LA MAISON IX DU THEME ASTRAL… LA MAISON SAGITTAIRE

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 08-12-2012

La Maison IX est en analogie avec le neuvième signe, le Sagittaire. C’est une Maison de Feu, gouvernée par Jupiter. C’est une Maison Mutable suggérant que rien n’est fixé pour toujours, que des alternatives existent.

Cette Maison IX est indissociable de la Maison III. En effet, comme on l’a déjà vu, à partir de la Maison VII, on n’appréhende plus les choses dans le seul sens de la Maison concernée, mais on prend en compte l’axe dans lequel elle s’inscrit. On parlera donc ici de l’Axe III/IX.

 

Le Zodiaque et les douze Maisons Astrologiques – L’Axe Maison III/Maison IX

La Maison III est liée à la communication et à l’échange, la Maison IX représenterait donc une sorte d’octave supérieure des symbolismes de la Maison III. Les jeux intellectuels de la Maison III deviennent quête, joutes ou aventure spirituelle avec la Maison IX.

Avec la Maison III, on parlait de petits déplacements. Avec la Maison IX, l’image qui vient à l’esprit est qu’on « décolle » et la distance est décuplée. On y devient comme « frère de ses flèches », sans espoir de retour au port.

Amusement, passe-temps, récréation, plaisir, plaisanterie, calembours et jonglerie, on était alors dans le domaine de la Maison III qui implique aussi bien l’adresse que l’habileté et le jeu de mots. En face, avec la Maison IX, il s’agit d’autres jeux, plus dangereux, dans lequel on trouve les jeux d’argent ou le hasard défi l’absurde : jeux de cartes ou jeux d’échecs, loteries et casinos avec roulette et chemin de fer… Tous ce qui invite à connaître le frisson du risque.

 

Les Joueurs d’échecs – Daumier

En quelque sorte la Maison IX est la Maison de la démesure. Là où en Maison III on s’amuse, en Maison IX, on fait la fête. Avec la Maison III, on évolue dans monde de copains avec qui on a plaisir à discuter et échanger des idées. Avec la Maison IX, c’est cent personnes qu’on invite et on met les petits plats dans les grands, quand on ne rêve pas de jongleurs et de ménestrels dans un château féodal.

En Maison IX, on se met en condition de ne plus contrôler la situation. On s’expose peut-être « parce qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Une sorte de roulette russe qui donne à l’existence du relief et du piment. En effet, pour donner du prix à la vie, il faut à chaque instant savoir qu’on peut la perdre. C’est dans ce sens que la Maison IX peut faire les vrais joueurs. Le joueur de la Maison IX s’affronte à un vertige qui n’a rien à voir avec la nature ludique de la Maison III.

Certains vont d’ailleurs jusqu’à risquer leur vie. C’est le cas de l’explorateur qui part en terre inconnue, insouciants des dangers ou des mauvaises rencontres car c’est précisément le surgissement de l’inconnu qui le fascine. Cependant, le risque ici peut tout aussi bien être intellectuel que spirituel.

Mieux vaut éviter de dire « chiche » à un Sagittaire ou à qui possède dans son thème une Maison IX importante. On se trouve alors en face de quelqu’un qui va se croire obligé de relever le défi, même s’il le sait absurde ou fou, même s’il sait qu’il devra vendre les bijoux de sa femme. Il lui faut retrouver cette drogue, cette excitation d’un danger né de l’absence de limite, de l’absence de frontière. Avec des planètes en Maison IX dans le thème natal, c’est encore et toujours, jusqu’à l’absurde, aller au-delà… « Les jeux sont faits… Rien ne va plus »… Voilà ce qui fait vibrer tout être Maison IX.

Toutefois, il est des êtres Maisons IX qui accepte cette dimension prométhéenne du destin, car si derrière les apparences, derrière le silence et le vide des espaces infinis, il y avait Dieu ? On peut alors s’entretenir avec la divinité, épouser la pensée supérieure et rencontrer son Guide spirituel, gravir la montagne, commencer l’ascension de l’homme à la conquête de Soi. Avec la Maison IX on peut partir à la conquête du Graal.

 

On peut porter également un autre regard sur l’axe Maison III/Maison IX et comprendre qu’on joue ici avec la dialectique « proximité-distance ». Ainsi, avec la Maison III nous jouons avec les proches, nous échangeons avec eux. Avec la Maison IX nous affrontons tous les problèmes de la distance, de l’éloignement, du départ, de l’étranger. Qui est cet étranger puisqu’il n’appartient pas au groupe familial comme le frère de la Maison III, mais c’est avec ceux de « là-bas » que nous allons devoir composer.

Ainsi, la présence d’une planète dans la Maison IX du thème natal se traduira par cette présence de l’étranger : le Soleil ou la Lune dans cette Maison pourront tout aussi bien évoquer son origine étrangère que son accessibilité, physique ou symbolique… un père ou une mère inaccessible, perdu, lointain, comme parti. Une Vénus en Maison IX évoque bien sûr des amours lointaines ou étrangères, mais également cette même notion d’inaccessibilité… L’autre est marié, prêtre, homosexuel, qu’importe… l’important est qu’on ne puisse l’approcher longtemps. Bien sûr cette notion de mobilité se traduit par le voyage lui-même avec la possibilité de résider à l’étranger, autrement que pour des vacances, comme c’est souvent le cas avec la Lune en Maison IX.

En fait, avec des planètes dans l’Axe Maison III/Maison IX, on part à la découverte, concrètement et intellectuellement, sans jamais admettre les frontières.

 

Le Centaure du Sagittaire

Enfin, la Maison IX est un secteur de Foi et en même temps de Désir et là réside toute sa dualité. C’est sans doute son analogie avec le Centaure, cheval de désir, archer de foi. D’où sans doute à une plus grande naïveté, une confiance plus innocente avec des planètes en Maison IX que dans la Maison III où l’intelligence se fait jeu brillant, éblouissant parfois. L’intelligence en tant que jeu avec les mots et les idées autorise tout… puisque le plaisir naît du talent à mettre les concepts en rapport les uns avec les autres, à échafauder une construction, quitte ensuite à la détruire d’un rire ou d’un geste, par provocation, pour en élaborer une autre aussitôt. Alors que l’être Maison IX joue son âme et ne sera jamais pris pour un provocateur et on le verra plutôt comme un missionnaire.

 

Thème Astral de Jean Mermoz – Né le 9 décembre 1901 – 2 heures – AUBENTON (02)

Le thème de Jean Mermoz qui illustre parfaitement cette double nature. On constate en effet l’importance de ces deux Maisons, Maison III et Maison IX et qui lui faisait dire « au lieu d’être aviateur, j’aurais pu être méhariste ou missionnaire ».

En résumé, avec des planètes en Maison III on fait de l’esprit. Avec des planètes en Maison IX, on accède au spirituel. Toutefois, il faut également constater que les Axes jouent aussi à échanger leur place et dans cet Axe III/IX plus encore qu’ailleurs, précisément parce que nous sommes dans un Axe Mutable.

 

L’Homme-Zodiaque – Enluminure – 1434

Ainsi dans l’Homme-zodiaque, les Gémeaux et la Maison III sont en rapport avec les poumons, les membres supérieurs et la main, et avec le Sagittaire et la Maison IX, l’accent est mis sur le foie, la vésicule biliaire, les hanches et les cuisses. Cependant, il peut y avoir échange de ces symboliques, passage d’un secteur à l’autre.

Par exemple, les poumons des Gémeaux/Maison III nous rappelle la symbolique de l’échange inspirer-expirer, comme les bras évoquent « l’abrazo » ou l’art de serrer l’autre sur son cœur, comme la main évoque à son tour l’Homo Faber et ses outils et donc le bricolage.

 

En face, avec le Sagittaire/Maison IX nous avons le foie, organe-usine, siège du pouvoir, de la colère mais aussi de la gourmandise. Nous sommes en analogie avec Jupiter, ses excès, sa foudre, sa volonté de puissance et de jouissance ; comme la cuisse de Jupiter en laquelle siège la force du Centaure. Ce Centaure qui court librement, qui trouve dans le sport l’occasion de se dépasser. Courir plus loin, plus longtemps que les autres… voilà un autre défi de la Maison IX.

