CHIRON

(5.3.92 - CHIRON) par sylvietribut le 06-09-2011

Chiron a été identifié par C.T. Kowal le 1er Novembre 1977, à 10 heures (TU 18 h), à Pasadena en Californie. Il était dans la constellation du Bélier, soit pour nous à 3°08 Taureau. Il avait déjà été observé et même photographié en 1895, 1920 et 1940, mais les recherches n’avaient pas été poursuivies tant son comportement paraissait aberrant. Il fut classé Astéroïde, puis nommé Chiron par son découvreur, du nom du Centaure précepteur d’Achille.

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Etymologiquement son nom vient de Kheir (la main en grec), racine d’où dérivent : chirurgie, chiropraxie, chiromancie, etc. C’est peut-être la main qui soigne autant que celle qui indique. 

chiron-glypheSon glyphe est une verticale portant un K majuscule, tourné vers l’Orient, planté sur une boule. Il évoque une clef, symbole d’ouverture et d’initiation. 

Un peu d’astronomie 

En mars 1977, une grande découverte concernant la planète Uranus étonna le monde entier. Bien sûr, Uranus a toujours étonné, ne serait-ce que par sa découverte en 1781. Pendant des milliers d’années, Saturne avait été considéré comme le plus lointain des corps célestes, la limite absolue – ses anneaux étant censés représenter ces limitations qu’il nous impose. La découverte d’Uranus a donc complètement démoli les conceptions existantes du système solaire.

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Saturne 

Plus tard, on s’aperçut que son mouvement lui-même sortait de la norme : il tournait sur lui-même en sens inverse des autres planètes, et son axe faisait un angle d’à peu près 90° par rapport à ceux des autres planètes. On respecta cette originalité dans le choix des noms de ses lunes, qui ne furent pas tirés de la mythologie, mais des personnages de Shakespeare. En tout cas, on pensait qu’Uranus n’avait absolument rien de commun avec Saturne. 

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Uranus a aussi des anneaux 

… Jusqu’à ce fatidique jour de mars 1977 où on découvrit des anneaux autour d’Uranus. Saturne n’en détenait donc pas le monopole, et les deux planètes avaient bien quelque chose en commun. Uranus avait trouvé une nouvelle façon de nous choquer. 

Qu’est-ce qui peut donc relier ces deux planètes du point de vue de la signification ? 

Toutes deux nous enseignent la responsabilité et le souci du futur ; toutes deux ont un rapport au temps : 

– pour Saturne, il s’agit d’amener le passé dans le présent,

– pour Uranus, d’amener le présent vers le futur. 

Enfin, toutes deux on à voir avec la définition du soi : 

– Saturne définissant les limites,

– Uranus montrant le chemin de l’individualité. 

Le fait que nous sachions maintenant que toutes les deux ont des anneaux indique que nous comprenons (ou devrions comprendre) que leurs principes sont en inter-relation : il est aussi mauvais d’avoir trop de l’un que trop de l’autre. Et si l’on va trop loin dans le Saturnien, Uranus doit intervenir pour rétablir l’équilibre et vice-versa. Tous deux sont des étapes nécessaires dans l’évolution de l’individu. 

Après la découverte des anneaux, le terrain était prêt pour la découverte de Chiron ce que fit Charles Kowal. Mais il découvrit aussi que l’orbite de Chiron passait entre celles de Saturne et d’Uranus. Cette orbite était très elliptique – plus encore que celle de Pluton : 

n  à son aphélie, c’est-à-dire au moment où il est le plus éloigné du Soleil, Chiron touche même l’orbite d’Uranus.     

n  et à son périhélie, quand il est plus près du Soleil, Chiron croise l’orbite de Saturne.

Il apparaît donc que Chiron agit comme un lien ou un pont entre les deux grosses planètes, oscillant de l’une à l’autre une fois par cycle (son cycle se situe entre 49 et 51 ans). Nous comprenons maintenant pourquoi il fallait d’abord que les anneaux d’Uranus soient découverts pour que nous puissions réaliser l’importance du processus de liaison représenté par Chiron. 

pluton 

Pluton 

La troisième pièce essentielle du puzzle fut trouvée l’année suivante. On découvrit soudain que Pluton – qui, avant que l’on connût Chiron, avait le privilège de l’orbite la plus elliptique – avait une lune. Cela provoqua des changements énormes dans notre perception de Pluton : cette planète devenait subitement beaucoup plus petite qu’on ne l’avait pensé. Certains astronomes commençaient même à se demander si on ne devait pas la déclasser du statut de planète à celui de planétoïde. De fait, si sa taille réelle avait été connue lors de sa découverte, dans les années 30, les astrologues l’auraient peut-être totalement ignorée, considérant que quelque chose d’aussi petit et d’aussi éloigné ne pouvait exercer aucune influence. 

Mais nous connaissons bien, nous, la puissance de Pluton, et il serait impensable aujourd’hui de ne pas le faire figurer dans une carte du ciel. La lune de Pluton (appelée d’ailleurs Charon) était donc la preuve que même un corps de petite taille peut avoir des effets très puissants. Il est donc très plausible que Chiron, qui a la taille d’un gros astéroïde, ait la même influence qu’une grosse planète. 

Encore un mot sur Pluton : le Dr Brian G. Marsden, de l’observatoire d’astrophysique de la Smithsonian Institution, a suggéré la création d’une catégorie spéciale, avec un nouveau nom, pour les planètes, qui croisent les orbites d’autres planètes. Elles ne seraient classées ni comme planètes, ni comme astéroïdes ou comètes, mais dans une catégorie à part, dont les membres seraient Pluton (qui croise l’orbite de Neptune), Chiron (qui croise l’orbite de Saturne), et Hidalgo (d’abord classé comme astéroïde, mais qui en fait croise l’orbite de Jupiter). Hidalgo est également en cours d’étude. Il a une orbite de 14 ans, ce qui le relie à Saturne qui a une orbite de 4 x 7 ans, Chiron 7 x 7 ans et Uranus 12 x 7 ans. 

La mythologie de Chiron 

Chiron est le fruit de l’unique adultère de l’austère Cronos/Saturne, né des amours de ce dernier avec la nymphe Philyra (le tilleul), fille d’Océanos ou de Poséidon. Saturne avait pris l’apparence d’un cheval pour s’unir à Philyra, ce qui explique l’aspect mi-chevalin de Chiron. 

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Philyra 

Philyra, abandonnée, mettra seule son enfant au monde, un enfant mi-homme, mi-cheval. Voilà pourquoi Chiron ressemble aux Centaures. Par son père, Saturne, Chiron est un dieu immortel. Par sa mère, la nymphe du tilleul, fille d’Océanos, il est en relation avec l’intuition et la thérapeuthique. Le tilleul, par ses feuilles, était utilisé comme remède curatif contre la fièvre (par la sudation). Par son écorce, il était utilisé comme parchemin. Déchiré en bandes, il servait à la divination et ses racines fumées, comme stupéfiant. 

