DANS LES TENEBRES DE PLUTON

(5.3.91 - PLUTON) par sylvietribut le 26-10-2010

Un peu d’Histoire

Pluton fut découvert en 1930, par Percy Lowell, à l’occasion de prises de vues scientifiques. La découverte de Pluton coïncide avec les terribles événements qui devaient survenir au cours des années 30, en particulier l’avènement de dictateurs d’un type nouveau, tels qu’Hitler, Staline et Mao. C’est aussi l’arrivée de nouvelles armes de destruction massive terrifiantes, celles qui, utilisant la fission de l’atome, peuvent provoquer un cataclysme et détruire notre planète.

Son graphisme

pluton-glypheIl fait penser à un petit bonhomme stylisé qui marcherait la tête en bas.

Au plan astronomique

Avec ses 2 354 km de diamètre, Pluton est la plus petite planète du système solaire. Pluton se trouve au-delà des géantes gazeuses que sont Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Mais Pluton est probablement le plus grand élément d’une autre ceinture d’astéroïdes. 

pluton

Pluton gravite autour du Soleil en 248,6 ans ; son orbite elliptique l’amène plus près de la Terre que Neptune pendant un bref laps de temps. Elle se trouve à 5 906 millions de kilomètres du Soleil. On ne peut l’observer qu’avec un télescope très puissant.

Sa mythologie

Divinité souterraine, Pluton est le dieu romain des Enfers, l’Hadès grec. Ce dieu, dont le nom était dérivé du mot grec « Ploutos » signifiant « richesse », était la personnification divine de la Fécondité de la terre, le garant de l’abondance des récoltes ; on lui donnait aussi le nom de « Dis Pater », Père des Richesses. Pour les Romains, il avait un caractère redoutable et on lui sacrifiait des animaux au pelage sombre, brebis ou porcs noirs, et on vouait à son courroux inflexible tous les condamnés à mort.

Fils de Saturne et de Rhéa, après le partage de l’Univers en trois parties, Pluton acquit la possession souveraine sur le monde inférieur tandis que son frère Jupiter régnait sur les cieux et Neptune, son autre frère, sur les mers. Il était l’époux de Perséphone qu’il enleva à sa mère Déméter.

Justicier impitoyable, il est assis au fond des Enfers sur un trône et tient dans sa main un sceptre avec lequel il gouverne sans pitié les âmes des morts qui peuplent son sombre et inconnu royaume : les maudits sont rassemblés dans le Tartare et les justes dans les Champs-Elysées. Pluton n’était donc pas le diable, mais le justicier suprême, celui qui peut punir, mais aussi récompenser. Il régentait donc à la fois le Purgatoire, l’Enfer et le Paradis. Il avait aussi un rôle fécondant, sous le nom de Frugifer et faisait germer le blé qui meurt en terre pour renaître en moissons. Ce côté d’abondance lui a valu de représenter les richesses, d’où le nom de « ploutocratie » encore employé pour désigner un capitalisme envahissant. 

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Il porte sur la tête un casque qui le rend invisible ; les Cyclopes lui en firent don et lui-même il le prête parfois aux héros des légendes auxquels il a décidé d’accorder aide et protection. Entouré des divinités des Enfers, ses servantes, ses messagères, il dicte à la Terre la terrible loi de la mort. Pourtant, tout comme son épouse Perséphone, terrible déesse aux Enfers, mais douce aux hommes de la Terre, auxquels elle apporte fertilité et abondance des moissons, Pluton était invoqué par les agriculteurs et on le représente aussi sous les traits d’un dieu placide, tenant d’une main une corne d’abondance et de l’autre des instruments aratoires.

Pluton gouverne donc un processus qui est d’abord une destruction : la semence enfouie en terre, qui pourrit, se transforme et devient une nouvelle plante. Pluton ne crée pas, mais transforme après une période de mort apparente, d’où une indiscutable analogie avec les significations du Scorpion et de la Maison VIII.

Au cours de ses séjours sur la Terre, Pluton commet toujours quelques infidélités avec les mortelles ou les nymphes de la végétation et des bois.

La double attribution de la Mort et de la Vie revêtue par Pluton est, dans la mythologie, commune à presque toutes les grandes divinités des Enfers.

Au plan psychologique

Dans la psychologie de Jung, Pluton représente, selon André Barbault, l’inconscient collectif, les énergies primitives que nous devons domestiquer si nous ne voulons pas qu’elles nous dévorent. C’est ce qui tend à se produire en cas de fortes dissonances : le sujet tend alors à vivre dans un climat de crise, de révolution permanente, d’autodestruction, gouverné malgré lui par les instincts de la mort, la néantisation de la vie intérieure.

En caractérologie

Le Plutonien est un solitaire imbu de sa puissance et prêt à tout pour l’accroître, cherchant à agir sur les masses et à les manœuvrer.

Au plan psychanalytique

Pluton est le prince des ténèbres. C’est le symbole des profondeurs de nos ténèbres intérieures qui rejoignent la nuit originelle de l’âme, c’est-à-dire les couches les plus archaïques de la psyché.

Quand Jung déclare que l’homme civilisé traîne encore derrière lui la queue d’un saurien, il fixe l’image infernale de cette région ancestrale de l’individu que gouverne cette planète.  

saurien

C’est le clavier des tendances affectives du stade sado-anal avec les forces du mal : le noir, le laid, le sale, le mauvais, la révolte, le sadisme, l’angoisse, l’absurde, le néant, la mort… De même, nous touchons à ce même clavier quand Jung nous engage à rencontrer notre dragon, nous invitant à développer la conscience de l’invisible, à nous assurer la possession de nos trésors enfouis, à dégager l’accès vers les richesses cachées, à découvrir ses arcanes les plus secrètes, pour son accomplissement spirituel ou sa réalisation métaphysique. L’alignement du Moi sur les vérités les plus profondes de l’être donne le pouvoir, sinon une volonté de puissance occulte, qui a le dernier mot dans les affaires humaines. En revanche, si l’être refuse ces besoins vitaux les plus fondamentaux, des fermentations intérieures détruisent l’équilibre et, par des catastrophes qui dérobent le sol sous nos pieds, Pluton ouvre le gouffre prêt à précipiter l’homme et à l’y engloutir : c’est la saison en enfer.

En astrologie

Octave supérieur de Mars, Pluton est en affinité avec le Scorpion qui est son domicile et le Bélier où la planète est en exaltation. Elle est en affinité avec l’Eau, la couleur noire et le Plutonium. Sa nature est assez contradictoire, car elle dirige l’homme vers les sommets les plus inaccessibles de la spiritualité ou vers les profondeurs les plus insondables de la déchéance. Elle est extrémiste en tout et ne supporte aucun compromis.  

