DANS LA SYMBOLIQUE SCORPION : LE MONSTRE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 10-11-2009

Il existe plusieurs étymologies possibles du mot « monstre ». L’une suggère que le mot viendrait d’un verbe latin « montrer », ce qui laisserait supposer que le mot désignait à l’origine un phénomène qu’on montrait dans les foires et les cirques. L’autre étymologie est la racine latine « monstrum », signifiant simplement « présage », sans connotation péjorative.

meduse-le-caravage-galerie-des-offices-florence Méduse par Le Caravage – Galerie des Offices – Florence

En général, le terme désigne aussi bien les créatures fantastiques que les êtres réels. Cependant, en biologie, un monstre est un individu dont la conformation s’écarte notablement des standards de son espèce, suite à une anomalie du développement embryonnaire. La tératologie est la discipline chargée de l’étude scientifique des monstres. Par extension, on parle aussi de monstruosité sur le plan moral quand quelqu’un commet des actions que la majorité des gens réprouvent. Le mot insiste parfois sur son côté spectaculaire. C’est le cas du « monstre sacré », comme l’étaient Marilyn Monroe ou James Dean. Quant à Diderot, il qualifiait la femme de « monstre de l’homme » et, en réponse, Julie de Lespinasse, qualifiait l’homme de « monstre de la femme ». Julie de Lespinasse était d’ailleurs Scorpion.

Le monstre est de manière plus général un individu qui par certaines de ses caractéristiques propres se démarque de façon significative de ses congénères. Ces caractéristiques peuvent être physiques, morales ou intellectuelles ; toutefois la monstruosité proprement dite n’est pas forcément négative, elle peut être un gain par rapport à une norme commune. Par exemple, Albert Einstein de par ses capacités intellectuelles hors normes peut-être considéré comme un monstre. Par ailleurs, le monstre symbolise le gardien d’un trésor, comme le trésor de l’immortalité par exemple, c’est-à-dire l’ensemble des difficultés à vaincre, des obstacles à surmonter, pour accéder enfin à ce trésor, matériel, biologique ou spirituel. Le monstre est là pour provoquer à l’effort, à la domination de la peur, à l’héroïsme. Il intervient en ce sens dans de nombreux rites initiatiques. Il appartient au sujet de « faire ses preuves », de donner la mesure de ses capacités et de ses mérites. Il faut vaincre le dragon, le serpent, les plantes épineuses, toute espèce de monstre, y compris soi-même, pour posséder les biens supérieurs que l’on convoite. Ils montent la garde à la porte des palais royaux, des temples et des tombeaux. Dans de nombreux cas, le monstre n’est en effet que l’image d’un certain moi, ce moi qu’il faut vaincre pour développer un moi supérieur. Le conflit est souvent symbolisé dans l’imagerie antique par le combat de l’aigle et du serpent.

En tant que gardien du trésor, le monstre est aussi « signal du sacré ». On pourrait dire : là où est le monstre, là est le trésor. Rares les lieux sacrés à l’entrée desquels ne soit posté un monstre : dragon, naja, boa, tigre, griffon, etc. L’arbre de vie est sous la surveillance des griffons ; les pommes d’or des Hespérides sous celle du dragon, ainsi que la toison d’or de Colchide ; le cratère de Dionysos sous celle des serpents ; tous les trésors de diamants et de perles, de la terre et des océans, sont gardés par des monstres. Toutes les voies de la richesse, de la gloire, de la connaissance, du salut, de l’immortalité sont préservées. On ne s’en empare que par un acte héroïque. Le monstre tué, qu’il soit extérieur ou qu’il soit intérieur à nous-mêmes, l’accès au trésor est ouvert.

monstre-dragon  

Le monstre relève aussi de la symbolique des rites de passage : il dévore le vieil homme, pour que naisse l’homme nouveau. Le monde qu’il garde et dans lequel il introduit n’est pas le monde extérieur de trésors fabuleux, mais le monde intérieur de l’esprit, dans lequel on n’accède que par une transformation intérieure. C’est pourquoi on voit dans toutes les civilisations des images de monstres avaleurs, androphages et psychopompes, symboles de la nécessité d’une régénération. Ce que l’on a considéré, par exemple, comme des monstruosités des révolutions prend un sens tout particulier à la lumière de cette interprétation : elle signifie que la révolution peut aller jusqu’à une transformation radicale de l’homme, pour le rendre apte à vivre dans un monde nouveau. « Meure le vieil homme, vive l’homme nouveau » : cette formule pourrait résumer la symbolique du monstre.