 

Jupiter et la Corne d’Abondance – Parc du Château de Versailles enneigé

 

 

 

 

 

 

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DANS L’HERBIER DU SAGITTAIRE… LA PETITE CENTAUREE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 28-11-2012

C’est une kyrielle de noms que l’on donne à cette plante et qui nous ramène au mythe du Sagittaire. La Centaurée est aussi appelée Gentiana centaurium ou Erythosa centaurium, mais également Herbe au Centaure, gentiane centaurée, herbe de Chiron, herbe de la fièvre, quinquina d’Europe, fiel de terre, chironde, chironée, gentianelle et centaurelle.

 

La petite Centaurée

La Centaurée est « un purifiant universel »… telle est la définition, juste un peu exagérée, qu’on donne dans un vieil ouvrage qui voit en cette plante un fébrifuge par excellence, un spécifique des maladies contagieuses, un détersif, un apéritif… et la liste est longue.

La légende raconte que le centaure Chiron, lequel enseigna la chirurgie au dieu de la médecine Esculape, fut le premier à l’utiliser pour guérir les blessures qu’Hercule lui avait faite avec une flèche empoisonnée, ce qui valut à la plante d’être tenue pour magique : chez les Romains, on la brûlait pour chasser les serpents et les Gaulois l’employaient comme antidote.

Chiron enseignant Achille – Eugène Delacroix

Dans la mythologie grecque, Chiron était un centaure. Il était fils de Cronos/Saturne et de l’Océanide Philyra. Il vivait dans une grotte sur le Mont Pélion, en Thessalie. Réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances contrairement aux autres représentants de son espèce, il se vit offrir l’immortalité par les dieux et se fit confier par les hommes l’éducation de nombreux héros qui devinrent ses disciples, notamment Achille et Asclepios/Esculape. Héraclès/Hercule tua Chiron par erreur, lors d’une bataille contre de nombreux centaures, il reçut une flèche empoisonnée par le sang de l’hydre de Lerne dans le genou. La blessure était inguérissable et Chiron était immortel. Il demanda aux dieux le retrait de son immortalité pour cesser de souffrir. Zeus/Jupiter le transforma en constellation.

On rencontre cette centaurée aussi bien en plaine qu’en montagne, dans les clairières des forêts que dans les prairies ensoleillées, le long des chemins que sur les terres sablonneuses. Elle a des tiges carrées de 25 à 50 cm de haut, ramifiées seulement à la partie supérieure, portant de petites feuilles ovales et opposées. Ses petites fleurs rouge pâle, dont la base est tubulaire et le haut déployé en étoile à cinq branches, forment de jolis bouquets au sommet des tiges.

 

La Petite Centaurée – Planche Botanique

Ce sont les sommités fleuries qu’on récolte et qu’on fait sécher à l’ombre au moment de leur plus grande vigueur florale, c’est-à-dire entre juillet et septembre, pour préparer une tisane particulièrement indiquée contre la fièvre. Elle remplaçait d’ailleurs le quinquina aux époques où celui-ci venait à manquer. La Centaurée est tout aussi indiquée en cas de manque d’appétit et les digestions pénibles. Cependant, pour être apéritive, elle se prend avant les repas et pour être digestive, après. Elle est recommandée en cas d’insuffisance hépatique avec constipation, infection des voies biliaires, anémie, hydropisie, les dermatoses et même les oxyures et les ascaris qu’elle n’est pas suffisante à détruire, mais elle renforce l’action des véritables vermifuges.

La dose habituelle pour l’infusion est de 30 grammes de sommités fleuries pour un litre d’eau. On laisse infuser entre cinq à dix minutes. Trois tasses par jour de préférence avant le repas. Voilà une tisane assez amère à laquelle on peut ajouter quelques feuilles de menthe ou de l’angélique.

La petite Centaurée s’utilise comme tonique en cas d’anémie ou en convalescence. On peut en faire un vin de centaurée avec 60 grammes de plante dans un litre de bon vin blanc, quelques baies de genièvre. On laisse macérer huit jours. Puis, on filtre et on sucre avec du miel de préférence : un verre à bordeaux avant les repas.

On peut également utiliser la petite Centaurée en usage externe, en lotions et compresses sur les ulcères variqueux et les plaies atones. En lotion, elle passe pour arrêter la chute des cheveux. Faire une décoction avec 60 grammes de plante pour un litre et on laisse bouillir quelques minutes.

On utilise la petite Centaurée comme plante médicinale depuis le Ve siècle avant Jésus-Christ. Dans la Grèce antique, on lui attribuait des vertus purgatives, emménagogues. On la disait bénéfique aussi bien pour les yeux que pour la cicatrisation des plaies.

La petite Centaurée fait partie de la famille de la gentiane et ses propriétés sont similaires.

Bibliographie

Nos Grand-mères savaient – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont

 

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LA CONSTELLATION DU SAGITTAIRE

(5.7 - CONSTELLATIONS ET ETOILES FIXES) par sylvietribut le 25-11-2012

S’étendant largement au sud de l’équateur, le Sagittaire n’est pas une constellation très importante pour un observateur situé dans l’hémisphère boréal ; à une latitude moyenne, elle apparaît tout juste au-dessus de l’horizon, dans le ciel d’été, de juin à août, et on ne la voit jamais complètement. Cependant, dans l’hémisphère austral, à la même époque, elle est très visible, haut dans le ciel.

La Constellation du Sagittaire

Neuvième constellation du zodiaque, elle est représentée sous la forme d’un centaure, mi-homme, mi-cheval. Celui-ci est armé d’un arc et d’une flèche, qui constituent la partie occidentale de la silhouette, et qui se trouvent sur la Voie lactée qui, dans cette zone, a l’aspect d’une large bande. La courbe de l’arc est figurée par trois étoiles : Kaus Borealis, Kaus Medius et Kaus Australis, la plus brillante, qui correspondent respectivement aux parties nord, centrale et sud de l’arc : lambda, delta et epsilon Sagittarii. La main de l’archer, qui tire la flèche, est l’étoile Nunki, de magnitude 2 (sigma Sagittarii). La flèche part de Kaus Medius et arrive à Al Nasl (gamma Sagittarii), qui en est la pointe ; elle nous donne une orientation utile puisque l’archer semble viser Antarès du Scorpion, située à environ 20° à l’ouest de la limite de la Voie lactée, et légèrement au-dessus de la ligne de tir. Mais l’archer cherche peut-être une cible encore plus grande, un autre nuage d’étoiles formé dans la Voie lactée, le centre de notre vaste galaxie.

La représentation du Sagittaire sous la forme d’un centaure a évidemment donné lieu à quelques confusions avec la constellation australe du Centaure. Cependant, il s’agit de deux personnages mythologiques bien distincts. Contrairement au Centaure austral, fort pacifique, le Sagittaire est farouche et guerrier. Dans la mythologie mésopotamienne, il est apparu sous la forme de l’archer Nergal, qui dominait Mars, la planète guerrière.

Artémis Déesse de la Chasse

En revanche, la mythologie grecque a assimilé le Sagittaire au Centaure Chiron, sage et savant. Cette identification vient d’un mythe qui concerne Artémis, déesse de la Chasse. On dit qu’Artémis fut à l’origine de la mort d’Orion, parce qu’elle envoya un scorpion le piquer au talon. Pour le venger, Chiron tua le Scorpion d’une flèche, et dans le ciel le Centaure vise toujours le cœur du Scorpion, Antarès. Cette histoire tend à se confondre avec celle d’Asclépios, la constellation d’Ophiucus qui écrasa le scorpion ; il faut se rappeler que, comme Asclépios, Chiron avait le pouvoir de guérir.

Le Sagittaire – Détail du Globe céleste de Coronelli

Bibliographie

Le Langage Secret des Etoiles et des Planètes – Geoffrey Cornelius/Paul Devereux – Editions Solar

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DANS LE BESTIAIRE DU SCORPION… LE SERPENT… L’ANCETRE MYTHIQUE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 18-11-2012

Le serpent, à cause de notre tradition judéo-chrétienne, est dans notre mémoire associé à la mort. C’est méconnaître toutes les autres facettes de l’animal, lié tout au contraire, dans d’autres civilisations, à la vie, à l’immortalité même, puisqu’il quitte sa vieille peau et réapparaît brillant et lisse. C’est pourquoi il est aussi lié à la Déesse Mère qui est représentation de la vie, de la mort et de la renaissance. Tout comme le signe du Scorpion est porteur de métamorphoses puisqu’il fait sa mue. Gilgamesh parti à la recherche de la plante d’immortalité se la fera voler par le serpent, alors qu’il espérait la rapporter et sauver son ami Enkidu.