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Planète de la mort et de la réincarnation, elle gouverne les principes de transformation, de régénération ou de dégénérescence, de mystère et de disparition, de sacrifice et de destruction. Les dictatures, le banditisme et la violence intériorisée sont en relation avec Pluton. Elle indique également les trésors secrets, notamment ceux que recèlent notre corps et notre esprit sous forme de centres d’énergie latents et insoupçonnés.

Pluton signifie la force, la continuité dans le changement. Pluton est au début et à la fin de toutes choses. Cette planète a une fonction de renouvellement.

Cette planète incarne la force qui préside aux grandes mutations des ères géologiques et des espèces, les profondeurs de la matière, le monde atomique, la conquête de l’espace, le laser et la chirurgie du cœur, les transplantations. C’est le symbole de la reconstitution radicale, sur de nouvelles bases, rejetant les éléments nuisibles ou superflus. Ses effets paraissent souvent aussi soudains et imprévus que ceux d’Uranus et de Neptune. Mais contrairement à celle de ces deux planètes, son influence s’avère nettement plus bénéfique et animée d’un profond sentiment de justice, bien qu’elle puisse paraître immorale ou anormale, étant au-dessus de nos conventions humaines.

Même favorablement situé dans un thème, Pluton exprime la volonté de puissance, et celle-ci souvent se manifeste de façon implacable. Il ne s’adapte pas, n’admet pas de demi-mesures, ne veut pas de partenaires, mais des êtres soumis. Il ne capitule jamais ; il n’y a pour lui qu’une solution, la victoire ou la mort. Autrefois, on avait peur de ce dieu, représenté comme sombre et rébarbatif qui apportait autour de lui un climat souvent marqué d’hostilité.

Il y a en Pluton une ambivalence fondamentale : il est le juge que nous rencontrons toujours à un moment de notre existence. Lié à Saturne, ce juge nous déclare coupable. Il peut aussi nous aider dans notre évolution, mais il le fait très durement. Il nous ouvre la clef d’un autre monde, si nous acceptions en quelque façon de mourir comme la graine, mais symboliquement, et de nous recréer. Pluton en effet ne crée pas, il recrée. Dans cette transformation, il y a risque d’anéantissement, de réduction à l’état de déchet, de scorie. On pourrait dire que Pluton est à la fois la part de la vie dans la mort et de la mort dans la vie. 

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Dans un thème natal, Pluton représente les valeurs d’angoisse et toutes les activités destructrices ou constructives qui s’exercent à l’intérieur de soi ; c’est un facteur de régénérescence, de crise et de bouleversements. Pluton symbolise l’instinct de conservation, les destructions nécessaires pour que du neuf puisse surgir. Il règle les fonctions d’élimination. Psychologiquement, Pluton incite à l’engagement mais témoigne parfois de tendances suicidaires. Il présume aussi bien un formidable pouvoir de récupération que des tendances dépressives.

Symboliquement, Pluton est un réceptacle de forces mystérieuses : la force germinative, la force du noyau atomique, la puissance du sexe, toutes les énergies bouillonnantes et souterraines dont l’emploi maladroit peut déclencher les pires catastrophes, et qui sont l’envers du monde des apparences. C’est le dragon gardien du seuil dans des traditions occultes.

C’est la planète la plus éloignée de notre système solaire. Cette distance lui confère des caractéristiques d’obscurité et de mystère qui lui assignent d’emblée les domaines de l’inconscient et du monde souterrain. Pluton est la planète-maîtresse des transformations profondes, des révolutions irréversibles, des instincts ancestraux, des obsessions, des pulsions et des possessions, des crimes et par là même de la psychologie moderne. 

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Les individus sous l’influence plutonienne manifestent un intérêt passionné pour les mystères de la vie et de la mort. Ils sont dévoués, patients et obstinés. Parmi eux, on trouve souvent des occultistes, des magnétiseurs, des mystiques, des chercheurs scientifiques. Ce sont toujours des réformateurs et innovateurs.

Pluton exerce son influence sur les mineurs de fond, les prospecteurs, les détectives et les espions. Ses vibrations les plus élevées sont perçues par l’occultisme, l’alchimiste, le magicien blanc, le guérisseur et l’exorciste. Autrefois, les chevaliers qui partaient à la quête du Graal exprimaient, lorsque leur idéal était pur, une mode de pensée et d’action propre à Pluton.

Quant aux caractéristiques négatives de cette planète, on peur les rencontrer dans les gouvernements totalitaires, la musique violente et l’armement nucléaire ; ses aspects les plus dangereux sont représentés par la magie noire, l’envoûtement, les sacrifices rituels de certaines sectes qui vont jusqu’au suicide collectif et la recherche égoïste de pouvoirs personnels liés à un entraînement psychique.

En astrologie mondiale, on dit que Pluton est en rapport avec les masses. En fait, il ne les gouverne pas, mais gouverne leur utilisation, leur « viol ». Avec Pluton, il y a la tentation de la puissance à tout prix, recherchée pour des buts uniquement matériels ou sexuels, ce qui risque de rendre esclave de cette force déchaînée et d’ouvrir des précipices sous les pas du Plutonien, lequel doit plus que tout autre s’initier à ses propres forces secrètes.

Au plan physiologique

Pluton régit l’appareil génital, le rectum, l’anus, la sphère abdominale et pelvienne.

Pluton est la planète réputée la plus nocive du zodiaque. En fait, le dynamisme apporté par la planète est considérable, la vitalité énorme, la longévité au-dessus de la moyenne, et il faut de très mauvais aspects pour qu’elle induise un processus grave.

Pluton dirige tous les processus de destruction et d’inversion ainsi que la décomposition organique : gangrène, nécrose et les tumeurs malignes.

La pathologie psychique de Pluton est l’agressivité sous toutes ses formes.

Sur le plan pathologique, Pluton peut correspondre à des maladies mystérieuses qui apparaissent et disparaissent apparemment sans raison. Parmi les troubles plus « compréhensibles », nous pouvons citer les ulcères, certains types de cancers et de tumeurs, les leucémies, les maladies vénériennes et, de manière générale, les affections des organes génitaux. Les risques d’intoxications sont assez marqués, ainsi que toutes les difficultés qu’éprouve le corps pour éliminer les toxines.

