RETROGRADATION DE VENUS ENTRE POISSONS ET BELIER – FEVRIER A JUIN 2017

(4.3.1 - VENUS) par sylvietribut le 25-02-2017

La rétrogradation d’une planète indique que son énergie est « à contre-courant », tournée vers l’intérieur, ce qui suggère une certaine frustration de son expression dans le monde extérieur.

Lorsque Vénus est rétrograde la capacité d’exprimer l’amour érotique sur le plan charnel est comme inhibée, mais en même temps la fonction introvertie de la planète est libérée et l’image intérieur de l’amour, celle de l’être aimé devient extrêmement puissante et active que l’imagination s’efforce de la traduire sur le plan symbolique ou artistique.

Vénus rétrograde a une dimension positive si nous nous référons à l’alchimie, car c’est la frustration des pulsions instinctuelles qui permet au bout du compte de les transformer en or alchimique. Sa frustration n’est de toute façon jamais totale, elle est plutôt ressentie comme une limitation qui doit être acceptée. Vénus rétrograde montre souvent en société une timidité et une maladresse tout à fait normales puisque l’élégance et les talents d’une Vénus plus extravertie opèrent chez elle sur un plan intérieur et plus cérébral. Elle peut également ressentir de la gêne face à certains aspects de la sexualité, surtout si la beauté de ses fantasmes surpasse le plaisir de l’acte physique. Cela ne diminue pas son plaisir sexuel, mais elle n’y attache peut-être pas une importance primordiale et elle préfère conserver certaines inhibitions pour la richesse intérieure de sentiment qui en résulte.

VENUS EN EXIL EN SCORPION BELIER

Vénus en exil dans le Bélier

  • Le 3 février 2017 Vénus faisait son entrée dans le Bélier. La planète a parcouru le signe en marche directe jusqu’à 13°08 et à partir du 5 mars 2017 elle entreprendra sa rétrogradation, avec un petit flirt avec Mars, mais ces deux astres ne se rencontreront pas vraiment.
  • Du 5 mars au 1er avril 2017, Vénus rétrogradera en Bélier, passant de 13° à 0° Bélier.
  • Le 1er avril 2017 Vénus retrouvera les Poissons où la planète séjournera jusqu’au 29 avril 2017. Cependant, c’est le 16 avril 2017 que Vénus reprend sa marche directe. 
  • Le 29 avril 2017 Vénus retrouve le Bélier qu’elle parcourt en direct, passant de 0° à 30° du signe.
  • Vénus entrera dans le Taureau le 6 juin 2017.

VENUS EXALTEE EN POISSONS

Vénus exaltée en Poissons

Si Vénus est bien placée en Poissons puisque c’est son lieu d’exaltation, elle est malheureusement en détriment en Bélier puisque c’est son lieu d’exil.

Vénus dans le Bélier confère des sentiments ardents et impulsifs. Attention donc aux emballements inconsidérés, aux sentiments spontanés et irréfléchies. Que les femmes se gardent bien de faire les premiers pas, tellement pressées d’aboutir à des résultats tangibles, elles risquent de connaître une période très mouvementée, instable puis frustrante car dans sa rétrogradation en Poissons, Vénus se jette dans les bras de Saturne, la frustration et le manque sont assurés. De plus, si Vénus symbolise l’amour, affligée par Saturne, elle symbolise la peur d’aimer avant même celle de ne pas être aimé. Vénus affligé en Poissons confère d’ailleurs un sentimentalisme excessif qui conduit à bien des complications d’ordre intime. L’aspect difficile Vénus/Saturne n’est pas plus favorable sur le plan matériel : période de vaches maigres en perspective, même en Poissons. A moins que vous n’en profitiez pour vous libérer d’un certain passif, ce qui vous fera cependant plus riche de moins de dettes.

A noter cependant, un petit sextile entre Vénus et Mars (26° Poissons/26° Taureau) entre le 15 et le 19 avril 2017 pourrait adoucir l’ambiance frustrante de Vénus-Saturne.

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Rambouillet, le 25 février 2017

 

 

 

 

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LA DEESSE ROMAINE FEBRIS

(6.6.11 - LES MYTHES DU VERSEAU ET D'URANUS) par sylvietribut le 12-02-2017

La déesse Febris était une déesse romaine. On la fêtait le 14 février. Elle était associée à la guérison de la malaria qui sévissait dans les marais pontins, une région au sud de Rome. Elle recevait les offrandes de ses fidèles qui espéraient éviter de contracter cette maladie. Febris pouvait donc apporter et faire disparaître les maladies.

C’est Numa Pompilio qui dédia le mois de février au dieu Februus, d’où son nom. Les longues fêtes dédiées à la Déesse culminaient le 14 février, avec les Februalia. Comme l’Avent pour le Christianisme, le 14 février deviendra au contraire la catholique fête de Saint Valentin, au nom de la « fièvre d’amour ».

