L’OR – SYMBOLE DU LION

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 02-08-2010

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L’or est considéré dans la tradition comme le plus précieux des métaux. C’est le métal parfait parce qu’il est inaltérable. En chinois, le même caractère « Kin » désigne à la fois « or » et « métal ». Il a l’éclat de la lumière. L’or, dit-on en Inde, est la lumière minérale. Il a le caractère igné, solaire et royal, voire divin. Dans certains pays, la chair des Dieux est faite d’or ; celle des Pharaons égyptiens l’était également. Les icônes du Bouddha sont dorées, signe de l’illumination et de l’absolue perfection. Le fond des icônes byzantines est doré : reflet de la lumière céleste.

En diverses régions, et notamment en Extrême-Orient, l’or est censé naître de la terre. Le caractère Kin primitif évoque des pépites souterraines. Il serait le produit de la gestation d’un embryon, ou de la transformation du perfectionnement de métaux vulgaires. C’est l’enfant des désirs de la nature. L’alchimie se contente d’achever, d’accélérer la transmutation naturelle : elle ne crée pas la matière originelle. La transmutation est une rédemption ; celle du plomb en or, dirait Silesius, c’est la transformation de l’homme par Dieu en Dieu. Tel est le but mystique de l’alchimie spirituelle.

L’or-lumière est très généralement le symbole de la connaissance, c’est le yang essentiel. L’or, disent les Brahmana, c’est l’immortalité. Il faut se rappeler, en outre, à propos de la perfection, la primordialité de l’Age d’or traditionnel, les âges suivants : d’argent, d’airain et de fer, marquant les étapes descendantes du cycle.

Dans la tradition grecque, l’or évoque le Soleil et toute sa symbolique : fécondité, richesse, domination… La toison d’or ajoute un coefficient de ce symbolisme solaire à l’animal qui la porte ; au bélier, par exemple, qui représente par lui-même la puissance génératrice d’ordre corporel et par transposition symbolique, d’ordre spirituel. La toison d’or devient l’insigne du maître et de l’initiateur.

L’or est une arme de lumière. On n’usait que de couteaux en or pour les sacrifices aux divinités ouraniennes. De même, les druides ne coupaient le gui qu’avec une faucille d’or. Apollon, dieu-soleil, était revêtu et armé d’or : tunique, agrafes, lyre, arc, carquois, brodequins.

Hermès, l’initié, le psychopompe, le messager divin et le dieu du commerce, est aussi le dieu des voleurs, signifiant ainsi l’ambivalence de l’or. Mais des Anciens voyaient dans ce dernier titre du dieu « un symbole des mystères soustraits à la connaissance du vulgaire : les prêtres dérobaient l’or, symbole de la lumière, au regard des profanes ».

Toujours en raison de cette identification à la lumière solaire, l’or a été un des symboles de Jésus, Lumière, Soleil, Orient : « On comprend pourquoi des artistes chrétiens donnèrent à Jésus-Christ des cheveux blonds dorés comme à Apollon et placèrent une auréole sur sa tête ».

Mais l’or est un trésor ambivalent. Si l’or-couleur et l’or-pur métal sont des symboles solaires, l’or-monnaie est un symbole de pervertissement et d’exaltation impure des désirs, une matérialisation du spirituel et de l’esthétique, une dégradation de l’immortel en mortel.

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Les Anges de Tommaso del Mazza – Avignon – Petit Palais

Le nom de l’or vient du latin « aus » et « aurum », qui a donné l’adjectif « aurifère », ainsi que le mot « auréole » ; dans les anciens textes français, on le trouve parfois sous l’acception « Aur ». Aussi, on peut penser que les Aurèle, Aurélien, Aurélie, Aurélia, Aurore sont des êtres en or, ainsi que les Laurent, Laurie, Laure, Laureline, Laurentine, Laurence, Lauriane ou Loriane, Lauranne, Laura, Anne-Laure et Marie-Laure le sont tout autant. On remarque d’ailleurs que les porteurs de ces prénoms sont souvent nés sous le signe du Lion, ou bien ont un Ascendant Lion, ou encore le Soleil très valorisé dans leur thème.

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Chryséléphantine – La danseuse au cerceau

En grec ancien, « or » se dit « chrysos » : une statue d’or et d’ivoire est dite « chryséléphantine » ; de même « chrysanthème » se traduit par « fleur d’or ».

Un peu d’Histoire…

L’Homme utilise l’or depuis le Chalcolithique, à la fin de la Préhistoire. C’était le second métal connu après le cuivre. Le plus vieil objet en or a été mis au jour dans la nécropole de Varna. Il est daté du milieu du Ve millénaire av. J.C.

C’est durant l’Antiquité, au VIe siècle av. J.-C., en Perse, que Cyrus II aurait frappé une monnaie en or pour la première fois. L’usage se répandit ensuite en Grèce, puis dans l’ensemble du monde antique durant la période hellénistique à côté des monnaies d’argent, de moindre valeur.

Au début du IIe siècle, vainqueur des Daces, Trajan rapporte à Rome un butin faramineux : 165 tonnes d’or et 300 tonnes d’argent. On parle alors de « l’or des Daces ».

Les Romains instaurèrent le monométallisme or avec Constantin Ier (début du IVe siècle). Ce sont les conquêtes sassanides, puis arabes qui mirent fin à l’importance de l’or en Occident, en provoquant sa pénurie durant tout le haut Moyen Âge. La diffusion de l’or dans le monde occidental connut un renouveau d’abord en Méditerranée au XIe siècle, puis au XIIIe siècle.

Les taxes de compensation dans les codes germaniques étaient appelées « wergeld ». Les Vikings soumirent les États attaqués à un tribut appelé « danegeld » : « or des Danois ». Si en allemand, l’or se dit « geld », en anglais, il est « gold ».

Au Moyen Âge, les alchimistes tentèrent de fabriquer de l’or à partir d’autres substances comme le plomb. Ils pensaient obtenir ce résultat en utilisant la mythique pierre philosophale. Aujourd’hui on a réussi à fabriquer de l’or à partir d’autres métaux dans des accélérateurs de particule, mais le coût de production est plus élevé que le prix de l’or, cette méthode a donc été abandonnée.

En alchimie, le symbole de l’or est un point entouré d’un cercle, symbole utilisé en astrologie pour représenter le Soleil.                    

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La recherche d’or constitua l’une des raisons de la conquête du continent américain. Ainsi, Hernán Cortés entreprit la conquête de l’empire aztèque, situé au Mexique notamment pour accaparer l’or que possédait l’empereur aztèque. Hernán Cortés envoya une grande quantité de ce précieux métal à Charles Quint, roi d’Espagne, dont une partie sous forme de bijoux, mais la plupart furent fondus pour financer les guerres menées par l’Espagne. Les conquistadors devaient prélever le quinto real (c’est-à-dire un cinquième de l’or récupéré) et l’envoyer à Charles Quint. L’or affluant depuis les mines du Nouveau Monde provoqua la richesse de l’Espagne et du Portugal au début de la période moderne, avant de profiter aux autres États européens qui surent mieux le capter, tels la France et la Grande-Bretagne. A la même époque se diffusa la légende de l’Eldorado.

Au XIXe siècle, une ruée vers l’or se déclare en Californie et contribue pour une part à la conquête de l’Ouest américain et à la croissance démographique et économique de nombreuses villes californiennes, dont San Francisco. Les cités minières construites en des endroits trop reculés furent abandonnées dès que le filon à l’origine de leur richesse vint à se tarir. Ces cités sont aujourd’hui ce qu’on appelle des cités fantômes, vides de population, mais dont les murs tiennent parfois encore debout, préservés par l’aridité du climat local. Les États-Unis restent le deuxième pays producteur d’or dans le monde en 2004.

Aujourd’hui, la plus grande réserve d’or mondiale se trouve aux États-Unis, il s’agit de la réserve fédérale de New York, pourtant moins célèbre que celle de Fort Knox, dans le Kentucky. En 1995, les réserves d’or dans les banques du monde entier se montaient à environ 910 millions d’onces ce qui représente un cube proche de 12 m d’arête.

Enfin, les sports modernes utilisent l’or comme récompense suprême lors des différentes compétitions : médailles d’or aux jeux Olympiques, Ballons d’or pour le football.

Propriétés et usages

La couleur de base de l’or est jaune à reflets complexes que l’on connaît naturellement comme doré dans la langue française. Par transparence au travers d’une feuille très fine, l’or apparaît vert.

L’or pur a été utilisé dans certains bijoux asiatiques, qui ont donc la particularité d’être déformables, ce qui oblige à se limiter à des formes simples : type bracelets en torsades. Il reste cependant peu utilisé en bijouterie ; afin d’obtenir une meilleure tenue mécanique ainsi que des couleurs originales, il est allié :

– à l’argent, c’est l’or vert,

– au cuivre et au nickel, c’est l’or jaune ou l’or rosé,

– au cuivre, l’or rouge,

– au nickel, l’or blanc,

– au fer, c’est l’or gris

– à l’aluminium, c’est l’or violet.

En orfèvrerie, l’argent recouvert d’or s’appelle le vermeil.

feuille-dorL’or est ainsi utilisé pour créer des bijoux, des médailles, des objets de luxe (montres, stylos). Il peut également être utilisé sous forme de feuilles pour dorer les boiseries, les livres, les ferronneries par un procédé de dorure ; ainsi que les bonbons en chocolat en occident et les gâteaux en Inde.

Le pourcentage d’or dans le métal s’appelle le titre. Depuis très longtemps, il peut faire l’objet d’une garantie, actuellement de l’État, grâce à un poinçon qui indique le titre de l’alliage utilisé. Les orfèvres l’évaluent grossièrement grâce à la pierre de touche. En France, le marquage des bijoux en or est obligatoire depuis le 9.11.1797 par l’apposition de poinçons (sauf si l’objet est trop petit pour recevoir le poinçon). Deux poinçons sont utilisés : le premier, appelé « poinçon d’État », indique le titre ; le second est celui du fabriquant, il est appelé « poinçon de Maître ». Le poinçon actuel est une tête d’aigle pour l’or massif. Les carats correspondent au pourcentage massique d’or compris dans le métal. On peut aussi parler de millièmes.

De nos jours, dans l’industrie, l’or est fréquemment utilisé dans les hautes technologies, à cause de son inaltérabilité et de sa bonne conductivité électrique. Il est utilisé par exemple en électronique, afin de réaliser des contacts électriques inoxydables. Il est également utilisé pour opacifier des organes optiques dans le cadre de technologies spatiales, et comme catalyseur dans des piles à combustible.

En médecine, l’or a été, et reste, pour qui accepte de faire face à la dépense, un substitut nettement supérieur aux amalgames pour les collusions dentaires, mais demande l’emploi d’une technique différente des classiques «plombages » : ce sont les inlays. Enfin, certains dérivés organiques de l’or, dits « sels d’or » sont parfois utilisés dans le traitement de certaines affections en rhumatologie.

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Une bonne adresse si vous avez une glace ancienne, un cadre, une console, ou tout autre objet, à restaurer et à dorer à la feuille d’or :

Reflets d’Or – Nellie Convers (Orne) – Tél. 02.33.83.68.03

La symbolique de l’or

– Les noces d’or symbolisent les 50 ans de mariage dans le folklore français.

– L’or est le 10e niveau dans la progression de la Sarbacane Sportive.

– L’or représente la lumière solaire en tant que symbole de la lumière manifestée, mais aussi symbole d’énergie (YIN).

– L’or est le matériau symbolique des médailles sportives correspondant à la première place avant l’argent et le bronze.

– L’or exprime la connaissance. On parle aussi de l’Age d’or qui constitue la perfection.

– L’or est le métal des rois et des empereurs, non seulement en Occident mais dans tout le reste du monde. Il évoque le Soleil et toute sa symbolique : fécondité, richesse, domination rayonnement ; centre de chaleur, amour, don, foyer de lumière et de connaissance.

L’or et la religion

L’or pur est inaltérable. C’est vraisemblablement cela qui en fait un métal si prisé, plus que sa rareté. Cela lui a aussi donné une grande charge symbolique, dès sa découverte par l’homme. Inaltérable, comme les dieux sont éternels, éclatant comme le soleil, d’ailleurs son nom latin « aurum » signifie aussi « aurore ». L’or symbolise ainsi le pouvoir et le divin. Dans de nombreuses civilisations, pourtant sans connexion, l’or fut le symbole du divin par excellence. Cela peut s’expliquer notamment par deux propriétés qu’il possède :

– sa quasi-inaltérabilité au temps, qui en fait un matériel d’immortalité,

– sa couleur jaune éclatante qui reflète la puissance du soleil jaune.  

masque-dor-de-toutankamon2Les Égyptiens de l’Antiquité, qui avaient un intérêt quasi obsessionnel de l’éternité, donnaient à l’or des propriétés divines en le définissant comme la chair des dieux. C’est en or que l’on confectionnait les masques funéraires qui avaient pour but de fixer à jamais le visage idéalisé du pharaon et de l’identifier aux étoiles. Le masque d’or du pharaon Toutankhamon est fait de 11 kilogrammes d’or massif et on estime avoir retrouvé dans son tombeau, l’un des plus petits de la vallée des Rois, plus d’une tonne d’or pur.

Le Bouddha d’or de Bangkok mesure plus de 3 m de haut pour 5,5 tonnes. C’est la plus grande statue d’or massif du monde. 

– Dans la Livre de l’Exode, le veau d’or symbolise l’idolâtrie. Néanmoins, l’or est aussi utilisé pour de nombreux objets culturels du Temple de Jérusalem : menorah, coupes, arche d’alliance…  

– Dans le Nouveau Testament, les mages venus d’Orient apportent de l’or à Jésus. Dans le livre de l’Apocalypse, le Christ apparait à Jean entouré de sept chandeliers d’or et un ange verse de l’encens avec une pelle en or.

L’or est donc, dans les cultures juives et chrétiennes, le métal qui souligne la dignité de la divinité. Dans l’art religieux, les saints et les anges ont souvent leurs têtes entourées d’or sous la forme du nimbe. L’or symbolise aussi la lumière de Dieu, et donc sa présence, dans l’art de l’icône et dans beaucoup d’œuvres d’art chrétiennes occidentales où il occupe les fonds : mosaïques de Ravenne, de Palerme.

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Ravenna – San Vitale

Histoires d’or

– L’ancienne mine d’or de Skidoo, dans la vallée de la Mort en Californie. 

– Durant l’Antiquité, Midas et Crésus, ces deux rois de Lydie, tiraient leur or en particulier du fleuve Pactole. Avec le roi Salomon, ils étaient connus pour leur légendaire richesse et pour leur goût de l’or.

– Le consul romain Crassus, connu pour sa soif d’or et pour son immense richesse, fut fait prisonnier par le général parthe Suréna. Ce dernier, pour exécuter son captif, aurait coulé de l’or dans la gorge du Romain.  