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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LES RUMINATIONS DU TAUREAU

(5.2 -Ballade à travers les signes) par sylvietribut le 20-04-2010

            Son graphisme _

Le graphisme du Taureau représente l’œuf du monde : le contenant de tous les ferments de la vie à venir. Il représente aussi la coupe qui reçoit la vie de l’esprit créateur.  Ainsi le cercle du Taureau est formé du disque solaire : principe masculin, positif, actif. Il est surmonté de la coupe lunaire : principe féminin, force en puissance.

le-taureau-3 Le Taureau – Johfra Bosschart – Peintre Hollandais

           

          – Ses symboles

Animal prolifique, il évoque la puissance et la force contenue. La coupe supérieure symbolise l’extrême réceptivité du signe et le cercle, sa prodigieuse mémoire. Second signe du zodiaque, de l’année astrologique, le Taureau est le symbole de la force créatrice. Il évoque aussi bien la puissance que le mâle impétueux. Le symbolisme du Taureau est également lié à celui de l’orage, de la pluie et de la Lune. Le Taureau et la foudre ont été, de bonne heure (dès 2400 ans avant J. C.), les symboles conjugués des divinités atmosphériques, le beuglement du taureau étant assimilé, dans les cultures archaïques, à l’ouragan et au tonnerre. Le Taureau est aussi symbole d’une grande puissance de travail, de tous les instincts, et principalement celui de conservation, de sensualité et d’une propension exagérée pour les plaisirs. Ce signe est gouverné par Vénus et sa couleur est le vert pré. 

            Ses mythes

 

apis-bull-egyptEn Egypte, le taureau Apis était consacré à Osiris, le Soleil, mais portait entre ses cornes le croissant de la Lune. Isis, sa sœur et son épouse, était, elle, ornée des cornes de la vache supportant le disque solaire. Le Taureau symbolisait ainsi l’union d’Isis et d’Osiris : la synthèse des forces génératrices de la nature.

En Grèce, il est le terrible Minotaure, gardien du labyrinthe rejoignant la richesse incarnée par le Veau d’Or de la Bible. A eux deux, ils symbolisent la tentation, toujours renaissante, de diviniser les désirs matériels : appropriation des richesses, soif de pouvoir, empire des sens.

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C’est aussi l’épisode des vaches grasses et des vaches maigres évoquées également dans la Bible.

saint-luc-et-le-taureau-antrain C’est un taureau qui accompagne toujours Saint Luc l’Evangéliste.

Dans la tradition grecque, les taureaux indomptés symbolisaient le déchaînement sans frein de la violence. C’étaient des animaux consacrés à Poséidon/Neptune, dieu des océans et des tempêtes, à Dionysos, dieu de la virilité féconde.

C’est la forme d’un taureau, d’une blancheur éclatante, que prend Zeus/Jupiter pour séduire la belle Europe.

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                                      Zeus et Europe – Palais de la Farnesina à Rome

C’est en génisse que Zeus transforme Io pour la soustraire, en vain, à la vengeance de sa femme Hera.

Autre épisode de la mythologie, Héphaïstos avait forgé deux taureaux vigoureux et violents, aux sabots d’airain, soufflant le feu par les nasaux, apparemment indomptables. Jason devait sans aucune aide leur imposer le joug pour pouvoir conquérir la Toison d’Or ; cette condition signifiait que le héros devait avoir dompté la fougue de ses passions, avant de s’emparer de ce symbole de la perfection spirituelle, c’est-à-dire qu’il devait avoir sublimé ses désirs instinctifs.

Dans le temple de Salomon, douze taureaux portent la mer de bronze, destinée à contenir l’eau lustrale. 

            Sa psychologie

Dans la symbolique analytique de Jung, le sacrifice du Taureau représente le désir d’une vie de l’esprit qui permettrait à l’homme de triompher de ses passions animales primitives et qui, après une cérémonie d’initiation, lui donnerait la paix. Le Taureau est la force incontrôlée sur laquelle une personne évoluée tend à exercer sa maîtrise. L’engouement pour les corridas s’expliquerait peut-être, aux yeux de certains analystes, par ce désir secret et inavoué  de tuer la bête intérieure ; mais il se produirait comme une substitution et la bête sacrifiée à l’extérieur dispenserait du sacrifice intérieur ou donnerait l’illusion, par la médiation du toréador, d’une victoire personnelle.

Certains analystes ont vu aussi dans le Taureau l’image du père déchaîné, à  l’exemple d’Ouranos que son fils Chronos se détermina à châtrer. Autre forme du complexe d’Oedipe : tuer le Taureau, c’est supprimer le père.

Signe négatif, c’est un introverti. Signe Féminin parce que la Lune y est exaltée, rappelant sa double nature procréatrice et amoureuse. C’est d’ailleurs le croissant de lune qui forme les cornes du Taureau.

Au Taureau, il faut des plaisirs concrets. Le Taureau est le mal nommé du zodiaque car c’est une génisse porteuse dans ses flancs de toute la féminité du monde, règne de Vénus, planète et déesse de l’amour, à l’image des premières grandes déesses, mères et séductrices, telles Ishtar, Astarté, Aphrodite.

mithra-sacrifiant-le-taureauInséparable pourtant, dans sa dimension mythologique, le taureau sacrifié par Mithra dont le sang possède lui aussi un rôle fécondant. Par le sang, par le sperme, par la terre, par la graine et la semence, par l’ovule, il y a la vie. Nous sommes au cœur de la puissance d’Eros. Vache ou taureau, de toute façon, les mythes évoquent fécondité, animalité, puissance instinctive. 

Signe Fixe. C’est un ruminant psychique, il assimile lentement. Il remâche le passé et possède une grande mémoire. De nature paisible, il a un rythme physiologique lent. Attelé au travail, il avance régulièrement, utilisant sa puissance pour renverser les obstacles. Il peut assumer de lourdes responsabilités, mais il ne sait pas dételer et devient l’esclave de son travail.

Résolu, obstiné, patient, le Taureau est lent à s’engager mais ne revenant plus sur ses choix, il est fidèle en amitié et en amour.

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Signe de Terre. Cette terre du Taureau,  c’est la nature nourricière, fécondante et maternelle de la Lune.

 

 

Et si le Taureau était… 

Un animal… ce pourrait être un ours  WD002091 un crapaud crapaud-dans-lherbe et bien sûr boeuf-ugo un bœuf

Si c’était une plante, ce serait un chou chou-vert un rhododendron rhododendron

Une fleur… bouton-de-rose une rose ou pivoine-rose une pivoine

Un arbre fruitier… de préférence pommier-en-fleurs le pommier

Les couleurs du Taureau… rose-indien-et-vert-pre le rose indien ou le vert pré

Si le Taureau était un métal ce serait du cuivre pepite-de-cuivre

Et une pierre précieuse… coeur-demeraude l’émeraude

Si c’était un parfum, ce serait du musc musc-indien ou une tubéreuse tubereuses-blanches

Une saveur… elle serait grasse beurre ou sucrée barbe-a-papa

Si c’était un instrument de musique, ce serait cor-dharmonie1 le cor d’harmonie, basson le basson, ou le très populaire accordeon-diatonique-redon accordéon.

