DANS LA SYMBOLIQUE DU CAPRICORNE ET DE SATURNE/CHRONOS : LE TEMPS

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 07-01-2011

La notion de temps s’enracine dans le mouvement soli-lunaire. En effet, les événements périodiques, en premier chef les mouvements du Soleil et de la Lune, deviennent des signaux… d’organisation.

Le Soleil et la Lune sont les clefs de voûtes du système social. Ils n’en sont pas seulement les horloges externes, ils règlent le métabolisme interne de la société : le calendrier, fixé sur la Lune ou le Soleil, ne sert pas seulement de repère au cours des événements, il fixe et déclenche le cycle discursif de la vie sociale. 

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Le temps est souvent symbolisé par la Rosace, par la Roue, avec leur mouvement tournant, par les douze signes du Zodiaque, qui décrivent le cycle de la vie et, en général, par toutes les figures circulaires. Le centre du cercle est alors considéré comme l’aspect immobile de l’être, le pivot qui rend possible le mouvement des êtres, tout en s’opposant à celui-ci comme l’éternité du temps. Ce qui explique la définition augustinienne du temps : « image mobile de l’immobile éternité ». Tout mouvement prend figure de cercle, dès lors qu’il s’inscrit dans une courbe évolutive entre un commencement et une fin et tombe sous la possibilité d’une mesure, qui n’est autre que celle du temps. Pour tenter d’exorciser l’angoisse et l’éphémère, l’horlogerie contemporaine n’a pas trouvé mieux, inconsciemment, que de donner aux montres et aux réveils une forme carrée, plutôt que ronde, symbolisant ainsi l’illusion humaine d’échapper à la roue inexorable et de maîtriser la terre, en lui imposant sa mesure. Le carré symbolise l’espace, la terre, la matière. Ce passage symbolique du temporel au spatial n’arrive cependant pas à supprimer toute rotation dans l’un ou l’autre sens, mais occulte l’éphémère, pour n’indiquer que l’instant présent dans l’espace.

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L’architecture et la sculpture d’inspiration chrétienne ont souvent représenté le Christ, surtout dans l’art roman, comme par exemple au tympan de l’église d’Autun, sous la forme du Maître du Temps, chronocrator, qui rejoignait celle du Maître de l’univers et de ses rythmes, cosmocrator. L’art est conçu comme une lutte contre la mort, ainsi d’ailleurs que la mystique. L’un et l’autre symbolisent un combat pour l’éternité : le temps est pour Baudelaire « l’ennemi vigilant et funeste, l’obscure ennemi qui nous ronge le cœur » (Spleen et Idéal).

Dans le langage comme dans la perception, le temps symbolise une limite dans la durée et la distinction la plus sentie d’avec le monde de l’Au-delà, qui est celui de l’éternel. Par définition, le temps humais est finie et le temps divin infini, ou plutôt, il est la négation du temps, l’illimité. L’un est le siècle et l’autre l’éternité. Il n’existe donc entre eux aucune commune mesure possible. Cette différence de nature, que l’intelligence ne peut normalement pas concevoir, est marquée en Irlande par une discontinuité ou une rupture symbolique du temps humain à chaque fois que les humains pénètrent dans le « Sid » (Autre Monde) ou sont en relation avec des gens du « Sid ». Ils croient avoir été absents quelques jours ou quelques mois et l’ont été en fait pendant plusieurs siècles : la conséquence en est que, s’ils reviennent en Irlande et mettent pied à terre, ils ont brusquement l’âge qu’ils auraient s’ils avaient mené une existence terrestre, et meurent brusquement. Inversement, des personnages héroïques peuvent avoir passé plusieurs jours dans le « Sid » et n’avoir été absents que pendant quelques heures. L’Irlande s’est tirée d’affaire en limitant les contacts entre les humains et le « Sid » à la courte période de la fête du  1er novembre (Samain), début de l’année celtique : cette fête, qui jouxte donc deux années, clôt l’une et ouvre l’autre, en fait en réalité partie ni de l’une ni de l’autre. Elle est symboliquement en dehors du temps.

D’une façon générale les fêtes, les orgies rituelles, les extases sont comme des échappées hors du temps. Mais cette échappées ne peut se réaliser que dans l’intensité d’une vie intérieure et non dans le prolongement indéfini de la durée : sortir du temps, c’est sortir totalement de l’ordre cosmique, pour entre dans un autre ordre, un autre univers. Le temps est indissolublement lié à l’espace. 