Dans la tradition biblique, le monstre symbolise les forces irrationnelles : il possède les caractéristiques de l’informe, du chaotique, du ténébreux, de l’abyssal. Le monstre apparaît donc comme désordonné, privé de mesure, il évoque la période d’avant la création de l’ordre. Ezéchiel parle de ses quatre aspects : il se manifeste dans la tempête avec une grosse nuée et une gerbe de feu ; il paraît signifier les quatre vents et les quatre points cardinaux. C’est l’orage, avec ses nuages sombres, le tonnerre et les éclairs. Le monstre est souvent associé non seulement au vent, mais aussi à l’eau, l’eau appartenant au monde souterrain ; le royaume sous terre est aussi le domaine du monstre. Il en est d’ailleurs de même pour l’homme. Celui-ci naît du vent (esprit) et de l’eau. Aussi chaque homme comporte-t-il son propre monstre, avec lequel il doit constamment lutter. Le monstre répand la terreur là où il apparaît et l’homme l’affronte à chaque instant.

Le monstre est encore le symbole de la résurrection : il avale l’homme, afin de provoquer une nouvelle naissance. Tout être traverse son propre chaos avant de pouvoir se structurer, le passage par les ténèbres précède l’entrée dans la lumière. Il convient de dépasser en soi-même l’incompréhensible, qui es terrifiant parce qu’il est incompréhensible et qu’il paraît privé de lois. Or, l’incontrôlable possède cependant ses propres lois. Ce thème est illustré par Jonas qui, englouti dans le ventre d’un monstre mari, en sortira profondément changé.

Selon Diel, les monstres symbolisent une fonction psychique, l’imagination exaltée et erronée, source des désordres et des malheurs ; c’est une déformation maladive, un fonctionnement malsain de la force vitale. Si les monstres représentent une menace extérieure, ils révèlent aussi un péril intérieur : ils sont comme les formes hideuses d’un désir perverti. Ils procèdent d’une certaine angoisse, dont ils sont les images. Car l’angoisse est un certain état convulsif, composé de deux attitudes diamétralement opposées : l’exaltation désireuse et l’inhibition craintive. Ils sortent généralement de la région souterraine, de cavités, des antres sombres ; tout autant d’images du subconscient.

Bien des artistes ont représenté des monstres. En effet, dès les premières représentations artistiques, on trouve des hommes à tête d’animaux ou des animaux fantastiques mélangeant les caractéristiques de plusieurs bêtes. Depuis toujours, l’homme a représenté des personnages angoissants et imaginaires. Mêmes les œuvres religieuses représentent fréquemment des monstres. Parmi les artistes ayant représentés des monstres, on trouve Jérôme Bosch, Francisco Goya et Giger.

goya-le-sabbat-des-sorcieres Le Sabbat des Sorcières – Francisco Goya

Dans toutes les mythologies, le monstre est omniprésent. Dans la mythologie gréco-latine, le plus célèbre est la Gorgone, dont le masque de méduse pétrifiait les humains, d’où le terme « méduser ». Les croyances païennes font resurgir la figure du monstre, assimilé à une terreur collective. Le monstre est souvent double et se cache sous une apparence humaine. La thématique du loup-garou en est un exemple. La résurgence de la mythologie, après l’Humanisme, traite les figures de monstre de façon ornementale, et souvent allégoriques, voire même métaphysiques. Dans sa reprise de la fable d’Apulée, La Fontaine, dans les Amours de Psyché, présente un « monstre » de galanterie : l’Amour.