La Fontaine au serpent de la petite ville de Stia – Province d’Arezzo – Toscane

Le serpent est partout lié à la sagesse, à la connaissance, à la guérison. Le sang de la Gorgone avait le pouvoir, par une veine de tuer, et par l’autre de ressusciter. Le serpent est racine et terre, phallus et résurrection, détenteur d’un savoir sur la vie et sur la mort qu’il s’efforce de transmettre à Eve, en la tentant, puisque Yahvé l’a dépêché auprès d’elle afin qu’elle transmette à Adam cette conscience de sa mort à venir qu’il ne peut acquérir sans elle, médiatrice et initiatrice choisie par le Créateur.

Le serpent, c’est aussi le Python femme qui règnait sur Delphes avant qu’Apollon, représentation du patriarcat, ne le chasse, n’y laissant plus que les pythies inspirées, à l’écoute des bruits et des souffles provenant des fissures de la terre.

Le serpent, c’est toute la puissance de l’inconscient, des énergies libidinales. Comment ne pas l’associer aux valeurs du Scorpion.

Le serpent Apopis

Dans le livre des Morts des Egyptiens, le serpent Apopis, immense, gigantesque, vit au cœur du « restau », le monde des morts. Chaque nuit il doit parcourir douze chambres et chaque chambre correspond à une heure. Il appelle ceux qui viendront le combattre dans une région infestée de serpents et qui tirent sur la corde de la barque solaire porteuse du défunt. Cette corde se transforme en serpent. Apopis absorbait la barque elle-même ; la barque est tirée à travers lui sur une longueur de 2 300 coudées ; au lever du soleil, Râ tue « le grand serpent-dragon », et le soleil réapparaît sous la forme du scarabée. « Le mort doit se faire digérer par l’intestin serpentiforme de la terre ».

Le scarabée d’or

Atoum, qui est aussi serpent, dit : «  Je suis ce qui demeure. Le monde retournera au chaos, à l’indifférencié ; je me transformerai alors en serpent qu’aucun homme ne connaît, qu’aucun dieu ne voit ». Implacable transcendance d’Atoum au commencement et à la fin de la création.

Partout le serpent est porteur d’initiation. Initier signifie « faire passer par la mort ». Là où il y a serpent, il y a rite de passage. Celui qui était initié aux Mystères, comme cela se passait chez Ophites dont les adeptes devaient « mettre la main dans le panier », qui sans doute contenait un serpent, prouvait qu’il avait surmonté sa peur de la mort, qu’il possédait une sagesse exemplaire.

 

Le serpent est une très vieille bête… chargée de 380 millions d’années. De quoi occuper notre inconscient et nourrir nos fantasmes depuis le commencement des temps. Il est, comme Ananta en Inde, porteur du monde, tout comme les tortues, les crocodiles, les éléphants, tous animaux sans âge.

En Afrique, il ne faut pas nommer le scorpion, pas plus que les Grecs ne devaient prononcer le nom d’Hadès. Nommer, c’est faire exister, faire apparaître.  Au Mali, le scorpion nocturne est venin, passe pour « embusqué », mortel. Chargé de valeurs diurnes, il est associé au sacrifice, à l’abnégation maternelle… ces bonnes « louves » de mères Scorpion.

Autant que l’homme, mais contrairement à lui, le serpent se distingue de toutes les espèces animales. Si l’homme est l’aboutissement d’un long effort génétique, nous devons aussi, nécessairement, placer cette créature froide, sans pattes, ni poils, ni plumes, au commencement du même effort. En ce sens, Homme et Serpent sont les opposés, les complémentaires, les Rivaux. En ce sens aussi, il y a du serpent dans l’homme et, singulièrement, dans la part de celui-ci que son entendement contrôle le moins.

Un psychanalyste dit que le serpent est un vertébré qui incarne la psyché inférieure, le psychisme obscur, ce qui est rare, incompréhensible, mystérieux. Il n’y a pourtant rien de plus commun qu’un serpent, rien de plus simple. Mais il n’y a sans doute rien de plus scandaleux pour l’esprit, en vertu même de cette simplicité.

Les serpents sont souvent associés aux forces de la création, comme dans le mythe hindou qui relate l’enroulement par des dieux de Vasuki, un « naga » géant, serpent fabuleux, autour d’une montagne ; ceux-ci, tirant ensuite sur sa tête et sa queue, utilisèrent la montagne comme pivot pour « baratter » la merde lait primordiale et déclencher la création de l’univers. Selon la cosmologie hindoue, celui-ci est sans cesse crée, détruit, puis recréé selon de longs cycles, et entre ces cycles, le grand dieu créateur Vishnou se repose sur les anneaux du serpent cosmique Ananta.

Hercule et l’Hydre de Lerne – Gustave Moreau

Ayant un venin souvent mortel, les serpents d’eau incarnent le danger des obscures profondeurs et inspirèrent de terribles serpents de mer mythiques, en particulier chez les marins. Dans la mythologie grecque, il y a : l’Hydre à neuf têtes qui vainquit Héraclès, les serpents de mer qui tuèrent Laocoon et ses fils, et le monstre marin à six têtes Scylla qui terrorisait les marins.

Dans la mythologie nordique, le serpent Nidhögg vit au fond de la mer d’où il ronge une racine de l’arbre Yggdrasil, représentant l’inéluctabilité de la destruction. Cependant, les serpents d’eau sont aussi de puissants créateurs pour les Indiens d’Amazonie, l’Anaconda représente un ancêtre mythique qui remonta le grand fleuve et régurgita les premiers hommes sur la Terre. Chez les Africains et les Australiens, le Serpent Arc-en-Ciel vit dans les eaux souterraines, mais apparaît sous la forme d’un arc-en-ciel.

Le serpent d’airain

Quelques serpents célèbres

Le cobra à capuchon était vénéré par les Egyptiens en tant que manifestation d’Ouadjet, la déesse-cobra de la Basse-Egypte, la région du delta du Nil. L’image d’Ouadjet ornait la couronne du pharaon sous la forme de l’uraeus dorée, cobra dressé prêt à cracher son venin dans les yeux de ses ennemis. Son équivalent au sud, la Haute-Egypte, est Nekhbet, la déesse-vautour, autre animal de la symbolique Scorpion.

 

Le cobra indien

Apparaissant souvent dans les cultures indiennes, le naga est un fabuleux serpent à capuchon de cobra. Il symbolise e lien entre la Terre et le Ciel, ainsi que les forces invisibles telles que les séismes. Selon une légende bouddhiste, le naga Muchalinda abrita Bouddha sous ses sept capuchons alors qu’il méditait pendant un orage. Emergeant de l’obscurité, le serpent symbolise aussi l’éveil.

Déesse de la terre aztèque dont le nom signifie « jupes de serpent », Coatlicue, l’être par lequel l’esprit devient matière, est symbolisée par un serpent (coatl) : un serpent ayant une tête à chaque extrémité de son corps serait un de ses emblèmes. Coatlicue est la mère de Quetzalcóatl, le Serpent à plumes vertes, de même que du dieu du soleil Huitzilopochtli. Quetzalcóatl est l’emblème national du Guatemala.

Dans la mythologie grecque, la déesse de la Terre, Gaïa, fit garder par Python son sanctuaire à Delphes, dont on croyait alors qu’il était le centre du monde. Python incarnait l’énergie sacrée et la puissance prophétique de la Terre, octroyée aux pythies, les prophétesses de l’oracle de Delphes. Python aurait été tué par le dieu solaire Apollon, qui fit de Delphes son propre sanctuaire.

L’Ouroboros le serpent qui se dévore la queue

L’Ouroboros, ou Ourobouros, est un symbole très ancien représentant un serpent se dévorant la queue. Il évoque les cycles éternels de l’univers, la transcendance de la dualité et l’union des contraires. A l’origine, il aurait exprimé la renaissance quotidienne du dieu-soleil égyptien après son trajet nocturne dans l’obscurité des enfers.

Quant au Caducée il est l’insigne des médecins depuis l’Antiquité. Il consiste en deux serpents entrelacés autour d’une baguette ailée. Il était l’emblème d’Asclépios dieu grec de la médecine, Esculape chez les Romains. Ceux qui cherchaient un remède dormaient parmi les serpents dans son temple. L’emblème représente la dualité du serpent en tant que force du mal, l’empoisonnement, et du bien puisqu’il est fils de Gaïa, la Terre, et porteur de magie guérisseuse. Le dieu Hermès/Mercure portait aussi le caducée comme sceptre de héraut : un emblème de paix protecteur.