Par sa naissance, Chiron est un demi-frère des autres dieux de l’Olympe, pourtant sa notoriété est moindre. Seuls ses gestes, ses actes sont connus : ami d’Apollon, il sera tour-à-tour tuteur, éducateur de Jason, Achille, Asclépios (Esculape), Macaon, Actéon, Podalirios, etc… 

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Chiron adulte enseigne le jeune Achille – Fresque d’Herculanum près de Naples 

Chiron enseigne l’art de la médecine, de la chirurgie, de la chasse, notamment du tir à l’arc, de la musique… Et pourtant, il ne sera jamais le dieu d’une de ces disciplines. Tel l’enseignant obscur d’un Einstein ou d’un Hegel, la renommée de ses élèves le laissera dans l’ombre. Cela nous renvoie à la dévaluation de cette comète. 

Il est toujours présent, observateur attentif mais détaché des conflits de l’Olympe. Chiron se veut neutre. Il répond lorsqu’il est sollicité. Il a besoin, tels nos psychanalystes contemporains, d’une vraie demande. Sa réponse est alors immédiate, juste appropriée. Il transmet ses connaissances à qui pourra les porter au Monde. Presque tous les héros mythologiques ont reçu son enseignement. Retirés dans la grotte avec lui, ils n’en sortaient que prêts à affronter le Monde. Il évoque les médecines douces et les médecines naturelles, la phytothérapie par sa mère et l’homéopathie. 

Dans son ouvrage « Chiron », Z.B. Stein pense que Chiron a une relation avec la maternité et la naissance et remarque que la conception du premier bébé-éprouvette, Louise Brown, s’est faite dans la semaine qui a suivi la découverte de Chiron. Peut-être à cause de sa fonction d’accoucheur d’âme. 

Chiron est celui qui enseigne l’art de cibler juste, qui montre comment agir avec précision, rapidité, mais sans précipitation, de manière appropriée à l’objectif, en dominant nos instincts, c’est-à-dire en les utilisant. Il révèle les forces inconscientes, les capacités intimes. En cela, il guide plus qu’il n’éduque, il révèle ses élèves plus qu’il ne leur apprend : Achille devient celui « au pied léger » par la grâce de Chiron. Nul besoin pour le guide de savoir courir vite. 

L’arc évoque symboliquement la notion d’ascension, d’évolution : il faut viser haut pour aller plus loin ; le contrôle de soi est ici prépondérant. Chiron sera le révélateur, le catalyseur des élèves que les dieux lui ont confiés. 

Chiron est ainsi le premier pédagogue au sens actuel du terme. Il est la main qui signale (racine « d’enseignement ») et qui soigne en indiquant le végétal apte à combattre la maladie ou la blessure. Par son appartenance aux centaures, il est relié aux forces animales archaïques qui gisent en nous. Par sa sagesse, son exemplarité, il nous permet de savoir les sublimer, les transcender. 

C’est le guide sans pouvoir, le pédagogue, non l’éducateur. Il éveille une éthique intérieure, n’impose pas une morale. Il apprend à faire la limite entre souhaitable et possible. C’est le seuil entre Saturne et Uranus. Il sait pour les autres, donne la clef, mais n’agit pas à leur place. Il révèle les possibilités, mais n’attend pas le résultat. 

Véritable Gourou du monde grec, il permet la transgression véritable qui est le dépassement de soi. Il est la brèche, l’ouverture par où on peut franchir ses propres limites. Il est soutien, véritable double, comme lorsqu’il aida les chiens d’Actéon à faire le deuil de leur maître en leur modelant, en terre, une image de celui-ci. 

Les correspondances astrologiques 

Somatiquement, on pourrait penser qu’il est la main, mais il y a un organe dont l’action est comme la sienne, immédiate, juste, appropriée : c’est le pancréas, glande endocrine et exocrine. 

En pointant et révélant les choses, ce Chiron est accoucheur du Moi, accoucheur d’âme. Il est là, sur le bord, prêt de… et prêt à… On l’a dit marginal. Il est « en marge ». C’est le Maître obscur, thérapeute des autres, mais qui ne peut rien pour lui-même lorsque, blessé mais immortel, il dut choisir entre mourir guéri ou souffrir éternellement. Il sera la victime malheureuse d’un combat auquel il ne participe pas, opposant Héraklès aux Centaures ivres. Une flèche empoisonnée par le sang de l’Hydre se plantera dans son genou.  

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Chiron le Centaure de la Constellation du Sagittaire 

Souffrant atrocement et ne sachant se guérir lui-même, Chiron se rendit auprès de Zeus pour échanger son immortalité contre la guérison. Zeus accepta que Prométhée hérite de l’immortalité de Chiron, mais il décida également d’immortaliser ce dernier en le plaçant dans la constellation du Sagittaire, d’autres disent du Centaure. Au plan terrestre, Chiron devint ainsi le premier patient mort guéri… et le premier « cordonnier le plus mal chaussé » en tant que médecin ou guérisseur ! Cette histoire porte en elle, et c’est sa fonction, tous les mots-clés attachés à Chiron : enseignant, guide, guérisseur, gourou, au sens oriental du terme. 

Socialement, il représente celui qui sait, qui peut aider, qui peut révéler, sans établir pour autant de rapport de force ou de domination. En cela, il se veut indépendant (Uranus) mais protecteur, attaché à la tradition (Saturne) sans y être inféodé, laissant libre cours à son intuition et à ses aptitudes d’alchimiste (Neptune). 

Chiron est un guérisseur blessé. Atteint d’une blessure incurable, il était néanmoins capable de guérir celles des autres et d’apaiser leurs souffrances. Dans notre thème, Chiron montre le lieu de cette blessure, de cet éventuel traumatisme, de ce manque ou de ce vide en nous qu’il est extrêmement difficile de combler. C’est une blessure inguérissable, qui nous apprend cependant beaucoup de choses sur la vie et sur nous-mêmes. 

Exemple : Avec une conjonction Soleil-Chiron en Maison V, la souffrance se situe dans le domaine de l’expression personnelle.  

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Bague en or ornée d’une intaille romaine représentant le Centaure Chiron

 

Comme il évoque un pouvoir de guérison, il occupe une place significative dans les thèmes de ceux qui s’intéressent à la santé et aux approches alternatives ou complémentaires de la médecine. On dit que Chiron ressemble à Saturne. Cependant, la nature et l’origine de la blessure sont différentes, moins personnelles, moins liées au vécu de l’enfance et à la relation aux parents. De plus, ils ne l’abordent pas de la même manière : Saturne compense et remédie à ses traumatismes par des manœuvres défensives et par de terribles efforts très concrets ; Chiron lui, se consacre à l’acquisition d’un savoir qui doit finalement se transformer en sagesse.

En synastrie (comparaison de thèmes), Chiron blesse et est blessé par la personne dont une planète le touche. De même, il soigne et il est soigné. 

Lors de la consultation que vous aurez avec l’astrologue demandez lui où se situe Chiron dans votre thème, dans quel signe, dans quelle Maison et quels aspects votre Chiron natal forme avec les autres planètes de votre thème. 

Servez-vous de l’astrologie et de la connaissance de votre thème pour vous comprendre et optimiser votre vie. 

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Chiron en médaillon 

Bibliographie : « Chiron, essence et interprétation » de Zane B. STEIN.

                     « Cahiers de la Cosmos » de Bernard Dumont

                     « Séminaires » Sasportas et Liz Greene. 