Il existe également des monstres célèbres dans la littérature, comme Quasimodo dans Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, ou bien Dracula, ou encore le monstre crée par le docteur Frankenstein, dans le roman homonyme de Mary Shelley.

godzillaPlus moderne, Godzilla, monstre du cinéma japonais, qui a l’apparence d’un lézard géant préhistorique.

Enfin, il y eu dans des monstres célèbres comme l’anencéphale de Vichy dont l’histoire est relatée par P. Duvic en 1973 dans un livre intitulé « Monstres et monstruosités ». Il y a aussi Joseph Merrick, dit Elephant Man, l’homme-éléphant, rendu célèbre par le film de David Lynch. Hors norme aussi le Russe Fédor Machnov qui mesurait 2m82 et pesait 187 kg.

Il y eut également l’Américain Isaac Spragues qui, à l’âge de dix ans se met subitement à maigrir pour ne plus peser que 20 kg jusqu’à la fin de sa vie, tout en ayant une taille normale. Et tant d’autres encore dont la célèbre femme à barbe. 

Enfin, comment ne pas évoquer la chauve-souris de par son aspect monstrueux, d’autant que selon la loi mosaïque, c’est un animal impur, devenu le symbole de l’idolâtrie et de la frayeur. Pourtant, en Extrême-Orient, la chauve-souris est symbole de bonheur parce que le caractère fou qui la désigne est l’homophone du caractère qui signifie bonheur. Son image accompagne parfois le caractère longévité dans l’expression des souhaits.

Chez les Mayas, la chauve-souris est l’une des divinités incarnant les forces souterraines. La « Maison de la chauve-souris » est l’une des régions souterraines qu’il faut traverser pour atteindre le pays de la mort. La chauve-souris est le maître du feu. Elle est destructrice de la vie, dévoreuse de lumière, et apparaît donc comme un substitut des grandes divinités chthoniennes. Elle est également divinité de la mort chez les Mexicains qui l’associent au point cardinal Nord et la représentent souvent combinée avec une mâchoire ouverte, parfois remplacée par un couteau sacrificiel.

chauve-souris  

Pour les Indiens Zuni, les chauves-souris sont les annonciatrices de la pluie. Dans un mythe des Indiens Chami, apparentés au groupe Choko, sur le versant Pacifique de la cordillère des Andes colombiennes, le héros mythique Aribada tue la chauve-souris Inka (le vampire) pour s’emparer de son pouvoir d’endormir ses victimes. On dit en effet que le vampire, lorsqu’il veut mordre un homme endormi, généralement entre les orteils, pour lui sucer le sang sans l’éveiller bat constamment des ailes. Aribada, s’étant emparé de ce pouvoir, s’introduit la nuit auprès des femmes endormies et agite deux mouchoirs, l’un blanc et l’autre rouge, pour abuser d’elles à leur insu. Ceci est à rapprocher des pouvoirs érotico-libidineux déjà reconnus à la chauve-souris par Pline.

En Afrique, d’après une tradition peule d’initiation, la chauve-souris revêt une double signification. Au sens positif, elle est l’image de la perspicacité : être qui voit même dans l’obscurité, quand tout le monde est plongé dans la nuit. Au sens négatif, elle est la figure de l’ennemi de la lumière, de l’extravagant qui fait tout à rebours et qui voit tout  l’envers comme un homme pendu par les pieds. Ses grandes oreilles, en diurne sont l’emblème d’une ouïe développée pour tout capter ; en nocturne : ce sont des excroissances hideuses. Quand elle est souris volante en nocturne, elle est aveuglement aux vérités les plus lumineuses et entassement par grappes de puanteurs et laideurs morales ; en diurne : elle est image d’une certaine unité des êtres, leurs limites, s’effaçant dans l’hybride grâce à des alliances.

Dans l’iconographie de la Renaissance, illustrant de vieilles légendes, la chauve-souris, seul être volant qui possède des mamelles, symbolisait la femme féconde. On la voyait auprès d’Artémis, la déesse aux nombreuses mamelles qui, bien qu’elle fut vierge ou plutôt en raison de cette qualité, protégeait la naissance et la croissance.