– Le « bon saint Éloi » de la chanson « Le bon roi Dagobert » était orfèvre. Les orfèvres de l’époque mérovingienne, en raison d’une pénurie d’or en Occident, étaient connus pour récupérer les chutes d’or, quitte à « rogner » un peu plus les objets lors de leur fabrication, en les raclant. Avec la quantité habituellement nécessaire pour faire un trône, saint Éloi fabriqua deux trônes, prouvant par là même son honnêteté.

– Au Moyen Âge, les alchimistes cherchaient le moyen de transmuter le plomb en or.  

– La recherche de l’Eldorado, le pays de l’or, fut l’une des motivations de la colonisation de l’Amérique latine. 

– Un livre de Blaise Cendrars « L’Or » raconte la ruée vers l’or aux États-Unis, mais surtout la malheureuse histoire de John Sutter, à qui appartenait légalement l’or extrait, et dont les droits ne furent jamais reconnus par la justice.  

– Un livre, « Le Trésor de la Sierra Madre » de B. Traven, raconte comment trois Américains succombent à la fièvre de l’or au retour de leur expédition dans la  jungle mexicaine. Ce livre a été adapté au cinéma par John Huston en 1948.

– « L’Or du Rhin », premier des quatre opéras constituant le prélude de L’Anneau du Nibelung de Richard Wagner, relate comment Alberich s’empare de l’or du Rhin, forge l’anneau dont la malédiction traversera toute la Tétralogie.

– Lors des tout premiers tests de la base de données documentaire de la Bourse de Paris, aucune information relative à l’or ne pouvait être retrouvée, jusqu’à ce qu’un ingénieur eût l’idée de consulter la liste de mots vides (« à ne pas indexer ») fournie en standard avec le logiciel, et d’en retirer une certaine conjonction de coordination !

– La pyrite FeS2 est aussi appelée « or des fous » à cause de sa couleur jaune ressemblant à celle de l’or.

Des expressions qui parlent d’or 

– « Tout ce qui brille n’est pas d’or » : invite à être prudent.

– « La parole est d’argent et le silence est d’or » : le silence vaut mieux que la parole ;

– « Se faire des couilles en or » : bien que vulgaire l’expression qualifie une activité lucrative ;

– « As good as gold » utilisé après 1945 pour désigner le dollar ;

– « Une personne en or» représente une personne pleine de qualités : gentille, douce, agréable… 

– « Avoir un cœur d’or » : c’est se montrer généreux ;

– « Rouler sur l’or » : être riche ;

– « Se dorer la pilule » : se faire bronzer ou ne pas faire grand chose. Autrefois, certaines pilules au goût particulièrement désagréable étaient roulées dans une feuille d’or qui ne se rompait qu’une fois dans l’estomac ;

– « C’est une vraie mine d’or » : définit une situation ou une personne ou un objet très lucratifs ;

– « Valoir de l’or » : valoir cher, être précieux.

– « Valoir son pesant d’or » : valoir cher

– « Poule aux œufs d’or » : affaire très lucrative dont la pérennité est souvent remise en cause.

faberge-oeuf-pascal-et-pouleL’oeuf et la poule de Fabergé 

L’histoire du Roi Midas

Midas (VIIIe siècle av. J.C.), est le héros de plusieurs légendes mythologiques. Il était le fils de Gordias et de Cybèle, déesse phrygienne, ou bien d’une prophétesse de Telmessos. On ne sait pas très bien. Il était roi de Phrygie au moment où celle-ci atteint son apogée, avant la conquête cimmérienne. Un jour, le vieux Silène, qui avait été le tuteur de Dionysos, fut capturé, ivre, par des paysans de Lydie et amené, enchaîné de guirlandes de fleurs à Midas ; celui-ci reconnut le compagnon de Dionysos, le traita avec bienveillance et l’hébergea avec prodigalité pendant dix jours et dix nuits. Puis il ramena Silène en Lydie et le rendit au dieu. Dionysos, pour remercier l’hôte de celui qui l’avait élevé, lui accorda un vœu. Midas demanda alors la faculté de transformer en or tout ce qu’il touchait. Midas fut tout d’abord ravi des résultats, mais sa joie se transforma en horreur lorsqu’il se rendit compte que la nourriture et les boissons étaient aussi transformées en or. Incapable de manger et de boire, il supplie le dieu de reprendre son présent. Dionysos lui ordonne alors de se laver les mains dans les eaux du Pactole, dont le sable resta chargé de paillettes d’or. Cette légende explique le caractère aurifère du Pactole, auquel la Phrygie doit une bonne partie de son empire. Midas se serait suicidé, en buvant le sang d’un bœuf ou d’un taureau. 

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 Cette « légende dorée » serait à méditer longuement à notre époque où les champs de céréales vont devenir des champs de biocarburants. Nous pourrons donc toujours rouler, mais quand sera-t-il des aliments de base de l’humanité… Les mythes ne sont pas de vieilles légendes pour enfants sages, se sont des archétypes qui ne prennent pas une ride.

perle-dor-et-dambre Perle d’or et d’ambre

 

Bibliographie :

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins chez Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Chez Marabout

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DANS LE MONDE DU SCORPION… LE LOUP ET LA LOUVE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 07-11-2009

Le loup est synonyme de sauvagerie et la louve de débauche. Mais le langage des symboles interprète ces animaux d’une façon infiniment plus complexe du fait, tout d’abord, qu’à l’instar de tout autre vecteur symbolique, ils peuvent être valorisés positivement autant que négativement.

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Positif apparaît le symbolisme du loup, si l’on remarque qu’il voit la nuit. Il devient alors symbole de lumière, solaire, héros guerrier, ancêtre mythique. C’est pourquoi chez les Nordiques et chez les Grecs où il est attribué à Belen ou à Apollon.

Le créateur des dynasties chinoise et mongole est le loup bleu céleste. Sa force et son ardeur au combat en font une allégorie que les peuples turcs perpétueront jusque dans l’histoire contemporaine, puisque Mustapha Kemal, qui s’était nommé lui-même Atatürk, c’est-à-dire « Père des Turcs », avait reçu de ses partisans le surnom de « loup gris ». Le peuple turc qui, rassemblé autour de lui, menait le combat pour retrouver son identité, menacée par la décadence de l’empire ottoman, reconduisait ainsi une très ancienne image : celle de l’ancêtre mythique de Gengis Khan, loup bleu, cratophanie de la lumière ouranienne, c’est-à-dire la foudre, et dont l’union avec la biche blanche ou fauve, représentant la terre, plaçait à l’origine de ce peuple la hiérogamie terre-ciel.

Les peuples de la Prairie nord-américaine semblent avoir interprété de la même façon la signification symbolique de cet animal : « Je suis le loup solitaire, je rôde en maints pays » dit le chant de guerre des Indiens de la Prairie.

La Chine connaît également un loup céleste, l’étoile Sirius, qui est le gardien du Palais céleste, la Grande Ourse. Ce caractère polaire se retrouve dans l’attribution du loup du Nord. On remarque toutefois que ce rôle de gardien fait place à l’aspect féroce de l’animal : ainsi, dans certaines régions du Japon, l’invoque-t-on comme protecteur contre les autres animaux sauvages. Il évoque une idée de force mal contenue, se dépensant avec fureur, mais sans discernement.

La louve de Romulus et Remus est, elle, non pas solaire et céleste, mais terrienne sinon chthonienne. Ainsi, dans un cas comme dans l’autre, cet animal reste associé à l’idée de fécondité. La croyance populaire, en pays turc, a jusqu’à nos jours conservé cet héritage. Parmi les bézoards appréciés par les Yakoutes, en Sibérie, celui du loup est considéré comme le plus puissant ; en Anatolie, c’est-à-dire à l’autre extrémité de l’extension géographique des peuples altaïques, on voit encore des femmes stériles invoquer le loup pour avoir des enfants.

Au Kamchatka « à la fête annuelle d’octobre, on fait une image de loup en foin et on la conserve un an pour que le loup épouse les filles du village ; chez les Samoyèdes on a recueilli une légende qui met en scène une femme qui vit dans une caverne avec un loup ».

Cet aspect chthonien ou infernal du symbole constitue son autre face majeure. Elle semble restée dominante dans le folklore européen, comme en témoigne par exemple le conte du Chaperon Rouge. On le voyait déjà apparaître dans la mythologie gréco-latine avec la louve de Mormolycé, nourrice d’Achéron, dont on menaçait les enfants comme, de nos jours, on évoque « le grand méchant loup » ; c’est le manteau de peau de loup dont se revêt Hadès/Pluton, maître des Enfers ; les oreilles de loup du dieu de la mort étrusque.

C’est aussi selon Diodore de Sicile, Osiris ressuscitant sous forme de loup « pour aider sa femme et son fils à vaincre son frère méchant ».

C’est aussi une des formes données à Zeus, à qui on immolait en sacrifice des êtres humains, aux temps où régnait la magie agricole, pour mettre un terme aux sécheresses, aux fléaux naturels de toute sorte : Zeus déversait alors la pluie, fertilisait les champs, dirigeait les vents.

Dans l’imagerie du Moyen Age européen les sorciers se transforment le plus souvent en loups pour se rendre au Sabbat, tandis que les sorcières, dans les mêmes occasions, portent des jarretelles en peau de loup. En Espagne, il est monture du sorcier. La croyance aux lycanthropes ou loups-garous est attestée depuis l’Antiquité en Europe ; Virgile en fait déjà mention. En France, à peine commençait-on à en douter sous Louis XIV. C’est une des composantes des croyances européennes, un des aspects sans doute que revêtent les esprits des forêts.

 

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Selon Collin de Plancy, « Bodin raconte sans rougir qu’en 1542 on vit un matin cent cinquante loups-garous sur une place de Constantinople ».

Ce symbolisme de dévorateur est celui de la gueule, image initiatique et archétypale liée au phénomène de l’alternance jours-nuit, mort-vie : la gueule dévore et rejette, elle est initiatrice, prenant selon la faune de l’endroit, l’apparence de l’animal le plus vorace : ici le loup, là le jaguar, le crocodile.

La mythologie scandinave présente spécifiquement le loup comme un dévorateur d’astres ce qui peut être rapproché du « loup dévorateur de la caille » dont parle le Rig-Veda. Si la caille est un symbole de lumière, la gueule du loup est la nuit, la caverne, les enfers, la phase de pralâya cosmique ; la délivrance de la gueule du loup, c’est l’aurore, la lumière initiatique faisant suite à la descente aux enfers, le kalpa.

Fenrir, le loup géant, est un des ennemis les plus implacables des dieux. Seule la magie des nains peut arrêter sa course, grâce à un ruban fantastique que nul ne peut rompre ou couper.

osiris-relief-anubisDans la mythologie égyptienne, Anubis, le grand psychopompe, est appelé Impou, « celui qui a la forme d’un chien sauvage » ; on le révère à Cynopolis, comme le dieu des enfers.

Cette gueule monstrueuse du loup dont Marie Bonaparte parle dans son auto-analyse, comme étant associée aux terreurs de son enfance consécutives à la mort de sa mère, n’est pas sans rappeler les contes de Perrault : « Grand-Mère comme tu as de grandes dents ! ». Il y a donc, observe G. Durand, une convergence très nette entre la morsure des canidés et la crainte du temps destructeur. Kronos apparaît ici avec le visage d’Anubis, du monstre dévorant le temps humain ou s’attaquant même aux astres mesureurs du temps.

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 Notons pour conclure que ce loup infernal, surtout sa femelle, incarnation du désir sexuel, constituent un obstacle sur la route du pèlerin musulman en marche vers La Mecque, et plus encore sur le chemin de Damas, où elle prend les dimensions de la bête de l’Apocalypse.

Le loup est l’animal le plus emblématique de l’histoire de l’Europe. Il était d’ailleurs à l’honneur durant l’Antiquité chez la totalité des anciens peuples européens. De plus, le loup occupe une place dans toutes les religions d’Europe même monothéistes. Il est respecté, vénéré ou craint.

Avant le développement de l’agriculture et de l’élevage, de nombreux peuples d’Europe se disaient descendants des loups et vouaient ainsi un culte au dieu-loup ancêtre. Dans l’Antiquité, voir un loup avant le début d’une bataille était aussi présage de victoire, le loup étant l’animal symbolique du chasseur et du guerrier.

Le loup dans le folklore

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Romulus et Remus, furent élevés par la louve du Capitole. Mais il faut savoir que les jumeaux furent rajoutés bien après la louve. Les relations entre les loups et les hommes sont toujours houleuses. Le folklore montre le loup comme un prédateur sanguinaire, sauf dans quelques exceptions, comme en Italie où à cause du mythe de Romulus et Remus, elle joue un rôle protecteur et nourricier. Il en va de même chez les Esquimaux et chez les Amérindiens.

Dans la Bible, le loup est associé à la tribu de Benjamin.

saint-francois-et-le-loup-de-gubbio2Dans la Légende dorée, on trouve le loup de Gubbio amadoué par Saint François. A ce propos diverses questions se posent.  Est-ce : une pure allégorie ? L’adaptation d’une légende ancienne, étrangère à Saint François ? Un miracle réel ? Une transposition, sous une forme dramatique et pittoresque ? Ou bien la délivrance de Gubbio ravagée par des loups ? Ou encore un voyage de Saint François au monastère de San Verecondo, près de Gubbio, au cours duquel le saint répondit à des paysans qui l’engageaient à s’arrêter par crainte de loups féroces et qui lui fit répondre : « Je n’ai fait faire à frère loup aucun mal qui lui permette d’avoir l’audace de dévorer votre frère âne ». Mais ce pourrait être aussi la transformation de l’histoire d’un brigand avec qui les habitants de Gubbio auraient fait la paix par l’entremise de Saint François. La tradition de Gubbio, où l’on aurait récemment trouvé le crâne d’un loup à l’endroit qui passait depuis longtemps pour être le tombeau de cette brave vête, fixe l’épisode à 1220, mais si on le rattache au voyage de Saint François à San Verecondo, il serait postérieur à la stigmatisation. Toutefois, les monuments de Gubbio rappellent le souvenir de « frère loup », qui était peut-être une louve !

Soit dit en passant, Gubbio est vraie ville du Moyen Age, intacte et délicieuse dans ses murs d’enceinte, à flanc de montagne, où l’on imagine bien que les loups devaient pulluler. D’ailleurs, il y a toujours des loups en Italie, juste en peu plus bas sur l’Apennin, dans les Abruzzes. Un détour s’impose si vous vous rendez en Ombrie et à Assise. 