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SYMBOLES INSOLITES ET SOLAIRES DANS L’ARCHITECTURE MEDIEVALE

(6.3 - Autres lieux ésotériques ou mythiques) par sylvietribut le 20-08-2011

L’alignement des temples sur les corps célestes n’est pas un usage spécifique aux temps préhistoriques et païens, ou aux civilisations orientales. L’Europe chrétienne du Moyen Age le pratiquait aussi. De la part des premiers chrétiens, c’était un peu une manière de récupérer à leur profit les traditions païennes. Cependant, même aujourd’hui, les églises et les tombes sont souvent orientées est-ouest, et les autels des églises vers l’est, c’est-à-dire vers le Soleil levant, où le Christ doit apparaître, lors de son retour, selon la cosmologie chrétienne.

Mais, en fait, les églises médiévales étaient en général alignées sur la position du Soleil le jour de la fête du saint à qui elles étaient dédiées, et non sur l’est. Une étude effectuée sur près de trois cents églises anglaises par Hugh Benson, en 1950, a montré que la majorité des bâtiments étaient effectivement orientés de cette manière. Le même chercheur a trouvé également que la très ancienne église Saint-Piran, en Cornouailles, était alignée sur une levée de terre préhistorique se trouvant à 5 km et correspondant au point du lever du Soleil le 15 août, au VIIe siècle.

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Cathédrale de Chartres

Bien qu’il existe peut de documents écrits sur le sujet, il semble que, dans l’Europe du haut Moyen Age, l’astronomie ait été utilisée d’une manière plus complexe. On trouve des éléments très intéressants dans la cathédrale de Chartres, un des plus beaux fleurons de l’architecture gothique, qui a été construite à l’emplacement d’un important centre druidique établi par les Carnutes, peuple celtique de la Gaule, devenu par la suite un lieu de culte pour les Romains. Certains scientifiques estiment que le caractère sacré du lieu a précédé l’âge de fer celtique, et qu’au néolithique il y avait là un dolmen. La fondation de la cathédrale est peut-être également liée au retour des Templiers de la croisade en Terre sainte. L’ordre religieux et militaire des Templiers, constitué en 1118, était établi au temple de Salomon à Jérusalem, où il recherchait, dit-on, l’Arche d’alliance. En effet, à l’extérieur de la cathédrale de Chartres, on trouve des sculptures représentant des scènes liées à cette arche.

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Oculus dans le vitrail de la Cathédrale de Chartres

A midi, au solstice d’hiver, lorsque le Soleil est à son apogée, un rayon de lumière traverse un petit morceau de verre non coloré d’un vitrail dédié à Saint Apollinaire. Ce pinceau de lumière tombe sur une dalle de pierre qui diffère de celles qui l’entourent : elle est plus grande, d’une autre nuance de couleur, désaxée et, plus significatif encore, elle comporte un petit disque de métal. Le rayon de Soleil du solstice tombe juste sur celui-ci.

Certains spécialistes disent qu’il s’agit d’une coïncidence. C’est une démarche scientifique étrange, mais elle participe de la volonté d’effacer de la cathédrale de Chartres tous les éléments préchrétiens qui, selon d’autres chercheurs, ont été intégrés dans cette remarquable construction par les maîtres maçons.

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Cathédrale d’Aix-la-Chapelle – Trône de Charlemagne

La cathédrale d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne, présente elle aussi des éléments astronomiques de grand intérêt. Le site était fréquenté par les Celtes, par les Germains et par les Romains, parce qu’il comportait des sources d’eaux thermales ayant, disait-on, des propriétés médicinales. Au VIIIe siècle, Charlemagne décida d’y construire son palais impérial, pour créer une « seconde Rome ». L’empereur qui souhaitait éliminer le paganisme de ses territoires, attirait à la cour des savants et des artistes de toute l’Europe, et cherchait à renouer avec la vitalité artistique et scientifique de l’Antiquité. La chapelle octogonale de son palais, située au-dessus de bains romains, est intégrée dans la cathédrale actuelle. Un jour, vers la fin des années 70, un photographe, Hermann Weisweiler, attendait une lumière favorable pour prendre des clichés ; il vit un rayon de Soleil traverser soudainement, exactement à angle droit, une fenêtre supérieure de la chapelle octogonale. Très étonné, il poursuivit ses observations et constata que la chapelle était un véritable cadran solaire.

A midi, le 21 juin, jour du solstice d’été, un rayon de lumière tombe directement sur la boule dorée qui pend du plafond en dôme, surmontant le « chandelier de Barberousse » qui représente la Jérusalem céleste. A cette date, au VIIIe siècle, un rayon de Soleil devait aussi illuminer le visage, ou la couronne, de Charlemagne lorsqu’il était assis sur son trône, utilisé pour les couronnements pendant tout le Moyen Age. A midi, au solstice d’hiver, le Soleil éclaire une mosaïque montrant le Christ entre les symboles alpha et oméga, représentant le Commencement et la Fin. Et lorsque Charlemagne se levait de son trône, lui seul devait voir à travers une fenêtre supérieure, à l’équinoxe, le Soleil levant briller à l’horizontale. Et, qui plus est, un rayon de Soleil tombait sur le trône le 16 avril, date de naissance de l’Empereur.

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Cathédrale Saint-Lizier – Ariège

La cathédrale de Saint-Lizier, dans l’Ariège, étudiée en 1981 par trois chercheurs, présente un axe central aligné sur les équinoxes, dont le prolongement vers l’est et vers l’ouest passe par deux autres églises. Deux croix, situées à 1,5 km de part et d’autre de la cathédrale, marquent l’alignement sur le lever du Soleil au solstice d’été, tandis que la ligne correspondant au lever du Soleil au solstice d’hiver joint la cathédrale au mont Redon, ancienne colline sacrée, au nord-est, et la chapelle de Marsun, au sud-est.

A Elm, dans le canton suisse de Glarus, le Mont Tschingelhorner, qui domine le village au sud-est, est percé d’un tunnel naturel de 20 mètres de diamètre, appelé « trou de Saint Martin ». Selon la légende, Saint Martin l’a percé en lançant sa canne ferrée contre un géant. Chaque année, au moment des équinoxes, les rayons du Soleil levant passent par ce trou, et illuminent pendant deux minutes la tour de l’église de Saint-Elm, distante de 5 km. Le phénomène est évidemment antérieur à l’ère chrétienne, mais il est significatif des préoccupations astronomiques qui présidaient au choix de l’emplacement des églises. On constate d’ailleurs que quatre autres églises des Alpes présentent un phénomène similaire.

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Méridienne solaire – Cathédrale de Bourges

Bibliographie : Le Langage Secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius et Paul Devereux.

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LE ZODIAQUE AMOUREUX… MADAME CANCER ET L’AMOUR

(14 - LE ZODIAQUE AMOUREUX) par sylvietribut le 17-07-2011

Si la fixation à son père a été forte, qu’il ait été idéalisé ou absent, jeune fille Madame Cancer recherchera toute sa vie cette image à laquelle il ne veut pas renoncer. Elle rencontrera alors, car il n’y a pas de hasard, des hommes mûrs auxquels elle demandera protection et tendresse. Mais si la relation est par trop névrotique, malsaine, Madame Cancer demeurera insatisfaite. Elle s’installera dans un « état d’enfance », pernicieux dans la mesure où elle ne progressera plus. Le rôle de femme-enfant exige beaucoup de rouerie… Mais il faut se donner du mal pour avoir toujours l’air de ne rien savoir faire, de ne jamais pouvoir s’en tirer toute seule…  

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Cependant, la femme Cancer équilibrée recherchera le mariage et les enfants. Mais si elle doit un jour choisir entre sa carrière et sa vie de femme, elle sacrifiera la première. Madame Cancer a, en effet, la capacité de faire une excellente mère. Mais si elle est frustrée dans ses aspirations, elle cherchera à se retirer dans un monde de rêve, se laissant ballotter sans but de relation en relation, ou devenir un boulet pour sa famille et ses amis, par l’abus de leur temps et de leur énergie.