Dans les traditions alchimistes, l’ambiguïté de cette nature hybride, la souris-oiseau, explique l’ambivalence de ses symboles : la chauve-souris représente l’androgyne, le dragon ailé, les démons. Ses ailes seraient celles des habitants de l’enfer. Une riche iconographie illustre ces interprétations.

La chauve-souris symbolise encore d’être définitivement arrêté à une phase de son évolution ascendante : il n’est plus le degré inférieur, pas encore le degré supérieur ; oiseau manqué, il est bien, comme disait Buffon, « un être monstre ».

quasimodo 

Bibliographie 

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

 

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DANS LE GIRON DU CANCER

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 28-06-2009

Avec le solstice d’été, le 21 juin, le Soleil fait son entrée dans le Cancer. Mais en connaissez-vous vraiment les caractéristiques ?

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n Son graphisme

Le graphisme du signe est formé de deux spirales enroulées qui se referment l’une sur l’autre ; deux énergies tourbillonnantes telles des nébuleuses ; tels aussi l’atome et la cellule vivante, les deux germes tournent l’un autour de l’autre.

Le graphisme du Cancer est également formé de deux parallèles, mais les verticales des Gémeaux sont devenues horizontales et se détachent l’une de l’autre car chaque barre se recourbe et se referme sur elle-même.

Ces deux spirales expriment le changement de sens du mouvement solaire qui devient descendant alors que jusqu’ici il était ascendant, représentant schématiquement les vagues de la vie.

Principes opposés dans les Gémeaux, l’esprit et matière se sont transformés en Cancer en deux forces autonomes qui cherchent à s’unir et font couple pour générer la vie. Le Cancer devient ainsi le symbole de la gestation, de la maternité. On pourrait d’ailleurs comparer son graphisme à un embryon recroquevillé dans l’utérus : un être en devenir.

signe-du-cancer1Le crabe qui figure le signe du Cancer représente le monde clos, utérin. La carapace qui protège la vie des tumultes extérieurs et permet à chaque naissance de s’accomplir dans les meilleures conditions. Le Cancer est parfois représenté par une écrevisse.

  

n Ses symboles

L’écrevisse ou le crabe qui le représente est un animal d’eau vivant sous une carapace protectrice. A l’esprit des eaux s’associent intimement une valeur d’interne, d’intime ou d’intérieur qui rappelle que les ébauches et préfigurations de la vie renaissante : germes, œufs, fœtus, bourgeons, sont entourés de coquilles, matrices, écorces et enveloppes, destinées à abriter le pouvoir de résurrection enfermé dans ces cuirasses.

En fait, le quatrième signe s’identifie à l’archétype maternel défini par Jung : tout le monde des valeurs de contenu, soit tout ce qui est grand et enveloppe, abrite, conserve et nourrit, protège et réchauffe ce qui est petit. Principe matriciel et nourricier qui va de l’utérus à la terre maternelle : profondeur, abîme, puits, grotte, caverne, poche, abri, vase, maison, ville… qui aboutit au grand refuge de l’humanité, qui était la Grande Mère.

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A ce signe se trouve associée la Lune, à sa figure blafarde et à sa lumière cendrée, symbole planétaire de ce principe matriciel, du psychisme inconscient, de la lueur végétative crépusculaire, de la pulsion vitale non encore prise en charge par la raison.

n Ses mythes

 Dans le zodiaque égyptien, le Cancer était un animal sacré : le scarabée. L’origine du mot « écrevisse » est le même que le mot « cuirasse ». Il évoque l’enveloppe protectrice ou s’élabore l’œuf, sa coquille et le repli sur soi. Dans certains zodiaques, il est souvent représenté sous les traits d’un enfant (le dieu Horus en Egypte).

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Le signe existait tel qu’il est aujourd’hui dans la mythologie hindoue. Il traduisait dans son idéogramme les quatre plans de la vie : du corps physique au spirituel en passant par le corps psychique et le plan de la pensée.

abeillesLe signe a toujours été en rapport avec la fécondité. Pour les Anciens, les âmes non encore incarnées venaient de la Voie Lactée : elles franchissaient « un portail » au Cancer. On appelait ces âmes «les abeilles» et cela se produisait dans la Constellation de la Ruche, dont le terme le plus ancien était «la progéniture».