 

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Dans l’imagination occidentale, le loup incarne l’animal féroce par excellence. Craint dans toute l’Antiquité et au Moyen Age, il revient aux temps modernes périodiquement se réincarner dans une quelconque bête du Gévaudan.

la-bete-du-gevaudan1 Cette Bête du Gévaudan aurait été un animal à l’origine d’une série d’attaques contre des humains survenues entre 1764 et 1767. Ces attaques, le plus souvent mortelles, entre 88 et 124 recensées selon les sources, eurent lieu principalement dans le nord de l’ancien pays du Gévaudan, ce qui correspond globalement à l’actuel département de la Lozère. Quelques cas avaient été signalés dans le sud de l’Auvergne, dans le nord du Vivarais et du Rouergue. La Bête du Gévaudan dépassa rapidement le stade du fait divers, au point de mobiliser de nombreuses troupes royales et de donner naissance à toutes sortes de rumeurs, tant sur la nature de cette bête, vue tour à tour comme un loup, un animal exotique et même un loup-garou, voire un tueur en série à une époque plus récente, que sur les raisons qui la poussaient à s’attaquer aux populations, du châtiment divin à la théorie de l’animal dressé pour tuer. L’affaire ne fut jamais élucidée. Entre 1764 et 1767, deux animaux, identifiés comme de gros loups, furent abattus. Le premier par François Antoine, porte-arquebuse du roi de France, en septembre 1765, sur le domaine de l’abbaye royale des Chazes. A partir de cette date, les journaux et la cour se désintéressèrent du Gévaudan, bien que d’autres morts attribuées à la Bête aient été déplorées ultérieurement. Le second loup fut abattu par Jean Chastel, enfant du pays domicilié à La Besseyre-Saint-Mary, le 19 juin 1767. Selon la tradition, l’animal tué par Jean Chastel était bien la Bête du Gévaudan car, ensuite, plus aucune mort ne lui fut plus attribuée. 

le-loup-et-lagneau-la-fontaine Auparavant le loup avait beaucoup inspiré Jean de La Fontaine puisque pas moins sept fables en font le protagoniste : le loup et l’agneau, le loup et le chien, le loup plaidant contre le renard par-devant le singe, le loup devenu berger, le loup et la cigogne, le loup et les brebis, le loup et le chien maigre.

la-chevre-de-moniseur-seguin-alphonse-daudet Plus tard, Alphonse Daudet dans une de ses lettres raconte à son ami et poète Gringoire la triste destinée de la chèvre de Monsieur Seguin qui paya fort cher son goût pour la liberté, bien qu’elle fût prévenue du sort que le loup lui réservait. Daudet se sert du loup. Et la morale du conte est implicite. Il dit en toutes lettres que « le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea ». C’est ainsi que Daudet ne dit pas clairement quel pourrait être, d’après lui, le sort de Gringoire s’il persiste à être poète. Le loup représenterait donc la société impitoyable, ou plus simplement la faim, évoqué au début du conte quand il décrit « cette face maigre qui crie la faim… ». Quelle que soit l’interprétation, Daudet voit pour Gringoire un sombre avenir de sans-le-sou et des conditions associées. 

Enfin, l’expression « attraper » ou « choper le loup » signifie familièrement avoir une irritation au niveau de différentes zones sensibles du corps : aisselles, pli de l’aine, intérieur des cuisses, anus, etc… due à des frottements répétés ou à une mauvaise hygiène. Cette expression provient probablement des hurlements, comparables à ceux du loup, que la douleur peut provoquer.

Quant à Sigmund Freud, il associait, dans l’inconscient, le loup au désir, aux pulsions primales, particulièrement sexuelles.

Avec le loup, son histoire, ses symboles et ses légendes, on est bien dans l’univers Scorpion.

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Bibliographie : Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

 

 

 

 

 

 

 

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PREMIER NOVEMBRE… LA TOUSSAINT A TRAVERS LES SIECLES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.8 - TRADITIONS) par sylvietribut le 31-10-2009

« Vilaine veille de Toussaint ne présage rien de bien », telle est la conviction populaire : la Toussaint, en effet, met un terme aux fêtes et aux réjouissances de l’automne, à la célébration des abondances. Et comme « à la Toussaint, le froid revient et met l’hiver en train », les foires se raréfient et les paysans enfin se reposent puisque « la Toussaint arrivée, le blé doit être semé, fruits, pommes de terre et vin rentrés ».

Ces quelques dictons, comme la présence du culte de tous les saints, confirment la continuité des rites essentiels en ce jour de 1er novembre, passage symbolique d’une période à une autre, de l’ère des abondances à celle de la gestation. Que les morts, anonymes ou éponymes, soient symboliquement présents à cette date n’a donc rien d’étonnant.  

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Zodiaque des saints Apôtres

 

La fête de la Toussaint existait déjà en Orient comme commémoration de tous les martyrs de la Foi, célébrée le premier dimanche après la Pentecôte. Elle a été introduite en Occident par le Pape Boniface IV, vers la fin du VIe siècle et fixée au 13 mai, en l’honneur de tous les saints et plus particulièrement de Marie.

Le Panthéon de Rome, temple de tous les dieux, fut consacré à ce culte collectif. La date choisie correspondait aux célébrations dans le calendrier romain aux premiers jours de mai des « Lemuria », culte des ancêtres. Mais cette tradition funéraire ne s’étendait pas à l’ensemble du monde catholique. C’est pourquoi Louis le Pieux institua en 835 une Toussaint au 1er novembre dans l’espoir de couper court aux rituels peu chrétiens pratiqués en cette période de l’année. L’enjeu était de substituer la commémoration de tous les saints, ancêtres virtuels de tous les fidèles, au culte des morts familiers, pratiqué à cette période, tradition commune à une grande partie du monde occidental. 

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 Rome – Le Panthéon

Pour unifier ces pratiques discordantes, le Pape Grégoire IV, en 875, sous l’instigation de Louis le Débonnaire, fixa la fête de la Toussaint au 1er novembre, pour mieux répondre aux besoins de la grande majorité des catholiques.

Vain espoir, car le culte des morts au 1er novembre, profondément enraciné dans les coutumes populaires, se poursuivit comme si de rien n’était et, au Xe siècle, Odilon, abbé de Cluny, plus diplomate, ordonna la célébration d’une messe solennelle le 2 novembre, « pour tous les morts qui dorment en Christ ». Cette fête des Morts, née en France, ne fut jamais officiellement avalisée par l’Eglise, mais fut progressivement adoptée dans toute la chrétienté occidentale.

De nos jours, les deux fêtes se confondent. Le calendrier civil reconnaît seul férié le 1er novembre et cela en l’honneur des morts pour la patrie. En ce même jour, du Portugal à la Lituanie et jusqu’aux marches de l’Ukraine, des centaines de milliers de personnes prennent le chemin des cimetières chargés de souvenirs douloureux. Bouquets de fleurs, verdures, bruyères et chrysanthèmes sont déposés sur les tombes pour transmettre à ceux et celles qui nous précèdent dans l’au-delà un message d’amour. 

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Hommes et femmes vivant dans la charité ou l’égoïsme, dans l’espoir ou la désillusion, ne restent pas insensibles au message « métaphysique » qu’une longue tradition a transmis jusqu’à nous, né de la rencontre de deux mondes, celui des morts et celui des vivants.

En fait, le 1er novembre correspond au Nouvel An des traditions celtiques, date à laquelle avaient lieu les très importantes fêtes de Samain. Le seul témoin de la répartition du temps dans l’année celte, le calendrier de Coligny, postérieur à la conquête romaine, place le mois de Samain, correspondant à novembre, en tête de l’année. Les sept premiers jours et nuits étaient consacrés à des festins rituels et à des débauches, rites de « renaissance » du monde.

Cette fête avait un caractère agraire et en même temps de retour à l’origine mythique de « fondation » de l’ordre cosmique. La veille, on éteignait tous les feux et, le lendemain, on inaugurait la nouvelle période avec des feux nouveaux. La classe des guerriers, qui venait d’achever la période estivale d’hostilités, était aussi au centre de la fête.

Les nourritures offertes pour ces jours de renouveau : viande de porc, vin, bière et hydromel, boissons des dieux, étaient censées assurer l’immortalité. La participation aux banquets commémorant à la fois les soldats tombés sur les champs de bataille et les autres défunts était une obligation pour tous et on croyait que ceux qui s’en abstenaient étaient frappés de folie et de mort ; on dressait par ailleurs leur tumulus funèbre dès le lendemain.

Mais le but essentiel de la fête était de rétablir le contact entre la communauté des morts et celle des vivants, car les « sidhs », les tertres où vivaient les morts étaient entrouverts pendant cette période et les morts en profitaient pour revenir sur terre. Charnière entre deux mondes et deux années, le 1er novembre concentrait alors tous les rites propices aux « passages » que nous pratiquons encore de nos jours autour du Nouvel An, ne serait-ce qu’inconsciemment. La présence de masques, de déguisements et de rites funéraires en plein hiver aux alentours du solstice d’hiver est une preuve indéniable de ce retour inopiné des spectres de l’autre monde. Quand, dans la journée grise et humide de la Toussaint, nous empruntons les chemins des cimetières pour honorer les défunts de la famille, nous perpétuons en réalité des rites forts anciens qui visent à rétablir l’ordre cosmique renversé par la disparition d’un proche. Nous faisons en sorte de confirmer chaque année la transformation des défunts dangereux en ancêtres propices, favorables à la société, bien disposés à l’égard des graines enfouies au sein de la Terre.

Souci commun de toutes les sociétés, les rites de mort n’expriment pas seulement l’affection des vivants pour ceux qui partent, mais concentrent aussi les espoirs de ceux qui peinent aux labours ; les morts, familiers ou inconnus, apaisés par les rites, serviront de médiateurs entre nous et les forces souterraines, pour toute la durée d’une année ; d’où la densité de cérémonies commémoratives à toutes les dates charnières.

Monde des vivants et monde des morts se rencontrent ainsi à chaque passage d’une année à une autre, à chaque saison critique de l’année.

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Bibliographie : Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas.    

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HECATE, DEESSE LUNAIRE DU SCORPION

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 29-10-2009

C’était la déesse des morts, non pas comme Perséphone, l’épouse de Pluton, mais comme présidant aux sortilèges et aux apparitions des fantômes. C’est elle qu’évoquent les magiciens ; elle est représentée tenant à la main des torches, accompagnée de juments, de chiens et de louves. Ses pouvoirs sont redoutables surtout la nuit, à la trouble lumière de la lune à laquelle elle s’identifie. On la représente souvent comme une femme à trois corps ou bien comme trois femmes adossées à une colonne. On l’adorait particulièrement dans les carrefours où se dressait son image. 

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Déesse lunaire et chthonienne, c’est-à-dire infernale, elle est liée aux cultes de la fertilité. Mais elle présente deux aspects opposés : l’un est bienveillant et bienfaisant puisqu’elle préside aux germinations et aux accouchements, tout en protégeant les navigations maritimes ; elle accorde la prospérité, l’éloquence, la victoire, les moissons et les pêches abondantes, elle guide vers la voie orphique des purifications. En revanche, un autre aspect est redoutable et infernal : elle est la déesse des spectres et des terreurs nocturnes… des fantômes et des monstres terrifiants… Elle est la magicienne par excellence, la maîtresse en sorcellerie. On ne la conjure que par des incantations, des philtres d’amour ou de mort.

Sa légende et ses représentations à trois corps et à trois têtes se prêtent à des interprétations symboliques de différents niveaux. Déesse lunaire, elle pourrait représenter les trois phases de l’évolution lunaire : croissance, décroissance et disparition, et les trois phases correspondantes de l’évolution vitale. Déesse chthonienne, elle relierait les trois étages du monde : les enfers, ici-bas, le ciel, et, à ce titre, était honorée comme la déesse des carrefours ; car chaque décision à prendre à un carrefour commande une direction horizontale vers l’un ou l’autre des niveaux de vie choisis.

Enfin, la magicienne des apparitions nocturnes symboliserait l’inconscient où elle voit s’agiter les fauves et les monstres : l’enfer vivant du psychisme, mais aussi réserve d’énergies à ordonner, comme le chaos s’est ordonné en cosmos sous l’influence de l’esprit.

Hécate était inconnue d’Homère, mais possédait un culte important en Béotie, la patrie d’Hésiode. Son ascendance reste obscure : Hésiode fait d’elle la fille de Coeos et de Phoebé, une Titanide qui garda ses privilèges après la chute des autres Titans. Mais son père peut être tout aussi bien Persès, ou Zeus/Jupiter lui-même, et sa mère a été souvent identifiée à la sœur de Léto, Astéria, la nuit étoilée, bien qu’elle passât souvent pour être la fille de Déméter ou de Phéraea. Certains auteurs en font la mère de Scylla qu’elle aurait eu avec Apollon.

Son association à Déméter a pour origine une croyance selon laquelle toutes deux veillaient à la fertilité du sol. Hésiode indique que Zeus respectait Hécate, dont le nom signifie « qui étend son pouvoir au loin » plus qu’il ne le faisait pour toute autre divinité, et qu’il lui accorda des pouvoirs sur la terre, la mer et le ciel. Cependant, comme divinité chtonienne, Hécate était particulièrement liée au royaume des Ombres. Elle présidait à la magie et Médée invoqua son aide pour accomplir ses sortilèges, à Colchos et à Corinthe. Les carrefours avaient un grand rôle dans les rites de magie, qui se pratiquaient très souvent à ces endroits ; Hécate, qui n’était pourtant pas identifiée à Artémis, était surnommée « l’Artémis des carrefours ». On la représentait avec trois têtes portant des torches et entourée de chiens aboyants. 

 

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Hécate présente deux aspects opposés : déesse protectrice liée aux cultes de la fertilité, accordant richesse matérielle et spirituelle, honneurs et sagesse, conductrice des âmes emportées par la tempête ; mais elle est aussi la déesse de l’ombre et des morts, suscitant cauchemars et terreurs nocturnes, symboles des désirs secrets ou refoulés de l’inconscient, ainsi que les spectres et les fantômes. Comme déesse des carrefours, elle reliait les enfers, la terre et le ciel. Comme magicienne et maîtresse en sorcellerie, elle faisait appel à tous les magiciens. Elle avait pour compagnes les Erinyes qui étaient la personnification des remords de conscience.

 

Hécate apparaît pour la première fois dans l’Hymne homérique à Déméter, composé spécialement en vue du culte mystérieux d’Eleusis, vers 610 avant Jésus-Christ. Elle y voit avec Hélios l’enlèvement de Perséphone par Pluton et aide Déméter à rechercher sa fille, la torche à la main. Elle l’emmène voir Hélios qui invite Pluton à rendre Perséphone à la lumière du jour. Elle y apparaît donc comme une divinité à caractère lunaire.