Jeune fille, Madame Cancer, rêvait du Prince charmant et touche le faîte du bonheur quand elle se marie jeune, car seule une union intime lui permet de trouver l’accomplissement. Femme mûre, elle renonce à ses rêves et se consacre entièrement à ses enfants, parfois au détriment de son mari qui en conçoit quelque jalousie.  

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Ni l’homme ni la femme du signe n’ont intérêt à aller vivre chez parents ou beaux-parents : le lien de dépendance ne pourra plus jamais être rompu et le mariage n’y résistera pas.

Madame Cancer doit se défier de ses tendances masochistes, de sa nature qui la porte aux illusions, et l’expose donc aux déceptions répétées, à avoir des jugements naïfs ou subjectifs, de la passivité, laissant trop souvent l’autre décider pour elle de son destin ou de ses choix.

Le risque pour Madame Cancer est de chercher une compensation dans la nourriture et, par conséquent, elle est sujette à l’embonpoint. Bien qu’elle ait un besoin désespéré d’une coquille protectrice pour l’aider à résister aux épreuves de la vie, elle doit essayer de ne pas se refermer trop profondément sur elle-même, et peu d’êtres possèderont la patience requise pour l’en sortir sans la blesser.  

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LE TAMBOURIN DE LA VIERGE

(05 - PETIT COURS D'ASTROLOGIE, 12 - ASTROLOGIE ET MUSIQUE) par sylvietribut le 15-09-2010

Très différent du tambour au son grave, profond et mystérieux, le tambourin d’origine orientale, évoque une musique légère et la danse. Dans l’Antiquité grecque, Cybèle, « la mère de tous les dieux et de tous les hommes, et ravie de l’entendre : elle aime le son des crotales et des tambourins, ainsi que le frémissement des flûtes » disent les Hymnes homériques. Le plus souvent accompagné de danses, dont il scande le rythme, il symbolise une idée de joie et de légèreté. On le voit souvent dans les scènes d’orgies dionysiaques, agité  par les Bacchantes. Il prend toutefois une dimension cosmique, s’il rappelle l’évolution et la musique des astres, dont s’enchantent les dieux et les déesses.

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Le bruit caractéristique de l’escorte de Cybèle, celui des cymbales et des tambourins commémore le bruit que firent les Curètes et les Corybantes sur le Mont Ida pour couvrir les vagissements de Jupiter, que sa mère Rhéa avait soustrait à la voracité de son époux Saturne lequel, pour ne pas être détrôné, dévorait ses enfants à leur naissance. Les lions attelés au char de Cybèle attestent la domination qu’elle exerce sur eux et sa couronne crénelée témoigne qu’elle dota de tours les premières cités.

Ce tambourin sacré des rites dionysiaques avait probablement un son plus grave, tout comme celui qui est utilisé par les derviches des rites rufaï et kadiri pour scander le dhikr. Il est alors similaire au tambourin chamanique d’Asie orientale, et comme lui rejoint le symbolisme général du tambour, kratophanie des puissances ouraniennes.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS LE BESTIAIRE LUNAIRE… LA PIE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 12-07-2010

Symbole lunaire et féminin, le miroir est en Chine l’emblème de la reine. Le miroir prend « le feu du soleil ». Il est par ailleurs le signe de l’harmonie, de l’union conjugale, le miroir brisé étant celui de la séparation ; la moitié brisée du miroir vient éventuellement, sous la forme d’une pie, rendre compte au mari des infidélités de la femme. L’oiseau, nommé « p’o-king » ou « miroir brisé », est en relation avec les phases de la lune ; l’union du roi et de la reine s’effectue lorsque la lune est pleine, le miroir reconstitué en son entier. 

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La pie est communément prise comme synonyme de bavarde et aussi de voleuse ce qu’explique assez nettement le comportement de l’oiseau. C’est aussi pourquoi la grive-pie symbolise chez les Montagnards du Sud-Viêt-Nam l’ancêtre qui enseigna un certain art de rendre justice, et en tout cas à tenir des palabres. Les Sioux assurent, de leur côté, que la pie connaît tout.

La pie, c’est aussi cet oiseau qui apporte de bonnes nouvelles et de ce fait elle symbolise la joie. Sur une branche de grenadier, elle exprime le bonheur d’avoir une descendance nombreuse. Deux pies représentent la fidélité conjugale comme un double bonheur. Et en Chine, on lui accorde le pouvoir de connaître les infidélités conjugales, car le demi-miroir que lui a remis le mari se transforme en pie et va faire rapport, si la femme l’a trompé pendant son absence. L’identification pie-miroir est curieuse, si l’on se souvient du goût des pies pour les fragments d’objets brillants.

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La voie lactée

De multiples pies parmi des branches de prunier chargées de deux fruits forment les décors dit du « bonheur de chaque jour » (30 pies) ou « de chaque heure » (24 pies), porteur du message similaire : « puissent les choses heureuses vous arriver chaque jour du mois ou chaque heure de la journée ». Dans légende du Bouvier et de la Tisserande ou la Fileuse, chaque 7e jour du 7e mois lunaire, les pies s’envolent vers le ciel et font le pont sur la Voie lactée pour le cortège nuptial lorsque la Tisserande céleste va rejoindre le Bouvier. Et c’est pourquoi, dit-on, les pies ont la tête dégarnie.

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Le bouvier n’est autre que l’étoile Altaïr alors que la Tisserande est l’étoile Véga. On dit qu’ils eurent deux enfants : Beta Aquilae et Gamma Aquilae.

La pie est une fée, chen-niu. En effet, la fille de Yen-ti, roi du feu, se transforma en pie et monta au ciel après l’incendie de son nid, ce qui est une apothéose d’Immortel taoïste. En quoi la pie joue un rôle analogue à celui de la grue. La cendre de nid de pie sert d’ailleurs à préparer un bain pour les œufs de vers à soie, coutume qui évoque le symbolisme de l’éclosion. 

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Comme une petite lune… l’œuf de la pie bavarde

Dans la Rome antique, on immolait des pies à Bacchus pour que le vin aidant, les langues se délient et les secrets s’échappent.

D’après les légendes grecques, les Piérides étaient neuf jeunes filles de Thrace qui voulurent rivaliser avec les neuf Muses. Vaincues à un concours de chant, elles furent transformées en pies. On pourrait voir dans les pies de cette légende, racontée par Ovide, le symbole de l’envie, de la présomption, de la jacasserie et du snobisme. 

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Le Défi des Piérides – Giovanni Battista di Jacopo dit Rosso Fiorentino – 1765 – Musée du Louvre – Paris

Le symbole de la pie dans le folklore occidental, est généralement sombre et les manifestations de cet oiseau interprétées comme un signe néfaste.

la-pie-voleuse-la-gazza-ladraQuant à sa réputation de voleuse, elle a servi de prétexte à Rossini pour en faire un opéra célèbre « la gazza ladra », la pie voleuse. Et même Hergé s’en sert dans sa non moins célèbre bande dessinée « Les Bijoux de la Castafiore ». 