Dans la mythologie grecque, trois divinités correspondant aux phases lunaires ont incarné la Lune et le Cancer :

- le symbole de la nouvelle lune : le croissant lunaire soit tourné vers le ciel, soit vers la terre, est incarné par Artémis-Diane, chasseresse, courant à travers monts et forêts toujours indomptée : elle était la sauvage déesse de la nature, protectrice des animaux. Déesse vierge, elle est symbole de vertu et châtie impitoyablement les femmes adultères, mais protège les femmes enceintes. Elle est la déesse des enfantements.

- la phase de la pleine lune est symbolisée par Séléné, qui relate sa séduction, ses amours et les cinquante filles que lui donna le berger Endymion. Mais c’est aussi Hélène à la beauté transparente qui jeta le trouble en Europe par la multiplicité de ses prétendants et que Pâris enleva.

- à la lune obscure fut associée Hécate, déesse des Morts, qui règne sur l’Hadès et guide dans l’initiation. Ses attributs sont les poignards, les serpents et les clés de l’Hadès (le royaume des morts).

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Avec le Cancer, on pense aussi à Narcisse, cet introverti contemplatif, rêvant sa vie ou vivant son rêve.

n Sa psychologie

La caractérologie en fait un être surémotif, lymphatique ou mélancolique.

Signe Négatif, c’est un introverti, réceptif et impressionnable. Emotif, il est influençable, perméable au milieu et réagissant à retardement. C’est un hyper-sensible qui cache ses blessures et ses anxiétés derrière une carapace presque inviolable, celle du crabe pudique et de ce fait il peut paraître susceptible ou bourru.

C’est un signe Cardinal. Dans l’eau cardinale, les émotions jaillissent d’un premier jet et coulent intensément dans l’être : c’est souvent la première impression qui est la bonne pour un être Cancer. C’est un hyper-émotif.

Le Cancer initie, dans le zodiaque, l’élément Eau,  c’est l’eau cardinale : la source, l’émotivité, après vient l’eau fixe du Scorpion (les marécages de l’inconscient), puis l’eau mutable des Poissons (l’océan de la spiritualité).

Signe lunaire, le Cancer signifie le retrait sur soi, la sensibilité, la timidité et la ténacité. Avec le Cancer surgit un univers aquatique ; il se présente comme le symbole de l’eau originelle : des eaux-mères calmes et profondes à la source murmurante, en passant par le lait maternel et la sève végétale.

C’est pourquoi ce signe symbolise la fécondité, l’attachement aux racines, aux traditions, à la famille. Il est mémoire et nostalgie. Son sens aigu de la famille va souvent de pair avec un côté bohème. Il existe en effet deux types Cancer : le sédentaire et l’aventurier.

            - La Lune dans le thème

Les signes dans lesquels se situent les planètes symbolisent l’étoffe dont nous sommes faits. Les Maisons sont les domaines de vie dans lesquels les planètes s’expriment.

En Bélier la Lune révèle la dimension instinctuelle et irrationnelle du signe, très différente des qualités conscientes d’initiative et d’autorité du Soleil en Bélier. Il y a dans cette Lune une dimension sauvage, ardente, fruste, ombrageuse et énergique, ainsi qu’un fort relent d’Amazone, ces guerrières qui cherchaient l’extase du combat. La Lune en Bélier, violente et passionnée, évoque Sekhmet, la déesse égyptienne à tête de lionne du carnage et de la guerre, ou ces lionnes qui accompagnaient Artémis.

Si elle est en Scorpion, par exemple, ou en fort aspect à Pluton, nous aurons probablement un penchant pour Hécate et pour la face sombre de la Lune, dont nous apprécierons la profondeur et le mystère. En revanche, le royaume d’Hécate peut s’avérer très inquiétant pour celui qui à la Lune en Gémeaux.