Dans la Théogonie d’Hésiode, prise en affection par Zeus, elle reçoit un pouvoir souverain sur la terre, la mer et le ciel, devient la déesse protectrice des orateurs populaires au sein des assemblées, donne la victoire au guerrier qu’elle choisit dans la bataille, s’assied auprès des rois au tribunal de justice, seconde la vaillance des athlètes, dirige les navigateurs sur les flots, protège les chasseurs, préside avec Mercure au bon état et à la multiplication des troupeaux et prend soin de la naissance et de la croissance des enfants. C’est progressivement qu’elle se retrouve associée à la face sombre de l’astre lunaire et se voit prêter des capacités de divinations et de sorcellerie. Elle devient donc liée à la lignée des magiciennes comme Médée et Circé. On la connaît aussi sous le nom de « déesse des Enfers ». D’ailleurs, les « Hécatées » étaient des fantômes qui se manifestaient pendant les fêtes de la déesse, mais se nommaient aussi ainsi les statues qu’on lui élevait le plus souvent aux carrefours.

La chrétienté n’a fait que mettre ses pas dans ceux des dieux anciens, elle investit les lieux de culte païens pour en faire des églises chrétiennes, ainsi à Assise où le Temple de Minerve est devenue l’église Santa Maria Sopra Minerva, c’est-à-dire Sainte-Marie-sur-Minerve, complètement dévastée à l’intérieur pour qu’y soit installé un autel baroque du plus triste effet… 

 

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ou bien encore l’une des basiliques de Rome, Santa Maria d’Aracoeli, Sainte-Marie-des-Hauts-Cieux, qui domine au sommet du Capitole et qui autrefois était le temple de Junon. Elle s’est d’abord appelée Sainte Marie du Capitole parce que située sur la colline capitoline de l’ancienne Rome, Campidoglio, et cela jusqu’au XIVe siècle où elle fut renommée.

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La même chrétienté se réappropria les fêtes populaires païennes et ainsi les Saturnales devinrent les fêtes de Noël. Il en alla de même des innombrables fontaines des fées, celles-ci avait d’ailleurs supplanté les nymphes, et on plaça ces fontaines sous le haut patronage que quelques saints valeureux, aux pouvoirs miraculeux de guérisseur de tous les maux du corps et s’occupant de la fertilité des femmes.

 

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Et pour finir, Hécate fut même chassée des carrefours et  remplacée par des calvaires et autres oratoires.

 

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Dans ces carrefours, notre époque y installe maintenant des giratoires et tout compte fait c’est peut-être ce qu’il y a de plus efficace pour notre sécurité, même si ça ne favorise pas vraiment le rêve et l’imaginaire.

 

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En astrologie, Hécate symbolise la phase de la vieille lune, les quatre derniers jours de la lunaison. On dit que cette phase permet de réparer tout ce qui a été gâché dans les rapports avec les autres depuis la pleine Lune. La vieille Lune est signe de détente, de critiques positives : on analyse pour bien comprendre une situation. La vieille Lune nous rend plus enclins à faire des sacrifices. C’est pendant cette phase que nous sommes le plus disposés à accepter les nouveautés sans se poser de questions. Toutefois, les initiatives professionnelles prises pendant cette période se concluent assez mal à cause d’une organisation incohérente de l’activité. Il vaut mieux éviter d’accepter un rendez-vous dans le cadre d’une recherche d’emploi, car on risque de ne pas se présenter sous son meilleur jour. Les commerçants misent sur des acheteurs qui sont plutôt désargentés.

L’esprit d’entreprise ne fait pas défaut, mais il manque dans le travail une directive précise et, sans une personne capable de coordonner le tout, les projets ne seront pas réalisés.

Quant aux rencontres amoureuses qui se font pendant la phase de la vieille Lune, elle précède souvent une vie de couple sereine et heureuse, car les partenaires s’acceptent l’un l’autre. Toutefois, il arrive parfois qu’un sentiment irréel trompe les amoureux : leur rapport reste un rêve. Ils tombent amoureux de l’amour et non de leur partenaire. Ils se quittent après quelque temps, entre larmes et sourires, en promettant d’être toujours amis, mais sans jamais se revoir.

Cette phase de vieille Lune est également favorable pour la vie sociale car elle encourage les individus à accepter les idées nouvelles et à se montrer aimables et respectueux. Cette phase est également particulièrement indiquée pour les voyages. Si l’on part pendant ces quelques jours, seul ou accompagné, on vivra des moments pleins de découvertes inoubliables. Un voyage heureux est déterminé par un aspect astral particulier, mais la phase de la vieille Lune garantit des expériences de voyage positives. On peut dire que si l’on prévoit un bon voyage à cause de la position de certains astres, cette prévision est d’autant plus assurée si la période est celle de la vieille Lune. Si par contre les astres laissent prévoir un voyage fatiguant, grâce à l’influence positive de la vieille Lune, le voyage sera aventureux et la fatigue sera supportée avec un esprit positif et sportif.

Enfin, la Lune en Scorpion ou une Lune en aspect avec Pluton, ou même encore la Lune Noire, sont assimilées à Hécate. On dit que la Lune est en chute dans le Scorpion. Cette chute de la Lune est la racine du signe. Il s’agit bien de transformer toutes les influences maternelles, les émotions et les images liées à l’enfance qui nous ont permis de grandir, en une nouvelle croissance, libre de toute attache au passé. On passe de la magie de l’image et des apparences à l’essence invisible de la réalité, grâce à Hécate. Cette Lune Scorpion, ou colorée par Pluton, est la face sombre de la Lune et qui la porte dans son thème appréciera la profondeur et le mystère. Les femmes « Hécate », celles qui ont une Lune en Scorpion, ou en aspect avec Pluton, génèrent un grand magnétisme érotique. C’est un peu une femme-sorcière à l’image de Circé ou de Médée.

Il pourra s’avérer difficile pour elle de concilier cette puissance érotique avec le rôle maternel, tant elle fait preuve, même inconsciemment, d’une réelle intensité passionnelle, d’autant plus si elle sent sa fille devenir une rivale. Si vous êtes cette femme ayant la Lune en Scorpion, une forme de jalousie sexuelle a très bien pu intervenir dans votre relation avec votre mère au cours de votre enfance. Enfin de compte, à l’âge adulte, avec la Lune en Scorpion, il faut trouver l’honnêteté d’affronter les courants émotionnels souterrains de l’enfance, de manière à ne pas répéter les mêmes erreurs sans le vouloir. Pour une femme, la Lune en Scorpion est un des éléments constituant de la femme « vamp » pouvant avoir une attitude destructrice, c’est le type « mante religieuse », ou bien de la femme masochiste qui cherche l’autodestruction dans l’amour, ou plus simplement la femme érotique. L’homme qui a la Lune en Scorpion ou en aspect avec Pluton est plus ou moins porté vers l’un de ces types féminins, mais il peut simplement éprouver la peur d’une telle femme tout en la recherchant inconsciemment. Il peut aussi être en proie à des fantasmes plus ou moins obsédants, avoir une imagination morbide ou être à la merci d’une agressivité qui déchaîne des passions violentes, vécues ou sublimées.

 

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Bibliographie 

Dictionnaire de la Mythologie de Michael Grant et John Hazel – Collection Marabout – Editions Seghers

Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Collection Bouquins Robert Laffont/Jupiter

Les Pouvoirs de la Lune – E. Lukas – Editions De Vecchi Poche

 

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ROSA… ROSA… ROSAM… FLEUR DE LA BALANCE ET MESSAGE D’AMOUR

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 16-10-2009

La longue histoire de la « Reine des Fleurs » se mêle étroitement à celle de l’humanité. On pense qu’elle est la première fleur que l’homme ait cultivée. Elle est associée à la plupart des religions, des anciens rites sacrés de l’Inde au christianisme en passant par les Grecs, les Romains et même les Gaulois, lesquels pour montrer leur mépris du trépas allaient souvent au combat sans autre casque qu’une couronne de roses… Doit-on y voir là l’origine de l’expression « la fleur au fusil » ?

Elle ne reste étrangère ni à la politique, témoin la guerre des Deux-Roses qui déchira l’Angleterre au XVe siècle, ni à la gastronomie puisque dans la Rome de la décadence on mangeait des gâteaux de rose, de la confiture de roses, des plats assaisonnés d’extrait de roses broyées au pilon ; on buvait du vin dans lequel avaient macéré des sachets de rose, ou même à la cosmétologie puisque les « beautés » et les éphèbes de l’Antiquité, après le bain, se frottaient le corps avec de la poudre de rose, se mettaient de l’huile de rose pour faire briller leurs paupières et pour avoir, déjà, l’haleine fraîche, croquaient des pastilles faites de myrrhe et de pétales de roses broyées avec du miel.

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Les premiers à utiliser la rose en thérapeutique furent des médecins arabes qui en faisaient le remède de la tuberculose et des affections pulmonaires. Avicenne rapporte qu’une phtisique, dont on avait déjà préparé les funérailles, recouvra la santé grâce à de la conserve de roses, qu’on appelait aussi Djelendjoubin. Matthiole dit que les boutons de roses « aident ceux qui crachent le sang » et plusieurs traités font état de la guérison spectaculaire de la femme d’un vice-roi du Portugal qui fut non seulement sauvée en sept mois par une consommation massive de conserve de roses,  mais y gagna une beauté nouvelle du fait « qu’on voyait se refléter sur son visage le vif éclat des roses ». Sous l’Empire, les médecins-majors de l’armée impériale venait à Provins se ravitailler en pétales séchés et préparés. C’est à Provins en effet qu’on cultivait alors les roses.

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Toutefois, on raconte aussi que Néron faisait périr ses invités au cours de festins en les noyant dans des pétales de roses. Les plafonds s’ouvraient sur un signe du tyran et des milliards de pétales tombaient, ensevelissant puis étouffant les invités qui mouraient sous les pétales meurtriers.

Appréciée pour sa beauté, célébrée depuis l’Antiquité par de nombreux poètes et écrivains, pour ses couleurs qui vont du blanc le plus pur au pourpre le plus foncé, en passant par le jaune franc et toutes les nuances intermédiaires, et puis pour son parfum, c’est ainsi que la rose est devenue cette Reine des Fleurs. C’est d’ailleurs la fleur la plus cultivée au monde, sans oublier les rosiers sauvages, dont le plus connu en Europe est l’églantier, aux fleurs simples à cinq pétales, devenues à la mode depuis quelques temps sous le nom de « rose botanique ». Cependant, les rosiers cultivés sont le résultat de plusieurs siècles de transformations, d’abord empiriques, puis, dès la fin du XVIIIe siècle, méthodiques, en particulier par l’hybridation. Les variétés de rosiers sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde.

rosier-de-monet-a-giverny Les Rosiers de Monet à Giverny

Le mot « rose », daté en français du début du XIIe siècle, est dérivé du latin « rosa, rosae », substantif féminin, qui désignait aussi bien la fleur que le rosier lui-même. Ce terme, apparenté au grec « rhodon » aurait été emprunté à une langue orientale. Il est tentant de rapprocher « rose » de « rosée ». Pourtant cette rencontre, source d’inspiration inépuisable pour les poètes, est fortuite en français. En effet « rosée » dérive, par l’intermédiaire du bas-latin « rosata », du latin « ros, roris », peut-être apparenté au grec « drosos », venant d’une autre racine indo-européenne. La rose est l’une des très rares fleurs ayant un nom dédié, différent des noms donnés à la plante elle-même : la rose est la fleur du rosier.

Les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis 5 000 ans et en Grèce depuis l’âge de bronze. Hérodote a rapporté que le roi Midas, au VIe siècle avant Jésus-Christ, quand il a été chassé de Lydie par les armées perses, a emporté ses roses dans son exil en Macédoine. Et le naturaliste grec, Théophraste, décrit une rose à nombreux pétales, une forme de « rosa canina », cultivée dans les jardins. Il décrit des roses rouges, roses et blanches, et note l’intensité du parfum de la rose de Cyrène.

rosa-canina Rosa Canina

La « fresque à l’oiseau bleu » découverte en 1900 dans les vestiges du palais de Cnossos en Crète, construit vers l’an 2000 avant Jésus-Christ, représente des rosiers fleuris. C’est la première représentation connue de roses peintes. On ne sait s’il s’agit de roses sauvages ou cultivées, ni à quelle espèce les attribuer, d’autant que la fresque a été restaurée et toutes les roses repeintes avec six couleurs sont de couleur jaune. Une seule, à cinq pétales rose doré au centre orange, semble être originale. Le botaniste C.C. Hurst l’avait identifiée à Rosa Richardii, la rose sainte d’Abyssinie. Des pièces de monnaie portant une rose gravée ont été retrouvées à Rhodes. Elles datent de 500 ans avant Jésus-Christ environ. Le nom de cette île serait celui de la nymphe Rhodé, épouse d’Hélios, le Soleil, et dont le symbole était la rose.

cnossos-fresque-de-loiseau-bleuL’oiseau bleu de Cnossos

Pline l’Ancien dans son « Histoire naturelle » décrit 20 sortes de rosiers nommés par le nom de leur lieu de provenance. Ainsi, du VIe siècle avant Jésus-Christ au IIe siècle, durant toute cette période de domination grecque puis latine, les roses ont circulé de Perse en Angleterre, de Grèce en Egypte.

rose-gallique Rose Gallique

Sur le Moyen Age, il y a peu d’information : au VIe siècle, les couvents cultivaient des roses. Le roi Childebert 1er avait une roseraie, des roses de Paradis d’après l’évêque Fortunat, dans son domaine vers Saint-Germain-des-Prés. Et au VIIIe siècle dans son Capitulaire De Villis, Charlemagne cite les roses parmi les plantes à cultiver. Au XIIe siècle, à la veille des croisades, Albert le Grand cite pas moins de quatre rosiers cultivés. Cependant, la culture de cette fleur débuta véritablement au XIIIe siècle lorsque Thibaut IV ramena de croisades la rose gallique, puis avec Robert de Brie qui rapporta la rose de Damas.

  rose-de-damas Rose de Damas

Une broderie de roses « Persan Yellow » du XVIIe siècle a été retrouvée à Ispahan. Toutefois, les roses n’ont jamais cessé d’être un motif décoratif des tapisseries, broderies et tissages du Moyen-Orient comme en Europe.

Pourtant, ce sont les roses de Chine qui ont une importance des plus capitales dans l’histoire de la rose puisque des spécimens remontants, rapportés par des botanistes anglais à la fin du XIXe siècle, sont à l’origine de la plus grande partie des roses remontantes modernes.

C’est surtout par sa valeur symbolique que la rose a laissé son parfum dans l’Histoire. Voici quelques exemples :

. Suzanne dans l’Ancien Testament signifie étymologiquement la rose.

. Chez les Grecs, la rose est la fleur d’Aphrodite, déesse de l’amour et d’Aurora, la déesse aux doigts de roses.

la-deesse-aurore La déesse Aurore

. Les Romains rattachent la rose à Vénus. La légende affirme que la rose aurait été blanche au départ, mais rougie accidentellement quand Cupidon renversa son verre de vin sur elle.

. Il paraît que la première nuit d’amour entre Cléopâtre et Marc Antoine se serait déroulée sur un lit de pétales de roses de 45 cm d’épaisseur.

