’à l’entrée d’une cavité située sous la colline de Mâlain.

                   « Voici l’entrée de l’enfer, où Pluton a enfermé ta fille » avoua-t-il à Cérès.

C’est ce que la mémoire populaire retint de cette légende antique. L’antre du démon était situé sous la colline de Mâlain, là où se trouve le château maintenant. De nos jours encore, on nomme cette cavité « le trou du diable ».

chateau-de-malain-bourgogne     Château de Mâlain – Côte-d’Or – Bourgogne

Cependant, au Moyen Age curieusement, cette légende ne semble pas effrayer les bergers qui font de cette cavité une bergerie aménagée. L’année 1640 est particulièrement ardue pour les habitants de Mâlain. Pluies, gelées et grêles viennent à bout des potagers et vergers, et donc des fruits et légumes des paysans. La disette menace et en ces temps obscurs, il est facile d’attribuer cette malchance météorologique à des preuves d’existence du diable et de ses condisciples. On cherche alors des coupables et on s’en prend à quelques femmes et hommes sous des prétextes fallacieux.

Comme souvent à cette époque, les villageois décident de faire justice eux-mêmes. En fait de justice, il s’agirait plutôt d’une pantomime parodiant celle-ci. On garrotte les supposés sorciers et sorcières, on les emmène au bord de l’Ouche à hauteur du Pont-de-Pany. Les pouces attachés aux gros orteils, ils sont jetés à l’eau.

Ceux qui s’enfoncèrent dans l’eau furent reconnus innocents mais décédèrent dans d’atroces souffrances. Ceux qui surnagèrent malgré les coups de fourche furent jugés coupables. Ultime ignorance, une femme qui plaignit chrétiennement le supplice de ces pauvres gens fut lapidée par la foule et, dit-on, enterrée sous une pierre. La justice des lieux jugea une dizaine de ces pauvres gens. Et ceux qui réussirent à surnager furent condamnés à être pendus puis leurs corps brûlés. Cette peine fut heureusement levée par le Tribunal de Dijon qui gracia ces pauvres hères. Mais le mal était fait et la suspicion demeura envers ces personnes pendant de longues décennies, et leurs descendants eurent toutes les peines du monde à s’intégrer.

Voilà pourquoi de nos jours, on peut assister une fois tous les deux ans à la Fête des Sorcières à Mâlain. Les villageois expient ainsi leurs fautes en fêtant celles qui furent jugées coupables il y a maintenant fort longtemps.

LES SORCIERES ONT AUSSI LEUR MUSEE

Ce Musée se trouve en Espagne, dans un village de Navarre, Zugarramurdi, tout près de la frontière franco-espagnole. Il a ouvert très officiellement le 20 juillet 2007 et on peut y découvrir la véritable histoire qui a donné au village sa réputation de sorcellerie. Le Musée résulte de la rénovation de l’ancien hôpital et pas moins de 1,5 millions d’euros ont été investis pour une muséographie résolument moderne. C’est d’autant plus important que ce village compte environ 200 habitants. Il semblerait que la Municipalité ait eu envie de remettre de l’ordre dans tout le folklore qui s’était développé autour de la sorcellerie, folklore qui était fort éloigné de la réalité historique. Zugarramurdi était déjà connu dans le monde entier comme le « village des sorcières », mais aussi pour ses grottes qui étaient, il y a encore peu de temps, le théâtre de la très célèbre « fête des sorcières », chaque année à la fin juin.

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     Les grottes de Zugarramurdi

Avec ce musée, rien à voir avec l’évocation de la sorcière classique avec son balai, ses chaudrons et toute la panoplie d’Halloween. Ce musée est avant tout un hommage à celles et ceux qui eurent à subir entre 1609 et 1614 une terrible « chasse aux sorcières » qui toucha particulièrement la région de Zugarramurdi et se déroula dans toutes l’Europe. En rappelant les faits précis qui se passèrent dans le village, en évoquant les modes de vie, les mythes et les croyances de l’époque, la visite permet de comprendre les mécanismes qui ont entraîné le développement du mythe de la sorcellerie. Voilà qui permet de percevoir que les ressorts sur lesquels reposaient « la chasse aux Sorcières » en 1610 sont les mêmes que ceux qui ont donné lieu à tant d’autres persécutions au cours de l’Histoire : ignorance, peur de l’autre, peur de la différence…

La visite est facile à suivre et n’est jamais ennuyeuse. On dispose de fascicules, présentés en espagnol et en basque, mais traduits en français. L’entrée est libre et la visite dure environ 1 h 30. Elle constitue un complément indispensable à la visite des Grottes de Zugarramurdi toutes proches. Une excellente occasion de sortir des idées reçues à propos de la sorcellerie.  