Enfin, dans l’Ohio aux Etats-Unis, il existe le Tertre du Grand Serpent. C’est un ouvrage de terre monumental de plus de 400 mètres de long, crée par les Amérindiens il y a environ 1 000 ans, qui illustre un serpent géant semblant dévorer un œuf. La tête pointe vers le couchant au solstice d’été, l’effigie représente donc peut-être le serpent cosmique avant le soleil que l’œuf représente au solstice, moment majeur de l’année. Le serpent est un symbole puissant pour de nombreux peuples amérindiens.

La symbolique du serpent est l’une des plus profondes et complexes. Il n’est guère de cultures et de mythologies qui n’aient leur Grand Serpent, presque toujours marin et ambigu, sinon ambivalent. Serpents, dragons, amphisbènes, basilics, guivres, hydres, chimères, les monstres ophidiens sont présents sous de nombreuses formes dans presque tous les folklores. Ils y jouent deux rôles principaux : celui de gardien comme dans les légendes de la Toison d’Or et de Saint Georges, ou d’initiateur comme dans Sigurd et Fafnir.

 

Saint Georges terrassant le Dragon – Raphaël

Le « Grand Serpent », le Trimégiste, cosmogonique ou cosmique, n’a cessé de hanter l’imaginaire des hommes, de Ras Shamra au Loch Ness. Il cristallise les peurs, les angoisses, les désirs, les espoirs. On remarquera d’ailleurs que la figure serpentine est souvent présente dans les hallucinations, chamaniques ou non, provoquées par des plantes psychotropes.

Le serpent ne peut être regardé en face, comme le soleil dont il semble l’antagoniste, parce que le serpent qui a les paupières soudées ne cille pas ni ne semble jamais dormir. Opposé au « Feu Primal », il est cependant fortement associé à la Terre à cause de son mode de déplacement. Puisque chthonien et rival de la lumière primale, il est associé au monde de la nuit et des morts, et certainement aussi parce que son corps étrangement froid semble se passer de la chaleur de la vie.

Puisqu’il connaît les secrets de l’après-vie et qu’il est une figure de patience, il devient symbole de toute sagesse et de gnose. Il est souvent le hiérophante du héros perdu, comme Sigurd et Marduk. Il possède le savoir inquiétant et mystérieux, essentiel et vital, capable de révéler l’avenir et le passé.

Le serpent est également associé à l’Eau parce que ses écailles le rapprochent du poisson, bien que celles-ci soient soudées contrairement aux poissons, mais comme tous les reptiles. Sa reptation qui lui permet de se mouvoir comme la vague évoque l’Eau. Le serpent paraît se jouer des catégories topiques, semblable de corps et de régime, qu’il habite dans l’eau ou sur terre. Voilà sans doute pourquoi de nombreux mythes l’ont doté d’ailes. Enfin, le Grand Serpent, porteur de la connaissance, évoque un autre porteur de lumière, Lucifer.

Dans la Gnose, le symbole du Serpent ramène à la symbolique de la peau et de cette mue que l’homme subit et qu’il quitte afin de devenir éveillé. De plus, dans toutes les cultures, il est le symbole de la Connaissance Divine. La mue du serpent rappelle également le dualisme entre la matière et l’esprit et donc, plus particulièrement, de l’âme et du corps.

Enfin, à travers cette mue qui le régénère quand la saison est venue, cette aptitude à changer peau et à faire peau neuve, le serpent représente l’une des plus vieilles aspirations chimérique à la jeunesse éternelle, il apparaît comme rajeuni ou, plutôt, jamais mort. D’ailleurs, les Alchimistes pensent que la pierre philosophale est logée dans sa tête oblongue. 

Méduse – Bernini – Musée Capitolini – Roma

Par ailleurs, le serpent semble souvent s’opposer à un dieu, au Dieu : à l’aigle, symbole de Zeus/Jupiter qui affronte Typhon ; de même, Python s’oppose à Apollon qui symbolise le soleil qui le terrasse ; c’est Héraclès/Hercule qui tout enfant étrangle un serpent envoyé par Héra, puis plus tard qui viendra à bout de l’Hydre de Lerne et combattra Achéloüs métamorphosé en serpent  ; quant à la chevelure de Méduse n’est-elle pas formée d’un nœud grouillant de vipères que l’on retrouve sur le bouclier de Persée son vainqueur. Les figures allégoriques de l’envie sont également représentées avec une chevelure de serpents. Toujours dans l’iconographie antique, le caducée est l’attribut de Mercure et porte deux serpents, tandis que le bâton d’Esculape n’en porte qu’un seul.

Dans l’iconographie chrétienne, le serpent est un symbole plus ambigu. C’est Satan qui s’oppose au Dieu biblique ou Saint Georges terrassant le Dragon, mais il apparaît aussi dans le récit de la tentation d’Adam et Eve, sous le nom de Nahash. Il y symbolise le tentateur, le mal, le péché, ainsi que l’avènement de la mort. Par extension, il devient un attribut de Lilith. Il figure également dans les représentations de Moïse changeant en serpent la verge d’Aaron, ou encore l’épisode du serpent d’airain. Plus tard, Saint Jean l’Evangéliste est parfois représenté tenant la coupe de poison qui se transforme en serpents lorsqu’il la bénit. Quelques siècles plus tard, le serpent apparaît foulé aux pieds, notamment dans les représentations de la Vierge de l’Immaculée Conception. Le serpent est alors le mal écrasé par la foi. Enfin, dans le bestiaire sculpté des cathédrales où il est associé aux crapauds, il est aussi, avec le miroir, un des attributs de la Prudence.

 

Saint Jean l’Evangéliste – Jan Van Eyck

Dieu du panthéon hindou, Shiva porte une guirlande de serpents autour du cou. Le serpent apparaît également dans les représentations de Bouddha protégé par le Naga. Et puis, ce sont également Marduk et Tiamat, ainsi que Thor pêchant Jörmungand, Thraetona et Azi ou Dahaka en Iran…  L’art martial du serpent symbolise le serpent : fluidité, rapidité. Les mains, telles la tête du serpent, sont dressées et prêtes à mordre. Les bouts des doigts y frappent directement les points vitaux.

En fait, toutes les traditions ont des reptiles titanesques et volants qui mêlent la puissance physique à l’intelligence, tandis que d’autres opposent au travers du serpent et du héros salvateur, la domination de l’esprit sur le corps, ou la domination de l’homme sur la nature, ou sa nature sauvage.

Tous ces mythes ont fourni aux peintres matière à des épisodes où le serpent figure de façon prééminente, notamment la mort d’Eurydice, la femme d’Orphée, piquée par un serpent, sans oublier Cléopâtre qui se suicide en se laissant mordre par un aspic.

L’immaculée conception écrasant la tête du serpent

Bibliographie 

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Dieux et Héros du zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Editions Robert Laffont

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LA MAISON VIII DU THEME ASTRAL… LA MAISON SCORPION

(5.6 - LES MAISONS ASTROLOGIQUES) par sylvietribut le 09-11-2012

La Maison VIII est en analogie avec le huitième signe, le Scorpion. C’est une Maison d’Eau, gouvernée par Pluton et Mars, deux astres qui provoquent la crainte et en même temps le désir, notamment celui d’en découdre pour vaincre. C’est une Maison Fixe suggérant un certain déterminisme pour arriver à ses fins.

Cette Maison est indissociable de l’Axe Maison II/Maison VIII, sorte de passage entre le matériel, monde de la Maison II et la « métaphysique », celui de la Maison VIII. Cette Maison VIII serait une sorte de capitalisation des ressources de la Maison II en vue de leur transformation. Ce serait comme l’accumulation des outils et ressources de l’Avoir de la Maison II, pour le « Faire » de la Maison VIII. La Maison VIII c’est la transformation des ressources et du capital de la Maison II.

 

Analogie Signes/Planètes/Maisons astrologiques

Si la Maison II représente un besoin de jouissance suggérée par l’analogie de la Maison II avec le Taureau, la Maison VIII, c’est l’après-jouissance. Par extension cet axe est celui de la Vie et de la Mort : Taureau, Maison II, Printemps, pour la première : Scorpion, Maison VIII, Automne pour la seconde. C’est encore l’axe de l’Eros et de Thanatos, de l’oralité (Taureau)/analité (Scorpion). Ici sont présents et imbriqués l’amour et la possession : de la sexualité donneuse de vie et de mort, argent et fortune, comme pour exorciser la mort, chair vivante vouée à la destruction inexorable, mais aussi à une renaissance spirituelle.