LA DEESSE ROMAINE FEBRIS

La déesse romaine Febris

Cette Febris, la déesse romaine de la fièvre, est toujours à demeure dans la vallée du Tibre. Elle avait trois chapelles à Rome : au Mont Palatin, sur l’Esquilin et sur le Quirinal.  Une fois guéris les malades suspendaient dans ces chapelles les remèdes qu’ils avaient portés sur eux, le plus souvent dans des amulettes.

Il n’en demeure pas moins que Fébris était la déesse très redoutée de la Fièvre, à Rome, dans les bas-fonds comme au Forum et au Vélabre, et même les vallées plus élevées entre le Quirinal et Viminal, qui restèrent longtemps humides et malsaines. Simple puissance, « numen » était une maléfique qu’on cherchait à se concilier.

Fébris n’a pas de légende. Son sanctuaire le plus ancien semble avoir été un autel archaïque sur le Mont Palatin. On en connaît pourtant un autre, sur le plateau de l’Esquilin, à l’endroit où l’on enterrait les esclaves et les petites gens : les puticuli de l’époque classique. Et puis il y avait dans le haut du Vicus Longus, à la tête de la vallée du Quirinal, où il y avait des suintements d’eau et des sources.

FONTAINE AU MONT PALATIN

Fontaine au Mont Palatin – Rome

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NOUVELLE LUNE DU 29 NOVEMBRE 2016 – PARIS

(4.0 - LA NOUVELLE LUNE) par sylvietribut le 03-12-2016

On pourrait se réjouir de cette Nouvelle Lune dans le signe heureux du Sagittaire, mais les bonnes influences ou les bonnes nouvelles pourraient bien avoir des revers ou des lendemains qui chantent. En effet, cette lunaison a lieu au carré de Neptune, Maître de l’Ascendant de cette Nouvelle Lune, ce qui promet bien des déceptions, des désillusions et surtout de nombreuses possibilités d’être victime d’escroqueries diverses et variées.

A surveiller de près l’élection en Italie qui a lieu le dimanche 4 décembre, on ne pourrait que conseiller de renforcer la surveillance des bureaux de vote ; les bourrages d’urnes et les morts qui votent ne sont pas des pratiques qui n’existent pas. Il y a aussi ceux qu’on paie pour qu’ils votent comme il faut et cinquante euros quand on n’a plus rien, c’est tentant.

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Ce qui marque aussi cette lunaison c’est la surprise qu’Hollande nous a réservée : Vénus Capricorne recevant le carré d’Uranus, l’aspect est exact. On ne peut constater que cette Nouvelle Lune vient s’opposer de façon exacte à l’Ascendant du thème de François Hollande qui se trouve à 7°48 Gémeaux.

Une fois le carré Lune/Soleil Sagittaire/Neptune Poissons dépassé, on peut espérer une meilleure fin de lunaison, en effet bien qu’ayant encore à passer Saturne, elle recevra l’influence positive et plus optimiste de Jupiter en Balance et le trigone stimulant d’Uranus en Bélier. On pourrait penser qu’on est en train de réaliser que l’on peut se libérer de ses chaînes et surtout aller vers un monde nouveau… En 2017, nous allons vivre jusqu’en automne sous l’influence positive d’un Saturne en Sagittaire, sextil à Jupiter en Balance et trigone Uranus en Bélier, et ça prend forme au cours de cette lunaison.

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NOUVELLE LUNE DU 29 DECEMBRE 2016 – 13 h 19 (TU 12 h 19) – PARIS

A noter que dans le thème de cette Nouvelle Lune, Saturne culmine au Milieu du ciel au sextil de Jupiter en Balance et au trigone d’Uranus en Bélier. Voilà qui donne la sensation que le vieux monde est en train de mourir et que quelque chose de nouveau va émerger.

Allant dans le même sens, on trouve dans cette Nouvelle Lune un carré entre Pluton et Jupiter. Pluton est Maître de la Maison VIII, Maison de toutes les transformations possibles, et Jupiter gouverne le Milieu du Ciel de cette lunaison. Comment ne pas penser que cette Nouvelle Lune est la porte ouverte à d’autres « disparitions » dont on n’a pas encore conscience… Uranus tapit dans la Maison XII de cette Nouvelle Lune nous réserve sans aucun doute d’autres surprises… Le vieux monde se meurt… Une ère nouvelle va pouvoir voir le jour…

En attendant cette Nouvelle Lune pourrait se révéler particulièrement embrouillée et difficile pour qui porte dans son thème un premier décan des signes Mutables chargé planétairement, ainsi que pour la génération qui a Neptune dans le premier décan du Sagittaire et celle qui a Jupiter dans le premier décan du Sagittaire et des Poissons. Petit rappel : les signes Mutables sont : les Gémeaux, la Vierge, le Sagittaire et les Poissons.

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Rambouillet, le 3 décembre 2016

deco_noel1Pour vos cadeaux de Noël, pour vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, pour un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique…

Sur mon site, au chapitre de mes chroniques, dans la rubrique « Cadeaux » vous trouverez les modalités d’organisation de cette consultation, ainsi qu’un exemple d’une carte-invitation.