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Ses vocalisations fréquentes ont laissé dans le langage courant l’expression « bavarde comme une pie » comme sa curiosité légendaire s’évoque puisqu’on dit facilement « curieuse comme une pie ». Quant au « nid de pie », c’est un bâti haut perché, rappelant les positions des nids de cet oiseau qui connaît bien les prédateurs.

Les vaches et les chevaux à la coloration noire et blanche se voient habillés d’une robe « pie » en référence au plumage de l’oiseau. Et la « queue de pie » est le nom d’un habit noir à basques longues à l’arrière évoquant les longues ailes rectrices de l’oiseau.

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Enfin la pie figure souvent en héraldique sur les blasons.

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Blason de la ville de Bad Elster en Allemagne

Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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LA LUNE, LES PLANTES, LA SANTE ET LA SAINT-JEAN

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME, 07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 24-06-2010

La doctrine médicale des Anciens était essentiellement astrologique. Elle se basait sur les quatre tempéraments et sur l’analogie de la division zodiacale avec le corps humain. Ces quatre tempéraments ont été codifiés par Hippocrate. Ils sont en analogie avec les quatre saisons et les quatre quartiers du mois lunaire :

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* Au printemps et durant la phase croissante de la Lune correspond le tempérament sanguin (humide + chaud), en analogie avec l’élément Air.

* A l’été et au premier quartier de la Lune correspond le tempérament bilieux (sec + chaud), en analogie avec l’élément Feu.

* A l’automne et à la phase après la Pleine Lune correspond le tempérament nerveux (sec + froid), en analogie avec l’élément Terre.

* A l’hiver et au dernier quartier de la Lune correspond le tempérament lymphatique (humide + froid), en analogie avec l’élément Eau. 

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Galien et Hippocrate  – Peinture murale du XIIe siècle – AGNANI – ITALIE

 

Dans la répartition des quatre tempéraments d’Hippocrate, le principe du chaud appartient à la Lune Montante, celui du froid à la Lune Descendante. De même, le principe humide appartient au dernier quartier et à la phase croissante, tandis que le principe sec appartient au premier quartier et au quartier suivant après la Pleine Lune. 

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Les Anciens juxtaposaient le corps humain à la ceinture du Zodiaque comme le montre superbement l’abondante iconographie médiévale. Si le Soleil était la grande aiguille de l’horloge astrale, la Lune était la petite et elle indiquait pour le mois telle ou telle partie du corps sensibilisée, au fur et à mesure qu’elle parcourait le Zodiaque, en commençant par la tête (Bélier) jusqu’aux pieds (Poissons), de haut en bas.

Les plantes médicinales

La Lune régit de par sa nature humide les herbes guérisseuses dans toutes les civilisations. Mère des eaux, elle est l’adversaire des serpents et des monstres fabuleux qui détruisent les herbes naturelles car ils les avalent. L’offrande des herbes sous forme de fumigation les écartait de notre chemin. Tel était l’enseignement traditionnel.

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 Armoise 

L’armoise était considérée comme l’herbe lunaire par excellence, de l’Inde à l’Egypte, de la Grèce à la Rome antique. Cette plante tient son nom de la contraction du grec Artémis dont les Latins firent « Diane ». A la déesse Artémis était consacrée la Lune Montante. Elle présidait la chasse. C’était donc une déesse vierge aux activités masculines. Elle symbolisait le matriarcat et ses prérogatives spécifiques, dont l’art de l’accouchement. Sa mission principale était, en dehors de la chasse, de porter secours aux femmes dans leurs maladies, notamment en régularisant leur cycle. En somme l’appellation « armoise » qui évoque à la fois la lune et la déesse protectrice du sexe dit faible, indique clairement ses utilisations essentielles, et explique pourquoi, depuis Hippocrate, Pline et Dioscoride, elle est considérée comme la « plante féminine » par excellence.

Il semble qu’il s’agisse aussi de la sélénite, herbe aux vertus fabuleuses, dont le nom dérive de celui de la déesse Séléné, autre figure lunaire, et équivalent en grec de l’Isis égyptienne. Les initiés des mystères d’Isis en portaient un rameau à la main. Très diurétique, elle facilitait toutes les fonctions d’évacuation. On la prenait soit en décoction comme boisson, soit en friction, soit en la broyant crue dans du vin, soit en cataplasme sur le ventre pendant la nuit. Les pèlerins allemands en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle la portaient sur la plante des pieds dans leurs chaussures pour soulager et éviter les morsures.

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En fait, le genre « armoise » se divise en une dizaine de plantes aux utilisations bien précises :

– L’armoise commune Artemisia vulgaris, très répandue dans nos régions : elle fleurit en août. Puissant tonique, c’était surtout l’herbe abortive par excellence, couramment employée dans les campagnes. C’était un vrai « secret de bonne femme ». 

– L’armoise absinthe a vu sa carrière arrêtée par la loi du 16 mars 1915, prohibant la fabrication et la vente de l’apéritif cher aux poètes français de la fin du XIXe siècle. 

– D’autres armoises exotiques, de Russie et du Moyen-Orient, sont utilisées comme vermifuge populaire en capitules desséchées sous le nom de « graines aux vers » (semen-contra officinal : semences contre les vers) parce qu’elles contiennent de la santonine. Dans nos régions, l’armoise maritime ou sanguenite fait le même effet. Elle fleurit sur nos côtes.

– On connaît aussi dans nos jardins la citronnelle (Artemisia abrotanum) à la forte odeur de camphre et de citron, dont la propriété serait d’éloigner les moustiques.

– Et enfin, l’estragon bien connu comme base de tout condiment

– Une dernière utilisation : comme liqueur pour les quatre espèces d’armoise naine des glaciers (herbe appelée génépi en patois savoyard), qui sont les secrets de la Chartreuse et de la Bénédictine.

Et comme toujours, il y a un temps pour tout et notamment il est celui de la cueillette

Les anthropologues rapportent que la cueillette des plantes guérisseuses avait lieu à des dates précises et donnait lieu à des rituels très élaborés, dont on trouve encore les marques dans les folklores du XIXe siècle, particulièrement en Europe Centrale.

Une certaine confusion apparente, des Amériques à l’Afrique noire, et des chamanismes russes et orientaux, fait apparaître ces dates tantôt inversées dans l’année, tantôt dans le mois lunaire. La cause en est astronomique, puisque les saisons sont inversées dans les hémisphères. Par ailleurs, la connaissance de l’astrologie est un plus pour comprendre les rites de ces civilisations que l’on dit archaïques qui, comme l’a rappelé en son temps Jung, est « le premier savoir du monde », unique base de toutes les religions anciennes.

Ainsi, il semble que les plantes à dominante solaire (telle l’héliotrope, la camomille, la marguerite…) doivent être cueillies quand le soleil est au plus haut de sa course, astronomiquement parlant dans sa plus haute déclinaison nord, c’est-à-dire au solstice d’été. Certains peuples s’y préparaient dès la Nouvelle Lune précédente, comme par exemple les Indiens d’Amérique du Nord.

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Cependant, il y a inversion pour les plantes à dominante lunaire qui doivent être cueillies à l’équinoxe de printemps et à la Pleine Lune, à la plus forte attraction lunaire annuelle, correspondant généralement à la plus forte marée. Exemple : le lierre et le gui, lequel était employé comme effet contraire à l’armoise. C’était un secret de bonne femme pour guérir de la stérilité.