. Dans le Cantique des cantiques, la rose symbolise Israël et dans le livre des Parsis, la rose naît sans épines et n’en est armée qu’après l’apparition du génie du mal sur terre.

. Vers l’an 400, Rosa alba devient l’emblème de la Vierge, ce qui est à l’origine de la dévotion catholique du Rosaire.

. Quand Saladin, en 1187, reprend Jérusalem aux Croisés, il fait purifier la mosquée d’Omar par de l’eau de rose amenée par une caravane de 500 chameaux. Et en 1453, Mehmed II purifia aussi à l’eau de rose l’église byzantine de Constantinople avant de la convertir en mosquée.

. La guerre des Deux-Roses, de 1453 à 1485, opposa la Rosa alba, rose blanche de la Maison d’York et la Rosa gallica, rose rouge de la Maison de Lancaster, d’où après le mariage d’Henri VII Tudor et d’Elisabeth d’York, l’emblème de la rose Tudor rouge à cœur blanc et plus tard la création du rosier York et Lancaster. La rose est aujourd’hui la fleur symbolique de l’Angleterre. 

. Les rosières, jeunes filles vertueuses et pures, étaient à l’origine couronnées de roses.

. Les Rose-Croix est une société secrète mystique ayant pour emblème une rose rouge fixée au centre d’une croix.

rose-blanche 

. La rose blanche de Finlande, est un ordre national finlandais, créé en 1919, pour récompenser les services rendus au pays. 

. La Rose blanche était un mouvement d’opposition à Hitler dont les fondateurs furent guillotinés en 1943.

rose-socialiste. Le sigle de l’Internationale socialiste est un poing serrant une rose. La rose rouge, a été associée par François Mitterand au Parti Socialiste français. Ce symbole a également été adopté par d’autres partis politiques européens comme le parti travailliste au Royaume-Uni, le PSOE en Espagne, les partis sociaux-démocrates nordiques et le PSE.

. En novembre 2003, la rose est le symbole du mouvement non-violent de la « Révolution des Roses » en Géorgie.

. Et puis, il y a la rose du Petit Prince de Saint-Exupéry qui l’oblige a quitté sa planète et à visiter la galaxie.

bouquet-de-roses 

Dans le langage des fleurs, la rose rouge est la fleur des amoureux. Elle symbolise l’amour et les noces de roses symbolisent les 17 ans de mariage dans le folklore français. En plus de sa couleur, la quantité exprime une symbolique. Pour un nombre de roses inférieur à dix, il est coutume d’offrir des roses par nombre impair surtout à des fins esthétiques. Au-delà et suivant le nombre, le bouquet de roses peut porter un message particulier : 

. Une rose permet de dévoiler son amour en toute simplicité,

. Douze roses permettent de remercier sa bien-aimée,

. Vingt-quatre roses pour être galant,

. Trente-six roses pour déclarer son amour, c’est le bouquet de fiançailles,

. 101 roses peuvent s’offrir pour exprimer la passion et l’amour sans retenue.

Pour un bouquet de fiançailles, il est d’usage et raffiné de sélectionner des roses ayant les têtes légèrement courbée. 

La rose est la fleur nationale de plusieurs pays : l’Angleterre (rose Tudor), la Bulgarie, les Etats-Unis, la Finlande où il s’agit d’une rose blanche, mais aussi l’Irak, les Maldives et la Roumanie. 

La rose a également été choisie comme emblème officiel par plusieurs états des Etats-Unis : Géorgie, Iowa, New York, Dakota du Nord et Oklahoma.

Rose est aussi un prénom très répandu en Europe et en Amérique latine avec Rosa et Rosita, ainsi que ses dérivés : Rosalie, Roseline, Roselise, Rosemonde, Rose-Marie et Marie-Rose. Il existe même deux saintes Rose, Rose de Lima qui est la patronne de l’Amérique latine, et Rose de Viterbo, jolie ville du Latium un peu au nord de Rome qui est d’ailleurs une région riche en jardins botaniques riches en roses de toutes sortes, ainsi que de pivoines.

Plusieurs expressions parfument notre langue :

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. « Etre frais comme une rose » qui signifie avoir un joli teint, l’air reposé.

. « Ne pas sentir la rose » : sentir mauvais.

. « Envoyer sur les roses » : éconduire,

. « Découvrir le pot aux roses » ; découvrir la vérité,

. « Une histoire à l’eau de rose » : une histoire mièvre,

. « Il n’y a pas de rose sans épines » : tout plaisir comporte sa part de peine.

. « Jeter des roses (à quelqu’un) : complimenter.

Cependant si la rose est symbole d’amour et de passion, elle peut aussi être synonyme de trahison. En effet, si la rose rouge évoque la passion, la rose rose incarne la joie, la rose orange symbolise le désir, la rose blanche couronne la pureté des sentiments, la rose jaune se teinte de tristesse puisqu’elle dénonce l’infidélité de l’être aimé. 

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Enfin, tout le monde se souvient du célèbre sonnet de Pierre de Ronsard : « Mignonne allons voir si la rose… » ou même les « Stances à Du Périer » de François Malherbe, ce monsieur venait de perdre sa fille : « Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin ». Une œuvre célèbre du Moyen Age s’intitule le « Roman de la Rose » qui décrit la tentative d’un poète amoureux pour s’emparer de l’aimée, représentée par une rose. Dante conclut La Divine Comédie par une vision de rose blanche mystique.  

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Bibliographie : Nos grands-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

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FEE… FATA… FATUM… FATALITE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 17-09-2009

De la Fée Bleue à la Fée Carabosse 

 

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Maîtresse de la magie, la fée symbolise les pouvoirs paranormaux de l’esprit ou les capacités prestigieuses de l’imagination. Elle opère les extraordinaires transformations et en un instant comble ou déçoit les désirs les plus ambitieux. Peut-être représente-t-elle les pouvoirs de l’homme de construire en imagination les projets qu’il n’a pas pu réaliser. 

La fée irlandaise est par essence la « banshee », dont les fées des autres pays celtiques ne sont que des équivalents plus ou moins altérés ou compris. Au départ, la fée, qui se confond avec la femme, est une messagère de l’Autre Monde. Elle voyage souvent sous la forme d’un oiseau, d’un cygne de préférence. Mais cette qualité n’a plus été comprise lors de la christianisation et les transcripteurs en ont fait une amoureuse venant chercher l’élu de son cœur. La « banshee » est par définition un être doué de magie. Elle n’est pas soumise aux contingences des trois dimensions et la pomme ou la branche qu’elle remet ont des qualités merveilleuses. Le plus puissant des druides ne peut retenir celui qu’elle appelle et, quand elle s’éloigne provisoirement, l’élu tombe en langueur.

la-bansheeLa Banshee 

Shakespeare a merveilleusement montré avec la Reine Mab, l’ambivalence de la fée, qui est capable de se transformer en sorcière : 

« Alors je vois que la Reine Mab vous a visité

C’est l’accoucheuse des fées et elle vient

Pas plus grosse qu’une pierre d’agate

A l’index d’un échevin

Traînée par un attelage de petits atomes…

… C’est toujours cette Mab

Qui tresse la crinière des chevaux la nuit

Et dans leurs poils gluants

Fabrique des nœuds magiques

Qui débrouillés font arriver de grands malheurs.

C’est la sorcière… »

 En effet, les palais que les fées évoquent et font scintiller dans la nuit s’évanouissent en un instant et ne laissent plus que le souvenir d’une illusion. Ils se situent dans l’évolution psychique parmi les processus de l’adaptation au réel et de l’acceptation de soi, avec ses limites personnelles. Ou on recourt aux fées et à leurs ambitions démesurées. Ou bien elles compensent les aspirations frustrées. Leur baguette et leur anneau sont les insignes de leur pouvoir. Elles resserrent ou défont les nœuds du psychisme. Que les fées de notre folklore ne soient autres, à l’origine, que les Parques romaines, elles-mêmes transposition latine des Moires grecques, ne paraît guère discutable. Leur nom même « Fata », les Destinées, le prouve. D’après P. Grimal :

 « Les trois Parques étaient représentées sur le forum par trois statues.  Que l’on appelait couramment les trois fées, les tria fata ».

Elles portent encore aujourd’hui ce nom dans la plupart des langues latines, et on en retrouve la racine dans leur postérité et les innombrables petits génies que l’imagination populaire a créés à leur suite : tels les fadas provençaux, les fades de Gascogne, les fadettes et fayettes, les fadets et farfadets.  

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Assemblées généralement par trois, les fées tirent du fuseau le fil de la destinée humaine, l’enroulent sur le rouet et le coupent, l’heure venue, de leurs ciseaux. Peut-être furent-elles, à l’origine, des déesses protectrices des champs. Le rythme ternaire, qui caractérise leurs activités, et celui de la vie même : jeunesse, maturité, vieillesse, ou bien naissance, vie et mort, dont l’astrologie fera : évolution, culmination, involution.

Selon de vieilles traditions bretonnes, à la naissance d’un enfant, on dresse trois couverts, sur une table bien garnie, mais dans une pièce écartée de la maison, afin que les fées soient rendues propices. Ce sont elles, aussi, qui conduisent au ciel les âmes des enfants mort-nés et qui aideront à rompre les maléfices de Satan.

Pour mieux comprendre le symbolisme des fées, il faut, au-delà des Parques et des Moires, remonter aux Kéres, divinités infernales de la mythologie grecque, sortes de Walkyries qui s’emparent des agonisants sur le champ de bataille, mais qui, selon l’Iliade, paraissent aussi déterminer le sort, le destin du héros, auquel elles apparaissent en lui offrant un choix, dont dépendra l’issue bénéfique ou maléfique de son voyage.

La filiation des fées telles que nous venons de l’indiquer montre qu’elles sont originellement des expressions de la Terre-Mère. Mais le courant de l’histoire, selon un mécanisme ascensionnel, les a fait peu à peu monter du fond de la terre à sa surface où, dans la clarté de la Lune, elles deviennent esprits des eaux et de la végétation. Les lieux de leurs épiphanies montrent cependant clairement leur origine ; elles apparaissent en effet le plus souvent sur des montagnes près des crevasses et des torrents, sur les innombrables tables de fées ou dans le plus profond des forêts, au bord d’une grotte, d’un abîme, d’une cheminée des fées, ou encore près d’un fleuve mugissant ou au bord d’une source ou d’une fontaine. Elles sont associées au rythme ternaire mais, en y regardant de plus près, elles relèvent aussi du quaternaire : en musique, on dirait que leur mesure est à trois-quatre : trois temps marqués et un temps de silence. Ce qui représente en effet et le rythme lunaire et celui des saisons. La lune est visible pendant trois phases sur quatre ; à sa quatrième phase, elle devient invisible, on dit qu’elle est morte. De même, la vie représentée par la végétation naît sur la terre au printemps, s’épanouit en été, décroît en automne, et disparaît pendant l’hiver, temps de silence, de mort.

 

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Si l’on examine de très près légendes et contes relatifs aux fées, il apparaît que ce quatrième temps des fées n’a pas été oublié par les auteurs anonymes de ces récits. C’est le temps de rupture, où l’épiphanie anthropomorphe de la fée se dissipe. La fée participe du surnaturel, parce que sa vie est continue, et non discontinue comme la nôtre, et comme celle de toute chose vivante en ce monde. Il est donc normal qu’en la saison de la mort on ne puisse la voir, donc qu’elle n’apparaisse pas. Pourtant elle existe toujours, mais sous une autre forme, relevant comme elle, en son essence, de la vie continue, de la vie éternelle. 

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Les Parques ou les Moires : C’étaient trois fileuses qui travaillaient jour et nuit. On les a représentées, parfois, comme d’affreuses vieilles, ailleurs elles sont belles et implacables. Leur nom venait du verbe latin « parcere », qui signifie « épargner ». Ce nom était ironique car elles n’épargnaient jamais personne ; ce qu’elles filaient ainsi sans trêve, c’était le fil de la vie humaine… Clotho tenait la quenouille, Lachésis le fuseau et la dernière, Atropos, donnait le coup de ciseau final… Par une extension facile à comprendre, la Parque signifie : la Destinée.

La symbolique du fuseau est d’ailleurs intéressante. Pour Platon, « le fuseau de la nécessité » représente la nécessité qui règne au cœur de l’univers. Le fuseau tourne d’un mouvement uniforme et entraîne la rotation de l’ensemble cosmique. Il indique une sorte d’automatisme dans le système planétaire : la loi de l’éternel retour. On peut à ce titre le rapprocher du symbolisme lunaire. Les filles de la Nécessité, les Moires, chantent avec les Sirènes, en faisant tourner les fuseaux : Lachésis pour le passé, Clotho est le présent, Atropos représente l’avenir. Elles règlent la vie de chaque être vivant à l’aide d’un fil que l’une file, que l’autre enroule, que la troisième coupe.

fuseau 

Ce symbolisme indique le caractère irréductible du destin : sans pitié, les Parques filent et défilent le temps de la vie. Le double aspect de la vie se manifeste : la nécessité du mouvement, de la naissance à la mort, révèle la contingence des êtres. La nécessité de la mort réside dans la non-nécessité de la vie. Le fuseau, instrument et attribut des Parques, symbolisera la mort.

melusina1La fée Mélusine est alternativement femme et serpent, de la même façon que le serpent change de peau pour se renouveler indéfiniment. C’est le moment qui, chez les humains, correspond au temps de silence, à la mort. Aussi les fées ne se montrent-elles jamais que de façon intermittente, comme par éclipses, bien qu’elles subsistent en elles-mêmes de façon permanente. On pourrait d’ailleurs en dire autant des manifestations de l’inconscient. 

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Mélusine est une fée bâtisseuse qui a laissé son empreinte dans maints et maints édifices religieux et civils du Poitou. Ayant infligé une punition à son père Mélusine est condamnée par sa mère à devenir serpent dès le nombril tous les samedis. Alors qu’elle erre dans la forêt non loin de Coulombiers, elle rencontre Raymondin. Elle consent à l’épouser, à la seule condition qu’il la laisse seule chaque samedi, sans chercher à connaître son occupation. Dix garçons, dont certains portent la marque de leur origine féérique, naissent de cette union. Mais, un samedi, rongé par la curiosité, Raymondin trahit son serment et découvre le secret de sa femme. C’est ainsi que Mélusine disparaît après avoir tournoyé dans le ciel de Lusignan. A l’image de leur mère légendaire, les seigneurs de Lusignan, rois de Jérusalem, de Chypre et d’Arménie, originaires du Poitou, se sont avérés être au Moyen Age des constructeurs notables de châteaux : une vingtaine de sites aurait été édifiée, fortifiée ou embellie par cette famille.