- Etymologie 

Le mot « temps » provient du latin « tempus », lui-même dérivé du grec « temnein » qui signifie « couper » et qui fait référence à une division du flot du temps en éléments finis. Il est à noter que « temples » (templum) dérive également de cette racine et en est la correspondance spatiale : le templum initial et la division de l’espace du ciel ou du sol en secteurs par les augures. Enfin « atome » (insécable) dérive également de « temnein ». 

Eléments généraux

Le temps historique est découpé en trois périodes : 

·         Le passé qui désigne l’espace du réel qui n’est plus, avant le présent.

·         Le présent qui désigne l’espace du réel, entre le passé qui n’est plus, et le futur qui n’est pas encore.

·         Le futur qui désigne l’espace du réel qui n’est pas encore, après le présent.

Le Chronos est un concept qui permet de définir le temps. Ces concepts sont apparus chez les Grecs.

Le Chronos est le tout du temps, relatif au présent : « Hier était le jour précédent et demain sera le jour suivant parce que je suis aujourd’hui. »

Il est un point mouvant sur la flèche du temps qui définit les infinis à ses deux bornes. La notion de temps est un corollaire de la notion de mouvement : le mouvement se fait dans la durée et si le temps venait à s’arrêter plus rien ne bougerait.

Ainsi, selon Aristote, le temps est le nombre du mouvement selon l’antérieur et le postérieur. A contrario le temps semble ne plus faire sens quand l’idée de mouvement disparaît, car le temps suppose la variation.

Changement, permanence, espace, simultanéité, succession, antériorité, postériorité… ces notions font notamment appel à la mémoire. Le classement des événements dans un ordre quelconque ne peut se faire que si l’on se souvient. De façon opposée, la mémoire se construit grâce au fait que certains événements se répètent, autorisant ainsi l’apprentissage.

De façon plus générale, il semble que le temps puisse être considéré (et considérer n’est pas connaître) sous deux aspects : 

·         l’aspect cyclique : cycle des jours, des saisons, de la vie…

·         l’aspect linéaire : évolution, transformation irréversible, passage de la naissance à la mort

La régularité de certains événements a permis d’établir très tôt une référence de durée (calendrier, horloge…) et donc de quantifier le temps : « quantifier le temps », c’est lui associer un nombre et une unité, en effectuer une mesure. Toutefois, cette connaissance est au mieux celle d’une substance du temps : elle n’apprend rien sur sa nature intime, car la mesure n’est pas le temps – il faut du temps pour établir une mesure. Et bien que l’intuition du cours du temps soit universelle, définir le temps en lui-même semble au-delà de nos capacités.

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Cadran Solaire de Saint-Véran

L’Horloge

C’est un système de mesure du temps et spécialement pour marquer et indiquer l’heure.

Il existe des horloges à toutes les échelles de l’univers, de la plus petite à la plus grande, par exemple :

horloge-astronomique-de-prague Horloge Astronomique et astrologique de Prague 

·         horloges mécaniques qui peuvent être portatives :  

·         pendule,

·         horloges de plancher,

·         horloge de clocher,

·         montres

·         horloges cristallographiques à quartz; l’horloge d’un processeur en est un exemple,

·         horloges atomiques

·         horloges pneumatiques

·         horloges à eau ou clepsydre

·         horloges cosmiques :

·         horloges terrestres : rotation diurne et révolution annuelle autour du Soleil

·         horloge lunaire : lunaison  

·         horloges météorologiques comme le retour de la mousson

·         horloges biologiques : pulsation cardiaque, battement de cils, respiration, sommeil, menstruations, etc.  

Pourquoi et comment ? 

Les horloges utilisent en général les oscillations d’un système à sa fréquence propre : balancier, ressort, cristal de quartz, fréquence d’une raie atomique. La stabilité de cette fréquence propre et l’entretien de ses oscillations sont fondamentales. 

Une fois fabriquée et démarrée, l’horloge doit être mise à l’heure, c’est-à-dire synchronisée avec l’horloge de référence : il faut tourner les aiguilles ou régler un affichage numérique pour la caler sur la référence choisie.

horloge-mondiale-a-berlin Horloge Mondiale de Berlin

Son travail est ensuite de garder cette heure, du mieux qu’elle peut (elle a généralement été conçue pour cela : une horloge est un garde-temps), mais il est prudent de régulièrement vérifier et si nécessaire restaurer sa synchronisation. 