On l’aura compris la Maison VIII est la Maison de la sexualité, une sorte de jeu avec la mort dans lequel la joie d’aimer et de procréer, devenant « amour à mort », notamment si on pense à certaines maladies à caractère sexuel. La Maison VIII est une sorte de chaudron dans lequel se déversent les multiples ingrédients de l’amour, d’où il émerge des « produits » souvent surprenants. Pour l’essentiel, cette mystérieuse alchimie peut se réduire à la lutte éternelle entre « les démons » de la chair et du plaisir, qui appartiennent plutôt à la Maison II, à l’aspiration à la « sainteté » ou peut-être seulement à la « spiritualité », selon le dogme chrétien du « péché » initiatique. Ainsi, il peut sortir du chaudron de la Maison VIII des diables à la queue fourchue ou des saints auréolés de lumière… A moins que, comme ce fut souvent le cas, des débauchés qui se révèlent être des saints.

Eros et Thanatos

Si l’on devait résumer la Maison VIII d’un point de vue sexuel, on dirait qu’il s’agit d’un désir de plaisir enrobé dans le complexe de la tentation, pouvant s’appliquer tout aussi bien au plaisir en tant que tel à la jouissance charnelle. Il n’est donc pas étonnant de trouver dans la Maison VIII la recherche alchimique de la transmutation du plomb en or, très riche symbolique qui pourrait se résumer ainsi : « concret-physique-terre » du Taureau, « psychique-spirituel-souterrain » du Scorpion.

Le roi Midas, son or et ses oreilles d’âne

Et puis, il y a l’argent de la Maison VIII, qui n’est pas celui de la Maison II « gagné » à la sueur de son front, mais d’un argent « hérité », argent pour le plaisir, la jouissance sensuelle de le contempler, le toucher, le caresser… L’image qui vient à l’esprit est bien sûr celle d’Harpagon et de son or, ou plus loin encore c’est le roi Midas qui demande à ce que tout ce qu’il touche se transforme en or… Et, comme on le sait quand les dieux veulent nous punir ils exhaussent nos prières, Midas sera exhaussé et mourra de faim et de soif, le fruit qu’il veut porter à sa bouche devient pomme d’or et l’eau de la coupe quand elle touche ses lèvres devient le fleuve pactole… Autre exemple, illustrant cette Maison VIII et se situant dans notre inquiétant XXIe siècle, la crise des Subprimes, ou prêts hypothécaires, aux USA, qui a chassé des milliers de familles de chez elles. Cependant, les maisons n’ont pas trouvé preneur et des villes entières se trouvent  sinistrées. On démolit maintenant car se dégradant, ces maisons ne trouveront jamais preneurs… L’exemple qu’on nous cite est la ville de Cleveland, totalement ruinée. Voilà un exemple de la grande négativité et improductivité de la Maison VIII, le détruire pour détruire…

Cimetière du Père Lachaise – Paris

Plus prosaïquement, l’argent de la Maison VIII est celui qui nous vient des autres. Bien sûr on pense d’abord aux héritages, mais par extension ce sera aussi l’argent des indemnités, des dons, des legs, des hypothèques. Et ce sera aussi l’argent des emprunts, des prêts, des crédits. Ainsi, la Maison VIII devient la Maison des Dettes. Et puis, ce sera aussi la Maison de tous ceux que la « mort » emploie : des entreprises de Pompes funèbres, des cimetières aux fossoyeurs, du croque-mort au thanatopracteur… sans oublier les notaires et les médecins légistes. Enfin, les enquêteurs et la police judiciaire, en général, appartiennent également au monde de la Maison VIII, il faut bien reconnaître qu’ils enquêtent souvent sur des meurtres ou des escroqueries.

Dans un thème, la Maison VIII est associée à la mort, le genre de mort qui nous attend, mais aussi les morts qui vont jalonner notre existence. C’est donc aussi la Maison de la tristesse et de la crainte. C’est encore la Maison des dernières années de vie et parfois des suicides. C’est la Maison du veuvage. On dit aussi que c’est la Maison des antiquités. Et puis, dans le jeu des Maisons dérivées, elle représente la Maison de la fortune des époux, ou du/de la partenaire, ou d’une association, puisque la Maison VIII devient la Maison II de la Maison VII… ce qui nous ramène à l’argent qui nous vient des autres. Ce seront donc les gains ou les pertes résultant soit d’associations légales : mariage, contrats, ou dans le cas d’afflictions dans le thème d’argent apporté par divorce ou procès, ou encore les dettes du partenaire ou conjoint.

Dans ce grand fourre-tout qu’est la Maison VIII, on doit aussi évoquer un monde de crises, de destructions et de renaissances, de mort morale ou physique, sans oublier la sexualité : des tendances sexuelles de chacun, à la façon d’aborder et surtout de vivre la sexualité. N’appelle-t-on pas l’orgasme « la petite mort ». On l’aura compris, la Maison VIII est une Maison très indiscrète pour qui sait la lire.

Chrysanthème, fleur de la Maison VIII

  

 

 

 

 

 

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HALLOWE’EN… LE RETOUR DES OMBRES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 29-10-2012

La rencontre de deux traditions, celtique et chrétienne, et le souvenir d’un événement historique, la conspiration des Poudres, se combinent dans une célébration anglo-saxonne de la Toussaint.

Le 31 octobre, pour Hallowe’en (de all hallow even, « veille de tous les saints »), tout en priant pour ceux qui ne figurent pas dans le calendrier, on allumait jadis des feux en frottant deux silex de façon à obtenir l’expulsion des influences maléfiques issues, disait-on, du sabbat des sorcières.

Le Sabbat des Sorcières – Francesco Goya

Ces feux, allumés jusqu’au début du XXe siècle en Ecosse et en Irlande, étaient censés inciter le soleil mourant à reprendre de l’énergie, ainsi qu’à apporter du réconfort aux âmes du purgatoire, pour lesquelles on priait le 2 novembre, « jour de toutes les âmes ». A ces feux s’ajoutaient des rites divinatoires et des jeux où les enfants s’ingéniaient à se saisir, les yeux bandés et sans les mains, de morceaux de pomme, de noix, de chandelles, objets chargés de prédire l’avenir.

Dans les traditions britanniques, les feux et les jeux de Hallowe’en trouvent leur prolongement le 5 novembre, lors des bûchers et des quêtes de la Guy Fawkes Night, commémorant la découverte de la conspiration des Poudres et indirectement la victoire du protestantisme. La veille du 5 novembre 1605, quelques minutes avant que les cloches sonnent minuit, Guy Fawkes, un gentilhomme originaire du comté d’York, fut arrêté dans les souterrains du Parlement de Londres au moment même où il s’apprêtait à mettre le feu à trente-six barils de poudre assemblés là dans le plus grand secret. Le complot visait à éliminer le roi protestant Jacques 1er, son fils et le Parlement, pour leur substituer la fille du roi kidnappée et élevée dans la foi catholique. Cette conspiration déjouée, le 5 novembre fut décrété « jour d’action de grâces », et se mua avec le temps en une fête populaire animée de nos jours par les enfants.

Effigie de Guy Fawkes

A la fin d’octobre, ceux-ci parcourent les rues à la nuit tombante en badinant leur « Guy », escogriffe bourré de paille, et ils font la quête en échange de la présentation de leur fantoche et de leurs chants rituels. L’argent récolté servira à l’achat de feux d’artifice qui seront allumés le 5 novembre, pour célébrer la mise à mort du Guy : des milliers de bûchers s’allument ce soir à travers le pays pour brûler dans une ambiance turbulente la représentation du conspirateur, et rétablir symboliquement l’ordre politique.

C’est à Lewes, dans le Sussex, que le militantisme protestant garde toute sa ferveur : le soir du 5 novembre on organise une gigantesque procession aux flambeaux derrière une bannière du XVIIIe siècle sur laquelle est inscrit « Pas de papauté » et au milieu d’une foule de visiteurs, on brûle les effigies du pape Paul IV et des Guys. Est-ce seulement pour commémorer un événement historique ou plutôt pour se venger inconsciemment des représentants du catholicisme responsables du bannissement des traditions anciennes ? La question reste ouverte.