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Bibliographie :

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter 

Les Pouvoirs de la Lune – E. Lukas – De Vecchi Poche                                                                                      

La Grande Encyclopédie des Fées                                                                                                             

Guide de la France mystérieuse

 

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ROSA… ROSA… ROSAM… FLEUR DE LA BALANCE ET MESSAGE D’AMOUR

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 16-10-2009

La longue histoire de la « Reine des Fleurs » se mêle étroitement à celle de l’humanité. On pense qu’elle est la première fleur que l’homme ait cultivée. Elle est associée à la plupart des religions, des anciens rites sacrés de l’Inde au christianisme en passant par les Grecs, les Romains et même les Gaulois, lesquels pour montrer leur mépris du trépas allaient souvent au combat sans autre casque qu’une couronne de roses… Doit-on y voir là l’origine de l’expression « la fleur au fusil » ?

Elle ne reste étrangère ni à la politique, témoin la guerre des Deux-Roses qui déchira l’Angleterre au XVe siècle, ni à la gastronomie puisque dans la Rome de la décadence on mangeait des gâteaux de rose, de la confiture de roses, des plats assaisonnés d’extrait de roses broyées au pilon ; on buvait du vin dans lequel avaient macéré des sachets de rose, ou même à la cosmétologie puisque les « beautés » et les éphèbes de l’Antiquité, après le bain, se frottaient le corps avec de la poudre de rose, se mettaient de l’huile de rose pour faire briller leurs paupières et pour avoir, déjà, l’haleine fraîche, croquaient des pastilles faites de myrrhe et de pétales de roses broyées avec du miel.

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Les premiers à utiliser la rose en thérapeutique furent des médecins arabes qui en faisaient le remède de la tuberculose et des affections pulmonaires. Avicenne rapporte qu’une phtisique, dont on avait déjà préparé les funérailles, recouvra la santé grâce à de la conserve de roses, qu’on appelait aussi Djelendjoubin. Matthiole dit que les boutons de roses « aident ceux qui crachent le sang » et plusieurs traités font état de la guérison spectaculaire de la femme d’un vice-roi du Portugal qui fut non seulement sauvée en sept mois par une consommation massive de conserve de roses,  mais y gagna une beauté nouvelle du fait « qu’on voyait se refléter sur son visage le vif éclat des roses ». Sous l’Empire, les médecins-majors de l’armée impériale venait à Provins se ravitailler en pétales séchés et préparés. C’est à Provins en effet qu’on cultivait alors les roses.

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Toutefois, on raconte aussi que Néron faisait périr ses invités au cours de festins en les noyant dans des pétales de roses. Les plafonds s’ouvraient sur un signe du tyran et des milliards de pétales tombaient, ensevelissant puis étouffant les invités qui mouraient sous les pétales meurtriers.

Appréciée pour sa beauté, célébrée depuis l’Antiquité par de nombreux poètes et écrivains, pour ses couleurs qui vont du blanc le plus pur au pourpre le plus foncé, en passant par le jaune franc et toutes les nuances intermédiaires, et puis pour son parfum, c’est ainsi que la rose est devenue cette Reine des Fleurs. C’est d’ailleurs la fleur la plus cultivée au monde, sans oublier les rosiers sauvages, dont le plus connu en Europe est l’églantier, aux fleurs simples à cinq pétales, devenues à la mode depuis quelques temps sous le nom de « rose botanique ». Cependant, les rosiers cultivés sont le résultat de plusieurs siècles de transformations, d’abord empiriques, puis, dès la fin du XVIIIe siècle, méthodiques, en particulier par l’hybridation. Les variétés de rosiers sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde.

rosier-de-monet-a-giverny Les Rosiers de Monet à Giverny

Le mot « rose », daté en français du début du XIIe siècle, est dérivé du latin « rosa, rosae », substantif féminin, qui désignait aussi bien la fleur que le rosier lui-même. Ce terme, apparenté au grec « rhodon » aurait été emprunté à une langue orientale. Il est tentant de rapprocher « rose » de « rosée ». Pourtant cette rencontre, source d’inspiration inépuisable pour les poètes, est fortuite en français. En effet « rosée » dérive, par l’intermédiaire du bas-latin « rosata », du latin « ros, roris », peut-être apparenté au grec « drosos », venant d’une autre racine indo-européenne. La rose est l’une des très rares fleurs ayant un nom dédié, différent des noms donnés à la plante elle-même : la rose est la fleur du rosier.

Les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis 5 000 ans et en Grèce depuis l’âge de bronze. Hérodote a rapporté que le roi Midas, au VIe siècle avant Jésus-Christ, quand il a été chassé de Lydie par les armées perses, a emporté ses roses dans son exil en Macédoine. Et le naturaliste grec, Théophraste, décrit une rose à nombreux pétales, une forme de « rosa canina », cultivée dans les jardins. Il décrit des roses rouges, roses et blanches, et note l’intensité du parfum de la rose de Cyrène.