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Selon la légende, le château de Lusignan fut construit par Mélusine. La Fée bâtisseuse, transportant les pierres dans sa dorne et les assemblant de trois goulées d’air en trois nuits, aurait été aidée par des ouvriers tirés du néant pour la circonstance. Aujourd’hui, les vestiges de cette forteresse : la Tour de Mélusine et la Poterne, s’inscrivent au cœur d’un jardin à la française aménagé au XVIIIe siècle par l’Intendant du Poitou, Blossac. A l’intérieur d’une des anciennes parties du château, une exposition présente l’épopée tumultueuse du château et de ses seigneurs, au travers de leur mère légendaire.

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Les étranges métamorphoses de cette fée ne sont pas sans évoquer le Scorpion, alors que le secret qu’elle garde jalousement ainsi que cette vie double, comme son corps de sirène, font penser à la symbolique du signe des Poissons.

Avec Roussalka la sirène on reste dans l’univers aquatique. Dans le monde païen, la Roussalka avait le statut de déesse de la rivière, propriétaire de trésors et magicienne. Depuis la christianisation de la Russie, elle passe pour être plutôt mélancolique ainsi que  peu favorable aux humains. Suivant une croyance populaire, les Roussalki sont des nouveau-nés de sexe féminin, morts sans baptême ou encore des femmes noyées. Elles possèdent jeunesse et beauté éternelles. Le samedi précédant la Trinité, elles courent en tous sens dans les champs de seigle. A partir du jeudi suivant, la fête du Semik, elles résident dans les bois où leurs appels répétés égarent les voyageurs en chemin. Pendant la Roussalnaïa, huitième semaine après Pâques, et également la veille de la Saint-Jean, elles se montrent dangereuses et il est alors fort imprudent de se baigner.  

la-roussalkaDans une variante populaire du conte, la Roussalka est la nymphe des eaux, la fille favorite des esprits du lac. Toute sa vie, elle se désole de sa condition et, éprise d’un jeune prince, elle souhaite devenir femme pour pouvoir communiquer chaleur et amour humain. Elle confesse ce désir à son père qui se désespère, convaincu que cette métamorphose lui portera malheur. Mais, constatant son impuissance à la persuader de renoncer à ce désir, il lui conseille d’aller consulter la Jézi-Baba. Cette sorcière promet à la Roussalka de l’aider à prendre forme humaine, mais à deux conditions : ne jamais pouvoir parler à son prince, et, au cas où il la tromperait, être damnée. A son retour, son prince, qu’une mystérieuse force a fait venir à sa rencontre, la prend dans ses bras et la conduit au palais où sont réunis pour la noce un grand nombre d’invités. Bouleversé par la beauté silencieuse de la Roussalka, le jeune prince porte son regard sur une autre belle femme venue assister au mariage. Depuis, la Roussalka gémit sur son sort, et guette les hommes qui voyagent dans la forêt.

Cette belle légende fait penser à l’histoire de Lorelei ainsi qu’à celle de la petite sirène, mais ni l’une ni l’autre n’étaient des fées. La petite sirène a toutefois recourt à une sorcière car comme la Roussalka elle veut devenir une vraie femme pour conquérir le jeune prince qu’elle a sauvé de la noyade. Elle y perdra sa voix en perdant sa queue de sirène pour des jambes et une silhouette de rêve. La Roussalka inspira Antonin Dvorak qui l’immortalisa dans un opéra.

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La fée Viviane appartient à la célèbre légende du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde, un ensemble de récits datant du Moyen Age. C’était la fille d’un seigneur de Bretagne, du château de Comper, au nord de la forêt de Brocéliande qui n’est autre que le nom mythique de l’actuelle forêt de Paimpont, au sud-ouest de Rennes, dans le Morbihan. C’est dans cette forêt que le roi Arthur somma aux chevaliers de trouver le Graal. Merlin l’Enchanteur, ami et conseiller du jeune roi, fût l’hôte privilégié de Brocéliande. Et c’est à la fontaine de Barenton qu’il rencontra Viviane pour la première fois… Qui de la fée ou du magicien enchanta l’autre ? A découvrir ou à redécouvrir… Mais avec Viviane apparaît là une autre fée des Eaux, on l’appelait d’ailleurs la Dame du Lac. Son histoire évoque assez le signe des Poissons.

La fée Morgane est une magicienne faisant elle aussi partie de la Légende du Roi Arthur. Elle est souvent représentée comme une adversaire du Roi, de sa femme Guenièvre, ainsi que des Chevaliers de la Table Ronde. C’est une disciple de la fée Viviane et Merlin est son maître.

la-fee-morgane1La fée Morgane peintre par John William Waterhouse

Elle est présentée comme une séductrice maléfique, mais aussi parfois comme un personnage positif incarnant un pouvoir féminin désapprouvé par la société médiévale. Le personnage de Morgane pourrait avoir une de ses sources dans la déesse Modron, inspirée de la Dea Matrona gauloise, telle qu’elle apparait dans la littérature galloise médiévale. Le nom de Morgane la lie peut-être aux morgan/morgen, fées des eaux, séductrices et dangereuses, du folklore britannique. La transcription de son nom en « morgue » la lie parfois à la Mort. Son histoire évoque le Scorpion et surtout Vénus en Scorpion, à moins que ce ne soit Lilith, la Lune Noire.

la-fee-clochette1La fée clochette est un personnage créé par J.M. Barrie dans son roman Peter Pan. Clochette est amoureuse de Peter Pan. Elle ne supporte pas que celui-ci porte son regard sur un sujet féminin, et encore moins qu’il s’y intéresse. Or Peter Pan, qui est un séducteur, passe son temps à essayer d’épater Wendy, ce qui énerve très profondément Clochette. James Barrie indique que comme toutes les fées, Clochette est parfois gentille, parfois méchante et elle est tellement petite qu’elle n’a de place que pour un seul sentiment à la fois. Cependant, Clochette est apte à jouer des tours. Elle est fragile et sensible, se déplace très rapidement et, grâce à sa poudre, elle permet à Peter, aux enfants Darling et aux Garçons Perdus de voler. Par son côté espiègle et sa manière de voler, elle n’est pas sans rappeler Mercure aux pieds ailés. C’est certainement une fée Gémeaux.

La fée bleue est un être magique. Ravissante jeune femme blonde capable d’apparaître par enchantement depuis une étoile, c’est elle qui donne vie au pantin de bois Pinocchio, après le souhait de Geppetto le menuisier qui a construit la marionnette d’avoir un vrai petit garçon. Elle confie au grillon Jiminy Cricket  le soin d’être la conscience de Pinocchio et de le guider vers le droit chemin. Pinocchio doit en échange prouver qu’il est toujours brave, loyal, franc et obéissant. Cette belle et bonne fée n’est pas sans évoquer la douce et belle Vénus. Alors que Jiminy Cricket s’apparenterait à Saturne.

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Toutefois, avant d’être le célèbre film de Disney, Pinocchio est un personnage de fiction, héros d’un conte de fées moderne, chef-d’œuvre universel de la littérature enfantine :  » Le aventure di Pinocchio ». Storia di un burattino » (Les aventures de Pinocchio, Histoire d’un pantin), d’un certain Carlo Collodi. En fait, Collodi est un village de Toscane, entre Pistoia et Lucca, qui servit de pseudonyme à un journaliste et écrivain italien qui s’appelait en fait Carlo Lorenzini. Ce bourg tout en longueur se termine par la grande villa Garzoni, reconstruite en 1600 sur les ruines d’un château médiéval. Dans le parc, tout en terrasse, on peut voir un monument représentant Pinocchio et la Fée Bleue. La villa Garzoni et son jardin dominent toute la vallée. La mère de Carlo Lorenzini travaillait là. C’était la fille du fermier de la villa et l’on dit que c’est dans la cuisine que Carlo Lorenzini, dit Collodi, commença le récit des aventures du fameux pantin. Carlo Collodi vécut entre 1826 et 1890.

villa-garzoniVilla Garzoni – Collodi – Italie

C’est le conte de fées par excellence, immortel et universel, duquel ont été tirées une multitude de versions : littéraires, théâtrales, chorégraphiques, télévisées, cinématographiques et bandes dessinées, sans compter les centaines de traductions, de versions illustrées ainsi que les mises en musique et en chanson. Il faut revoir le très vieux film en noir et blanc « Les aventures de Pinocchio » de Luigi Comencini, avec le génial Nino Manfredi dans le rôle de Geppetto et la belle Gina Lollobrigida dans celui de la Fée Bleue.

On reconnait aux « Aventures de Pinocchio » une prérogative qui n’appartient qu’aux grands chefs-d’œuvre, celle d’être hors du temps. Pour les 100 ans de Pinocchio, en 1981, Italo Calvino écrivait ainsi : « Il nous est naturel de penser que Pinocchio a toujours existé, on ne s’imagine pas en effet un monde sans Pinocchio ». Les « Aventures de Pinocchio » a été le deuxième livre le plus vendu en Italie au XXe siècle avec le tirage de 9 à 10 millions d’exemplaires, juste derrière la Divine Comédie de Dante Alighieri  (11 à 12 millions d’exemplaires).

cendrillon-et-sa-marraine La fée marraine de Cendrillon est un personnage récurrent des contes : il s’agit d’une fée qui met ses pouvoirs surnaturels au profit exclusif de son ou de sa filleule, auprès de qui elle joue un rôle protecteur ou de mentor, comme on peut l’attendre d’une marraine dans de nombreuses sociétés. Elle se penche sur le berceau du héros nouveau-né pour lui prodiguer des dons : de l’esprit pour Riquet à la houppe, on pense tout de suite à Mercure ; grâce et beauté pour la Belle au Bois dormant… voici Vénus ; ou encore elle assiste et protège à l’adolescence d’un père abusif dans Peau d’Ane, ou d’une marâtre tyrannique et de demi-sœurs cruelles dans Cendrillon, ou d’un sort lancé par une méchante fée dans la Belle au bois dormant. On songe alors à quelques fées jupitériennes, bienveillantes et protectrices à l’image de Jupiter, d’autant qu’elles ont déjà un certain âge et représentent la maturité et la sagesse.

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La Belle au Bois Dormant dans ce conte, elles sont sept fées à être conviées à un repas rituel, celui du baptême. Les six premières offrent un don à la princesse, la septième amoindrit la malédiction lancé par la vieille fée, fâchée de n’avoir pas été conviée : « On donna pour marraines à la petite Princesse toutes les Fées qu’on pût trouver dans le Pays. Il s’en trouva sept. Ainsi chacune d’elle lui faisant un don, comme c’était la coutume des Fées en ce temps-là, la Princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables. Cependant les Fées commencèrent à faire leurs dons à la Princesse. La plus jeune lui donna pour don qu’elle serait la plus belle du monde, celle d’après qu’elle aurait de l’esprit comme un Ange, la troisième qu’elle aurait une grâce admirable à tout ce qu’elle ferait, la quatrième qu’elle danserait parfaitement bien, la cinquième qu’elle chanterait comme un rossignol, et la sixième qu’elle jouerait de toutes sortes d’instruments à la perfection ».

Les Frères Grimm dans leur adaptation du conte porteront à treize le nombre de fées. Walt Disney, dans son adaptation, ramènera ce chiffre à trois. Dans chacun des cas, les auteurs ont pris soin de choisir un chiffre porteur d’une valeur symbolique forte dans les contes et la superstition populaire.

L’astrologue a tendance à penser que ces chiffres sont en rapport avec le zodiaque : les trois fées représentant les trois phases visibles de la Lune et les trois déesses lunaires : Artémis ou Diane, la jeune fille qui représente la Lune croissante, Séléné est la femme mûre ainsi que la Pleine Lune. Enfin, Hécate est la vieille femme, la Lune décroissante.

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Le chiffre 7 représente les sept astres visibles et que tout le monde connaissait jusqu’à au XVIIe siècle : le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Saturne et Jupiter. Seulement ensuite apparaîtront Uranus, Neptune et Pluton. 

Quant au nombre 13, plusieurs hypothèses se profilent :

. La phobie du 13 qui pourrait provenir de l’Antiquité. Au IVe siècle avant Jésus-Christ, Philippe II de Macédoine eût l’idée d’ajouter sa statue à celle des douze dieux. Malheureusement pour lui, il fut assassiné peu de temps après.

. Le 13 suit le nombre 12, nombre symbolisant accomplissement et cycle achevé et très symbolique dans la mythologie chrétienne où c’est un nombre « saint » et dans la tradition astrologique puisqu’il y a douze mois dans l’année, 12 heures le jour et 12 heures la nuit, douze signes du zodiaque, douze dieux dans l’Olympe, douze travaux d’Hercule, douze tribus d’Israël et douze apôtres accompagnant Jésus. Et puis, 12 ans c’est le cycle de Jupiter, le temps qu’il lui faut pour parcourir le zodiaque. Le nombre est divisible par 2, 3, 4 ou 6 alors que 13 n’est divisible que par 1 ou par lui-même seulement. Treize est plutôt source de déséquilibre et tombe dans une portion opposée du divin, et marque une évolution fatale vers la mort, vers l’achèvement d’une puissance et d’un accomplissement.

. L’origine de la superstition du Vendredi 13 aurait pour origine une légende nordique. Vendredi était le nom de Frigga, la déesse de l’amour et de la fertilité. Lorsque les tribus nordiques et germaniques se convertirent au Christianisme, Frigga fut bannie et envoyée au sommet d’une montagne et considérée comme une sorcière. Depuis, chaque vendredi, la déesse pleine de rancune convoquerait onze sorcières et le diable, ce qui fait 13 en la comptant, pour comploter de mauvais tours à jouer au cours de la semaine suivante. Reste que, dans l’Antiquité, le vendredi était un jour consacré à la déesse de l’amour, qu’elle s’appelle Aphrodite, Vénus ou Frigga. Ce  jour était donc considéré comme le plus gai de la semaine.

frigga-filant-les-nuagesFrigga filant les nuages

Aujourd’hui encore le vendredi semble être un jour de chance pour certains peuples ou communautés religieuses. Enfin, selon certains biblistes, ce serait aussi un vendredi qu’Eve et Adam auraient croqué dans la pomme interdite, célébrant ainsi Vénus.

la-fee-dragee2Tchaïkovski nous offre, avec Casse-noisette, une très belle et très gentille Fée Dragée, dans un merveilleux ballet « la danse de la Fée Dragée ». La petite Clara, son frère Fritz, la Fée Dragée, les petites souris et les soldats de plomb continuent de nous émerveiller de génération en génération, initiant petits et grands au monde de la danse, bercés par la musique de Tchaïkovski. Le conte nous le devons à l’écrivain et compositeur allemand Ernst Theodor Wilhelm Hoffman (1776-1822). A voir ou à revoir, ne serait-ce que pour retomber en enfance l’espace d’une soirée.

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La fée Carabosse est l’opposé des belles et bonnes fées, marraines des princesses de contes pour enfants sages. La fée Carabosse est très vieille, très laide et très méchante. Son nom vient du fait qu’elle est bossue. Si son apparition dans les contes est rare, elle n’en demeure pas moins célèbre pour être à l’origine de la malédiction qui frappe la princesse dans la Belle au Bois dormant.