Par ailleurs, il faut savoir que chaque plante est régie par une planète et son symbole évoque comment s’en servir pratiquement. Ainsi sont régies par Vénus : la verveine, le seringa, la pivoine, le sureau et la bardane.

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D’autres plantes ont plusieurs gouverneurs, comme les plantes carminatives, ainsi nommées parce qu’elles ont la propriété d’expulser l’air des intestins. L’origine étymologique du mot « carminatif » est un vrai jeu de mots : du latin « carmen » qui signifie « le chant » parce que cette action s’accompagne en général de bruits, mais aussi « carminatum » de « carminare » qui signifie « nettoyer ». Ces plantes carminatives sont gouvernées par Mars, Saturne et Neptune. Ces trois planètes contiennent bien les idées de dépense ou d’évacuation (Mars), de rétractation ou d’assèchement (Saturne) et de vents (Neptune). Parmi les plantes carminatives, il y a le cumin, la plus importante, mais aussi la mélisse, la sauge, l’anis, le carvi, le fenouil et la coriandre. 

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Enfin, toutes les plantes qui sont régies par d’autres planètes que les luminaires participent aux divers rituels des herbes de la Saint-Jean, au solstice d’été. Les cueillettes du solstice d’été donnaient lieu à des réjouissances païennes qui rappelaient les fêtes des cultes gnostiques et l’Eglise les a toujours condamnées sévèrement. Le Concile de Ferrara en 1612 interdit les pratiques de la nuit de la Saint-Jean : amasser de la fougère, semer, couper, arracher des herbes, en faire des ceintures et les porter sous ses habits, ou des couronnes à suspendre aux murs des maisons, des étables et des bergeries. Et par ordonnance du 20 juin 1653, le Consul de la ville de Nuremberg interdit les sauts au-dessus des feux de la Saint-Jean, composés d’herbes et de fleurs.

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Le solstice d’été était donc une fête du Soleil et les feux que l’on allume le jour de la Saint-Jean, ont pour but de soutenir le soleil dans la seconde partie de sa course. Car, de juin à décembre, les jours ne feront que décroître, et le soleil brillera de moins en moins. Les herbes solaires comme le millepertuis, l’héliotrope, l’origan, atteignent la plénitude de leur vertu quand elles sont cueillies en ce jour d’apogée.

D’autre part, la nuit qui précède la Saint-Jean est la plus courte de l’année, et dorénavant les nuits vont croître et la Lune brillera de plus en plus. Toutes les forces participant au principe de l’humidité seront plus vivifiantes. De là ces baignades naturistes qui sont dans les pays scandinaves l’un des rites essentiels de la fête. C’est pour la Lune une sorte de renouveau, et toutes les herbes y participent. Cueillies sous les rayons de la Lune de la Saint-Jean, leurs vertus roboratives sont à l’apogée.

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MUSIQUE ET ASTROLOGIE…

(12 - ASTROLOGIE ET MUSIQUE) par sylvietribut le 16-06-2010

Lyre, Cithare, Harpe, Luth…

La tradition nous rapporte que la lyre fut inventée par Mercure ou par l’une des neuf Muses, Polymnie. C’était l’instrument de musique favori d’Apollon et d’Orphée, aux accents prestigieux. Et c’est aussi depuis toujours le symbole des poètes. Plus généralement, la lyre est le symbole de l’harmonie cosmique : c’est au son de la lyre qu’Amphion bâtit les murs de Thèbes.  

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Polymnie, Erato et Melpomène

Dans la mythologie grecque, Amphion était le fils de Jupiter et d’Antiope, frère jumeau de Zéthos. Tous deux, sur l’ordre de leur oncle Lycos, roi de Thèbes, furent abandonnés enfants sur le mont Cithéron et recueillis par des bergers. Amphion devint alors un grand poète et un musicien, comme Orphée. Orphée avait le pouvoir d’entraîner les animaux par son chant ; Amphion, lui, pouvait par le même moyen déplacer des pierres. En effet, pour venger sa mère, maltraitée par Dircé, il tua celle-ci puis bâtit les remparts de Thèbes uniquement à l’aide de sa flûte et de sa lyre. Uni à Niobé, il en eût plusieurs enfants, les Niobides.

Cette lyre, attribut d’Apollon, symbolise également les pouvoirs de divination qui étaient propres au dieu. Mais en tant qu’attribut des Muses Uranie (l’astrologie) et Erato (la musique), la lyre symbolisait l’inspiration poétique et musicale.

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Amphion par Vigée-Lebrun 

Dans la mythologie grecque, Uranie était la Muse qui présidait à l’astronomie et à l’astrologie, ces deux disciplines étant indissociables chez les Grecs. Elle était la mère de Linos, conçue avec Apollon ou bien Amphimaros. On la représente vêtue d’une robe de couleur d’azur, couronnée d’étoile, et soutenant des deux mains un globe qu’elle semble mesurer, ou bien ayant près d’elle un globe posé sur un trépied, et plusieurs instruments de mathématiques. Elle est assistée par les Ouranies, les nymphes célestes. Selon Catulle, Bacchus la rendit mère d’Hymen.

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Uranie

Dans l’iconographie chrétienne, la lyre évoque la participation active à l’union béatifique. Ce rôle est celui de la harpe de David. Les sept cordes de la lyre correspondraient aux sept planètes : elles s’accordent dans leurs vibrations, comme celles-ci dans leurs révolutions cosmiques ; quand le nombre de cordes fut élevé à douze, on voulut y voir une correspondance avec les douze signes du zodiaque.  La notion d’harmonie s’exprime aussi par les harpes « des vainqueurs de la bête de l’Apocalypse ».  

Se fondant sur le récit mythologique de l’invention de la lyre, Jean Servier (*) considérait la lyre comme un autel symbolique unissant le ciel et la terre. Mercure, ayant volé les bœufs à Apollon, couvrit de la peau de l’un d’eux une carapace de tortue, fixa une paire de cornes à celle-ci et tendit des cordes boyaux sur cette caisse de résonance. « Or, dans les civilisations méditerranéennes, le bœuf représente le Taureau céleste… Faire vibrer la lyre, c’est faire vibrer le monde. Les noces cosmiques s’accomplissent, la terre est fécondée par le ciel ; il pleut sur les champs et les flancs des femelles s’alourdissent. Tous les instruments de musique semblent avoir été autant de moyens d’accéder à l’harmonie secrète du monde ». 

(*) Jean Servier était professeur d’ethnologie et de sociologie à la faculté de Montpellier. 

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(2.4 - COLLECTIONS) par sylvietribut le 27-05-2010

  

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Cadran solaire représentant Johann Lichtenberger – Astrologue de Frédéric III (1493)                                                                                                                                      

Meridiana che representa Johann Lichtenberger – Astrologo di Federico III (1493)

 

« Un astrologue ne saurait avoir le privilège de se tromper toujours ».  Voltaire                              

« Un astrologo non avra il privilegio di sbagliarsi sempre » Voltaire

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MALICIEUX GEMEAUX

(5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 22-05-2010

             Son graphisme glyphe-des-gemeaux

Le graphisme des Gémeaux est formé de deux lignes verticales réunies à leurs extrémités par deux barres horizontales : les verticales  pour l’esprit,  les horizontales pour la matière. Esprit et matières’opposent en Gémeaux dont le graphisme rappelle le symbole mathématique II (Pi).