La Lune en Taureau va se sentir très proche de l’image de Déméter et du monde de la nature, mais cette même Déméter, la terre-mère, n’éveillera aucun écho chez une Lune en Verseau ou fortement aspectée par Uranus.

LE CANCER : ENTRE REVE ET REALITE

Le nom du Cancer vient du mot latin « cancri » qui signifie « écrevisse ». L’écrevisse, ou le crabe, qui figure le signe du Cancer évoque un monde clos où la vie est fragile, si vulnérable qu’elle doit être enfermée dans une carapace protectrice qui l’isole. Mais il représente aussi la fécondité du vivant, témoignant de sa permanence et de sa créativité. 

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Le Cancer est ainsi devenu dans la tradition astrologique le symbole d’un monde de la naissance et de l’enfance où le rêve se confronte sans cesse à la réalité, le dedans au dehors. Un monde dominé par des exigences de sécurité, de protection pour que l’alchimie délicate de la vie puisse s’accomplir dans les meilleures conditions. Et cela se passe dans cette frontière irréelle entre les mots et les choses : l’imaginaire. D’imagination, le Cancer ne manque pas. Son univers ne ressemblant jamais tout à fait au nôtre, il se déplace souvent dans notre vie en oblique.

LES AMOURS LUNAIRES DU CANCER

Séléné est la personnification de la Lune. On la représentait sous les traits d’une belle jeune fille parcourant le ciel sur un char d’argent tiré par deux chevaux. Elle passait souvent, dans certaines légendes, pour la fille d’Hélios, le Soleil. Réputée pour sa séduction, elle était aussi célèbre pour ses amours. Est-ce une prédilection pour les bergers, elle en connut plusieurs, dont le dieu Pan, mi-homme, mi-bouc, qui la persuada de rejoindre sa couche en lui offrant une toison blanche.

Un autre qu’elle aima fut le mortel Endymion, berger lui aussi. On dit qu’elle lui donna cinquante filles. Mais l’adolescent était si beau qu’elle supportait mal l’idée de le voir vieillir et encore moins mourir. Elle l’endormit donc d’un sommeil éternel et il reposa dans une grotte de Carie où elle allait régulièrement le contempler.

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Avec Séléné, le Cancer est ainsi un rêve de jeunesse et d’immortalité, et une étrange leçon d’amour. Quel meilleur moyen de garder celui qu’on aime que de l’endormir d’un sommeil qui ressemble à la mort, mais qui n’est pas la mort ?

Et les amours du Cancer  ressemblent aussi toujours à l’amour sans en être parfois. Pourrait-il vraiment en aller autrement ? Rêve d’amour s’accorde rarement avec l’amour de la réalité !

Et si le Cancer était…

…un animal… ce serait chatsun chat, ou… une grenouille, ou bien… un marsouin.

                                               Si c’était un arbre : ce serait un saule pleureur et argenté saule-pleureur-argente

Si le Cancer était une plante, ce serait une laitue ou…  un chou-rave chou-rave

Une fleur ?  fleur-de-pavot  le pavot bien sûr, fleur du sommeil, fleur du rêve.

                                                                                                        Mais aussi le spathiphyllum appelé aussi « Fleur de lune le-spathiphyllum-la-fleur-de-lune 

Un condiment ? Un cornichon                    cornichon1

La couleur du Cancer est le blanc-bleuté ou le gris perle.

Son métal est l’argent et sa pierre la perle, mais aussi la pierre de lune    pierre-de-lune1

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L’eau de la fleur d’oranger lui fait un parfum agréable

Si le Cancer était un instrument de musique, ce serait un clavecin… musique de chambre oblige… clavecin1

Enfin le Cancer a tellement besoin de collectionner que pour un objet on a l’embarras du choix : des photographies, aux cartes postales anciennes et même les déguisements…

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Connaissez-vous votre thème astral ? de Joëlle de Gravelaine – Collection Marabout Service

Photo de la Lune dans le ciel d’Arzon (56) – http://lesecritsdumacaron.hautetfort.com

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