 

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LES QUATRE FORMES DE L’AMOUR… L’EROS DU SCORPION

(01- LA NEWS DU MOIS, 6.6.8 - LES MYTHES DU SCORPION ET DE PLUTON) par sylvietribut le 19-11-2015

L’Eros intervient lorsque deux ou plusieurs entités séparées s’associent de telle manière qu’elles sont totalement transformées par l’expérience. Nous avons terriblement déformé le sens du merveilleux mot « érotique ». Nous croyons qu’érotique veut dire « sexuel », alors que sa signification est beaucoup plus large.

L’Eros est associé au Scorpion et à Pluton, à la qualité « Eau » de l’amour, d’un amour qui implique de souffrir. L’Eros est le désir d’unir notre âme à celle d’une autre personne. Sur le plan archétypique, l’Epithumia du Taureau s’intéresse expressément à la fusion des corps tandis que l’amour érotique du Scorpion veut unir les âmes et les psychés, et c’est ce qui le rend si douloureux.

EROS ET PSYCHE - GIUSEPPE MARIA CRESPI - XVIIIe SIECLE

Eros et Psyché – Giuseppe Maria Crespi – XVIIIe siècle

L’Eros est un amour qui implique la souffrance. Il y a en lui quelque chose de douloureux puisque le moment de l’extase, cet instant de fusion psychique, ne peut durer éternellement. C’est pourquoi les Français appellent l’orgasme « la petite mort ». Nous avons de même le concept de la dépression « post coïtum » qui survient lorsque nous ressentons à nouveau la séparation après avoir connu un intense sentiment d’intimité. Nous aimerions vivre dans l’extase perpétuelle de l’union avec une autre personne, mais l’Eros est la forme d’amour qui suppose de mordre dans la pomme, exactement comme Eve qui a ensuite été chassée du paradis.

L’histoire de Perséphone évoque une idée similaire : dans le royaume de l’ombre, ella a mordu dans une grenade, ce qui lui interdit de retourner définitivement sur terre. La pomme de la Bible et la grenade de la mythologie sont certainement apparentées, car il n’y a pas de pommiers dans la région du monde d’où provient l’histoire du jardin d’Eden, et le fruit dans lequel a mordu Eve était sans doute en fait une grenade. C’est un fruit très intéressant parce qu’il saigne quand on l’ouvre, ce qui évoque la rupture de l’hymen et la perte de la virginité.

PERSEPHONE ET LA GRENADE

Perséphone et la Grenade – Rossetti

Dans le cas de Perséphone, cette rupture est celle de son lien avec sa mère Déméter et, dans un sens, elle évoque la coupure du cordon ombilical. Eve, de son côté, désobéit à Dieu et suit le conseil du serpent, l’un des visages de Lucifer, lorsqu’elle mange la pomme. Manger la pomme, c’est donc en quelque sorte couper le cordon ombilical avec son père et épouser Adam. Elle n’est plus simplement l’enfant de Dieu, elle est maintenant la femme d’Adam. Et après cet épisode, Adam et Eve doivent quitter le paradis, exactement comme un homme et une femme qui se marient doivent quitter le domicile de leurs parents pour fonder ensemble un nouveau foyer.

Dans le mythe de Déméter et de Perséphone, Déméter était une déesse qui ne s’intéressait pas particulièrement aux hommes. La plupart des récits la concernant ne lui attribuent qu’une seule relation – selon certains, avec Zeus, selon d’autres, avec Poséidon. Toujours est-il qu’elle a donné naissance à Korè, ce qui en grec veut dire « vierge » et elles vivaient ensemble dans le monde paradisiaque des premiers âges. Déméter, Cérès dans la mythologie romaine,  était une déesse de la Terre, une mère-terre primitive responsable des récoltes et de tout ce qui poussait sur la surface du globe. Or, un jour, Korè va se promener et cueille des fleurs dans un champ. Ce sont des narcisses. Korè vivait avec sa mère dans une sorte d’union narcissique et dès qu’elle cueille le narcisse, ce monde ouroborique est détruit. Cette fleur avait été plantée par Aphrodite/Vénus qui, comme Pluton, ne pouvait supporter que le lien parental interfère avec la croissance de l’enfant et l’empêche de devenir une personne à part entière et de s’unir avec un autre être que ses parents. Aux yeux d’Aphrodite et de Pluton, l’intimité prolongée de Déméter et de Korè était anormale et malsaine. Dès que Korè cueille le narcisse, la terre s’entrouvre et Pluton surgit pour l’enlever, entraînant la jeune fille, malgré ses hurlements et ses protestations, dans son monde souterrain où il la viole.

Déméter connaît alors une terrible période de dépression et de deuil, ce qui est le cas de toute mère encore attachée par le cordon ombilical à son enfant qu’elle doit laisser partir. Pour essayer de retrouver Korè, Déméter décide de recourir au chantage : tant que sa fille ne reviendra pas, la surface de la terre restera stérile et le monde connaîtra une terrible famine.