rosa-canina Rosa Canina

La « fresque à l’oiseau bleu » découverte en 1900 dans les vestiges du palais de Cnossos en Crète, construit vers l’an 2000 avant Jésus-Christ, représente des rosiers fleuris. C’est la première représentation connue de roses peintes. On ne sait s’il s’agit de roses sauvages ou cultivées, ni à quelle espèce les attribuer, d’autant que la fresque a été restaurée et toutes les roses repeintes avec six couleurs sont de couleur jaune. Une seule, à cinq pétales rose doré au centre orange, semble être originale. Le botaniste C.C. Hurst l’avait identifiée à Rosa Richardii, la rose sainte d’Abyssinie. Des pièces de monnaie portant une rose gravée ont été retrouvées à Rhodes. Elles datent de 500 ans avant Jésus-Christ environ. Le nom de cette île serait celui de la nymphe Rhodé, épouse d’Hélios, le Soleil, et dont le symbole était la rose.

cnossos-fresque-de-loiseau-bleuL’oiseau bleu de Cnossos

Pline l’Ancien dans son « Histoire naturelle » décrit 20 sortes de rosiers nommés par le nom de leur lieu de provenance. Ainsi, du VIe siècle avant Jésus-Christ au IIe siècle, durant toute cette période de domination grecque puis latine, les roses ont circulé de Perse en Angleterre, de Grèce en Egypte.

rose-gallique Rose Gallique

Sur le Moyen Age, il y a peu d’information : au VIe siècle, les couvents cultivaient des roses. Le roi Childebert 1er avait une roseraie, des roses de Paradis d’après l’évêque Fortunat, dans son domaine vers Saint-Germain-des-Prés. Et au VIIIe siècle dans son Capitulaire De Villis, Charlemagne cite les roses parmi les plantes à cultiver. Au XIIe siècle, à la veille des croisades, Albert le Grand cite pas moins de quatre rosiers cultivés. Cependant, la culture de cette fleur débuta véritablement au XIIIe siècle lorsque Thibaut IV ramena de croisades la rose gallique, puis avec Robert de Brie qui rapporta la rose de Damas.

  rose-de-damas Rose de Damas

Une broderie de roses « Persan Yellow » du XVIIe siècle a été retrouvée à Ispahan. Toutefois, les roses n’ont jamais cessé d’être un motif décoratif des tapisseries, broderies et tissages du Moyen-Orient comme en Europe.

Pourtant, ce sont les roses de Chine qui ont une importance des plus capitales dans l’histoire de la rose puisque des spécimens remontants, rapportés par des botanistes anglais à la fin du XIXe siècle, sont à l’origine de la plus grande partie des roses remontantes modernes.

C’est surtout par sa valeur symbolique que la rose a laissé son parfum dans l’Histoire. Voici quelques exemples :

. Suzanne dans l’Ancien Testament signifie étymologiquement la rose.

. Chez les Grecs, la rose est la fleur d’Aphrodite, déesse de l’amour et d’Aurora, la déesse aux doigts de roses.

la-deesse-aurore La déesse Aurore

. Les Romains rattachent la rose à Vénus. La légende affirme que la rose aurait été blanche au départ, mais rougie accidentellement quand Cupidon renversa son verre de vin sur elle.

. Il paraît que la première nuit d’amour entre Cléopâtre et Marc Antoine se serait déroulée sur un lit de pétales de roses de 45 cm d’épaisseur.

. Dans le Cantique des cantiques, la rose symbolise Israël et dans le livre des Parsis, la rose naît sans épines et n’en est armée qu’après l’apparition du génie du mal sur terre.

. Vers l’an 400, Rosa alba devient l’emblème de la Vierge, ce qui est à l’origine de la dévotion catholique du Rosaire.

. Quand Saladin, en 1187, reprend Jérusalem aux Croisés, il fait purifier la mosquée d’Omar par de l’eau de rose amenée par une caravane de 500 chameaux. Et en 1453, Mehmed II purifia aussi à l’eau de rose l’église byzantine de Constantinople avant de la convertir en mosquée.

. La guerre des Deux-Roses, de 1453 à 1485, opposa la Rosa alba, rose blanche de la Maison d’York et la Rosa gallica, rose rouge de la Maison de Lancaster, d’où après le mariage d’Henri VII Tudor et d’Elisabeth d’York, l’emblème de la rose Tudor rouge à cœur blanc et plus tard la création du rosier York et Lancaster. La rose est aujourd’hui la fleur symbolique de l’Angleterre. 

. Les rosières, jeunes filles vertueuses et pures, étaient à l’origine couronnées de roses.

. Les Rose-Croix est une société secrète mystique ayant pour emblème une rose rouge fixée au centre d’une croix.

rose-blanche 

. La rose blanche de Finlande, est un ordre national finlandais, créé en 1919, pour récompenser les services rendus au pays. 

. La Rose blanche était un mouvement d’opposition à Hitler dont les fondateurs furent guillotinés en 1943.

rose-socialiste. Le sigle de l’Internationale socialiste est un poing serrant une rose. La rose rouge, a été associée par François Mitterand au Parti Socialiste français. Ce symbole a également été adopté par d’autres partis politiques européens comme le parti travailliste au Royaume-Uni, le PSOE en Espagne, les partis sociaux-démocrates nordiques et le PSE.

. En novembre 2003, la rose est le symbole du mouvement non-violent de la « Révolution des Roses » en Géorgie.