La princesse Aurore naît sous de bons auspices. Ses parents sont roi et reine et ses marraines sont des fées. Elles sont au nombre de sept ou de douze, selon les versions, qui la comblent de dons. La fée Carabosse, fâchée de n’avoir pas été invitée, se présente à la surprise de tous et gâche la fête en lui lançant un mauvais sort. Celui-ci ne peut malheureusement être entièrement annulé par l’une des marraines mais il sera néanmoins atténué : la princesse se piquera bien le doigt à un fuseau à l’âge de 15 ans comme l’avait prédit Carabosse, mais la mort consécutive promise aussi par la méchante fée se commuera en un sommeil de 100 ans qui prendra fin le jour où le Prince arrivera jusqu’à elle et lui donnera un baiser. Malgré ses efforts, le roi reste impuissant à empêcher la réalisation de la malédiction. Il tente de faire interdire l’usage des fuseaux mais une vieille sourde, n’ayant pas entendu l’édit, garde le sien, responsable de l’accomplissement de la malédiction. Dans des versions plus anciennes, la vieille sourde est de bonne foi et agit par pure ignorance. Dans le ballet de Tchaïkovski, il s’agit de Carabosse elle-même, s’assurant ainsi que s’accompliront malédiction et vengeance.

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La Belle au Bois Dormant représentée par John William Waterhouse                                                                       

« On vit entrer une vieille Fée qu’on n’avait point priée parce qu’il y avait plus de cinquante ans qu’elle n’était sortie d’une tour et qu’on la croyait morte ou enchantée. Le Roi lui fit donner un couvert, mais il n’y eut pas moyen de lui donner un étui d’or massif, comme aux autres, parce que l’on n’en avait fait faire que sept pour les sept Fées. La vieille crut qu’on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents… Le rang de la vieille Fée étant venu, elle dit en branlant la tête, encore plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main d’un fuseau et qu’elle mourrait ». Charles Perrault

Toutefois, en faisant peser sa malédiction sur la petite fille au berceau, la Fée symbolisait par là la transmission continue et ancestrale des changements physiologiques qui interviennent à l’adolescence.

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 Quant au portrait de Carabosse, il évoque Saturne tant dans la description physique que de par le comportement. Toutefois, on peut aussi rapprocher Carabosse d’Eris qui, dans la mythologie grecque, est la déesse de la Discorde. Cette dernière non plus n’a pas été invitée aux noces de Thétis et Pélée. Pour s’en venger, elle jette une pomme d’or sur la table, au milieu des déesses, portant l’inscription « pour la plus belle ».

eris-deesse-de-la-discordeEris, déesse de la Discorde

Ce geste est à l’origine du déclenchement de la Guerre de Troie et de la mort d’Achille survenue malgré la précaution de sa mère, Thétis, pour le rendre invincible en le plongeant dans les eaux du Styx. Malheureusement, elle le tenait par le talon et cette partie du corps, restée vulnérable, fut touchée par une flèche de Pâris dont la main était guidée par Apollon.

Circé dans la mythologie grecque, c’est une magicienne très puissante, particulièrement versée dans les empoisonnements et les métamorphoses. Elle est la fille d’Hélios, le Soleil et de Perseis, une Océanide. Les grands poètes Homère, Hésiode et Cicéron la considèrent, de par sa naissance, comme une déesse à part entière.

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John William Waterhouse – Circé offrant le cycéon à Ulysse

Elle apparaît dans l’Odyssée. Elle habite dans une île, dans un palais situé au milieu d’une clairière, entourée de loups et de lions qu’elle a apprivoisés. C’est là qu’elle a recueilli et purifié Jason et Médée après le meurtre du père de Médée. Quand Ulysse et ses compagnons abordent l’île, vingt-deux d’entre eux, conduit par Euryloque, se laissent attirer jusqu’au palais par une voix harmonieuse. La magicienne les accueille et leur offre un breuvage composé de gruau d’orge, de miel et de lait caillé. Dès qu’ils ont bu, elle les transforme d’un coup de baguette en pourceaux. Euryloque, resté dehors, court avertir Ulysse, qui part à la recherche de Circé. Hermès lui apparaît alors sous la forme d’un beau jeune homme tenant un roseau d’or. Le dieu Hermès à la baguette d’or lui remet l’herbe « moly » et lui donne des conseils pour triompher de Circé. Quand il arrive chez la magicienne, celle-ci lui offre le cycéon, ce breuvage qu’ont absorbé ses compagnons, mais elle échoue à le transformer d’un coup de baguette. Ulysse tire son épée ; apeurée, Circé lui offre de partager son lit. Là encore, Ulysse, suivant les recommandations d’Hermès, demande à la magicienne de jurer par « le grand serment des bienheureux » qu’elle ne cherchera plus à lui faire de mal. Ceci fait, Ulysse et Circé s’unissent, puis elle rend aux compagnons leur apparence humaine. Elle aide enfin le héros et son équipage à préparer leur départ.

Le poète romain Denys de Milet fait de Circé plutôt la fille d’Eétès et d’Hécate, la déesse lunaire de la sorcellerie. Toujours selon lui, elle épouse le roi des Sarmates qu’elle empoisonne. Chassée une première fois par ses sujets, elle fuit dans une île déserte, ou selon d’autres, vers l’Italie où elle fonde Circeii, dans le Latium, entre Rome et Naples, ou l’on peut voir encore la grotte qu’elle habitait sur une plage, au pied du Monte Circeo. Elle s’y est d’ailleurs distinguée par de nombreuses actions malfaisantes, transformant Scylla en monstre, par pure jalousie, ou encore le roi Picus en pivert parce qu’il l’avait repoussée. 

monte-circeoMonte Circeo

Au Moyen Age, on la retrouve dans les légendes populaires d’Italie, mêlée à la figure d’Hérodiade, sous le nom d’Aradia, fille de Diane (la Lune) et de Lucifer (le diable). Pour l’astrologue, cette femme fatale évoque le Scorpion.

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La Fée Electricité est une peinture de Raoul Dufy. Commencée en avril 1936 et terminée en 1937, cette peinture fut réalisée pour le Pavillon de l’Electricité de l’Exposition Internationale, la plus grande peinture existant au monde sur un support indépendant : la Fée Electricité est d’une superficie de 624 m². La peinture est formée de 250 panneaux de contreplaqué de 2 mètres de haut sur 1,20 de largeur sur lesquels il peint avec une peinture à l’huile très légère, conçue par le chimiste Jacques Maroger, donnant une illusion de gouache et séchant très rapidement. Les personnages dessinés à l’encre de chine puis les couleurs sont replacées par-dessus.  Ce tableau a été longtemps le plus grand tableau du monde mais il a été détrôné depuis.

 « Mettre en valeur le rôle de l’électricité dans la vie nationale et dégager notamment le rôle social de premier plan joué par la lumière électrique », tel était l’objectif de la commande passée à Dufy par la Compagnie parisienne de distribution d’électricité.

la-fee-electricite-raoul-dufy1La fée électricité – Raoul Dufy – Musée d’Art Moderne – Paris

En 1954, EDF en fait don à la ville de Paris. Cette peinture est aujourd’hui visible dans une salle du Musée d’Art moderne de la ville de Paris.

Soit dit en passant, l’électricité est vraiment une belle et bonne fée, l’interrupteur ayant remplacé la baguette. Pourtant, elle peut aussi passer pour une sorcière, trop présente la nuit dans le ciel des villes, elle nous empêche de voir les étoiles filantes… Quant à sa planète fétiche, c’est bien sûr du côté d’Uranus et du Verseau qu’il faut aller regarder.

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Bibliographie :

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

Trésors des expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Le Français retrouvé – Editions Belin

 Comité Régional du Tourisme Poitou-Charentes – Vienne – Guide du Pays des Six Vallées

 Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

 

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ASTARTEE : UNE DEESSE LUNAIRE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.4 - LES MYTHES DU CANCER ET DE LA LUNE) par sylvietribut le 06-07-2009

La mythologie évoque une déesse lunaire d’origine phénicienne, la déesse Astarté. Des œuvres de poètes grecs et romains nous parlent d’elle et le Nouveau Testament la cite sous des noms différents. Astarté présentait un caractère belliqueux, implantée dans la mythologie égyptienne sous les Ramessides. A califourchon sur son cheval, elle accompagnait et protégeait le souverain. Elle devint la fille de Rê ou de Ptah, et était une des compagnes de Seth.

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Athtart à Ougarit, Shaushka ou Shaushga chez les Hourrites, Ashtart en langue punicophénicienne, elle est l’équivalent de la déesse mésopotamienne Ishtar (pour les Babyloniens) ou Inanna (pour les Sumériens).

venere-ericina3Elle semble avoir comme descendance Aprodithe en Grèce, Turan en Etrurie et Vénus à Rome, sous le nom officiel de Venere Ericina. Elle était Tanit chez les Carthaginois. Tanit était une déesse d’origine phénicienne de la fertilité, présidant aux naissances et à la croissance. Elle était la déesse tutélaire de la ville de Sarepta et son culte prit de l’ampleur à Carthage où elle était nommée Oum.  

Il semble que dans ses temples phéniciens, la déesse Astarté était une espèce de bonne à tout faire pour les problèmes féminins et maternels. Astarté, nous dit-on, fut la reine des cieux, déesse de la Lune, mère de toute la vie sur la Terre, déesse des mers et des poissons. Les Grecs disaient que le temple d’Astarté constituait une grande attraction touristique, qui attirait des visiteurs de tous les pays d’Asie, offrant toutes sortes de divertissements et d’orgies. Mais au sujet d’Astarté, on raconte bien d’autres histoires, plus édifiantes. 

Après la période phénicienne, cette déesse fut vénérée en Egypte en tant que divinité de la Lune miséricordieuse. Dans son temple, comme nous le rapportent des manuscrits de la XXe dynastie, on guérissait les malades. Les légendes sur l’activité de la tribu Mage, à laquelle appartenait le prophète Homanes et les récits sur Ptah pourraient donc être considérés comme les marches conduisant au temple de la guérisseuse Astarté, la déesse de la Lune qui connaissait les secrets capables de provoquer les maladies et aussi de les guérir.  L’historien anglais John A. Wilson estime que l’art de guérir les malades en Egypte est né pendant la Ve dynastie, entre 2468 et 2328 avant Jésus-Christ. Il n’existe pas de documents originaux qui décrivent les méthodes des médecins de l’époque, mais l’on a retrouvé des copies sur papyrus écrites vers le XVIIe siècle avant Jésus-Christ. Ces documents extraordinaires sont le « papyrus Ebers » et le « papyrus Edwin Smith ». Le premier décrit les fonctions du cœur. Il s’agit d’un texte écrit il y a environ quatre mille ans qui explique comment cet organe « s’exprime » dans les différentes parties du corps humains. Le texte traite également des différentes relations organiques entre le cœur et le corps. Le papyrus Edwin Smith s’intéresse aux fractures des membres et donne une liste de méthodes de soins et de médicaments qu’on appellerait aujourd’hui des médicaments phytothérapeutiques. Il traite également des rapports entre les astres les organes du corps humain. John A. Wilson remarque que l’on y trouve des recettes d’herbes médicinales mêlées de notions de magie. 

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La déesse Astarté était représentée de deux façons. Au début, elle était vue comme une femme commune, probablement avec l’image qu’avaient d’elle les tribus qui passèrent de Phénicie en Egypte à la recherche de moyens de subsistances. Elle était vénérée dans le temple du dieu Baal ou Moloch. Astarté, déesse de la Lune, de la fécondité et de la maternité, ainsi que des plaisirs de la chair, était associée au dieu du ciel, au maître du Soleil, Baal, cruel et sans merci, comme les rayons de cet astre brûlaient la Terre et la vie à sa surface. Pour apaiser Baal, on sacrifiait la vie que la déesse de la Lune avait créée. Astarté, déesse mère de toute la vie sur la Terre, ne pouvait pas défendre les enfants nés de sa fécondité.

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Dans la déesse de la Lune Astarté, nous pouvons reconnaître les origines historiques de la position sociale de la femme et les changements que le statut de la femme a subis dans la culture des différentes époques.

La statue du dieu Baal se trouvait dans le temple d’Astarté, mais aussi en plein air, de préférence sur une hauteur. La représentation du dieu, à l’extérieur du temple, était un four métallique surmonté d’une tête de taureau et muni de deux bras à la hauteur d’une grande ouverture. Le sacrifice se faisait de manière à ce que l’enfant, placé par les prêtes dans les bras du monstre brûlant, tombe en se tordant de douleur dans l’ouverture.

le-dieu-baalLe dieu Baal

Un autre type de déesse Astarté a été adoré, toujours en compagnie du dieu Baal, à Carthage, ville née en 814-813 avant Jésus-Christ, près de l’actuelle Carthage en Tunisie. La déesse Astarté de Carthage, comme l’appelaient les Romains, était splendide et portait un casque et un sceptre. Astarté était la divinité principale de la ville. Là encore, dans son temple, on sacrifiait à Baal des enfants vivants.

Cela voudrait-il démontrer qu’Astarté, éblouissante et majestueuse, approuvait le sacrifice des enfants ? Toutes les femmes en tout cas n’étaient pas prêtes à applaudir cette cruauté. L’historien allemand Peter Michkwitz a affirmé en 1875 que certains soldats romains qui assistèrent à des sacrifices d’enfants vivants à Carthage racontèrent, de retour à leurs camps en Sicile, qu’autour du temple de la déesse Astarté, on obligeait les mères désespérées à assister en souriant au sacrifice de leurs enfants. D’où, toujours selon l’historien allemand, découla la mode de s’exercer à sourire méchamment, rictus que les Romains de l’époque baptisèrent « sourire sardonique ».

Au-delà du caractère anecdotique de ces récits, nous pouvons constater que dans l’ancienne Egypte, sous la protection de la déesse de la Lune Astarté, la femme réussit à évoluer et à devenir savante libre, prêtresse en possession de secrets capables de guérir les malades et de vaincre la mort. Au contraire, dans le monde gréco-romain, la femme fut soumise à l’homme, même dans son rôle de mère, bien après le christianisme : ainsi Astarté consentait au sacrifice de ses propres enfants en honneur de Baal.

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Bibliographie : Les pouvoirs de la Lune – E. LUKAS – Editions DE VECCHI POCHE

  

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CONNAISSEZ-VOUS VOTRE JUMEAU ASTROLOGIQUE ?

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.1 - Généralités) par sylvietribut le 16-06-2009

Amusez-vous à le chercher et si vous le trouvez, vous n’en reviendrez pas de constater les similitudes de vos vies. Le vrai jumeau astrologique doit être né le même jour que vous, à la même heure et au même endroit. Ce qui fait bien des conditions à remplir. On peut cependant considérer comme pratiquement jumeau astrologique quelqu’un qui ne serait né le même jour que vous.