C’est outre-Atlantique, aux Etats-Unis et au Canada, que la fête de Hallowe’en a retrouvé dans leur forme ancienne les réjouissances et les cortèges burlesques, dans une évocation apparente de la mort de la fin du XIXe siècle, jeunes gens et jeunes filles déguisés avec des draps de lit en squelettes ou en sorcières mimaient le retour des fantômes, hantant les adultes. On gribouillait des messages moqueurs sur les murs, on dégonflait les pneus, on renversait les poubelles, on trimballait des cadavres sans tête.

 

Les Citrouilles d’Hallowe’en

Récupérée par les institutions, la fête s’est momentanément assagie ; elle se réduit à des amusements carnavalesques d’enfants, à des quêtes de bonbons avec des lanternes faites de citrouilles évidées. Mais à partir des années soixante-dix, elle est devenue de nouveau l’occasion de manifestations subversives, avec parades carnavalesques et danses effrénées où l’exhibition des déviances sexuelles occupe le premier plan. On est bien loin de la fête que le commerce et surtout la grande distribution essaie de promouvoir en Europe…

D’autres pays célèbrent des fêtes assez semblables à celle d’Hallowe’en. En Chine, par exemple il existe une Fête des Fantômes. De même les Mexicains fêtent le Jour des morts. Sur l’île de Man, le 31 octobre, c’est la fête de Hop-tu-Naa. En Catalogne, on célèbre la fête de la châtaigne appelée « Castanyada » qui provient d’une ancienne fête rituelle funéraire. Quant au Japon, sa fête traditionnelle des morts s’appelle « O-Bon ». C’est l’occasion pour visiter les sépultures des défunts et y déposer des offrandes et des fleurs. Cependant, cette fête se déroule du 13 au 15 août.

 

Eplucher une pomme en une seule épluchure

Petit rituel de divination à pratiquer le jour de la fête de Hallowe’en et qui avait cours au début du XXe siècle : on épluche une pomme en une seule épluchure. Le sens dans lequel se déroule l’épluchage et le nombre de tours effectués sans casser l’épluchure correspondraient au nombre d’années à attendre pour la jeune fille avant qu’elle ne se marie. C’est une coutume qui vient tout droit d’Irlande.

 

Bibliographie

Fêtes et Croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

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THEMIS… DEESSE DE LA JUSTICE ET DE LA BALANCE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 22-10-2012

Depuis l’Olympe, Thémis régnait sur la Justice et dans la grande galerie des dieux et des déesses, elle tenait un rang particulièrement important. Elle était fille d’Ouranos et de Gaïa, c’est-à-dire du Ciel et de la Terre. De ce fait, elle était sœur de Saturne et tante de Jupiter. Thémis était donc une Titanide. Sa double origine souligne de façon très nette cette dualité qui caractérise bien le signe de la Balance. Sa situation à l’équinoxe d’automne le place au point de rencontre des valeurs matérielles et des valeurs spirituelles, des forces du jour et des forces de nuit, de la Terre et du Ciel.

Thémis

Assiste au pied du trône de Zeus/Jupiter, Thémis aidait de ses conseils avisés, le roi des dieux à gouverner l’univers. Elle-même veillait à ce que règne partout, dans le ciel comme sur la terre, entre les dieux comme entre les hommes, l’ordre et la paix. Et si une mission délicate se présentait, c’est à Thémis que le Maître de l’Olympe la confiait. Voilà bien tous les symboles que la Balance véhicule : paix, sûreté du jugement, diplomatie, esprit de conciliation. Ses couleurs vestimentaires étaient dominées par le blanc, symbole de pureté et de candeur, « candide » en latin signifie « blanc », et puis aussi le noir et le pourpre.

Les attributs que le mythe confère à Thémis et avec lesquels les artistes à travers les siècles l’ont représentée sont la balance et le glaive. Parfois, elle porte aussi un bandeau sur les yeux. Quelles significations peut-on donner à ces attributs ?

La balance, c’est bien sûr le symbole universel de la justice dont l’impartialité est garantie par le bandeau sur les yeux. Quant au glaive, il peut surprendre lorsqu’on connaît le dégoût que la violence inspire aux natifs de la Balance. Mais ce qu’on oublie, c’est que l’injustice leur est proprement insupportable et qu’ils sont capables de devenir violents lorsqu’il s’agit de rétablir la justice ou de se révolter contre l’injustice, surpris eux-mêmes de la détermination qui les anime en de telles circonstances.

De son neveu Jupiter qui, dit-on, la força à l’épouser alors qu’elle désirait garder sa virginité, Thémis eut trois filles : l’Equité, la Loi et la Paix. Il y a d’étroites relations entre ces trois sœurs qui sont inséparables car, lorsque l’équité est garantie par la loi, la paix règne entre les hommes.

A noter que la seconde épouse de Zeus/Jupiter fut Héra. Quel contraste entre Thémis, Vénus en Balance, qui évoque la force de la permanence et de l’impartialité et Héra, Vénus en Taureau, possédée par une jalousie dévorante.

Bien que la Balance ne soit ni son domicile, ni le lieu de son exaltation, la planète Jupiter est à l’aise dans ce signe, sans doute en raison des bons rapports que le Maître des dieux entretenait avec Thémis. De plus, sa présence dans la Balance peut avoir d’heureux effets si l’on en juge par ces trois filles qui naquirent de leur union. Voilà un bel exemple montrant comment on peut appliquer la mythologie à l’astrologie, comme si dieux et planètes se confondaient.

La danse des Heures de Bartolozzi

Thémis, mère incestueuse malgré elle, eut encore d’autres enfants de son royal époux et neveu. Il est vrai que l’inceste n’était pas mal perçu dans l’Olympe. Thémis mit donc au monde les Heures, également au nombre de trois : Thallo, Carpo et Auxo. Ces divinités qui se présentent à nous comme des vierges charmantes, parées de fleurs et de fruits, chargées d’ouvrir au soleil et de fermer à la nuit les portes d’or de l’Olympe. En outre, elles présidaient à l’ordre de la nature et à la succession des saisons. Quand elles n’étaient pas retenues par leurs charges, elles dansaient et chantaient en compagnie des Muses et des Grâces.

Avec les Heures, on retrouve les concepts d’équilibre (l’ordre du monde) et de proportion (temps divisé en saisons et en heures) propres à la Balance. Par ailleurs, l’influence de Vénus, planète-maîtresse de la Balance, se manifeste dans la grâce, les chants, les fleurs et les fruits. Vénus-Uranie, attribuée à la Balance, est considérée comme plus éthérée, plus idéaliste que la Vénus du Taureau.

 

Les Parques

Très différentes des Heures étaient les trois dernières filles que Thémis donna à Jupiter-Zeus, les redoutables Parques, qui fixaient le destin des hommes. Le tableau de Michel-Ange qui les représente dans l’exercice de leurs fonctions n’est pas pour nous rassurer. Ce ne sont pas de charmantes jeunes filles, mais des femmes d’âge mûr dont la vue inspire la crainte. Ces trois sœurs se nomment : Clotho, Lachésis et Atropos. Chacune avait une tâche bien déterminée : Clotho tenait la quenouille qui filait le fil de la vie dont Lachésis mesurait la longueur et que les ciseaux d’Atropos tranchaient inexorablement quand sonnait l’heure du destin.

Si les Heures rappellent la douce et belle Vénus, planète dignifiée dans la Balance, les Parques font immédiatement penser à Saturne, planète exaltée dans la Balance. Or, sur d’anciennes gravures, Saturne est représenté avec deux attributs : la faux et le sablier, qui confirment ce rapprochement avec les Parques. Il y a, d’une part, une analogie évidente entre la faux et les ciseaux et d’autre part, entre le sablier et le fil de la vie qui se déroule. Quelles belles coïncidences dans toutes ces analogies que nous devons à la divine Thémis dont on disait qu’elle avait de belles joues, trait particulièrement vénusien.

L’autre mari de Thémis fut le Titan Japet de qui elle eut Prométhée. Elle transmit à son fils une grande partie de sa sagesse et comme elle connaissait aussi l’avenir et des secrets dont Zeus-Jupiter lui-même était ignorant, tel que le destin de Thétis, qui devait devenir plus puissant que son père. C’est grâce à sa sagesse que Prométhée, plus tard, fut libéré de son châtiment par Zeus-Jupiter.