. Et puis, il y a la rose du Petit Prince de Saint-Exupéry qui l’oblige a quitté sa planète et à visiter la galaxie.

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Dans le langage des fleurs, la rose rouge est la fleur des amoureux. Elle symbolise l’amour et les noces de roses symbolisent les 17 ans de mariage dans le folklore français. En plus de sa couleur, la quantité exprime une symbolique. Pour un nombre de roses inférieur à dix, il est coutume d’offrir des roses par nombre impair surtout à des fins esthétiques. Au-delà et suivant le nombre, le bouquet de roses peut porter un message particulier : 

. Une rose permet de dévoiler son amour en toute simplicité,

. Douze roses permettent de remercier sa bien-aimée,

. Vingt-quatre roses pour être galant,

. Trente-six roses pour déclarer son amour, c’est le bouquet de fiançailles,

. 101 roses peuvent s’offrir pour exprimer la passion et l’amour sans retenue.

Pour un bouquet de fiançailles, il est d’usage et raffiné de sélectionner des roses ayant les têtes légèrement courbée. 

La rose est la fleur nationale de plusieurs pays : l’Angleterre (rose Tudor), la Bulgarie, les Etats-Unis, la Finlande où il s’agit d’une rose blanche, mais aussi l’Irak, les Maldives et la Roumanie. 

La rose a également été choisie comme emblème officiel par plusieurs états des Etats-Unis : Géorgie, Iowa, New York, Dakota du Nord et Oklahoma.

Rose est aussi un prénom très répandu en Europe et en Amérique latine avec Rosa et Rosita, ainsi que ses dérivés : Rosalie, Roseline, Roselise, Rosemonde, Rose-Marie et Marie-Rose. Il existe même deux saintes Rose, Rose de Lima qui est la patronne de l’Amérique latine, et Rose de Viterbo, jolie ville du Latium un peu au nord de Rome qui est d’ailleurs une région riche en jardins botaniques riches en roses de toutes sortes, ainsi que de pivoines.

Plusieurs expressions parfument notre langue :

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. « Etre frais comme une rose » qui signifie avoir un joli teint, l’air reposé.

. « Ne pas sentir la rose » : sentir mauvais.

. « Envoyer sur les roses » : éconduire,

. « Découvrir le pot aux roses » ; découvrir la vérité,

. « Une histoire à l’eau de rose » : une histoire mièvre,

. « Il n’y a pas de rose sans épines » : tout plaisir comporte sa part de peine.

. « Jeter des roses (à quelqu’un) : complimenter.

Cependant si la rose est symbole d’amour et de passion, elle peut aussi être synonyme de trahison. En effet, si la rose rouge évoque la passion, la rose rose incarne la joie, la rose orange symbolise le désir, la rose blanche couronne la pureté des sentiments, la rose jaune se teinte de tristesse puisqu’elle dénonce l’infidélité de l’être aimé. 

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Enfin, tout le monde se souvient du célèbre sonnet de Pierre de Ronsard : « Mignonne allons voir si la rose… » ou même les « Stances à Du Périer » de François Malherbe, ce monsieur venait de perdre sa fille : « Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin ». Une œuvre célèbre du Moyen Age s’intitule le « Roman de la Rose » qui décrit la tentative d’un poète amoureux pour s’emparer de l’aimée, représentée par une rose. Dante conclut La Divine Comédie par une vision de rose blanche mystique.  

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Bibliographie : Nos grands-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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LE PAVOT : FLEUR DU SOMMEIL ET DU REVE, FLEUR LUNAIRE, FLEUR CANCER

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 13-07-2009

Dans le symbolisme éleusinien, « le pavot que l’on offre à Déméter symbolise la terre, mais représente aussi la force de sommeil et d’oubli qui s’empare des hommes après la mort et avant la renaissance ». La terre est, en effet, le lieu où s’opèrent les transmutations : naissance, mort et oubli, résurgence. On comprend que le pavot soit l’attribut de Déméter, avec qui il s’identifie symboliquement.

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Le pavot somnifère ou pavot à opium (Papaver somniferum), appelé également « pavot des jardins », est une espèce de plante herbacée annuelle de la famille des Papaveraceae, originaire d’Europe méridionale et d’Afrique du Nord. Connue pour ses propriétés psychotropes, elle est aussi cultivée à des fins ornementales ou alimentaires.Toutes les variétés de Papaver somniferum contiennent des alcaloïdes opiacés dont les plus connus sont la codéine et la morphine. Cette dernière, outre la production à but thérapeutique pour ses effets analgésiques, fait l’objet d’un trafic illicite essentiellement destiné à sa transformation en un opiacé synthétique : l’héroïne.