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Pour vous en convaincre, voici la liste de quelques personnalités célèbres ayant un jumeau astrologique.

Deux histoires ont dans le passé défrayé la chronique et ont suscité l’intérêt de bons nombres d’astrologues. La première se passe en Angleterre. Le roi Georges III d’Angleterre avait pour jumeau astrologique, un quincaillier, Samuel Hemmings. Tous les deux étaient nés le 4 juin 1738, à 7 h 30. C’est le 8 septembre 1761, que l’un et l’autre se sont mariés. Ils eurent le même nombre d’enfants. Lorsque le roi fut couronné, le quincaillier devint patron. Ils tombèrent malade aux mêmes moments et furent victimes des mêmes accidents. Ils moururent tous les deux le 29 janvier 1820, à une heure d’intervalle.

L’autre cas royal, est celui du roi d’Umberto 1er d’Italie. Le roi se perd en forêt où il chasse. Accompagné de son majordome, il s’arrête déjeuner incognito dans une auberge, près de Monza, en Lombardie. Quel ne fut pas son étonnement de trouver dans le patron de l’établissement son parfait sosie. Intrigué, le roi l’interrogea et il apprit que celui-ci était né comme lui à Turin, le 14 mars 1844. Il s’était marié comme lui, le 22 avril 1868, et leurs épouses respectives portaient le même prénom, Margherita. Tous deux avaient eu un fils qu’ils avaient prénommé Vittorio. Cette rencontre eut lieu le 28 juillet 1900. Le lendemain de la rencontre du roi avec son double, on lui rapporta que le restaurateur venait de mourir dans un accident de chasse. Le roi, ému, se rend aux obsèques du restaurateur. Trois coups de feu retentirent… L’anarchiste Bresci, mêlé à la foule, venait de tuer le roi.

Un astrologue Suisse, Kurt Hitschler, auteur de l’ouvrage « Le secret des 360° symboliques » (La roue céleste – Dervy Livres), s’est penché sur le cas des jumeaux astrologiques. Le résultat de ses recherches a fait l’objet d’une communication devant l’Académie des Sciences, le 10 mars 1986, dans lequel il cite plusieurs cas troublants de gemellité vraie ou astrologique : 

– Les frères jumeaux Peet et Daan Snyman sont nés le 26 juillet 1945 en Afrique du Sud. A l’âge de six ans, Peet, parti en promenade, fut mordu à la cheville gauche par le chien vivant avec lui, en famille, cela sans raison, et lorsqu’il rentra à la maison, il trouva son frère Daan, qui avait été mordu, également à la cheville gauche, par un chien inconnu. Lorsque Peet perdit son œil gauche dans un accident de voiture, Daan subit également, peu après, un accident de voiture dans lequel il perdit son œil gauche. En décembre 1964, Peet a perdu un doigt de sa main gauche dans un accident de tracteur ; quelques jours plus tard, Daan eu un accident de voiture qui lui fit perdre deux doigts de la main droite. En 1972, Peet, qui habitait alors à Vryburg, en Afrique du Sud, contracta une méningite qui l’obligea à entrer à l’hôpital. Quinze jours plus tard, Daan, qui vivait à Pietersburg, à une distance de 430 miles du domicile de son frère, fut atteint par la même maladie et également hospitalisé.

– Il y a aussi le cas des triplés Bartini dont les journaux italiens ont beaucoup parlé. A Rome, l’un des frères est écrasé par une auto et décède. Une heure plus tard, le deuxième frère, alors qu’il ignorait l’accident du premier, succombe d’une crise cardiaque. Le troisième frère, à Milan, décède le même jour d’une affection cardiaque.

– Deux garçons jumeaux, abandonnés par leur mère à leur naissance, furent adoptés et élevés chacun par une famille différente, loin l’une de l’autre. Quarante ans plus tard, en 1979, le hasard les réunit et, après enquête, leur gémellité leur fut révélée. Leurs deux pères adoptifs s’appelaient Larry. Ils ont reçu le même prénom : Jim mais un nom de famille différent : Lewis et Springer. Leurs études avaient été les mêmes, l’un et l’autre s’intéressaient au dessin industriel et à la menuiserie. Tous deux s’étaient déjà mariés avec une Linda, dont ils eurent chacun un fils : l’un, James Alan et l’autre, James Allan. Ils avaient ensuite divorcé des deux Linda, pour épouser chacun une Betty. Enfin, au moment de leur rencontre ils avaient chacun un chien nommé Toy.

– Camille Fidenci et Charles Welfer, nés tous deux le 5 décembre 1920, sont devenus pilotes d’avions et ils se trouvèrent précisément dans le même avion que la violoniste Ginette Neveu et le boxeur Marcel Cerdan, au moment où l’avion est tombé aux Açores, les entraînant tous dans la mort.

– Deux enfants sont nés dans un même lieu, à la même minute, ce qui est extrêmement rare. Il s’agit de deux fillettes, Joyce Ritter et Jean Henderson, nées le même jour, à la même minute à Ogden, gros bourg de l’Utah aux Etats-Unis. On ne s’aperçut de la coïncidence des naissances que trois ans plus tard parce que, autre coïncidence, les deux fillettes devinrent voisines et tout le monde fut frappé par leur ressemblance extraordinaire. Encore plus étonnante fut la similitude de leur comportement à l’école où elles montrèrent les mêmes aptitudes, les mêmes défauts et faisant les mêmes fautes. L’institutrice a dit : « Même chez les vrais jumelles, je n’ai jamais constaté une telle similitude ».

– Hermann Göring et Alfred Rosenberg, nés le 12 janvier 1893, le premier en Bavière, le second en Estonie, sont devenus ministres du Reich allemand, collaborateurs d’Adolf Hitler. Ils ont tous deux participé au putsch manqué de Munich le 9 novembre 1923. Pendant que Göring se constitue une fabuleuse collection d’œuvres d’art volées aux victimes du nazisme, Rosenberg dirige, en 1940, la confiscation des œuvres d’art appartenant aux juifs. Ils sont morts presque le même jour. Le 16 octobre 1946, Rosenberg, condamné par le procès de Nuremberg. Quant à Göring, afin d’échapper à la pendaison, se suicida la veille de son exécution en absorbant du poison dans sa cellule, le 15 octobre 1946. Mais le plus étonnant est que son cadavre fut effectivement pendu le 16 octobre en même temps que celui de Rosenberg. Son suicide n’a pas empêché le dernier épisode commun avec son jumeau astrologique !

Parmi les célébrités, voici de nouvelles similitudes étonnantes :

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– Jean-Paul Belmondo a pour jumeau astrologique un acteur italien tout aussi célèbre, Gian Maria Volonte. Ils sont nés tous les deux le 9 avril 1933, à Neuilly-sur-Seine pour le premier, à 9 heures, alors que le second voyait le jour à Milan, à 18 heures, celui-ci est cependant décède le 6 décembre 1994.

– Deux des quarante « Immortels » de l’Académie Française sont nés le 05 juillet 1899. Tous deux sont écrivains : il s’agit de Marcel Arland et Marcel Achard. Remarquez également la similitude de leurs patronymes. 

arthur-rimbaud– Arthur Rimbaud est né à Charleville le 20 octobre 1854 à 6 heures, ce même jour à 15 heures naissait à Honfleur, Alphonse Allais. Oscar Wilde est né 4 jours plus tôt, le 16 octobre 1854. Rimbaud a traversé la littérature française comme un météore, de 16 à 19 ans. Sa relation homosexuelle avec Verlaine se termine mal. Verlaine tire un coup de pistolet sur Rimbaud et le blesse. On peut comparer une des dernières lettres d’Alphonse Allais à sa mère, à une des dernières lettres de Rimbaud à sa sœur. Tous deux décrivent de graves problèmes à la jambe, mal soignés, qui entraîneront la mort. Allais parle de phlébite, Rimbaud de douleur arthritique. Rimbaud est mort en novembre 1891 à 37ans, Allais le 28 octobre 1905 à 51 ans. Notez que la littérature était leur point commun.

Oscar Wilde avait un charme personnel et une conversation éblouissante, pleine de boutades et de paradoxes. Wilde défia ouvertement le rigorisme et le conformisme de l’époque victorienne avec son unique roman « Le portrait de Dorian Gray ». Ses comédies restent parmi le chef-d’œuvre de l’humour anglais. Marié et père de famille, Wilde était connu pour ses mœurs homosexuelles. En mai 1895, il est condamné à deux de prison pour outrage aux mœurs. Il purge sa peine de prison à Reading où il écrit ses deux plus grandes œuvres. Après sa libération en 1897, Oscar Wilde passa sur le continent et mourut à Paris en 1900, à 46 ans. Le point commun entre Rimbaud, Allais et Wilde est leur anticonformisme au plus haut niveau. En reprenant l’expression de Verlaine à propos de Rimbaud, ils ont en commun une indépendance et un dédain de n’importe quelle adhésion. Il s’agit de trois des écrivains les plus corrosifs de leur époque. Ils ont emprunté des voies littéraires parfois similaires, parfois différentes, pour remettre en question des principes considérés comme établis.

– Deux jumeaux astrologiques célèbres : Michel Sardou et Patrick Dewaere sont nés tous deux le 26 janvier 1947 : le premier à Paris à 6 H 45, le second à Saint-Brieuc à 10 H 30. Juillet 1982 fut fatal au premier tandis que le second s’en est tiré par une grosse déprime.

– Alain Prost, le célèbre champion de formule 1 français,  est né à Saint-Etienne le 24 février 1955 à 10 H 47. Il a lui aussi un jumeau astrologique en la personne de Michel Jaspes, né le même jour, à 11 heures, à Nantes. Tous deux sont passionnés de courses automobiles dès l’adolescence : Alain Prost a commencé le karting à 14 ans et Michel Jaspes a gagné le Prix Automobile-Club de l’Ouest. Tous deux sont issus d’une famille d’artisans qui ne pouvait soutenir financièrement leur passion. Tous deux ont eu un grand amour à 17 ans. Ils se sont mariés tous les deux la même année. La poésie est leur violon d’Ingres commun. Ils ont eu des démêlés avec le fisc et les autorités au même moment. Alain Prost possède une agence de publicité tandis que Michel Jaspes, après l’abandon de la course automobile, pour raisons financières, travaille dans la publicité. Très sportifs, ils font tous deux leur jogging chaque jour. Michel Jaspes a une chance professionnelle exceptionnelle, tout comme Alain Prost plusieurs fois champion du monde de F1.

– Charles Trenet avait pour jumeau astrologique un autre chanteur, Peny Cono. C’est le 18 mai 1913 qu’ils virent le jour.

– Ella Fitzgerald avait pour jumeau astrologique le bluesman Johnny Stines. Ils étaient nés le 25 avril 1915.

– Le compositeur Massenet était né, comme le compositeur Arthur Sullivan, le 12 mai 1842.

– Paul Choisnard était polytechnicien et astrologue. Il avait pour jumeau astrologique Eudes Picard, également polytechnicien et astrologue. Ils sont nés le 13 février 1867, le premier à Saint-Genis-de-Saintonge à 22 h 45 et le second à Grenoble, à 17 h 45.

– Le 21 février 1903, naissait à Paris, à 4 heures, le philosophe et mathématicien, Raymond Queneau. Ce même jour et également à Paris, on note la naissance de Madeleine Renaud, Comédienne, à 10 h 30, ainsi qu’Anaïs Nin, écrivain, à Neuilly-sur-Seine, à 20 h 25 : ouvrages littéraires et théâtre se conjuguent.      

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– L’actrice Liz Taylor est née à Londres, le 27 février 1932, à 19 h 56. Elle a pour jumelle astrologique la danseuse étoile de l’Opéra de Paris, Liane Daydé (heure inconnue).

– Le peintre parisien Francisque Poulbot a pour jumeau astrologique un peintre allemand, Othon Friesz. Ils sont nés tous les deux le 6 février 1924.

– L’actrice Jeanne Moreau est née le 23 janvier 1928, à Paris, à 11 h 30. Elle a pour jumeau astrologique Jean Bertho, né à Pont-à-Mousson, le 23 janvier 1928, à 21 h 30.

– Bill Clinton est né le 19 août 1946, à 8 h 51, à Hope (Arkansas – USA). Son jumeau astrologique est Laurent Fabius, né le 20 août 1946, 9 heures à Paris. Ils sont tous les deux Lion Ascendant Balance. Tous les deux ont connu pratiquement en même temps des démêlés avec la justice, pour Clinton pour ses frasques amoureuses, Fabius dans l’affaire du sang contaminé.

– Le tennisman Cédric Pioline, est né le 15 juin 1969, 18 h 30, à Neuilly-sur-Seine. Il a une jumelle astrologique en la personne de la tenniswoman Steffi Graf, née le 14 juin 1969, à 4 h 40, à Manneheim en Allemagne.

– Stéphane Peterhansel et Luc Alphand, tous deux coureurs automobile, sont nés le 6 août 1965, le premier à Vesoul à 9 h 30 et le second à Briançon, à 18 h 20.

– L’actrice Juliette Binoche a pour jumelle astrologique Valérie Lemercier, autre actrice. La première est née à Paris à 12 h 25, la seconde à Dieppe à 22 h 20, le 9 mars 1964.

Et il y en a sans doute beaucoup d’autres et c’est le hasard qui met sous les yeux ses similitudes de coordonnées de naissance, d’activité, de vocation et donc de destinée.

Toutefois, il existe un autre exemple particulièrement intéressant confirmant que les astres inclinent mais ne déterminent pas tout. Un dessinateur, né le 18 mai 1914, assassina sa femme et la coupa en morceaux.  Plusieurs degrés symboliques de son thème natal font allusion à des têtes, des pieds et des mains coupés, ainsi qu’à des instruments coupants.

On peut supposer que ce crime aurait été évité si cet homme avait pu choisir un métier mieux adapté à ses pulsions, tel que boucher, chirurgien, tailleur ou couturier puisque le grand couturier, Pierre Balmain, était né lui aussi un 18 mai 1914.

En conséquence de tous ces exemples, il apparaît nettement que les similitudes extraordinaires des destins de personnes nées à la même date et à une heure proche n’ont pas obligatoirement pour cause l’hérédité. Le seul point commun montré dans tous ces exemples est la même date de naissance. Une conclusion s’impose donc : il existe une relation entre les positions des astres et planètes de notre système solaire au moment de la naissance et les caractéristiques des individus nés sous cette constellation. Or, actuellement seule l’astrologie peut expliquer de telles similitudes, la « science » étant dans l’incapacité de fournir la moindre explication autre en cas de similitudes de personnes sans lien de sang, nées le même jour, ayant des destins très semblables.

 

Bibliographie : « Astrologie la preuve par deux » – Suzel Fuzeau- Braesch – Editions Robert Laffont

 

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