ENLEVEMENT DE PERSEPHONE PAR PLUTON -

Enlèvement de Perséphone par Pluton – Joseph Heintz del Altere – Bâle – 1595

Les dieux sont bouleversés. Ce n’est pas qu’ils aiment les hommes au point de ne pas supporter de les voir souffrir, mais si ceux-ci ne peuvent se nourrir, il ne restera plus de mortels pour les vénérer. Ils vont se plaindre à Zeus/Jupiter, le père des dieux, et lui demandent instamment de prendre l’affaire en mains. Zeus finit par intervenir et demande à Pluton de rendre, à Déméter, sa fille Korè, qui est désormais rebaptisée Perséphone, qu’on peut traduire par « celle qui aime l’obscurité » ou « celle qui détruit la lumière ». Mais comme elle a mangé six graines de grenade lorsqu’elle était dans le monde souterrain, elle est officiellement mariée et ne peut quitter définitivement le royaume des morts. Pluton et Déméter parviennent à un compromis selon lequel Perséphone, reine du monde souterrain, vit avec Pluton six mois par an et peut retourner chez sa mère pendant les six autres mois. Ainsi, lorsque Perséphone retrouvait sa mère, au printemps et en été, les cultures prospéraient ; puis elle redescendait dans le royaume de l’ombre, Déméter reprenait le deuil et aucune semence ne germait, pendant l’automne et l’hiver.

C’est une histoire merveilleuse qui ne décrit pas seulement un phénomène naturel, mais aussi un processus archétypique de croissance et d’évolution, correspondant au dévelopement de la conscience de soi. Elle assimile l’ouverture de la grenade à l’ouverture de l’hymen et, de fait, dans de nombreux rituels de mariage, on inspecte le lit après la nuit de noces pour y voir le sang indiquant que la mariage a bien été consommé. Ce n’est pas l’anneau nuptial et le « oui » qui unissent un homme et une femme, c’est la rupture de l’hymen.

L’Eros s’accompagne d’une sentiment d’extase de nature presque religieuse. Les mystères grecs d’Eleusis avaient une dimension plutonienne Scorpion, très proche de l’Eros, et le mystère du rituel chrétien évoque l’union avec le bien-aimé. Pluton, le Scorpion et l’Eros, ont quelque chose de dévoreur. Pluton apparaît sous les traits du violeur, du séducteur ; il est celui qui nous arrache d’un paradis, l’unité ouroborique avec nos parents, où nous ne pourrons jamais retourner. L’Eros est une initiation : c’est cette expérience qui nous fait passer de l’enfance à l’âge adulte. Les rites et les rituels qui lui sont associés sont pour la plupart fondés sur la souffrance.

CONSTELLATION TAUREAUCONSTELLATION DU SCORPION 1

Constellations Taureau-Scorpion

La civilisation occidentale est aussi anti-érotique qu’elle est anti-epithumia. L’axe Taureau-Scorpion est la zone du thème la plus puissante sur le plan psychologique, la plus dangereuse et généralement la moins bien intégrée. Il en est de même pour Vénus, la planète-maîtresse du Taureau, et pour Pluton, le Maître du Scorpion. Notre éducation nous a le plus souvent appris à nier, refouler ou rejeter ces énergies, ou à les compenser de manière indirecte. Il faut regarder quelles sont les Maisons qui dans notre thème ont leur cuspide en Taureau ou en Scorpion pour repérer les planètes situées dans ces signes et d’examiner les positions de Vénus et de Pluton en signes et en Maisons ainsi que leurs aspects. Pluton est la planète associée à l’Eros, et si vous n’ouvrez pas votre âme à cette énergie extatique, en vivant une relation où la fusion évoque une sorte de mort, il va opérer inconsciemment, de façon invisible. Lorsqu’il est refoulé, il vous entraîne, vous et toute planète qu’il aspecte, dans le monde souterrain, et c’est pourquoi nombre de gens traversent la vie tels de véritables zombies. Avez-vous remarqué comme certaines personnes, qui ont pourtant des thèmes excitants, mènent une vie sans aucun intérêt ?

Coupées de leur Eros, elles semblent éteintes, et rien ne paraît pouvoir se déclencher en elles. Vous leur demandez ce qui se passe dans leur vie et elles se contentent de vous dire que tout va bien. Vous les questionnez sur leurs relations et elles vous marmonnent que les choses sont également normales de ce côté-là. Vous les interrogez sur leurs parents et elles vous répondent qu’elles ont toujours eu de très bons rapports avec eux, sans aucun problème. Vous leur demandez ce qu’elles veulent dans la vie et elles vous déclarent qu’elles ne le savent pas vraiment. Ces personnes donnent l’impression que Pluton s’est emparé de leur âme et l’a reléguée dans le monde souterrain. Et elles ne pourront la récupérer sans connaître une profonde souffrance car, comme le disait Jung, nous ne pouvons changer tant que nous n’avons pas suffisamment souffert.

Eros nous demande d’accepter que l’amour implique la souffrance, que l’amour nous demande de lâcher notre Moi et de mourir en tant que « je » pour fusionner notre âme avec autre chose que soi. Nous vivons alors une sorte de renaissance, dans laquelle Jung voyait une « seconde naissance ».