On distingue deux variétés de pavot somnifère :

 

 

  • Papaver somniferum – le pavot blanc ou Pavot à opium. Fleurs à corolles blanches et à fruit indéhiscent, c’est-à-dire dont les graines ne peuvent être libérées sans destruction du fruit, contenant des graines d’un blanc jaunâtre. C’est plus spécifiquement de cette variété que l’on extrait le latex afin de confectionner l’opium.
  • Papaver somniferum – le pavot noir, œillette ou encore pavot bleu, cultivé pour ses graines. Fleurs à corolles d’un rouge violacé et à fruit déhiscent, c’est-à-dire dont les capsules présentent, sur le bord du plateau stigmatique, des pores, s’ouvrant lorsque le fruit se dessèche, et par lesquels les graines sont libérées, contenant des graines gris-bleu-ardoisé.

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Toutes les variétés de Papaver somniferum contiennent des alcaloïdes opiacés dont les plus connus sont la codéine et la morphine. Cette dernière, outre la production à but thérapeutique pour ses effets analgésiques, fait l’objet d’un trafic illicite essentiellement destiné à sa transformation en un opiacé synthétique : l’héroïne.

pavot_roseC’est une plante annuelle herbacée dont la tige peut atteindre jusqu’à 1,5 mètre. Les fleurs peuvent être blanches, mais elles sont le plus souvent lilas (rose sale), avec un centre violet foncé. La capsule, ronde et grosse, contient de très nombreuses graines.

Contrairement aux idées reçues, le pavot somnifère ne se rencontre pas que dans les montagnes asiatiques. Ce pavot est également assez commun en Europe, fréquentant les mêmes terrains calcaires que le coquelicot : ce sont des plantes dites calcicoles. Il est probablement originaire des régions comprises entre la Méditerranée orientale et l’Asie mineure.

L’histoire du pavot à travers les siècles

Le pavot à opium est connu depuis des milliers d’années. Des graines et des capsules ont été retrouvées dans des habitats néolithiques et paléolithiques européens datant de 5 000 ans avant notre ère, ce qui a permis aux anthropologues d’assurer que cette plante a très tôt été reconnue pour ses qualités psychotropes. Quant à la domestication du pavot, elle remonte au VIe millénaire avant Jésus-Christ. Dans une grotte funéraire à Albunol près de Grenade, en Espagne, des archéologues ont daté au carbone 14 des objets ayant servi à brûler de l’opium, aux environs de 4 200 avant Jésus-Christ. Quant au plus ancien témoignage écrit sur le pavot, il remonte à 3 000 ans avant Jésus-Christ. Il s’agit d’une tablette d’argile retrouvée à Nippour, capitale sumérienne. L’inscription cunéiforme, qui y est gravée, évoque la récolte matinale du suc du pavot, que les Sumériens, mais également les Babyloniens, qualifiaient de « plante de la joie ». D’ailleurs des vestiges du néolithique laissaient déjà à penser que des cultures de pavot somnifère se trouvaient à proximité des villages.

Ce même pavot était également largement utilisé dans l’ancienne Egypte, notamment par les Pharaons, non seulement à des fins thérapeutiques, mais également pour ses propriétés psychotropes. Sur le papyrus d’Ebers, environ 1552 avant Jésus-Christ, on trouve même une inscription relative à l’usage du pavot pour arrêter les cris des bébés. Bien que les Perses ne semblent pas avoir été de grands consommateurs d’opium, celui-ci figure dans un texte persan du IXe siècle avant Jésus-Christ.

nimrud-stele5L’image de la capsule du pavot fut un attribut des dieux, bien avant que l’opium soit extrait de son latex laiteux. Si vous visitez le Metropolitan Museum de New York, dans la galerie des reliefs assyriens, on remarque une divinité ailée provenant d’un palais d’Assurnazirpal II à Nimrud, datée de 879 avant Jésus-Christ. Elle porte un bouquet de capsules de pavot, que le musée qualifie étonnamment de « grenades ».

Dans la Grèce antique et pendant des siècles, l’opium fut un objet de commerce du fait de ses qualités sédatives. Il figurait même sur des monnaies et la déesse Déméter était représentée avec des plants de pavots dans les mains. A l’époque, on l’appelait  « opion » ou « jus de pavot ». C’est d’ailleurs par son nom latinisé d’opium que déjà les médecins mettaient en garde contre les abus potentiels de ce « jus de pavot ». Le Népenthès, boisson procurant l’oubli de tous les chagrins, est décrit par Homère dans l’Odyssée. Il contenait vraisemblablement de l’opium de même que le « Soma » de l’Inde antique.  Il avait été probablement introduit en Inde par les armées d’Alexandre Le Grand trois siècles avant notre ère, mais sa culture ne s’y est développée que vers le IXe siècle.

« Le sommeil, ayant fermé leurs paupières, fait oublier à tous les hommes les biens et les maux ». Homère  (L’Odyssée)

C’est dans la Rome antique, au 1er siècle de notre ère, qu’on trouve la première description scientifique de l’opium qu’en fait Dioscoride. Un peu plus tard, Pline l’Ancien signalait ses propriétés analgésiques et antidiarrhétiques. L’opium était d’ailleurs largement consommé dans la Rome impériale, pas seulement pour ses propriétés thérapeutiques, puisqu’en l’an 312 il y existait près de 800 magasins vendant de l’opium et que son prix, modique, était fixé par décret par l’Empereur. La récolte y était faite par scarification des capsules comme c’est encore le cas aujourd’hui.