La rotation diurne de la Terre est la plus commune des horloges. Les horloges mécaniques ont été conçue pour suivre cette horloge naturelle, et la découper en intervalles conventionnels (variables selon les lieux et les époques), comme les heures ; l’origine de la journée dépend également de la civilisation (lever du soleil, coucher, milieu de la nuit…).  

Les horloges mécaniques ont également repris (sauf exceptions originales et notables) le sens de rotation de l’ombre du style d’un cadran solaire. 

La révolution de la Terre autour du Soleil, ou de la Lune autour de la Terre, ont servis à définir les années et les mois (importants pour le repérage des saisons, des périodes de chasse ou de travaux agricoles).

horloge-republicaine  Horloge Républicaine 

L’absence d’absolu légitime l’usage d’horloges différentes selon le domaine. Cette absence rend également nécessaire le choix purement arbitraire d’une horloge de référence. La référence de temps actuelle, l’UTC , est basée sur la rotation terrestre traduite, grosso modo, par le retour du soleil au méridien d’un lieu : c’est l’heure de tous les jours donnée par des horloges atomiques, à un décalage horaire près. Mais cela peut changer : il est envisagé de supprimer le lien entre la rotation terrestre et les horloges atomiques et de baser le temps de tous les jours uniquement sur les indications de ces dernières.

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Mais les horloges de référence ne sont pas toujours accessibles directement ou facilement utilisables en pratique : il est alors possible de considérer qu’une horloge plus simple et plus facile à construire et à manipuler est représentative de l’horloge de référence pendant un certain intervalle de temps : c’est le cas de nos montres de tous les jours. Par exemple il est possible de se servir d’une montre bien calée sur le temps de l’horloge atomique de référence pour repérer le moment du lever du soleil, autre expression de l’horloge terrestre. 

La montre

Une montre est une horloge portative. Au XXIe siècle, la montre se porte généralement au poignet, mais les premières montres étaient portées dans une poche de gilet, de veste (ou veston), ou bien encore attachées à l’extrémité d’un court ruban fixé en haut de la culotte ou du pantalon.

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Salvador DALI – Montre Molle 

Une horloge ne peut fonctionner que dans une seule position, au contraire de la montre qui fonctionne dans toutes les positions. De ce fait, deux éléments techniques lui sont indispensables : 

- le ressort moteur, alors qu’une horloge peut fonctionner avec des poids dont la descente actionne le rouage ; 

- le coq, qui est le point de pivotement supérieur du balancier, alors que l’horloge peut fonctionner avec un pendule.

Le réveil

Un réveille-matin (également abrégé en réveil) est une horloge qui émet un son à une heure prédéterminée. On l’utilise généralement pour se réveiller en début de journée, d’où son nom. Il a été inventé par Antoine Redier.

cocorico-reveille-matin-vivantCOCORICO – Réveille-matin vivant

Il en existe plusieurs types :

·         mécanique, à ressort ;

·         électrique.  

penduleLa pendule

Le terme pendule en horlogerie désigne : 

·         . une petite horloge d’appartement

·         . une horloge dont le balancier est un pendule.

Le chronographe ou chronomètre

Un chronographe, ou chronoscope, est un instrument horaire permettant de mesurer la durée d’un événement. Dans le langage commun, on utilise souvent le terme chronomètre pour désigner un chronographe. Le nom est dérivé du grec « chronos », signifiant le temps.

Le plus souvent, le chronographe est actionné par des poussoirs permettant d’enclencher le comptage (Départ ou Start), de l’arrêter (Arrêt ou Stop) et de faire la Remise à zéro (Reset).

Dans les mouvements mécaniques, un mécanisme réalisant cette fonction constitue une complication.

Le temps et la musique

Le temps est le paramètre principal de la musique, un des rares arts à s’inscrire dans une évolution temporelle et à créer un temps. La différenciation entre temps subjectif et temps objectif y joue un rôle primordial, puisque l’émotion procurée se mesure à l’aune de ce temps subjectif de l’écoute active, temps non quantifiable, et qui fait l’objet de plusieurs recherches en psychologie. Plusieurs compositeurs contemporains, comme Arvo Pärt, Pierre Boulez, José Manuel Lopez Lopez et bien d’autres, ont recherché des formes d’écriture, des procédés musicaux pour suspendre ce temps subjectif, pour inscrire le temps vécu dans une dimension contrôlée.