Succédant à Gaïa comme possesseur de l’oracle de Delphes, Thémis révéla à Pyrrha et à Deucalion le moyen de repeupler la terre après le déluge. Elle avertit également Atlas qu’un jour un fils de Zeus/Jupiter viendrait voler les pommes d’or des Hespérides. Ce fut pour cette raison qu’Atlas refusa d’aider Persée lorsque celui-ci le lui demanda. Elle transmit plus tard l’oracle de Delphes à sa sœur Phoebé, ou bien dit-on aussi à Apollon, lorsque le dieu revint du Tempé où il avait été purifié du meurtre de Python… Mais là est une autre histoire qui n’appartient pas au monde de la Balance.

Par ailleurs, comme on sait la Balance préside aux mariages et la lecture des mythes nous apprend que viol de Rhéa, déesse de la Terre, impliqua que les Hellènes adorateurs de Zeus, transformèrent toutes les cérémonies funéraires et agricoles. De plus, elle lui avait interdit de se marier, ce qui signifie que jusqu’alors la monogamie était tout à fait inconnue ; les femmes prenaient autant d’amants qu’il leur plaisait. Le fait que Zeus soit le père des Saisons par Thémis signifie que les Hellènes réglèrent également le calendrier : Thémis, l’ordre, était la Grande Déesse qui divisa l’année en treize mois comportant deux saisons séparées par les solstices d’hiver et d’été. A Athènes, ces saisons étaient personnifiées par Thallô et Carpô ou Carpho, qui signifient respectivement « qui germe » et « qui se fane » ; leur temple contenait un autel à Dionysos phallique, mais là encore cela n’appartient pas au monde ordonné de la Balance.

 

La Justice – Allégorie du bon et du mauvais gouvernement – Ambrogio Lorenzetti – Palazzo civico Siena – Italie

La « thémis » est la justice immanente, c’est-à-dire celle qui ne passe pas par la médiation d’une procédure judiciaire, mais celle qui relève directement des dieux. Dans la mythologie grecque, les dieux étaient les gardiens du cosmos et il fallait que chacun reste à sa place. Les dieux frappaient ceux qui venaient troubler l’ordre de l’univers, comme ceux qui s’écartaient de leur position. C’est la représentation de Thémis que nous avons aujourd’hui encore sur nos palais de justice actuels : une femme qui d’une main tient une balance, c’est-à-dire qui maintient l’équilibre du cosmos, et de l’autre un glaive. Parfois elle porte un bandeau sur les yeux, signe de son impartialité.

Cependant, à l’époque grecque, Thémis ne représentait pas la justice judiciaire. Thémis était une justice divine. On voit là l’origine religieuse de la justice, c’est un attribut divin. Les dieux ne rendaient pas justice mais ils frappaient ceux qui introduisaient du chaos dans l’ordre de l’Univers. L’ordre, c’est quand chacun reste à sa place, c’est le « connais-toi toi-même » du Temple de Delphes, c’est être dans la mesure ; la démesure, l’excès étant facteur de chaos. La première fonction de la justice divine était d’empêcher la démesure. Les hommes n’avaient rien à faire, cette justice ne relevait pas d’eux. L’homme devait juste rester à sa place.

Sous sa forme archaïque, la justice est simple : il faut évaluer, peser l’égalité entre l’action et la répression de cette action ; c’est une justice simple, de pure égalité, la seule chose visée est que le monde retrouve l’ordre qui était le sien. La justice veut rétablir l’ordre. Elle ne prend pas en compte l’amendement du coupable : que le coupable soit meilleur ou son affliction… Seul l’ordre intéresse cette justice. Notre justice judiciaire a ce but, celui aussi de ramener la démesure dans l’ordre. Notre justice actuelle est en fait la descendante de Dicé, la fille de Thémis selon la mythologie.

 

Dicé, Eunomie et Eiréné – Filles de Thémis et de Jupiter

Dicé personnifiait la justice humaine dans ses aspects moraux et pénaux. Il faut savoir que Dicé était née mortelle et que Zeus/Jupiter la fit venir sur terre pour maintenir la justice au sein du genre humain. Cependant, il se rendit compte rapidement que cette tâche était impossible et il la rappela auprès de lui sur le Mont Olympe.

C’est dans le climat philosophique d’Athènes, au Ve siècle avant Jésus-Christ, que Dicé fut personnifiée comme la déesse de la justice morale. Dicé était l’une des trois Heures que Thémis avaient eues avec Zeus/Jupiter comme le mentionne Hésiode. Ses deux sœurs étaient Eunomie et Eiréné. La première représentait la justice humaine dans son aspect légal, c’est-à-dire la Loi et l’Ordre ; la seconde était la paix qui fut comparée par les Romains à Astrée.

Selon Hésiode et Homère, les Heures habitaient l’Olympe. Elles avaient des temples à Corinthe, Athènes, Olympie. On célébrait en leur honneur des fêtes appelées Horées, dans lesquelles on demandait la prospérité des biens de la Terre. Les Grecs n’admettaient que trois Heures : Eunomie, Dicé et Eiréné que l’on retrouve dans le prénom Irène. Les Romains compteront ensuite douze Heures qui représenteront les douze mois de l’année.

 

Thémis – Francfort – Allemagne

 

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant & John Hazel – Chez Marabout

Le Grand Livre de la Balance – Henri Latou – Tchou Editeur

Les Mythes grecs – Robert Graves – Editions Fayard

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DANS LE BESTIAIRE DE LA BALANCE… LA COLOMBE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 15-10-2012

Dans la Bible, c’est une colombe que Noé envoie depuis son arche pour savoir si les eaux se sont retirées de la terre après le déluge. Celle-ci revient vers Noé dans le soir avec un rameau d’olivier dans son bec, indiquant ainsi à Noé que les eaux ont baissé, mais en signe de réconciliation avec Dieu. Elle est la messagère de Dieu et symbolise la paix, l’harmonie, l’espoir et le bonheur retrouvé. Dans le Christianisme, la colombe est le Saint-Esprit. Elle est présente tant à l’Annonciation qu’au baptême du Christ, le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme de cet oiseau.


La blanche colombe

Dans le Cantique des Cantiques, un recueil de chants d’amour qui font partie de l’Ancien Testament, les colombes occupent aussi une place de choix. En plus de son message de paix, la colombe est un symbole de pureté, cependant toutes les colombes ne sont pas blanches.

En Chine, la colombe, comme le pigeon sont emblèmes de longévité et de fidélité conjugale. D’ailleurs, comme la plupart des représentations d’animaux ailés dans la même aire culturelle, on a pu dire que la colombe représentait la sublimation de l’instinct et plus spécifiquement de l’éros.

Dans la culture amérindienne, offrir une plume de colombe à quelqu’un équivaut à une déclaration d’amour.

Dans une acception païenne qui valorise différemment la notion de pureté, non en l’opposant à l’amour charnel mais en l’associant à lui, la colombe, oiseau de Vénus/Aphrodite, représente l’accomplissement amoureux que l’amant offre à l’objet de son désir. Dans l’Antiquité, on offrait des colombes en sacrifice aux déesses de l’amour, comme Astarté et Vénus. On a retrouvé des colombes à Pompéi sur des mosaïques.

 

Les colombes de Pompéi – Mosaïque

Ces acceptions, qui ne diffèrent qu’en apparence, font que la colombe représente souvent ce que l’homme juge impérissable, c’est-à-dire le principe vital, l’âme. A ce titre, sur certains vases funéraires grecs, elle est représentée buvant à un vase qui symbolise la source de mémoire. L’image est reconduite dans l’iconographie chrétienne qui, par exemple, dans le récit du martyr de saint Polycarpe, un disciple de l’apôtre Saint Jean, figure une colombe sortant du corps du saint après sa mort.

Tout ce symbolisme est évidemment issu de la beauté et de la grâce de cet oiseau, de sa blancheur immaculée, de la douceur de son roucoulement. Ce qui explique que, dans la langue la plus triviale comme dans la plus élevée, de l’argot parisien au Cantique des Cantiques, le terme de colombe compte parmi les plus universelles métaphores célébrant la femme. « Dans la mesure où l’âme s’approche de la lumière, dit Jean Daniélou citant Grégoire de Nysse, elle devient belle et prend dans la lumière la forme d’une colombe. Mais l’amoureux n’appelle-t-il pas son aimée « mon âme » ?

Notons enfin que la colombe est un oiseau éminemment sociable, ce qui renforce la valorisation toujours positive de son symbolisme.