DIONYSOS -BACCHUS - LE DIEU DU VIN ET DE LA VIGNE

Dionysos/Bacchus

Les rites religieux et les rites d’initiation, anciens et actuels, ont été conçus pour nous aider à accomplir le processus de mort et de renaissance associé à Eros. Dans certaines versions du mythe, Dionysos/Bacchus était censé être le fruit de l’union de Pluton et de Perséphone. Dionysos est une figure christique, une sorte de proto-Christ qui, lui aussi, est descendu dans les profondeurs de la mort pour renaître et sauver l’humanité. Or, le sacrifice et la mort de Jésus sur la croix, Dieu donnant son fils unique qui doit souffrir et mourir pour le bien de l’humanité, n’est pas appelé l’Epithumia du Christ, ni la philia du Christ, mais la Passion du Christ. Autrement dit, la mort et la résurrection de Jésus sont un acte symbolique lié à l’Eros : Dieu coupe le cordon ombilical avec son fils en l’offrant au monde.

Quelle est la différence entre l’amour du Taureau et celui du Scorpion ?

Sur le plan archétypique, pour le Taureau, l’autre n’existe pas ; il est un objet qu’il assimile au plaisir. Le Taureau est un signe personnel qui ne peut encore différencier le soi du non-soi. Il cherche uniquement sa propre jouissance et les autres sont là pour l’aider dans cette quête. Le point de vue du Scorpion est très différent parce qu’il a accompli le processus de différenciation et peut voir l’autre comme une personne à part entière. Le plaisir du Scorpion n’est pas simplement celui qu’il ressent. La relation érotique implique de donner du plaisir à autrui et le Scorpion trouve son inspiration en stimulant son partenaire.

Compassion et terreur : tel est le pouvoir d’Eros à son plus haut niveau. C’est l’intimité qui porte un coup fatal à Eros, car Eros a besoin de mystère, d’inconnu. Eros est le dieu du monde souterrain qui réside dans le royaume de l’invisible. Ce n’est que par l’obscurité, par l’ambiguïté, par la plongée dans l’inconnu, que l‘érotisme peut survenir. Il faudrait s’efforcer de garder un jardin secret dans son mariage, ce qui est plus facile à dire qu’à faire. Les relations plutoniennes de type érotique ont quelque chose de fondamentalement tragique, pour la simple raison qu’il est impossible de vivre dans une extase perpétuelle. Voilà pourquoi Roméo et Juliette ne pouvaient que mourir jeunes. Eros implique toujours la mort et cette souffrance est inhérente à la relation érotique.

COEUR BRISE PAR LA FLECHE D'EROS

Coeur transpercé par la flèche d’Eros

Celui qui veut accompagner autrui dans ces régions obscures doit avoir connu le déchirement de l’amour tel que nous l’enseigne Eros. Quel est le symbole de l’amour ? C’est un coeur brisé, le coeur transpercé par la flèche d’Eros.

On pourrait appeler l’axe Taureau-Scorpion « l’axe de l’obscurité », et il est très difficile de l’intégrer dans notre vie de manière positive. Toutes sortes de problèmes et de dangers surgissent lorsque nous nous efforçons de trouver les quatre niveaux de l’amour dans une même relation. Certains se marient parce qu’ils ont terriblement besoin de toucher et d’être touché par autrui et leur mariage se fonde sur l’Epithumia.

Eros

Eros/Cupidon

Bibliographie 

A travers le miroir  – Richard Ideman –  Editions du Rocher

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LES RAISINS DE LA BALANCE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-10-2014

Le raisin symbolise l’abondance, le plaisir des sens, la jouissance et parfois aussi la luxure. Il est toujours lié à une notion de plaisir terrestre, d’exacerbation des sens, mais aussi au plaisir dionysiaque car l’ivresse des sens peut aussi mener à l’expérience spirituelle.

La fermentation du raisin donne le vin, enivrant comme le désir. Il symbolise aussi une certaine illusion.

L’histoire du vin est intimement liée à l’histoire des hommes et des civilisations. C’est en effet il y a environ 65 millions d’années que le raisin est apparu. Le vin naîtra plus tard, probablement en 9 000 avant Jésus-Christ. La culture de la vigne est contemporaine de la sédentarisation, comme celle du blé et du riz, contrairement aux épices et au sel qui, eux, seront les grands moteurs de voyages, de conquêtes et de découvertes.

C’est en Mésopotamie et dans le delta du Nil que la culture de la vigne atteindra le plus haut degré de sophistication. C’était il y a environ 3 000 ans avant notre ère. Grecs d’abord, Romains ensuite, furent de grands adeptes du vin. Ils permirent ensuite l’expansion de sa consommation à travers leurs empires.

RAISINS

Le raisin… gourmandise des dieux

Symbole suprême de la gourmandise des dieux, le raisin possède en lui quelque chose de divin. Dans ce panthéon voluptueux qu’est l’Olympe, les dieux liés aux plantes remportent la palme de la sensualité et parmi eux, Dionysos, maître de la fécondité animale et humaine. Avec le temps, il devint l’expression du défoulement et de l’exubérance et le dieu fut promu au rôle de libérateur des Enfers, initiateur aux mystères de la vie, conducteur des âmes.