Enfin, si le Taureau était un objet de collection… ce serait objets-en-cuivre des cuivres… ou des masques la-bottega-delle-maschere-ezio-merlante comme sur l’aquarelle d’un peintre turinois Ezio Merlante… ou encore outils une collection d’outils

 

 

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POUR LE BELIER C’EST PEUT-ETRE SANS TAMBOUR MAIS AVEC TROMPETTE

(12 - ASTROLOGIE ET MUSIQUE) par sylvietribut le 19-04-2010

Les premières trompettes ont été inventées dans l’Antiquité. Elles apparurent en Egypte, il y a plus de trois mille ans. Deux trompettes ont d’ailleurs été retrouvées dans le tombeau de Toutânkhamon. En Grèce, la trompette était appelée salpinx et était considérée comme une discipline olympique. On y trouvait trois épreuves : le son le plus fort, avec le plus de décibels, le son portant de loin et le son le plus aigu. A Rome, on utilisait le cormu ou buccina et le lituus ; les Celtes utilisaient le carnyx.

La trompette, instrument de musique, était utilisée pour régler les principaux moments du jour ou bien annoncer les grands événements historiques et cosmiques : le Jugement dernier, l’assaut, une cérémonie solennelle. Une circumambulation silencieuse alternant avec les sons de trompe fit s’effondrer les murs de Jéricho.

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Les armées romaines connaissaient et pratiquaient cette alternance terrifiante du silence profond et du concert aigu des trompettes.

Souvent les anges sont représentés sonnant de la trompette. L’Athéna salpinx (joueuse de trompette) d’Argos est évidemment dotée d’une trompette. Cet instrument associe le ciel et la terre dans une célébration commune. Et le début d’une bataille revêt toujours un caractère sacré : d’où l’usage à la fois religieux et militaire de cet instrument métallique.

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Chez les Grecs, la trompette sert à rythmer la marche dans les grandes processions… Elle a un pouvoir d’évocation : à Lerne, dans les fêtes de Dionysos, on pense faire sortir le dieu des marais en soufflant dans des trompettes cachées par les Thyrses ; Plutarque compare ce rite à la fête juive des Tabernacles où l’on place également les trompettes sacrées entre les rameaux.

A Rome aussi la trompette est un instrument essentiel dans les cérémonies religieuses : deux fois par an, on procède à la lustration des trompettes sacrées. Aux sacrifices, aux jeux publics, aux funérailles, ainsi que dans les défilés triomphants, on sonne de la trompette.

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La trompette symbolise une conjonction importante d’éléments et d’événements, marquée par une manifestation céleste : air, souffle, son…

Pourquoi apparenter la trompette au Bélier ? Parce que comme lui l’instrument fait du bruit, ne passe pas inaperçu… Comme le sport, que le Bélier affectionne particulièrement, la trompette était une discipline olympique, elle rythmait aussi les marches. Elle appartient aux festivités militaires et a pour fonction d’initier, de commencer un événement, une bataille… Tout comme le Bélier est initiateur d’abord du printemps, mais aussi de toute chose. Par définition, le Bélier commence, initie, ouvre des portes, livre des batailles… Et puis, le matériau de prédilection du Bélier c’est le métal,  qui appartient au monde de Mars, le Maître incontesté du Bélier.

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Bibliographie :

Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Editions Robert Laffont/Jupiter. 

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UN MYTHE BELIER : JASON OU L’ESPRIT DE CONQUETE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 17-04-2010

Ce le mythe raconte l’histoire de Jason partant à la conquête de la Toison d’or. Dans les tribulations de Jason on perçoit les caractéristiques les plus représentatives du Bélier. Imaginez ce héros qui embarque sur l’Argo, superbe navire brillant comme le soleil, avec une cinquantaine de valeureux compagnons dont il prend la tête et qu’on appellera les Argonautes.                                                                   

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Arrivée de Jason et des Argonautes sur les côtes de Colchide – Lorenzo Costa

L’histoire des Argonautes se déroule sur plusieurs épisodes, comme une bande dessinée racontant ce long voyage plein de bruit et de fureur, de morts, de passions et de larmes, aboutissant à la fois au succès de l’entreprise, la conquête de la Toison d’Or, et au drame personnel de Jason, pour crime de légèreté face à Médée, la redoutable. Mais ne se conduit-il pas comme un Bélier impulsif, ne maîtrisant pas ses emballements passagers ? Ne prend-il pas un risque extrême en abandonnant sans autre forme de procès la femme qu’il a séduite et épousée : Médée, entière, possessive, ayant tout perdu, ayant trahi les siens, contribué par amour au sacrifice de son frère, n’a plus qu’un recours : la mort ou la vengeance.

Pour les Grecs, le Soleil était représenté par un bélier et c’est aussi le soleil que désigne l’étincelant vaisseau. Mais pour l’astrologue, le Bélier n’est-il pas le lieu d’exaltation du Soleil ?

Les héros du Bélier, sous le commandement de Jason, se trouvent embarqués, pour un temps fort long, très certainement exaltés par l’idée des périls qui les attendent.

De ce récit, il existe plusieurs versions, comme toujours avec les mythes.

L’histoire se passe avant la guerre de Troie et précède le voyage d’Ulysse. L’architecte qui dessina la nef, Argos, donna son nom au bateau. Mais, pour le faire avancer, il faut cinquante-quatre rameurs, robustes et courageux. Jason, chef de l’expédition, saura convaincre les plus valeureux de son temps de le rejoindre. Tous ne sont pas passés à la postérité, mais tous étaient bien nés. Cette jolie brochette d’hommes dont Jason, peut-être, espérait qu’ils seraient protégés par leurs divins pères, bien que ce fût Athéna qui les sauva de plus d’un péril…

Certains prétendent que Jason avait Ulysse pour cousin. Assurément, c’était un prince grec, fils d’Aeson, le petit fils d’Eole, roi d’Iolcos en Thessalie, détrôné par Pélias son demi-frère. En bon Bélier, Jason a le sens de la justice et décide de rendre son trône à son père. Il a lui-même été éduqué par Chiron, le grand Centaure pédagogue et savant, instructeur de bien des héros.

Pélias avait appris par un oracle qu’il serait menacé par un homme n’ayant qu’une sandale au pied ; or Jason, en aidant Héra déguisée en vieille femme à traverser une rivière, aurait perdu une chaussure à l’eau. Mais on dit aussi que les Eoliens combattaient toujours avec une seule sandale au pied, signalant ainsi leur nature de guerrier. Averti du danger, Pélias prit peur et promit de restituer le trône… mais à une condition : Jason devrait lui rapporter la Toison d’or cachée en Colchide et gardée par un serpent toujours éveillé. La plupart des rois hypocrites agissent ainsi, promettant monts et merveilles mais bien déterminés à faire courir des risques mortels à leurs ennemis. Le destin du héros, précisément, consiste à franchir l’infranchissable, à défier le destin, à surmonter l’insurmontable. Ce fut aussi le destin d’Hercule, autre personnage Bélier. 