·         Dans le solfège, le temps est une subdivision de la mesure et suggère la dynamique à apporter à l’interprétation (temps fort – temps faible).  

L’observation des conduites musicales enfantines permet une approche un peu différente. La musique, dans sa pratique « de concert » implique en effet un temps commun. Il s’agit d’un temps à la fois pratique et formel. Un des penseurs de l’Ars Nova, au XIIIe siècle, Francon de Cologne exprime brillamment cette idée : le Tempus est la mesure de la musique émise et de la musique omise. L’observation met en évidence la construction de ce temps formalisé par les enfants, qui passent de l’activité égocentrique (dans le sens piagétien !) à un temps pratique, basé sur le concret, perceptif et actif qui le produit, puis à ce temps formalisé qui permet les activités interactives, complémentaires. Ce niveau n’est guère atteint avant la sixième année.

metronomeUn métronome est un instrument donnant un signal audible ou visuel permettant d’indiquer un tempo, vitesse à laquelle doit être jouée une musique. Il est surtout utilisé dans l’étude d’une partition, la mise en place d’une interprétation ou la recherche du minutage (timing) d’une œuvre musicale. 

Mesurer le temps dans sa cuisine 

Un sablier est un instrument qui permet de mesurer un intervalle de temps par écoulement de sable ou quelconque matière solide fractionnée. Le mécanisme similaire pour les liquides est la clepsydre. Bien que l’on ne sache pas exactement quand le sablier a été inventé, son utilisation est avérée à partir du Xe siècle. A l’origine il était constitué de deux bulbes de verre placés l’un sur l’autre et reliés par un tuyau fin.

Les progrès du soufflage du verre ont permis par la suite de les réaliser d’une seule pièce. Le bulbe rempli de sable fin, ou d’un corps similaire, est placé en haut et par l’effet de la gravité, le sable s’écoule lentement et régulièrement dans l’autre. Une fois que tout le sable est dans le bulbe du bas, on peut retourner le sablier pour mesurer une autre période de temps.

En général, les sabliers communs écoulent leur sable en 1 à 5 minutes. Une utilisation courante et familière est le contrôle de la cuisson des œufs à la coque avec des sabliers de 3 minutes. Le sablier est aussi utilisé dans les jeux de société pour limiter les tours de jeu. Autrefois il était utilisé sur les bateaux pour mesurer le temps par demi-heure. Les marins qui pour abréger leur quart retournaient l’ampoule avant qu’elle ne soit complètement vide « mangeaient du sable » selon une expression proverbiale du temps.

logoSablier du XVIIIe siècle

Le sablier n’est pas un outil fiable pour mesurer précisément l’écoulement du temps : des facteurs peuvent affecter la durée d’écoulement du sable : la finesse du sable, la forme des bulbes, la taille du tube qui les relie, son usure par l’écoulement du sable, la position plus ou moins horizontale, l’effet des mouvements accentuant ou ralentissant l’écoulement du sable.

Le sablier représente le temps qui passe. Il est parfois représenté avec des ailes d’oiseau ou de chauve-souris pour symboliser la fugacité du temps qui passe. Les allégories du Temps ou de la Mort portent souvent un sablier et par extension celles de la mélancolie.

Une minuterie ou minuteur (timer en anglais) est un dispositif, souvent programmable, permettant de mesurer le temps. D’abord mû par un mécanisme d’horlogerie pour remplacer le sablier, il est souvent aujourd’hui complètement électronique. Celui-ci permet d’alimenter une alarme (comme un beeper), ou une fonction, quand le temps défini choisi est écoulé.

Une minuterie peut être un ustensile de cuisine permettant de contrôler les temps de cuisson. Elle est souvent intégrée aux fours (traditionnels ou micro-ondes). De nombreuses autres appareils électroménagers sont munis de minuteries, tels que la machine à laver ou le sèche-linge.

Aujourd’hui, la plupart des appareils électroniques, tels les téléphones portables ou ordinateurs personnels, sont dotés d’une fonction « minuterie ».

La minuterie est un élément important de l’équipement de laboratoire de biologie moléculaire, qui permet de contrôler avec précision les temps d’expériences en cours, telles que les digestions enzymatiques.