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Le graphisme des Gémeaux évoque aussi la dualité des Gémeaux et la bipolarité, de même que les deux lobes pulmonaires expriment le processus respiratoire qui est également double : l’inspiration et l’expiration.

Ce graphisme figure des jouvenceaux de la légende grecque : Castor et Pollux.  

            Ses symboles

Les Gémeaux sont le symbole de la dualité dans la ressemblance et jusque dans l’identité. C’est l’image de toutes les oppositions intérieures et extérieures, contraires ou complémentaires, relatives ou absolues, qui se résolvent dans une tension créatrice. La phase des Gémeaux s’achève en débouchant sur l’épanouissement de l’été.

C’est le troisième signe du zodiaque, se situant avant le solstice d’été. Signe de Mercure, c’est le symbole double des contacts humains, des transports, des communications, des contingences du milieu dans lequel on vit, de la polarité, même sexuelle. Certains zodiaques représentent ce signe, non par l’image habituelle de deux enfants se tenant la main, mais par un homme et une femme et, même dans le zodiaque copte, par deux amants.

Deux éphèbes enlacés représentent ce signe, dit double, qui nous introduit dans le monde des contraires polaires : masculin-féminin, ténèbres-lumière, sujet-objet, intérieur-extérieur, conscient-inconscient. C’est en quoi il est en affinité avec Mercure, ce messager pourvu d’ailes aux pieds et portant en emblème le caducée.

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            Ses mythes

Castor et Pollux sont nés de l’œuf pondu par Léda après qu’elle fut fécondée par Jupiter qui avait pris la forme d’un cygne pour mieux la séduire. L’un tient à la main la lyre d’Apollon, symbole d’harmonie, l’autre la massue d’Hercule, symbole de la force agissante.

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Les deux enfants sont présents sous différents noms dans les mythes qui évoquent la création de l’humanité et dans les mythes fondateurs, telle la légende de la fondation de Rome avec le couple des jumeaux que forment Romulus et Remus.

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On trouve aussi dans la Bible deux jumeaux célèbres : Jacob et Esaü. Et dans l’Evangile, on rencontre Jean et Jacques.

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Les retrouvailles entre Jacob et Esaü 

            Sa psychologie

La caractérologie en fait un type primaire qui peut être soit nerveux, soit sanguin.

Signe Positif, c’est un extraverti.

Signe double, le dilemme Gémeaux : il est à la fois lui-même et les autres, ce qui lui donne l’art inné d’exprimer les sentiments, les pensées d’autrui, ainsi les autres se retrouvent-ils en lui.

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Les Apôtres Jean et Jacques – Duccio di Buoninsegna – Musée de l’œuvre du Dôme – Siena

 

Signe Mutable, parce qu’il apparaît alors que le printemps s’achève et que l’été est presque là. On est en pleine transition, mutation. Plein de projets, le Gémeaux est impatient de réaliser. Il est rapide, mobile, en perpétuelle mutation.

Signe d’Air, l’Air des Gémeaux ressemble au vent qui fait bouger les feuilles, un rien l’éveille, le met en alerte, mais très émotif, il ne contrôle pas toujours son tempérament nerveux et il lui est difficile de se concentrer.

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Signe de l’esprit, de la pensée logique et de l’acquisition des connaissances, l’Air étant à la mutabilité, on imagine que le sujet Gémeaux sera difficile à saisir et à décrire. C’est en effet un signe de grande liberté qui peut aller jusqu’à une inconstance quasiment névrotique, le point de vue changeant d’un jour à l’autre, évitant consciencieusement d’aboutir à une conclusion qui serait fatalement ressentie comme limitative et emprisonnante. En fait, le problème Gémeaux c’est un divorce entre l’esprit et les émotions : difficulté à exprimer des sentiments car on les raisonne ou on les étudie sous tous les aspects. Ce conflit de base provoque chez le sujet Gémeaux des changements d’humeur inattendus.

Et si le Gémeaux était… 

Un animal… il ne pourrait qu’être petits-singes singe ou fouine-2 fouine, papillon-38 papillon aussi

bouleau Un arbre, ce serait un bouleau 

Une plante, le genévrier genevrier

Et si c’était une fleur, ce serait muguet du muguet, gypsophile du gypsophile, lilas du lilas…

Un condiment, il serait anis anis… Sa saveur est acidulée et son parfum serait celui du citron vert citron-lime ou lime…

S’il était pierre, il serait beryl1 béryl, lepidolite lépidolite ou sardoine sardoine. 

Un métal… vif-argent-mercurele vif-argent ou mercure bien sûr.

 

Un instrument de musique, il serait hautbois-du-bas-languedoc hautbois…

Il ne peut avoir une couleur unie, ses couleurs sont couleurs-melangees mêlées, changeantes, moire moirées, mosaique mosaïques et ecossais écossais.

 

S’il était objet de collection…  jeux-de-societedes jeux, tous les jeux, ou casse-tete-chinois des casse-tête chinois.

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DANS LA SYMBOLIQUE TAUREAU… UNE PIERRE… L’EMERAUDE

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 08-05-2010

Verte et translucide, l’émeraude est la pierre de la lumière verte, ce qui lui confère à la fois une signification ésotérique et un pouvoir régénérateur.

Le mot « émeraude » proviendrait du latin « smaragdus », une déformation du mot perse « zamarat » qui signifie « cœur de pierre ». Comme d’autres pierres précieuses, mythes et légendes se mêlent à la réalité historique lorsqu’on évoque l’émeraude. Sa présence est attestée à Babylone au IIe millénaire avant Jésus-Christ, où elle servait de monnaie d’échange. Dans l’Antique Egypte, près de la Mer Rouge, se trouvaient des mines d’émeraude. Ces mines de Djebel Zabarah, redécouvertes en 1816 par un explorateur français, ont été abusivement surnommées « mines de Cléopâtre ». Elles étaient déjà épuisées, mais elles ne contenaient probablement que des gemmes de piètre qualité. 

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Dans l’Antiquité, des auteurs comme Théophraste, Hérodote ou Pline l’Ancien mentionnent la présence d’émeraudes et décrivent parfois des statues, des colonnes ou des obélisques taillées dans cette pierre. On sait maintenant que ce n’étaient pas de véritables émeraudes ; en effet, en ces temps reculés, d’autres pierres aux reflets verts pouvaient facilement donner le change et il existait même des imitations, notamment en verre. En revanche, il est probable que des statuettes aient été taillées dans des blocs de minéraux à l’état brut, de moindre qualité.

A l’époque romaine, on évoque une lame d’émeraude utilisée comme instrument optique par l’empereur Néron qui s’en servait pour corriger sa myopie pour observer les combats des gladiateurs. A cette époque, on connaissait seulement la mine d’Habachtal en Autriche. Découverte par des tribus celtes, elle a également été exploitée par les Romains.

Il faut également évoquer la légende de Cyprus racontée par Pline. Il aurait existé la statue d’un lion en marbre et aux yeux d’émeraude. Cette statue faisait face à la mer et était source de problème car l’éclat des émeraudes perçait la surface de la mer et faisait fuir les poissons, d’où la ruine des pêcheurs locaux. Ils finirent par comprendre qu’ils devaient déplacer la statue. Et effectivement, peu après, les poissons revinrent aussi nombreux qu’avant.