Les Arabes utilisaient également l’opium, tant pour ses propriétés thérapeutiques que pour le plaisir et ils contribuèrent à le faire connaître dans tout l’ancien monde, notamment en Inde après les conquêtes musulmanes. Sous le règne des Grands Moghols, empereurs musulmans des Indes du XVIe au XVIIe siècle, la culture du pavot et le commerce de l’opium devinrent monopole d’Etat. L’opiophagie se développa alors, puis l’habitude de le fumer, importée de Java ou de Formose.

champ-de-pavotsCependant, à la fin du XIIIe siècle, Marco Polo observa ces champs de pavot dans le Badakhashan, région du Nord de l’Afghanistan, où se trouvent encore aujourd’hui de nombreuses plantations. L’usage de l’opium se poursuivit au Moyen Age à travers différentes préparations médicamenteuses, dont le laudanum, qu’on appelait aussi « teinture d’opium ». C’était une solution d’opium en alcool. Au XVIIIe siècle, la Chine fait état d’un phénomène abusif de sa consommation. En 1729, l’Empereur de Chine interdit les importations d’opium pour cette raison, en vain. 

Au XVIIe siècle, en Europe, l’Anglais Thomas Sydenham étudia l’action de l’opium et mit au point une nouvelle formulation du laudanum. Cette drogue opiacée, la première à répondre à une formulation précise, avait été inventée par Paracelse un siècle plus tôt. « Sans l’opium, la médecine serait manchote et bancale » écrivit Sydenham qui en consommait lui-même de grandes quantités. D’importants personnages politiques comme Pierre le Grand, Frédéric II, Catherine de Russie, Richelieu et même Louis XIV et bien d’autres encore en consommaient tous les jours, de même que plus tard de nombres artistes intellectuels tels Goethe, Shelley, Coleridge, ou Goya… L’Eglise condamnera le pavot et ses usages qui resteront alors confinés dans les secrets des sorciers et des guérisseurs.

Si l’opium a été pendant des siècles l’un des médicaments les plus importants de la pharmacopée en raison de ses multiples propriétés physiologiques, l’abus d’opium à grande échelle en Europe est apparu au XVIIIe siècle en Angleterre, d’abord sous forme du Laudanum de Sydenham utilisé comme apéritif, puis sous forme de pilules d’opium brut vendues dans les pharmacies. Au XIXe siècle, des milliers d’ouvriers en consommaient en Grande-Bretagne tandis que l’habitude de fumer le chandou se développait en France.

En 1916 il y avait environ 1 200 fumeries d’opium clandestines à Paris.  C’est à partir de l’opium qu’au début du XIXe siècle l’Allemand Friedrich Sertürner isola la morphine, premier alcaloïde obtenu sous forme chimiquement pure. A partir de la morphine, fut ensuite fabriquée l’héroïne.

Au XIXe siècle, on connaîtra même des guerres de l’opium, sorte de trafic depuis l’Inde vers la Chine, organisé particulièrement par les Britanniques. C’est ainsi qu’ils obtinrent, après la première guerre de l’opium, la concession exclusive du port de Hong Kong, ainsi commença ce que les Chinois nommèrent « le siècle de la honte ». C’est à la suite de la seconde guerre de l’opium que son importation fut de nouveau légalisée en Chine à la grande indignation des ligues de tempérance américaines, d’où découlera la future politique de prohibition des drogues.

Composition et décomposition de l’opium capsule-de-pavot1

Il  s’écoule des capsules de pavot préalablement incisées. Ce latex est utilisé par l’industrie pharmaceutique. Il contient des alcaloïdes : morphine, codéine et thébaïne. Il est malheureusement également utilisé, illégalement, pour produire des stupéfiants et notamment l’héroïne, synthétisée chimiquement à partir de la morphine.

Dans les temps anciens, les décoctions de pavot était déjà en usage. C’était un remède traditionnel dans les zones où cette plante était cultivée. Elle était d’ailleurs particulièrement recherchée pour ses vertus sédatives.

L’Afghanistan est le premier producteur mondial d’opium depuis 1991, devant la Birmanie et le Laos, qui vient de perdre sa troisième place au profit du Mexique. La production afghane avait pratiquement entièrement été supprimée par les Talibans en 2000-2001, mais elle a repris de plus belle après leur chute : avec le record historique de production de 8 200 tonnes en 2007. C’est donc 93 % de la production illicite mondiale estimée par les Nations Unis que produit ce pays.  Il existe toutefois une production licite du pavot pour la production de morphine à usage pharmaceutique et, accessoirement, pour celle de graines de pavot destinées à la cuisine.