À la maison, un système muni d’une minuterie peut être utilisé afin de simuler une présence lors d’une absence afin de diminuer les risques de vols.

Utilisée avec des explosifs, une minuterie permet de programmer le déclenchement de l’explosion, afin d’avoir le temps de dégager un périmètre par exemple.

chronosLe temps dans la mythologie 

Dans la mythologie grecque, Chronos est un dieu primordial (Titan) personnifiant le temps. Il apparaît essentiellement dans les traditions orphiques, et est confondu avec Cronos, le roi des Titans dans les traditions tardives.

C’est un être immatériel, apparu à la création du monde. Il est représenté sous les traits d’un serpent à trois têtes (une d’homme, une de lion et une de taureau) enlacé avec son épouse Anankè (déesse de la Nécessité, de la Fatalité) autour du monde-œuf. Ils sont censés entraîner le monde céleste dans sa rotation éternelle. Selon la cosmogonie orphique, ils seraient les géniteurs de Chaos et Éther. Dans la culture contemporaine, il est surtout connu pour être représenté sous les traits d’un vieil homme à longue barbe, vêtu d’une toge et tenant une faux, souvent aussi un sablier. En anglais, il est souvent surnommé sous cette forme Father Time (« Père Temps »).

lhermite-tarot-des-visconti-sforza L’HERMITE et son sablier – Tarot des Visconti-Sforza XVe siècle 

Bibliographie : Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

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DANS LE GIRON DU CANCER

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 28-06-2009

Avec le solstice d’été, le 21 juin, le Soleil fait son entrée dans le Cancer. Mais en connaissez-vous vraiment les caractéristiques ?

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n Son graphisme

Le graphisme du signe est formé de deux spirales enroulées qui se referment l’une sur l’autre ; deux énergies tourbillonnantes telles des nébuleuses ; tels aussi l’atome et la cellule vivante, les deux germes tournent l’un autour de l’autre.

Le graphisme du Cancer est également formé de deux parallèles, mais les verticales des Gémeaux sont devenues horizontales et se détachent l’une de l’autre car chaque barre se recourbe et se referme sur elle-même.

Ces deux spirales expriment le changement de sens du mouvement solaire qui devient descendant alors que jusqu’ici il était ascendant, représentant schématiquement les vagues de la vie.

Principes opposés dans les Gémeaux, l’esprit et matière se sont transformés en Cancer en deux forces autonomes qui cherchent à s’unir et font couple pour générer la vie. Le Cancer devient ainsi le symbole de la gestation, de la maternité. On pourrait d’ailleurs comparer son graphisme à un embryon recroquevillé dans l’utérus : un être en devenir.

signe-du-cancer1Le crabe qui figure le signe du Cancer représente le monde clos, utérin. La carapace qui protège la vie des tumultes extérieurs et permet à chaque naissance de s’accomplir dans les meilleures conditions. Le Cancer est parfois représenté par une écrevisse.

  

n Ses symboles

L’écrevisse ou le crabe qui le représente est un animal d’eau vivant sous une carapace protectrice. A l’esprit des eaux s’associent intimement une valeur d’interne, d’intime ou d’intérieur qui rappelle que les ébauches et préfigurations de la vie renaissante : germes, œufs, fœtus, bourgeons, sont entourés de coquilles, matrices, écorces et enveloppes, destinées à abriter le pouvoir de résurrection enfermé dans ces cuirasses.

En fait, le quatrième signe s’identifie à l’archétype maternel défini par Jung : tout le monde des valeurs de contenu, soit tout ce qui est grand et enveloppe, abrite, conserve et nourrit, protège et réchauffe ce qui est petit. Principe matriciel et nourricier qui va de l’utérus à la terre maternelle : profondeur, abîme, puits, grotte, caverne, poche, abri, vase, maison, ville… qui aboutit au grand refuge de l’humanité, qui était la Grande Mère.

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A ce signe se trouve associée la Lune, à sa figure blafarde et à sa lumière cendrée, symbole planétaire de ce principe matriciel, du psychisme inconscient, de la lueur végétative crépusculaire, de la pulsion vitale non encore prise en charge par la raison.

n Ses mythes

 Dans le zodiaque égyptien, le Cancer était un animal sacré : le scarabée. L’origine du mot « écrevisse » est le même que le mot « cuirasse ». Il évoque l’enveloppe protectrice ou s’élabore l’œuf, sa coquille et le repli sur soi. Dans certains zodiaques, il est souvent représenté sous les traits d’un enfant (le dieu Horus en Egypte).