Au XVIe siècle, les Espagnols découvrent en Amérique du Sud de nouveaux gisements, principalement en Colombie. La mine de Chivor sera exploitée à partir de 1545 et celle de Muzo en 1560. Il existe d’ailleurs une légende inca : Tena, abusée par le mal incarné Sarb, trompa un jour son mari, le roi indien Fura. Ce dernier, fou de chagrin, mourut, désespéré. La malheureuse reine, après avoir repris ses esprits, consciente du désastre, monta sur la montagne pour y pleurer de désespoir pendant des jours et des jours. Les dieux eurent pitié de la reine. Ils élevèrent deux hautes montagnes et transformèrent Sarb en « rio minero », le fleuve qui coule aujourd’hui dans la vallée de Muzo. Les larmes innombrables de la reine se changèrent, quant à elles, en émeraudes.

Pour les Mezzo-Américains, l’émeraude était associée à la pluie, au sang, et çà tous les symboles du cycle lunaire. Elle constituait un gage de fertilité. Les Aztèques la nommaient quetzalitzli et l’associaient donc à l’oiseau quetzal aux longues plumes vertes, symbole du renouveau printanier. Elle était de ce fait liée à la direction Est, et à tout ce qui touchait le culte du Dieu-Héros Quetzealcoatl. Elle se distinguait du jade vert en ce qu’elle ne recouvrait pas, comme celui-ci, les rites sanglants offerts aux grandes divinités Huitzilopochtli et Thaloc, qui personnifiaient le soleil de midi et les non moins implacables orages tropicaux.  

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Ce sens bénéfique est aussi attesté en Europe selon une superstition qui attribua longtemps à l’émeraude la vertu miraculeuse de hâter l’enfantement. Par extension, elle aurait eu des vertus aphrodisiaques signalées par Rabelais.

En Inde, la pierre du « Grand Moghol », découverte en 1695, pèse 217,80 carats. Elle mesure environ 10 cm. Elle porte des inscriptions religieuses. Elle aurait été acheté pour 2,2 millions de dollars par un anonyme.

Jusqu’au début du XXe siècle, on appelait également « émeraude orientale » une pierre très différente : le corindon vert, dont la composition s’apparente à celle du rubis et du saphir.

Pour les alchimistes, l’émeraude était la pierre d’Hermès/Mercure, le messager des dieux et le grand Psychopompe. Ils appelaient aussi émeraude la rosée de Mai, mais cette rosée de Mai n’était elle-même que le symbole de la rosée mercurielle, du métal en fusion ou moment où, dans la cornue, il se transforme en vapeur. Ayant la propriété de percer les plus obscures ténèbres, elle donna son nom à la fameuse table d’Emeraude attribuée à Apollonius de Tyane, et qui renfermait « le Secret de la Création des Etres, et la Science des Causes de toutes choses. La tradition hermétique voulait aussi qu’une émeraude fût tombée du front de Lucifer pendant sa chute.

Sous son aspect néfaste elle est associée, dans le lapidaire chrétien, aux plus dangereuses créatures de l’enfer.

Les traditions populaires du Moyen Age conservent, cependant, à l’émeraude, tous ses pouvoirs bénéfiques auxquels se mêle nécessairement un peu de sorcellerie.  

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Pierre mystérieuse, et donc dangereuse à celui qui ne la connaît pas, l’émeraude a été un peu partout sur terre considérée comme le plus puissant des talismans. Issue des enfers, elle peut se retourner contre les créatures infernales, dont elle connaît les secrets. C’est pourquoi on dit en Inde que la seule vue d’une émeraude cause une telle terreur à la vipère ou au cobra que leurs yeux sautent hors de leur tête. Attachée au bras gauche, elle protègerait de la fascination. Selon un manuscrit gothique d’Oxford, elle donne la liberté au prisonnier, mais à la condition qu’elle soit consacrée, c’est-à-dire amputée de ses forces malignes.

Dans la vision de Saint Jean apparaît siégeant sur son trône « comme une vision de jaspe vert ou de cornaline ; un arc-en-ciel autour du trône est comme une vision d’émeraude ». Le Graal est un vase taillé dans une énorme émeraude.

Pierre de connaissance secrète, l’émeraude revêt donc, comme tout support de symbole, un aspect faste et un aspect néfaste, ce qui dans les religions du bien et du mal, se traduit par un aspect béni et un aspect maudit, comme par exemple avec Lucifer. Et nous en trouvons une précise illustration dans la statuette équestre de Saint Georges, du Trésor de Munich, précieuse pièce d’orfèvrerie baroque, dans laquelle le saint, vêtu de saphir, la couleur céleste, et monté sur le cheval blanc solaire, terrasse un dragon d’émeraude. Dans cet exemple issu de la tradition chrétienne qui a progressivement séparé les valeurs ouraniennes et chthoniennes, faisant des premières le Bien et des secondes le Mal, le bleu du saphir s’oppose au vert de l’émeraude, qui symbolise la science maudite. Pourtant, l’ambivalence symbolique de l’émeraude n’est pas exclue des traditions chrétiennes puisqu’elle est aussi la pierre du Pape.

Le Moyen Age chrétien avait conservé certaines croyances égyptiennes et étrusques, selon lesquelles l’émeraude, placée sur la langue, était censée permettre d’appeler les mauvais esprits et de converser avec eux ; un pouvoir de guérison par attouchement lui était reconnu, notamment pour les affections de la vue ; c’était la pierre de la clairvoyance, comme de la fertilité et de l’immortalité. A Rome, elle était l’attribut de Vénus et en Inde, elle confère l’immortalité.

Cratophanie élémentaire, l’émeraude est en somme une expression du renouveau périodique, et donc des forces positives de la terre ; elle est en ce sens un symbole de printemps d’où son rapport avec le Taureau, de la vie manifestée, de l’évolution, s’opposant aux forces hivernales, mortelles, involutives ; elle est considérée comme humide, aqueuse, lunaire et s’oppose à ce qui est sec, igné, solaire. C’est ainsi qu’elle s’oppose au saphir. Mais elle agit aussi, non plus allopathiquement mais homéopathiquement, sur d’autres expressions chthoniennes, néfastes celles-là.

L’émeraude est la pierre par excellence des Mages car elle favoriserait les entreprises d’amour, facilitant aussi la divination et les songes prophétiques. Elle donnerait également de la vigueur aux vieillards et apaiserait les épileptiques. Consacrée à Vénus, elle est appelée « pierre de chasteté » car elle se brise quand son possesseur commet un acte contraire aux bonnes mœurs. De ce fait l’émeraude serait censée protéger le mariage et accroître la fertilité et aider aux accouchements. A Rome, elle était symbole d’amour.

Dans l’Egypte antique, l’émeraude est porteuse du symbole d’immortalité. Symbole d’espoir et de vie éternelle, la couleur verte de l’émeraude est choisie comme emblème de l’Islam. Dans la tradition musulmane, c’est le trône sur lequel repose la plume et la table du coran. C’est également une émeraude qui orne les tiares papales.

Par ailleurs, on dit que l’émeraude protège les blonds, ainsi que les marins, les escrocs et les trafiquants.

Dans le folklore français, l’émeraude symbolise quarante années de mariage.  

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

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