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On situe la Colchide près des monts du Caucase, du côté de la Géorgie d’aujourd’hui… bien loin de la Thessalie natale de Jason. Il convenait donc de préparer avec soin l’expédition et la présence de tous ces princes, représentants des villes grecques les plus diverses ou fils de divinités remarquables s’avérait indispensable.

Avant de partir à la conquête de la Toison d’Or, Jason cherche à obtenir la protection d’Héra, d’autant qu’elle a elle-même quelques griefs contre Pélias… Elle l’a d’ailleurs mis à l’épreuve. Ainsi Jason a le mérite d’avoir aider Héra déguisée en vieille femme, bien qu’il fût pressé, comme tous les Béliers, d’arriver chez Pélias. Et c’est ainsi qu’il va perdre sa sandale, comme on vient de le voir. Jason agit là comme le Bélier qu’il est, avec désintéressement puisqu’il ignore l’identité de la déesse. Mais en manifestant une spontanéité généreuse, il met à jamais Héra dans son camp.

Naïf, franc, direct, Jason va donc trouver Pélias. Celui-ci fait semblant d’être conciliant et de bonne volonté. Il promet le trône, mais avec une exorbitante condition. Si valeureux qu’il soit, l’homme chargé de cette mission a toutes les chances de mourir cent fois avant de toucher le but. Avant de surmonter les obstacles innombrables semés sur sa route, Jason risque en effet mille fois la mort pour lui et ses compagnons, tous d’ailleurs ne reviendront pas.

Pourquoi la Toison d’Or ? C’est la peau et les poils en or d’un bélier magnifique qui a sauvé la vie de Phrixos et de Hellé sa sœur. L’aventure de ces deux jumeaux va conduire cette toison d’or en Colchide où elle sera précieusement gardée, comme un trésor que personne n’aura le droit de voir ni de dérober, sauf par un être intrépide, comme le sera Jason.

Avant de partir Jason est allé interroger la Pythie sur l’issue de son voyage. Il reçoit une réponse favorable et l’assurance qu’Héra l’aidera tout au long de son périple, relayée parfois par Athéna qui veillera notamment sur le navire. La grande aventure peut commencer.

Parmi les dons accordés à Jason, il faut en mentionner un, à double tranchant peut-être, mais un fait est là, Jason plaît aux femmes. Et cela va rendre service à l’aventurier qui aura souvent besoin du secours d’une femme amoureuse, prête à tout pour aider son héros. Et c’est ainsi que Jason va séduire Médée, usant pour justifier son abandon, du médiocre prétexte selon lequel, si Médée s’éprend de lui, c’est parce que Aphrodite en a décidé ainsi, qu’elle seule est responsable et que lui, bien sûr, n’a cédé aux avances de Médée que dans le seul but de lui être agréable ou d’obéir aux ordres de la déesse.  

Mais auparavant, au début de l’expédition, Jason commença par séduire Hypsipyle, reine de Lemnos, à laquelle il donna deux fils, Eunéos et Thoas. Cette première escale est pourtant périlleuse car l’île était alors affectée d’une terrible calamité. Les femmes de Lemnos, ayant négligé leurs devoirs envers Aphrodite/Vénus et cessé d’entretenir le culte qui lui était dû, avaient été châtiées d’une cruelle façon : l’ombrageuse déesse de l’amour les affligea toutes d’une odeur pestilentielle, si abominable que pas un seul de leurs époux ne s’approcha plus d’elles, prenant même la fuite. Cette odeur repoussante atterre les femmes de l’île mais elles en pardonneront pas à leurs maris d’avoir déserté et elles les massacreront tous dès qu’ils tenteront de débarquer à nouveau et c’est ainsi que pas un n’en réchappa. C’est donc avec enthousiasme que leur reine Hypsipyle accueillera Jason et ses marins. Comme la période d’abstinence avait été longue tant pour les femmes que pour les navigateurs, le problème de l’odeur passa en second plan. On dit même qu’à la demande d’Héphaïstos, époux mal aimé d’Aphrodite, celle-ci accepta de lever la malédiction. Ainsi les femmes de Lemnos en seront d’autant plus reconnaissantes aux Argonautes que, grâce à eux, elles redeviennent des femmes désirables et aptes à repeupler leur île que la disparition des hommes avait mise en danger. On raconte même que Jason et ses Argonautes séjournèrent un an sur l’île.                                                                                                          

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Jason dans une fresque romaine – Musée du Louvre

Après cet épisode, ils repartent pour une brève halte dans la fameuse île de Samothrace. Mais là, il ne se passe pas grand-chose. En route vers la mer Noire, ils passent par l’Hellespont, avec une pensée émue pour Hellé. Puis ils s’arrêtent dans une autre île habitée par des êtres d’une force inouïe mais dont Héraklès ne fera qu’une bouchée, empilant ses victimes sur la plage en un tas impressionnant. Et ils reprennent la mer après avoir fait provisions d’eau et de vivres. Malheureusement, cette fois les vents leur sont contraires et les rejettent en arrière. Et là, pris pour des pirates, ils sont combattus. Ayant à nouveau repris la mer, ils subissent une tempête. Doxios, le devin, les avertit que Cybèle doit être apaisée. Voici les navigateurs contraints de se rendre au sanctuaire de la déesse.

Les Argonautes mettent le cap sur Thrace, patrie d’Orphée et feront escale à Slamydessos, où ils devront affronter les Harpies, terrifiantes créatures mi-femmes, mi-oiseaux, avec des visages de jeunes filles, des seins et des serres aiguisées. Les Argonautes font ensuite voile vers le Bosphore, mais Phinée le roi aveugle de Thrace, les avertit des dangers qui les y attendent, leur expliquant comment éviter les très dangereux écueils flottants. Malheureusement, des blocs de pierre se referment sur l’Argo, mais Athéna veille sur le navire et le pousse avec force de telle sorte que les rochers n’atteindront que la poupe et après quelques réparations, ils peuvent repartir.

Doit-on voir dans toutes ces épreuves rencontrées, la nature pionnière du Bélier qui défriche pour ceux qui suivront ?