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Le signe existait tel qu’il est aujourd’hui dans la mythologie hindoue. Il traduisait dans son idéogramme les quatre plans de la vie : du corps physique au spirituel en passant par le corps psychique et le plan de la pensée.

abeillesLe signe a toujours été en rapport avec la fécondité. Pour les Anciens, les âmes non encore incarnées venaient de la Voie Lactée : elles franchissaient « un portail » au Cancer. On appelait ces âmes «les abeilles» et cela se produisait dans la Constellation de la Ruche, dont le terme le plus ancien était «la progéniture».

Dans la mythologie grecque, trois divinités correspondant aux phases lunaires ont incarné la Lune et le Cancer :

- le symbole de la nouvelle lune : le croissant lunaire soit tourné vers le ciel, soit vers la terre, est incarné par Artémis-Diane, chasseresse, courant à travers monts et forêts toujours indomptée : elle était la sauvage déesse de la nature, protectrice des animaux. Déesse vierge, elle est symbole de vertu et châtie impitoyablement les femmes adultères, mais protège les femmes enceintes. Elle est la déesse des enfantements.

- la phase de la pleine lune est symbolisée par Séléné, qui relate sa séduction, ses amours et les cinquante filles que lui donna le berger Endymion. Mais c’est aussi Hélène à la beauté transparente qui jeta le trouble en Europe par la multiplicité de ses prétendants et que Pâris enleva.

- à la lune obscure fut associée Hécate, déesse des Morts, qui règne sur l’Hadès et guide dans l’initiation. Ses attributs sont les poignards, les serpents et les clés de l’Hadès (le royaume des morts).

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Avec le Cancer, on pense aussi à Narcisse, cet introverti contemplatif, rêvant sa vie ou vivant son rêve.

n Sa psychologie

La caractérologie en fait un être surémotif, lymphatique ou mélancolique.

Signe Négatif, c’est un introverti, réceptif et impressionnable. Emotif, il est influençable, perméable au milieu et réagissant à retardement. C’est un hyper-sensible qui cache ses blessures et ses anxiétés derrière une carapace presque inviolable, celle du crabe pudique et de ce fait il peut paraître susceptible ou bourru.

C’est un signe Cardinal. Dans l’eau cardinale, les émotions jaillissent d’un premier jet et coulent intensément dans l’être : c’est souvent la première impression qui est la bonne pour un être Cancer. C’est un hyper-émotif.

Le Cancer initie, dans le zodiaque, l’élément Eau,  c’est l’eau cardinale : la source, l’émotivité, après vient l’eau fixe du Scorpion (les marécages de l’inconscient), puis l’eau mutable des Poissons (l’océan de la spiritualité).

Signe lunaire, le Cancer signifie le retrait sur soi, la sensibilité, la timidité et la ténacité. Avec le Cancer surgit un univers aquatique ; il se présente comme le symbole de l’eau originelle : des eaux-mères calmes et profondes à la source murmurante, en passant par le lait maternel et la sève végétale.

C’est pourquoi ce signe symbolise la fécondité, l’attachement aux racines, aux traditions, à la famille. Il est mémoire et nostalgie. Son sens aigu de la famille va souvent de pair avec un côté bohème. Il existe en effet deux types Cancer : le sédentaire et l’aventurier.

            - La Lune dans le thème

Les signes dans lesquels se situent les planètes symbolisent l’étoffe dont nous sommes faits. Les Maisons sont les domaines de vie dans lesquels les planètes s’expriment.

En Bélier la Lune révèle la dimension instinctuelle et irrationnelle du signe, très différente des qualités conscientes d’initiative et d’autorité du Soleil en Bélier. Il y a dans cette Lune une dimension sauvage, ardente, fruste, ombrageuse et énergique, ainsi qu’un fort relent d’Amazone, ces guerrières qui cherchaient l’extase du combat. La Lune en Bélier, violente et passionnée, évoque Sekhmet, la déesse égyptienne à tête de lionne du carnage et de la guerre, ou ces lionnes qui accompagnaient Artémis.