Le pavot dans la cuisine

Les graines de pavot sont très riches en vitamine B1. Elles contiennent également de la lécithine, des protéines et plus de 50 % d’une huile grasse, l’huile d’œillette. Elles entrent dans la composition du pain de pavot.

pains-de-pavot1Ces graines sont souvent utilisées en cuisine dans les pays d’Europe Centrale et d’Europe de l’Est. Elles servent à  aromatiser les pains et les pâtisseries. Ce pain de pavot est consommé couramment dans les régions slaves et germaniques, mais également en Alsace. Souvent, on les écrase et on les cuit dans du lait et du miel pour en fourrer des gâteaux.

Dans les régions méditerranéennes, et notamment en Languedoc, les jeunes feuilles de pavot étaient autrefois consommées comme la laitue. Notez d’ailleurs que la laitue est une salade que l’on recommande de consommer le soir pour ses qualités sédatives. Elle est elle-même sous l’influence de la Lune et du Cancer.

Le pavot et Mythologie  

Dans l’oeuvre d’Evelyn de Morgan, Nyx, la nuit, et Hypnos, le sommeil, distribuent des fleurs de pavot aux hommes.

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C’est peut-être aussi Junon emmenant Hypnos, le dieu du sommeil, tapis dans son ombre, pour qu’il prodigue le sommeil aux mortels en les touchant de la branche d’un pavot qu’il tient ou en les éventant de ses ailes. Morphée, fils d’Hypnos et dieu des songes, apportera alors le rêve aux endormis.

Etymologie

Hypnos est le dieu grec qui a donné son nom aux hypnotiques et à l’hypnose. Le pavot que tenait dans sa main Hypnos pour endormir les hommes était-il le précurseur des somnifères come le célèbre « Nonox » ?

hypnos-et-thanatosHypnos et Thanatos

La Nuit, il est aussi selon Homère dans L’Iliade,  le frère jumeau de Thanatos, la Mort, dont il est une image adoucie. Génie ailé, « il voltige tranquillement, plein de douceur pour les mortels », nous dit Hésiode. Toujours selon celui-ci, il vit dans les terres inconnues de l’Ouest ; pour Homère, il habite Lemnos, une grotte éternellement sombre et brumeuse, traversée par les eaux du Léthé, le fleuve de l’oubli. Là, le dieu repose sur une molle couche, entouré de ses innombrables fils, les Rêves. Les scholiastes d’Homère se sont interrogés à ce sujet. Selon certains, les Lemniens appréciaient beaucoup le vin, ils accueillaient donc Hypnos avec plaisir. Selon d’autres, Hypnos était amoureux de Pasithée, l’une des trois Charites (les trois Grâces pour les Romains), qui habitait cette cité. Peut-être enfin Hypnos était-il honoré à Lemnos.

Il est représenté parfois, sur les sarcophages, sous l’aspect d’un jeune garçon endormi, le bras appuyé sur une lampe renversée. Ses attributs sont la corne et le pavot. Grâce aux ailes, attachées à ses tempes, Hypnos peut voler rapidement au secours des mortels qui réclament le sommeil, dont il est l’incarnation divine.

Il peut endormir aussi bien les hommes que les dieux. Ainsi, au chant XIV de l’Iliade, Héra lui demande d’endormir Zeus en personne, afin que Poséidon puisse aider les Grecs malgré l’interdiction du maître de l’Olympe. Elle l’appelle « maître des hommes et des dieux ». Hypnos admet qu’il peut endormir tous les dieux, même Océan, l’un des Titans. Il  rappelle aussi qu’il a déjà endormi Zeus auparavant, déjà à la demande d’Héra, afin que celle-ci puisse faire périr Héraclès. Furieux, Zeus avait tenté de le jeter du haut de l’Olympe, et Hypnos n’avait dû son salut qu’à sa mère. Sur la promesse d’Héra de lui donner la main de Pasithea, Hypnos se laisse fléchir. Il se change en oiseau et, encore une fois, endort Zeus. Hypnos, sur les tombeaux, désigne l’éternel Sommeil.

junon-et-hypnos                            Junon et Hypnos                            

Hypnos est également considéré comme étant le gardien de la nuit, celui qui reste éveillé quand le monde est endormi. C’est aussi le surnom du poète et résistant français René Char qui publia Les Feuillets d’Hypnos sous l’Occupation. Il se considérait comme celui qui veillait sur son peuple dans la nuit de la Seconde Guerre Mondiale.

somnus

Somnus est le dieu latin qui a donné son nom aux somnifères. Dans la mythologie romaine, il est la personnification du Sommeil, assimilé au grec Hypnos.

 Somnus est fils de la Nuit, et frère d’Orcus, la Mort. Son lieu de résidence est variable selon les traditions : selon Virgile, il vit aux Enfers, mais selon Ovide, il se tient dans le lointain et sombre pays des Cimmériens, où le soleil ne brille pas et où règne un silence permanent, à l’exception du murmure du Léthé, la rivière de l’oubli. Des pavots, plantes somnifères, poussent alentour. Somnus apporte le sommeil à la fois aux dieux et aux hommes. Il est souvent représenté comme un homme tenant un plant de pavot.

Quant à Morphée, dans les bras duquel on est sensé s’endormir, il a sans le vouloir donné son nom à la morphine. 