Extase et ferveur mystique, esprit de fête, de sacrifice et de libération, tels sont les vertus du vin et les effets que l’homme cherche et obtient dans sa consommation. Mais l’abus du liquide divin provoque une dissolution de la personnalité et une régression dans les formes chaotiques du psychisme. C’est l’expression de l’ambivalence même de Dionysos, de la submersion de la conscience dans le magma de l’inconscient.

Le vin est associé à autant de dieux que de mythes. La déesse sumérienne Gesthin apparente le vin à la mère, source de vie. L’Arbre de vie et la vigne sont d’ailleurs étroitement liés. En Egypte, Osiris qui règne sur le royaume des morts est également le dieu du vin. Après la vie, le vin se lie étroitement à la mort : la vie, l’ivresse, la mort.

BASSIN DE BACCHUS - PARC DU CHATEAU DE VERSAILLES - Balthazar et Gaspard Marsy

Bassin de Bacchus – Parc du château de Versailles

Dionysos était un dieu grec, non seulement celui du raisin, de la vigne et du vin, mais il était également le dieu de l’inspiration poétique. La poésie sous la même coupole que celle de la grappe de raisin… peut-être parce que le vin et la poésie mènent à la même ivresse. Dionysos était également le dieu de la folie. Les Grecs apprendront à gérer ce vin folie vérité par des règles de savoir boire, ou comment concilier in vino veritas et les discussions philosophiques. Parallèlement par une étrange coïncidence on retrouve cette même image du vin dans l’Evangile lors des Noces de Cana. Dans la Bible aussi lorsque Noé nous montre que pour accéder à la vérité du vin, il faut avoir traversé le déluge, mais aussi intégré tous nos animaux intérieurs, images de nos pulsions et de nos émotions. Et puis, ce raisin est le fruit indispensable à toute corne d’abondance, éclatant de couleurs. Il est également lié à l’autre symbole de la sédentarisation et de la civilisation, le pain, issu lui-même du blé.

Il existe une légende d’un Saint Dionysos qui aurait trouvé sur son chemin un bout de bois, le ramassant, il l’abrita dans un os d’oiseau, qu’il introduisit ensuite dans un os de lion, pour enfin tout mettre dans un os d’âne. Arrivé dans l’île grecque de Naxos, il planta le tout et c’est ainsi que naquit la première vigne. Et c’est pourquoi, dit-on, les buveurs de vin commencent par pépier comme des oiseaux, puis deviennent forts comme des lions mais finissent bêtes comme des ânes.

Chez les Romains, Dionysos devint Bacchus, le dieu de la vigne, entre fêtes, débauche et orgies. Tous les symboles sont là : fécondité, mort, et entre deux, plaisir, vérité, philosophie, folie. Et depuis la nuit des temps, le vin nous réjouit, il est source de vie, il exalte les passions des hommes et adoucit ses peines. C’était le plus connu, notamment parce qu’il était le dieu de l’ivresse, de l’extase. Il organisait avec ses compagnons les premières bacchanales qui furent condamnées à Rome pour leur licence.

Où que Dionysos se trouve, tout n’est que délire, stupre et fornication. Dieu des excès, il est volage et indécis, aimant autant les hommes que les femmes, qu’il abandonne aussitôt. Le seul qui l’accompagne dans ses virées débridées, l’ami de toutes les débauches, c’est Ampélos qui, à sa mort, sera transformé en cep de vigne. Le dieu versera beaucoup de larmes à la mort de son fidèle compagnon et souvent il invitera des amis lors de certaines soirées à lui dédier un toast.

Les Romains appréciaient le vin plus peut-être encore que les Grecs mais ils recommandaient de le tempérer en le « mouillant » à l’eau. Les prêtres fixaient le jour du début des vendanges, celui où l’on goûtait le nouveau moût correspondant à la fête des Meditrinalia du mois d’octobre. L’ouverture des nouveaux vins était aussi un événement de caractère religieux. La taille de la vigne revêtait le caractère d’une obligation religieuse et une libation de vin tiré d’un cep non taillé correspondait à une offense aux dieux. En fait, c’est dans les traditions du sud-est de l’Europe que l’on retrouve cette notion de sacralité dans la taille des vignes dont Saint Tryphon est le patron.

Par la suite, le vin a inspiré de nombreux auteurs qui n’ont fait qu’illustrer toutes ces idées d’ivresse, de licence, mais aussi d’extase : Homère, Aristophane, Thasos, Athénée, puis quelques siècles plus tard : Ronsard, Rabelais et enfin Molière, Dumas, Baudelaire, illustreront eux aussi toutes les nuances du vin et de l’ivresse. Quant aux mystiques ils parleront de leur côté de la transe religieuse comme d’une ivresse sans boire.

