LE ROSSIGNOL CHANTRE DE L’AMOUR
(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 20-10-2009
C’est le passereau le plus mentionné, le plus célébré, sous forme allégorique, dans la littérature et les chansons de tous les temps. Il symbolise le printemps, le lyrisme, l’exaltation amoureuse. Et c’est l’éclat de son chant qui lui a donné cette place dans l’imaginaire des hommes. En effet, son plumage est terne et discret au point que peu d’entre nous l’ait entrevu. A peine plus grand qu’un moineau, notre rossignol philomèle, remplacé en Europe centrale par son cousin le rossignol progné, a le dessus brun uniforme, le dessus gris beigeâtre et la queue rousse. De plus, il se tient toujours sous couvert des buissons et des fourrés. Pour l’observateur, il est même agaçant de ne pas pouvoir le repérer alors que son chant tonitruant le situe à quelques mètres seulement.

Roulades, trilles, crescendo flûtés, murmures, gloussements et brefs arrêts se succèdent rapidement de façon nuancée, limpide et variée. Du point de vue purement mélodique, le rossignol a de sérieux émules qi l’égalent, voire le dépassent à ce titre, comme le merle noir, la rousserolle verderolle, la grive musicienne, la fauvette à tête noire et l’Hypolaïs polyglote. Mais le rossignol chante aussi la nuit. Alors soliste à la voix qui porte très loin, il a le don d’impressionner vivement les hommes pendant ces heures propices au calme, à la détente et à la rêverie. Encore plus invisible dès lors, il gagne en mystère, ce qui contribue grandement à son prestige sans partage.
Le rossignol est universellement réputé pour la perfection de son chant. Il fut, selon Platon, l’emblème de Thamyras, barde de la Thrace antique. Il est particulièrement apprécié au Japon, où son chant est censé répéter le titre du Hokekyo, le Sutra du Lotus de la Bonne Loi, cher à la secte Tendai.
Dans la fameuse scène V de l’acte III de Roméo et Juliette, le rossignol est opposé à l’alouette, comme le chantre de l’amour dans la nuit finissante à la messagère de l’aube et de la séparation ; si les deux amants écoutent le rossignol, ils restent unis, mais ils s’exposent à la mort ; s’ils croient à l’alouette, ils sauvent leur vie, mais doivent se séparer.
Par la beauté de son chant, qui charme les nuis éveillées, le rossignol est le magicien qui fait oublier des dangers du jour. John Keats a merveilleusement rendu cette mélancolie qu’engendre le chant pourtant si mélodieux du rossignol. La perfection de la félicité qu’il évoque semble si fragile ou si lointaine dans son excessive intensité qu’elle rend plus intolérable le sentiment douloureux d’en être incapable, ou privé, par l’arrivée fatidique du soleil.
Et cet oiseau, dont tous les poètes font le chantre de l’amour, montre de façon saisissante, dans tous les sentiments qu’il suscite, l’intime lien de l’amour et de la mort.
Les rossignols sont relativement abondants. Il n’y a guère de haies et de bosquets jusqu’aux abords des villes qui n’hébergent ces musiciens virtuoses. La végétation basse et dense au-dessus d’un sol couvert de feuilles mortes et autres débris végétaux a leur prédilection. Ils y trouvent insectes, larves, araignées et œufs de fourmis qui constituent la base de leur régime alimentaire. Ce menu s’enrichit à la fin de l’été des diverses baies leur procurant les réserves énergétiques pour la longue migration qui les conduit en Afrique tropicale pour y passer l’hiver.

Ils reviennent dans nos régions vers la mi-avril. Le mâle est le premier à retrouver le site familier où il s’était établi l’année précédente. Quelques jours plus tard, il se trouve généralement une femelle qui répond à ses parades et qui se charge de construire le nid. Pendant ce temps son compagnon défend, en chantant, le territoire du couple et chasse les intrus de son espèce cherchant à se cantonner à proximité. Il n’est pas rare d’entendre à 50 mètres de distance deux chanteurs qui s’installent. A l’éclosion des œufs après treize jours de couvaison, le mâle cesse de chanter et participe au nourrissage des oisillons. Ceux-ci émancipés, il reprend ses vocalises éperdues qu’il apprend aux jeunes dont cet art n’est pas inné. Vers la fin juin, les mâles ne chantent plus et ces oiseaux sont alors quasi-indécelables bien qu’ils ne quittent notre région que vers la mi-août après avoir effectué leur mue.
La période est donc relativement courte où ces virtuoses peuvent enchanter ceux qui, au pas de leur porte, veulent bien les écouter. C’est le regret de tous ceux qui se réjouissent tous les ans du concert printanier des oiseaux où le rossignol tient le premier violon depuis le fond des âges en inspirant les poètes et en régalant toutes les âmes sensibles à la nature.
Le rossignol inspira Andersen qui l’immortalisa dans l’un de ces contes : Le Rossignol et l’Empereur de Chine.
Mais savez-vous pourquoi on appelle « un rossignol », un objet de peu de valeur, voire défectueux ? L’origine de ce qualificatif vient du fait que l’oiseau est haut perché dans les arbres et que ces objets invendables et bien sûr invendus sont généralement placés sur les étagères les plus hautes du magasin, hors de portée de la main, puisqu’il faut un escabeau pour les atteindre. Enfin, un « rossignol » est également une fausse clef.
Bibliographie : Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/ Jupiter – Collection Bouquins









Une tourterelle, symbole de la fidélité conjugale dans la tradition chrétienne…
le chantre de l’amour
qui vole en couple et qui est, pour les Chinois, symbole de fidélité et de bonheur conjugal. Sensibles à leur beauté, ils opposent leur noblesse et leur délicatesse à la vulgarité des oiseaux bavards.
de la glycine.


ou le nard



des tableaux,
des oiseaux peints
des meubles Louis XV
comme un dos d’âne…