Morphée en grec ancien signifie « forme ». Dans la mythologie grecque, c’est une divinité des rêves prophétiques. Il est, selon certains théologiens antiques, le fils d’Hypnos (le Sommeil) et de Nyx (la Nuit), et selon d’autres, la principale divinité des mille Oneiroi (les rêves) engendrés par Nyx seule. Il a pour vocation d’endormir.

morphee-houdonMorphée par Jean-Antoine Houdon – Musée du Louvre

Il est représenté avec des ailes battant rapidement et silencieusement, qui lui permettent de voler. Pour se présenter aux mortels, il se transforme en êtres chers, d’où son nom signifiant « forme », permettant aux mortels l’espace d’un instant de sortir des machinations des dieux.

On le retrouve notamment dans l’œuvre d’Ovide. Messager des dieux, il apparaît généralement dans le sommeil des rois comme un humain sous forme de fantasme. Il est peut-être le rêve envoyé par Zeus auprès d’Agamemnon dans l’Iliade, mais dans ce passage il n’est pas explicitement nommé. Il joue un rôle important dans l’histoire d’Alcyoné, à qui il apparaît sous les traits de son époux Céyx, noyé au cours d’un naufrage. Morphée fut foudroyé par Zeus pour avoir communiqué des secrets aux mortels.

Dans les religions des Grecs et des Romains, la mort est rarement personnifiée. Certes, on connaît Perséphone (Proserpine) et Hadès (Pluton) qui règnent sur le territoire des morts ; mais ni l’un ni l’autre, malgré leur caractère farouche et implacable, ne s’identifient réellement avec la mort.

Même le dieu Thanatos n’est pas celui qui est la mort, mais celui qui donne la mort. En fait, la mort, dans l’esprit des Anciens, une idée abstraite, le sentiment de l’inconnu. On connaît ses serviteurs, Apollon (le Soleil), Artémis (la Lune) et leurs flèches empoisonnées ; mais dans la mort même, il n’y a point d’images, point de représentations allégoriques.

Le culte si minutieux des morts chez les Grecs et chez les Romains, sous forme d’offrandes, est un hommage nécessaire rendu aux âmes qui ont franchi les limites du connu et qui sont ainsi entrées en communication directe avec les divinités ; cependant ce culte n’est pas l’expression d’une vénération craintive envers une divinité qui aurait pour nom la Mort.

En résumé, le nom de Morphée est notamment à l’origine :

  • du mot morphine, en raison du pouvoir soporifique de cette drogue ;
  • de l’expression « être dans les bras de Morphée », qui signifie « rêver » et par extension « dormir » ou encore « tomber dans les bras de Morphée » pour dire « s’endormir ».
  • du personnage Morpheus dans le film Matrix, interprété par Laurence Fishburne, chef de l’équipe qui libère Neo de son « sommeil ».

En Russie, on dit d’une jeune fille qu’elle est  « belle comme une fleur de pavot ». Et, « rester en pavot », signifie « rester vieille fille ».

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L’opium : la drogue des poètes

De nombreux écrivains occidentaux, surtout des poètes, ont été opiomanes sous une forme ou une autre, à commencer par les Britanniques : John Keats, Samuel Taylor Coleridge et Alfred Tennyson. Mais il y eut aussi Percy Bysshe Shelley, autre poète romantique, époux de la romancière Mary Shelley. C’était un grand consommateur de Laudanum, tout comme Tomas de Quincey, auteur en 1822, des Confessions d’un mangeur d’opium anglais. On peut encore citer Walter Scott, Charles Dickens et l’Américain Edgar Allan Poe, autre buveur de Laudanum, qui parle notamment de l’opium dans la nouvelle Ligeia. Cependant, voilà ce qu’écrivait Gaston Bachelard à propos d’Edgar Poe :

               « L’opium d’Edgar Poe est un opium imaginé. Imaginé avant, réimaginé après, jamais écrit pendant ».

Quant aux auteurs français, Charles Baudelaire, dans les Paradis artificiels, évoque longuement l’opium et ses effets, de même que le poète et journaliste Jules Boissière, installé en Indochine, qui voit en lui une clé pour comprendre l’Orient et qui mourra en 1897, à 34 ans, d’une occlusion intestinale sans doute liée à sa toxicomanie. Dans les années 1920, Jean Cocteau tombera lui aussi sous sa dépendance, et en rendra compte dans « Opium, journal d’une désintoxication ».

Le « Népenthès » de l’Odyssée dite « drogue de l’oubli » contenait sans doute de l’opium.

Dans son livre « Critique de la philosophie du droit » de Hegel, publié en 1844, le philosophe Karl Marx compare la religion à l’opium du peuple.

Enfin, dans le célèbre « Tintin et le Lotus Bleu », une fumerie d’opium se trouvant à Shanghaï y est évoqué.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine de Joël Schmitt – Editions Larousse Références Dictionnaire de la Mythologie par Michael Grant et John Hazel – Chez Marabout

 

 

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