MARCHAND DE VIN AU MOYEN AGE

Marchand de vin au Moyen Age avec une petite Balance pour peser le vin

Quoi qu’il en soit, il est évident que Grecs et Romains ont transmis la viticulture aux peuples avec lesquels ils sont entrés en contact, mais c’est la propagande du Christianisme qui est à l’origine d’un formidable essor de la production de vins de plus en plus raffinés et les vignobles se sont répandus d’abord au nord de la France et dans les contrées ensoleillées du sud de l’Allemagne, puis plus tard jusqu’à l’Europe centrale, en Slovaquie et en Hongrie. Là où le climat le permettait, chaque monastère, chaque paroisse, cultivait dans un enclos son vignoble pour y produire son vin de messe. Les moines se sont révélés d’excellents viticulteurs et ont sélectionnés les grands crus qui restent jusqu’à nos jours confinés dans la proximité des institutions religieuses. Et c’est ainsi qu’au XVIIIe siècle, Dom Pérignon inventa la technique de champagnisation.

L’aspect messianique de la vigne dans l’Ancien Testament fait d’elle une représentation du royaume de Dieu comme l’indique Matthieu dans la parabole des vignerons homicides. Selon le même symbolisme, Dieu est désigné comme un vigneron qui demande à son fils de visiter sa vendange. Le Christ à son tour sera identifié au vrai cep et son sang sera le vin de la Nouvelle Alliance. Dans la tradition chrétienne, le vin, breuvage d’immortalité, exprime la connaissance. La sève qui monte dans la vigne est la lumière de l’esprit. Le Christ, comme jadis Dionysos, offre, sous forme de vin, son sang à ses disciples juste avant de le répandre sur eux sur la Croix.

MONASTERE DES AUGUSTINS A TOULOUSE

Vigne – Cloître du Monastère des Augustins – Toulouse

Dans l’iconographie, la vigne figure souvent l’Arbre de Vie, peut-être sous l’influence de l’Apocalypse et les terribles vendanges qu’elle relate : « L’Ange préposé au feu… cria d’une voix puissante à celui qui tenait la faucille aiguisée : ‘Jette ta faucille aiguisée, vendange les grappes dans la vigne de la terre, car ses raisins sont mûrs’. L’Ange alors jeta la faucille sur la terre, il en vendangea la vigne et versa le tout dans la cuve de la colère de Dieu, cuve immense ! Puis on la foula hors de la ville et il en coula du sang qui monta jusqu’aux mors des chevaux sur une distance de mille six cents stades… »

A ces « raisins de la colère » s’oppose l’image du pressoir mystique, propre à l’iconographie orthodoxe, représentation symbolique de la fête de la Croix du 14 septembre. Le Christ, vigneron primordial, est assis au pied de la Croix investie par les sarments de la vigne, lourds de magnifiques grappes mûres pour les vendanges. Il ramasse les raisins qui sont à portée de sa main et c’est lui-même qui les écrase dans un pressoir pour en faire son propre sang, symbole de la libération des péchés et du don de la vie éternelle. Il n’est donc pas étonnant que les fêtes profanes s’associent aux vendanges contemporaines qui rassemblent, outre les vignerons, toute la communauté rurale. Du vin découlent richesse, joie, bonheur par l’oubli ou la transmutation des peines. Mais les vraies fêtes des vignerons ont lieu en hiver, à la Saint Vincent, au temps de la taille des sarments desséchés.

SCENES DE VENDANGES AU MOYEN AGE

Bibliographie

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

L’Amour au jardin – Alain Baraton – Editions Grasset

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

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PENELOPE… UNE FEMME TRES SATURNIENNE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 6.6.10 - LES MYTHES DU CAPRICORNE ET DE SATURNE) par sylvietribut le 15-01-2014

Janus a deux visages, comme Saturne a deux facettes opposées. On lui prêtait de fourbes pensées, mais ce procès semble injuste, tout comme il serait injuste d’accuser Ulysse d’être lui aussi « fourbe » et « rusé ». D’être « celui qui regarde par-dessous ». Disons qu’il est méfiant et prudent et, qu’avec le temps et l’expérience, on ne saurait le lui reprocher. N’a-t-il pas d’un héros Capricorne quelques traits de caractère, dont la persévérance, une nature solitaire et des qualités d’intelligence ? A moins que Pénélope, elle aussi, ne soit une héroïne saturnienne, fidèle, bien que certaines versions malveillantes, comme celle de Robert Graves, l’accusent d’avoir partagé la couche de tous les prétendants et transformé la maison d’Ulysse en lieu de débauche… Patiente et rusée, elle aussi, puisqu’elle défait la nuit la toile tissée le jour et qui, terminée, l’obligerait à épouser l’un des prétendants. Télémaque, son fils, lui reproche d’avoir le cœur dur parce qu’elle hésite à reconnaître Ulysse travesti en vieux mendiant. Le jeune prince ne comprend pas, lui qui sait la vérité, que Pénélope hésite ; il ne conçoit pas que sa mère soit aussi lente à réagir. Elle se sent bousculée par les événements, prise de court ; elle n’a pas eu le temps de s’habituer à cette idée invraisemblable, à cette hypothèse folle que constituerait le retour d’Ulysse venant bouleverser des années d’attente et d’habitudes. Il lui faut du temps. Elle en réclame. Lorsque, enfin, elle est convaincue parce qu’Ulysse lui a donné des preuves, égrené des souvenirs qu’eux seuls pouvaient connaître, rappelé comment il a construit leur lit nuptial, elle s’abandonne à sa joie. Peut-être avec une arrière-pensée, un certain ressentiment pour un si long abandon, des regrets pour ces années perdues, la nostalgie d’un passé révolu. Mais s’il y a colère, elle ne le dira jamais.