Mais les voici enfin en Colchide, but de leur long voyage. Sur île dédiée, comme par hasard à Arès/Mars, le gouverneur astrologique du Bélier, ils subiront l’attaque des oiseaux aux plumes d’acier, autre symbole martien et Bélier. Celles-ci sont acérées comme des flèches et les Argonautes devront se protéger avec leurs boucliers, crier, faire beaucoup de bruit pour les éloigner. Là encore on retrouve bien le comportement bruyant du Bélier… Et puis pour le Bélier il vaut mieux terrifier l’adversaire plutôt que le surprendre. Sans doute y a-t-il plus de gloire et de mérite à affronter le danger que de recourir à la ruse. Du moins le héros Bélier pense-t-il ainsi. Après l’attaque des oiseaux d’acier, les Argonautes parviennent enfin chez Phrixos.                                                                                                                         

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Médée la Magicienne

C’est là qu’Héra répandra sur Jason et certains de ces compagnons une nuée qui les rendra presque invisibles. Et c’est sur le rivage que Jason va rencontrer Médée, la fille du roi Aeétès. Médée, la puissante magicienne, celle qui connaît les plantes médicinales et tous les philtres, apercevant Jason, éprouve le plus immédiat, le plus irrésistible, le plus fulgurant des sentiments amoureux. Aphrodite/Vénus inspire sur le champ à Médée une irrépressible passion. On peut penser que Jason partage ces sentiments intenses, mais fugaces, comme c’est souvent dans la nature d’un Bélier. Dès cet instant, il fera d’elle une alliée, une alliée qui prendra tous les risques. Il va aider Jason à vaincre ses adversaires, son propre père et son propre frère ; elle les trahira tous les deux. Pour lui, elle ira jusqu’au crime de sang. Et c’est sans doute la raison pour laquelle la trahison finale de Jason ne pourra être lavée que par la mort de sa rivale et des descendants de Jason, les propres enfants de Médée.

Aeétès, le père de Médée, est vaincu par Jason mais il refuse de lui livrer la Toison d’or. Médée, inquiète des dispositions que son père va prendre, décide de monter à bord de l’Argo et là, Jason lui promet le mariage. Imprudente promesse du héros masculin inconscient, vivant l’instant et ne se souciant pas du lendemain, ne mesurant pas l’ampleur des dangers auxquels il s’expose. Médée lui a promis son aide à condition qu’il s’engage et qu’il soit fidèle. Trahir une magicienne aussi puissante que Médée, c’est courir à sa perte et manifester une confiance infantile en son propre pouvoir.

Contre cette promesse, Médée conduit Jason au bois d’Arès/Mars. Grâce à ses sortilèges et au philtre d’invulnérabilité qu’elle lui fit boire, Jason s’empare de la précieuse Toison ; elle parvient à endormir le serpent-dragon à l’œil toujours ouvert. Ainsi, sans elle, jamais Jason n’aurait pu conquérir la Toison d’or.

Avec leur trésor, ils filent tous deux à bord de l’Argo mais au lever du jour la flotte d’Aeétès les poursuit. Lorsque Médée aperçoit les bateaux de son père, elle n’hésite pas à poignarder son frère qu’elle a emmené en otage ; elle le coupe en morceaux, selon la coutume du morcellement liée aux nombreux mythes de création ou à des traditions venues d’Egypte et du Soudan. Elle sème les membres de son frère sur le rivage, le long de la côte et dans la mer, pour retarder la poursuite de son père, contraint de reconstituer le puzzle inquiétant fabriqué par Médée. Car le roi ne peut laisser son fils sans sépulture. Désormais, ce pacte mortel lie Jason à Médée, jusqu’à la tragédie finale.

Dans une autre version du mythe, Médée feint d’être retenue de force par Jason et supplie son frère de la tirer de ses griffes et lorsque celui-ci ouvre les bras à sa sœur, Jason surgit et poignarde Absyrtos, le frère de Médée. Acte impie, indigne d’un héros, trahison doublée d’un crime et d’une lâcheté. Les dieux ne vont pas manquer de protester, à leur façon.

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DELACROIX – Médée tuant ses propres enfants

Mais auparavant, Jason et Médée vont vivre dix ans à Corinthe et auront plusieurs enfants. Ces dix années écoulées, Créon, roi de Corinthe offre à Jason la main de sa fille, Glaucé. Ce mariage pouvant se révéler d’une grande utilité pour Jason, il accepte, mais pour cela il lui faut répudier Médée qui, en tant qu’étrangère n’a aucun droit aux yeux de la loi grecque d’épouser légitimement un Grec. Jason va donc répudier Médée et Créon la bannit de Corinthe. De colère et de chagrin, Médée décide de punir son mari et de briser son nouveau mariage. Ayant préparé sa vengeance, elle tue Glaucé, Créon et ses propres enfants, puis s’enfuit à Athènes sur le char d’Hélios, tiré par des dragons ailés. Telle est la version de la Médée d’Euridipe. Jason n’avait plus d’héritier.

Une légende indique que Jason trouva la mort à Corinthe, soit qu’il fût lui aussi tué par Médée, soit qu’il se suicidât. Mais, selon la tradition la plus connue, il survécut encore quelque temps, rêvant à sa gloire passée ; mais un jour, alors qu’il se reposait à l’ombre de son vieux bateau, à Corinthe, un élément de la carcasse, peut-être la proue aux dons prophétiques, qui venait d’un chêne de la forêt de Dodone, se détacha et, en tombant, tua Jason sur le coup…

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Bibliographie

Dieux et héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Editions Marabout

 

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UN LIEU CHARGE DE SYMBOLES ET D’HISTOIRE : LE CHAMP DE MARS A PARIS

(6.2 - Paris Insolite - Paris Mystérieux - Paris Esotérique) par sylvietribut le 05-04-2010

A l’origine, les mois de l’ancien calendrier romain portaient un nom qui indiquait leur rang au sein de l’année primitive. Le « premier », Primus, fut vite consacré à Mars, père supposé de Romulus et initialement dieu de l’Agriculture. Ce mois était très important dans la vie romaine car, sous le climat méditerranéen, il confirmait le renouveau de la végétation et ouvrait en même temps une nouvelle période de campagnes militaires.

C’est ainsi que Mars, le dieu protecteur de la « tribu » romaine, deviendra par la suite, avec l’évolution des mœurs et de l’histoire romaine, le dieu de la Guerre pour s’identifier finalement à Arès, le dieu « détestable » du Panthéon grec. Mais Mars, même à l’apogée de sa puissance militaire, est resté attaché à la terre par sa fusion avec Quirinus, dieu archaïque de la Nature. Par ailleurs, la coutume romaine interdisait les mariages pendant les premiers jours de mars.

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Ce sont les Romains, impressionnés par la vaillante défense des Gaulois, baptisèrent « Champ de Mars » l’endroit exact où se déroula la bataille entre les légionnaires de Labienus et les soldats de Camulogène… C’est en effet en 52 avant Jésus-Christ que les Romains vinrent attaquer les modestes Parisii pour envahir leur territoire des bords de Seine. C’est Jules César lui-même, soucieux de discipliner les marches de l’Empire, qui envoie sur les bords du fleuve son meilleur général, Titus Labienus, à la tête de quatre légions. Affolés les Lutéciens font venir de Mediolanum Aulercorum, aujourd’hui Evreux, un vieux chef que tout le monde appelle respectueusement Camulogène, ce qui signifie « fils de Camulus », fils du dieu gaulois de la Guerre. Les habitants vont donc lui confier unanimement leur destin pour organiser la riposte et repousser l’ennemi.