Si elle est en Scorpion, par exemple, ou en fort aspect à Pluton, nous aurons probablement un penchant pour Hécate et pour la face sombre de la Lune, dont nous apprécierons la profondeur et le mystère. En revanche, le royaume d’Hécate peut s’avérer très inquiétant pour celui qui à la Lune en Gémeaux.

La Lune en Taureau va se sentir très proche de l’image de Déméter et du monde de la nature, mais cette même Déméter, la terre-mère, n’éveillera aucun écho chez une Lune en Verseau ou fortement aspectée par Uranus.

LE CANCER : ENTRE REVE ET REALITE

Le nom du Cancer vient du mot latin « cancri » qui signifie « écrevisse ». L’écrevisse, ou le crabe, qui figure le signe du Cancer évoque un monde clos où la vie est fragile, si vulnérable qu’elle doit être enfermée dans une carapace protectrice qui l’isole. Mais il représente aussi la fécondité du vivant, témoignant de sa permanence et de sa créativité. 

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Le Cancer est ainsi devenu dans la tradition astrologique le symbole d’un monde de la naissance et de l’enfance où le rêve se confronte sans cesse à la réalité, le dedans au dehors. Un monde dominé par des exigences de sécurité, de protection pour que l’alchimie délicate de la vie puisse s’accomplir dans les meilleures conditions. Et cela se passe dans cette frontière irréelle entre les mots et les choses : l’imaginaire. D’imagination, le Cancer ne manque pas. Son univers ne ressemblant jamais tout à fait au nôtre, il se déplace souvent dans notre vie en oblique.

LES AMOURS LUNAIRES DU CANCER

Séléné est la personnification de la Lune. On la représentait sous les traits d’une belle jeune fille parcourant le ciel sur un char d’argent tiré par deux chevaux. Elle passait souvent, dans certaines légendes, pour la fille d’Hélios, le Soleil. Réputée pour sa séduction, elle était aussi célèbre pour ses amours. Est-ce une prédilection pour les bergers, elle en connut plusieurs, dont le dieu Pan, mi-homme, mi-bouc, qui la persuada de rejoindre sa couche en lui offrant une toison blanche.

Un autre qu’elle aima fut le mortel Endymion, berger lui aussi. On dit qu’elle lui donna cinquante filles. Mais l’adolescent était si beau qu’elle supportait mal l’idée de le voir vieillir et encore moins mourir. Elle l’endormit donc d’un sommeil éternel et il reposa dans une grotte de Carie où elle allait régulièrement le contempler.

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Avec Séléné, le Cancer est ainsi un rêve de jeunesse et d’immortalité, et une étrange leçon d’amour. Quel meilleur moyen de garder celui qu’on aime que de l’endormir d’un sommeil qui ressemble à la mort, mais qui n’est pas la mort ?

Et les amours du Cancer  ressemblent aussi toujours à l’amour sans en être parfois. Pourrait-il vraiment en aller autrement ? Rêve d’amour s’accorde rarement avec l’amour de la réalité !

Et si le Cancer était…

…un animal… ce serait chatsun chat, ou… une grenouille, ou bien… un marsouin.

                                               Si c’était un arbre : ce serait un saule pleureur et argenté saule-pleureur-argente

Si le Cancer était une plante, ce serait une laitue ou…  un chou-rave chou-rave

Une fleur ?  fleur-de-pavot  le pavot bien sûr, fleur du sommeil, fleur du rêve.

                                                                                                        Mais aussi le spathiphyllum appelé aussi « Fleur de lune le-spathiphyllum-la-fleur-de-lune 

Un condiment ? Un cornichon                    cornichon1

La couleur du Cancer est le blanc-bleuté ou le gris perle.

Son métal est l’argent et sa pierre la perle, mais aussi la pierre de lune    pierre-de-lune1

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L’eau de la fleur d’oranger lui fait un parfum agréable

Si le Cancer était un instrument de musique, ce serait un clavecin… musique de chambre oblige… clavecin1

Enfin le Cancer a tellement besoin de collectionner que pour un objet on a l’embarras du choix : des photographies, aux cartes postales anciennes et même les déguisements…

collection-de-photos

Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Connaissez-vous votre thème astral ? de Joëlle de Gravelaine – Collection Marabout Service

Photo de la Lune dans le ciel d’Arzon (56) – http://lesecritsdumacaron.hautetfort.com

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