PENELOPE - ANTONY FREDERICK SANDYS - 1878

Pénélope – Antony Frederick Sandy – 1878

Un petit rappel : dans la mythologie grecque, Pénélope est fille d’Icarios et l’épouse fidèle d’Ulysse dont elle a un fils Télémaque. Dans sa jeunesse, à cause de sa grande beauté, Pénélope est demandée par plusieurs princes grecs. Son père, pour éviter les querelles qui auraient pu éclater entre les prétendants, les oblige à en disputer la possession dans des  jeux qu’il fait célébrer. Ulysse sortant vainqueur, Pénélope lui est accordée. Pendant les vingt années d’absence d’Ulysse, durant et après la Guerre de Troie, Pénélope lui garda une fidélité à l’épreuve de toutes les sollicitations. Sa beauté et le trône d’Ulysse attirèrent à Ithaque cent huit prétendants. Elle sut toujours éluder leur poursuite et les déconcerter par de nouvelles ruses.

La première fut de s’attacher à faire sur le métier un grand voile, en déclarant aux prétendants qu’elle ne pouvait contracter un nouveau mariage avant d’avoir achevé cette tapisserie destinée à envelopper le corps de son beau-père Laërte quand il viendrait à mourir. Ainsi, pendant trois ans, elle allégua cet ingénieux prétexte, sans que sa tapisserie ne s’achève jamais. En effet, elle défaisait la nuit ce qu’elle avait fait le jour : de là est venue l’expression « la toile de Pénélope », désignant un ouvrage auquel on travaille sans cesse et que l’on ne termine jamais.

PENELOPE ET LES COURTISANS - 1509 - BERNARDINO DI BETTO BETTI DIT PINTORICCHIO 

La toile de Pénélope et les Prétendants – Pinturicchio – The National Gallery – Londres

Quand on vint dire à Pénélope que son époux était de retour, elle refusa de le croire, craignant qu’on ne voulût la surprendre par des apparences trompeuses ; mais après qu’elle se fut assurée, par des preuves non équivoques, que c’était réellement Ulysse, elle se livra aux plus grands transports de joie et d’amour.

Le nom de Pénélope vient de « pênélops » qui désigne une espèce de canard ou d’oie sauvage. Certains auteurs en ont conclu que Pénélope était une divinité ancienne en forme d’oiseau, mais il n’existe aucune preuve en la matière, d’autant qu’il était courant de donner aux femmes des noms d’oiseau.

Pour en revenir à cette « toile de Pénélope », elle est à l’origine de l’expression « un travail de Pénélope » qui suggère un travail toujours recommencé, comme ce tissage que Pénélope faisait le jour et défaisait la nuit, afin de recommencer le lendemain. On sait que la vertu de Pénélope et sa patience furent récompensées puisqu’Ulysse lui revint, après vingt ans d’absence, et au moment où sa fidèle épouse commençait à être à court de ruses pour éloigner ses prétendants exaspérés. Voici d’ailleurs ce qu’un de ses prétendants raconte :

« Nous, à son gré, faisions taire la fougue de nos cœurs. Sur cette immense toile, elle passait les jours. La nuit, elle venait aux torches la défaire. Trois années, son secret dupa les Achéens. Quand vint la quatrième, à ce printemps dernier, nous fûmes avertis par l’une de ses femmes, l’une de ses complices. Alors on la surprit juste en train d’effiler la toile sous l’apprêt et si, bon gré, elle dut en finir, c’est que nous l’y forçâmes ». L’Odyssée.

PENELOPE FILANT

Pénélope filant

Les prétendants de Pénélope étaient les nobles venus d’Ithaque et d’autres îles grecques. Ils courtisaient Pénélope, l’épouse du roi de l’île, Ulysse, pendant sa longue absence d’abord parce qu’il prit part à la guerre de Troie, puis ensuite ses errances sur les mers pour regagner Ithaque. Pendant ce temps, les prétendants avaient investi le palais d’Ulysse et pressaient Pénélope de se remarier avec l’un d’entre eux. A son retour, Ulysse les tuera tous. On dit qu’ils étaient une centaine.

On comprend mieux pourquoi Pénélope est devenue le symbole même de la fidélité conjugale.

Par ailleurs, ce mythe de Pénélope a donné naissance dans divers écrits à l’idée de « syndrome de Pénélope » que connaît celui qui travaille, volontairement ou non, consciemment ou non, à défaire son propre travail. Le « syndrome de Pénélope » désigne également une forme d’Encéphalopathie.

PENELOPE ET SES PRETENDANTS - JOHN WILLIAM WATERHOUSE 

Pénélope et les prétendants – John William Waterhouse

Bibliographie

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont Editeur  

Trésor des Expressions françaises – Sylvie Weil et Louise Rameau – Editions Belin – Le Français retrouvé

 

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