A la tête d’une petite armée mal entraînée que peut faire un vieillard, même avec des hommes courageux ? Il va pourtant préparer sa défense et ce n’est pas dans Lutèce qu’il attendra les Romains, mais aux abords, dans un bivouac dressé au milieu des marais, au cœur de la zone humide qui enserre Lutèce. Labienus fait donc face au camp improvisé des Gaulois. La confrontation devient inévitable. Bien que disciplinés, casqués d’airain et cuirassés d’acier, les Romains ne peuvent guère progresser et se trouvent vite déstabilisés par ces espaces mouvants entre terre et eau. Les barques s’embourbent et les hommes se noient. La cavalerie reste hors jeu car les sabots des chevaux collent à la boue.

Les Gaulois, eux, sont à l’aise sur cette glèbe instable et se ruent sur les troupes ennemies. Jusqu’à la tombée de la nuit les combattants s’étripent, l’eau stagnante des marais en est rougie. Le général Labienus fait sonner la retraite. Lutèce se croit sauver… Pour se venger, il remonte les berges de la Seine et va attaquer Metlosedum, devenue depuis Melun, piètre victoire des légionnaires romains… Ils ne trouvent devant eux que des femmes et des vieillards, les hommes valides ayant rejoints Camulogène à Lutèce. Ils quittent d’ailleurs assez vite la ville une fois qu’ils l’eurent pillée et dévastée. Ne pouvant se présenter devant César avec un si piètre résultat, Labienus redynamise ses troupes et retourne vers Lutèce. Avec des barques ils cherchent à encercler Camulogène et, pour éviter cela, ce dernier décide de brûler la ville et les ponts, puis avec ses hommes remonte la Seine par la rive gauche. Il pense que le fleuve de la déesse Sequana les protègera. Ensuite, elle donnera son nom à notre beau fleuve parisien…

                                                                                            la-deesse-gauloise-sequanaLa déesse gauloise Sequana

Les Romains vont donc retrouver Lutèce réduite à un tas de cendres. A l’aube, ce sera l’affrontement final pour posséder une ville qui n’existe plus. Le chef gaulois et ses cohortes remontent le cours de la Seine, invoquant Camulus, dieu muni d’une pique et d’un bouclier, puissance redoutée, maître de la guerre et de la mort violente… De leur côté, les légions romaines invoquent Mars, leur dieu de la Guerre et veulent en découdre jusqu’au bout de leurs forces pour remporter la victoire et toucher leur solde… Les Romains rejoignent les Gaulois sur la plaine de Garanella, au bord de la Seine… Garanella, la petite garenne, où aux temps heureux on y chassait lapins, sangliers et chevreuils… Pour les Gaulois, mourir pour la patrie est le sort le plus beau et ils s’en vont au combat bien décidés à s’offrir en sacrifice aux appétits sanglants du terrible Camulus… D’ailleurs, le vieux Camulogène les galvanise en leur criant qu’ils doivent périr pour Camulus. Un moment les Gaulois parviennent à enfoncer les lignes romaines… Mais soudain une légion romaine de quatre mille mercenaires qui se tenaient en réserve viennent surprendre les Gaulois par l’arrière… Aucune retraite n’est plus possible… Le choc sera épouvantable et le carnage horrible…. De part et d’autre, on se bat avec un égal acharnement, pour mourir ou pour toucher sa solde. Camulogène lui-même trouvera la mort dans cette ultime défense d’une Lutèce déjà détruite.   

                                                                                                              camulus-dieu-gaulois-de-la-guerreCamulus le dieu gaulois de la guerre

Bien plus tard, à l’endroit même où reposent les restes du chef gaulois et de ses hommes, s’élèvera la tour Eiffel, comme un tumulus qui aurait été construit pour honorer ces guerriers. Mais qui s’en soucie aujourd’hui, sait-on seulement qu’en venant se promener au Champ de Mars, on foule une terre qui, depuis plus de vingt siècles, a absorbé les ossements de ces Parisii qui ont offert à leur peuple le sacrifice suprême de leur vie.

En 1750, la région de la plaine de Garanella, devenue commune de Grenelle, située à l’ouest de l’agglomération du Gros-Caillou et annexée à Paris sous le second Empire, était encore un lieu désert, sablonneux et stérile, où l’on chassait toujours le lièvre et la perdrix. L’abbaye de Sainte-Geneviève y possédait depuis le XIIe siècle un fief, la seigneurie de Grenelle, dans lequel se trouvaient une maison, des granges, cours, colombiers et jardins, appelée la Ferme de Grenelle. L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés y avait une ferme appelée le Château de Grenelle, construction d’un étage coiffé d’un très haut comble et occupant l’emplacement de la caserne Dupleix actuelle.

A l’agriculture se substitue au fil des siècles, l’armée… Ainsi, en 1750, le financier Pâris-Duverney, avec l’appui de la Marquise de Pompadour, proposa à Louis XV l’établissement, à proximité de l’Hôtel des Invalides, d’un collège académique pour 500 jeunes gentilshommes pauvres, de préférence fils d’officiers tués ou devenus infirmes au service, destinés à fournir à l’armée des officiers instruits ; cet établissement devait être dans la pensée des fondateurs un édifice aussi grandiose que l’était l’Hôtel Royal des Invalides construit sous le règne de Louis XIV.

Louis XV accepta le projet, ainsi qu’il l’écrivit à la marquise en janvier 1751 : « Approuvé, le projet, approuvé, petite bien-aimée, puisque vous le voulez absolument ». En conséquence, on acheta en juin 1751, les terrains du château de Grenelle, acquisition suivie en février 1753 de celle de la ferme de Grenelle. Jacques-Ange Gabriel en 1732, comme premier architecte du roi, fut chargé d’établir le projet des constructions. La construction de l’Hôtel Royal Militaire commença en 1752. Elle fut assez lente étant donné, d’une part, son ampleur et, d’autre part, le manque de fonds ; à celui-ci, Madame de Pompadour remédia souvent en prélevant des sommes importantes sur sa cassette particulière, et le roi en allouant à l’Ecole les produits d’une loterie, les revenus de l’Abbaye de Laon, et ceux d’un impôt sur les cartes à jouer. Et l’école put ouvrir des classes dès 1760.

L’Ecole Militaire fut réorganisée en 1777 par le comte de Saint-Germain, sous le nom d’Ecole des cadets-gentilshommes. Elle était réservée aux seuls gentils hommes et l’élite des écoles militaires de province y était reçue en stage pendant un an. C’est ainsi qu’elle reçut le 22 octobre 1784 cinq jeunes gens du collège de Brienne, dont Bonaparte, âgé de quinze ans. Il fut incorporé sous cette mention : « 22 octobre 1784, de Buonaparte (Napoleone), né le 15 août 1769 (E.R.) (élève du roi) ; il quitta l’école un an après avec le grade de sous-lieutenant dans le régiment de la Fère-Artillerie qui tenait garnison à Valence.

bonaparte

Après avoir servi quelque temps au début de la Révolution de dépôt de blé et de farine, l’Ecole Militaire servit de quartier de cavalerie à partir de 1793. Le Second Empire l’agrandit pour qu’elle servît aussi à un quartier d’artillerie. L’Ecole est aujourd’hui le siège de l’Ecole supérieure de Guerre et d’autres centres d’études militaires.  

Tout naturellement, le Champ-de-Mars était le terrain de manœuvre des élèves de l’Ecole Militaire. Il servit surtout comme terrain de revues des troupes de la Maison du Roi, en remplacement du terrain des Sablons. On l’agrandit une première fois afin qu’il puisse contenir pas moins de 10 000 hommes rangés en bataille. Pourtant, ce terrain de manœuvre fut jugé insuffisant et on lui incorpora en 1773, l’extrémité occidentale de l’île des Cygnes après le comblement du petit bras de la Seine qui l’en séparait. Ce Champs-de-Mars fut également utilisé pour l’expérience aérostatique du physicien Charles et des frères Robert lorsqu’ils lâchèrent ici, le 27 août 1783, le premier ballon, sans nacelle et sans équipage, conçu scientifiquement. Cependant, ce ballon s’abattit à Gonesse, 45 minutes après son envol. L’année suivante, le 2 mars 1784, Blanchard s’envola à son tour du Champ-de-Mars afin de démontrer qu’il avait trouvé le problème de la direction des ballons, mais au lieu d’atterrir, comme il l’avait prévu, à La Villette, il atterrit à Billancourt.

paris_ecole_militaire_981 L’Ecole Militaire – Paris VIIe

A partir de 1790, le Champ-de-Mars devint le théâtre de nombreux événements révolutionnaires dont le premier fut la Fête de la Fédération où Talleyrand officia, le 14 juillet 1790, devant 300 000 spectateurs. L’évêque d’Autun était assisté de 300 prêtres et d’une centaine d’enfants de chœur : La Fayette prêta le premier serment de fidélité à la Nation et à la Constitution que répétèrent sous une pluie diluvienne les 300 000 spectateurs ainsi que la famille royale installée dans une tribune devant l’Ecole Militaire.

Pourtant en novembre 1793, le Champ-de-Mars renouait avec les épisodes sanglants de son histoire, Bailly y fut décapité dans des conditions odieuses. Le 8 juin 1794, le Champ-de-Mars vit l’apothéose de la fête de l’Etre Suprême et aussi celle de Robespierre dont heureusement la popularité commença à décliner à partir de ce jour. La Restauration y reconstitua, en 1826, un des combats de l’expédition d’Espagne de 1823, en édifiant sur la colline située en face, de l’autre côté de la Seine, un fort de Cadix, le Trocadéro, qu’avaient défendu les Espagnols.

Enfin, le Champ-de-Mars hébergea les expositions universelles de 1867, 1878, 1889 surtout avec l’édification de la Tour Eiffel, puis celles de 1900 et de 1937. A noter que le fer appartient à la symbolique de Mars…

Et pour rester dans cet univers guerrier du Champ-de-Mars, celle qui est devenue la rue Dupleix était un ancien chemin de terre de la plaine maraîchère de Grenelle qui conduisait au XVe siècle à la ferme de Grenelle évoquée plus haut. L’abbaye de Sainte-Geneviève a eu dans ces parages ses fourches patibulaires, d’où son nom, en 1540, de chemin du Gibet. Enfin, en 1794, on installa dans le château et la ferme de Grenelle une fabrique de poudre dont la direction fut confiée au chimiste Chaptal. Cet endroit avait été choisi pour sa solitude. Le 30 août 1794, 150 000 kilos de poudre explosèrent pour une cause qui n’a jamais été connue. Les dégâts furent considérables et s’étendirent loin puisque le grand orgue de l’église Saint-Germain L’Auxerrois fut détérioré, et que de nombreuses personnes furent tuées ou blessées dans Paris.

On se souvient que Mars est à la fois le dieu de la guerre et de l’agriculture. Au Champ-de-Mars appartient également cette double casquette. C’est en 1771 qu’Antoine Parmentier, alors âgé de seulement 20 ans, rapporte des Amériques la pomme de terre. A cette époque, l’Europe connaissait une importante famine. Pourtant, il faudra attendre 1788 pour que le parlement autorise la culture de ce tubercule pour combler les besoins alimentaires de la France. Les premiers lieux de culture en France auraient été situés sur l’actuel emplacement du Champ-de-Mars, les pommes de terre étant plantées aux alentours du mois de mars. Petit rappel, le Soleil entre en Bélier, signe de Mars, le 21 mars.

parmentierAntoine Augustin Parmentier

Par ailleurs, le monde de Mars est également celui des sportifs et notamment ceux qui pratiquent la course à pied. Or, de nombreux coureurs et joggeurs s’entraînent autour du Champ-de-Mars dont le tour fait un peu moins de 2 kilomètres. Chaque année, le dernier week-end de septembre, est organisé le Famillathlon, dans le cadre de la fête du « Week-end du sport en famille » ainsi que celui du Champ-de-Mars. Ce vaste espace accueillit également les épreuves de fleuret et de sabre des Jeux olympiques d’été de 1900, autres disciplines typiquement en rapport avec Mars le guerrier, ne dit-on pas « croiser le fer »….

fontaine_de_mars2Enfin, il existe également à Paris, non loin du Champ-de-Mars, la Fontaine de Mars, œuvre de Beauvallet, édifiée entre 1806 et 1809. Elle se situe rue Saint-Dominique dans la partie comprise entre l’avenue Bosquet et l’esplanade des Invalides (n° 129-131). Le bas-relief d’une de ses faces représente Hygie, la déesse de la Santé, donnant à boire à Mars, le dieu de la Guerre. On voit entre ses pilastres des vases entourés par le serpent, symbole d’Esculape. Elle recevait l’eau de la pompe à feu du Gros-Caillou. Cette fontaine est aujourd’hui classée. Près de celle-ci se trouvait, de 1765 à 1892, l’hôpital militaire du Gros-Caillou, fondé par le Maréchal de Biron pour ses gardes-françaises.

Dans un passé très proche, on a beaucoup parlé de la Fontaine de Mars, il s’agissait alors du restaurant tout proche, devenu du même coup célèbre puisque le Président des Etats-Unis, Barack Obama, choisit d’y dîner en famille, lors d’une visite officielle en France. Il y eut également un « Promeneur du Champ de Mars » célèbre en la personne de François Mitterand…

la-deesse-hygie-deesse-de-la-sante-et-de-la-proprete Hygie

Bibliographie 

Connaissance du Vieux Paris – Jacques Hillairet – Club Français du Livre

Métronome – Histoire de France au rythme du métro parisien – Lorànt Deutsch – Editions Michel Lafon

pomme-de-terre  

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