 

La colombe de la paix de Pablo Picasso

La colombe a inspiré bon nombre d’artistes : Pablo Picasso en a produit de nombreuses œuvres où les colombes sont très présentes, et notamment la Colombe de la Paix, en 1949. Cette année-là eut lieu, à Paris Salle Pleyel, un gigantesque Congrès de la Paix organisé par le Mouvement mondial des partisans de la paix. Picasso était alors membre du Parti communiste, comme de nombreux intellectuels. En janvier 1949, le Parti Communiste, très engagé dans l’action pour la paix aux côtés des Chrétiens et des Libres penseurs, demanda à Picasso de dessiner une affiche symbolisant le Mouvement de la Paix. Pour cette colombe, Picasso s’inspira des pigeons blancs qu’il avait en cage dans son atelier pour tracer le profil d’une colombe, ainsi que des arbres de son enfance à Malaga. Au printemps, naissait sa fille qu’il eut avec Françoise Gilot. Il la prénomma Palomba, « Colombe » en espagnol.

 

La colombe de René Magritte

 

La colombe de Georges Braque

René Magritte et Georges Braque ont également peint des tableaux célèbres représentant des colombes. Quant à Guillaume Apollinaire, il a écrit un calligramme, ou recueil de poèmes,  bien connu : « La colombe poignardée et le jet d’eau ».

Si vous vous promenez au jardin des Tuileries peut-être remarquerez-vous la Nymphe à la colombe. Elle forme un groupe consacré à la chasse avec le Chasseur au repos et la Nymphe au carquois. Initialement, elle se trouvait dans le parc de Marly. Elle fut commandée en 1707 à Nicolas Coustou et est datée de 1710. Le groupe quittera Marly et sera transporté aux Tuileries en 1716.

 

La Nymphe à la colombe – Nicolas Coustou – Jardins des Tuileries – Paris

Il existe une rue de la Colombe dans l’île de la Cité à Paris où se trouve au n° 4, La Colombe, le plus vieux bistrot de Paris qui devient un célèbre cabaret « rive gauche », qui de 1954 à 1964 fit débuter de nombreux chanteurs-poètes.

La colombe a même inspiré les pâtissiers. On raconte qu’en 1176, le chef de la Ligue des communes lombardes, pour célébrer la victoire du « Carrocio » contre Frédéric Barberousse durant la bataille de Legnano, fit préparer un pain en forme de colombe, qu’il considérait comme un signe de protection, en hommage aux trois colombes qui s’étaient posées providentiellement sur les enseignes lombardes durant Le conflit. Le « Carrocio » était au Moyen Age un char de guerre que les communes déplaçaient, avec le drapeau et l’autel, pour se réunir en prières avant le combat.

 

La colombe pascale d’Italie

Comment ne pas citer aussi le dessert pascal italien, la « colomba », une brioche garnie de fruits confits en forme de colombe qui symbolise Pâques et la bonne nouvelle qu’est la résurrection du Christ. Cependant, la tradition perpétuerait une légende qui circule toujours en Italie. Au VIe siècle, Alboïn, roi des Lombards, demanda lors du siège de Pavia un tribut de douze jeunes filles, les plus belles de la cité. Un vieil homme eut l’idée d’offrir au terrible  Alboïn en signe de paix, un jour de Pâques, ce pain sucré en forme de colombe. Séduit, le despote promit de toujours respecter les colombes. Ensuite, il demanda qu’on lui amène les captives. A la première à qui il demanda comment elle s’appelait, il s’entendit répondre : « Colombe », la seconde se prénommait aussi Colombe et les unes après les autres les douze jeunes filles annoncèrent toute le même nom, Colombe. Cet heureux stratagème plut à Alboïn qui renonça à détruire Pavia et au contraire choisit d’y installer son gouvernement.

 

La colombe de Bâle – Timbre

Enfin, la colombe figure sur un timbre postal, c’est la Colombe de Bâle. Ce nom fut donné au premier timbre émis par la poste du canton suisse de Bâle en 1845. Non dentelé, il représentait une colombe blanche sur un écu rouge, entouré de la mention « Stadt-Post-Basel », c’est-à-dire « Poste Urbaine de Bâle ». Ce fut le premier timbre-poste en relief et en couleur : blanc, rouge et un pourtour bleu clair.

 

La jeune fille à la colombe – Chaplin

Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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DANS L’HERBIER DE LA BALANCE… LE JASMIN

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 11-10-2012

Cette plante gracieuse est originaire des Indes. Particulièrement appréciée pour sa senteur capiteuse, elle entre dans la composition de plusieurs parfums renommés. Le jasmin est, avec la rose, une des deux fleurs reines de la parfumerie. Ces deux fleurs ont fait le succès du parfum Joy qui fut créé en 1930 par Jean Patou qui disait qu’il fallait 10 600 fleurs de jasmin pour produire une once de parfum.

Quant à la blancheur du jasmin elle en fait la fleur-symbole de l’amabilité.

JASMIN 2 

Jasmin blanc symbole de l’amabilité

Les tiges ligneuses du jasmin s’enroulent sur tout support en formant des méandres, symboles d’élégance. Une tonnelle où le jasmin s’enlace est un délice pour l’odorat. Ce qui fit écrire à Jean de La Fontaine :

Jasmins dont un air doux s’exhale,

Fleurs que les vents n’ont pu ternir,

Aminte en blancheur vous égale,

Et vous m’en faites souvenir.

Les Tunisiens en font de petits bouquets en boutons que les enfants proposent à la terrasse des cafés et que les hommes portent sur l’oreille, en offrir est une preuve d’amour. En Arabe, le nom du jasmin odorant signifie « cadeau de Dieu », et tant en Orient qu’en Occident, la fleur est liée à la grâce féminine. Le jasmin est à l’origine du prénom arabe Yasmina, et de ses dérivés : Yasmine et Yassmine. Damas est la ville du jasmin par excellence tant cette fleur est cultivée dans chaque maison, au pied de chaque immeuble.

 

Petits bouquets de jasmin de Tunisie

En Inde, Kâma, le dieu de l’amour, atteignait ses victimes par des flèches auxquelles il attachait des fleurs de jasmin. Et si on se réfère à l’Antiquité, on apprend que Cléopâtre serait allée à la rencontre de Marc Antoine dans un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin. D’ailleurs, le jasmin serait originaire d’Indes et d’Egypte.

Dans la tradition chrétienne, elle est  associée à la Vierge Marie, alors qu’en Thaïlande, elle symbolise la maternité.

En France, au XVIIe siècle, la ville de Grasse s’était lancée dans la culture du jasmin. Sa récolte est aujourd’hui devenue rare. Elle se déroule au mois d’août. Les fleurs de jasmin doivent être cueillies juste avant l’aube et traitées le plus rapidement possible. Les fleurs de jasmin s’ouvrent la nuit et seulement à une température supérieure à 17° C.

Dans le folklore français, les noces de jasmin symbolisent 66 ans de mariage.

JASMIN JAUNE 2

Jasmin jaune

Il existe aussi un jasmin jaune très résistant au froid. Il fleurit à la fin de l’hiver lorsque la terre est nue. Ses étoiles jaunes sont un premier frémissement de la nature.

Par ailleurs, indépendamment du goût délicieux que la fleur de jasmin donne au thé, celle-ci est recommandé contre les maux de tête. Très calmantes, elles relaxent et apaisent la toux nerveuse. Posologie en infusion : 20 grammes par litre d’eau bouillante et deux tasses par jour, la seconde au coucher. De plus, dans l’huile d’olive, la macération des fleurs est excellente en friction contre les douleurs des paralysies nerveuses. Pour cet usage externe : recouvrir dans un bocal des fleurs de deux fois leur volume d’huile d’olive. Laisser macérer un mois avant usage.

Comme les fleurs de jasmin sont rares et leur prix élevé, si vous en avez dans votre jardin, cela vaut la peine de les récolter.

JASMIN

Bibliographie

Le Langage des Fleurs – Marthe Seguin-Fontes – Editions du Chêne – Hachette Livre

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SAINT-MICHEL ARCHANGE… PERSONNAGE-SYMBOLE DE LA BALANCE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 28-09-2012

Comment ne pas évoquer pour illustrer la Balance la figure de l’archange Saint Michel qui décore les tympans et les vitraux de nos églises et de nos cathédrales. En effet,  ne tient-il pas dans ses mains la Balance ou le glaive, et souvent les deux. Or, la liturgie catholique célèbre la fête de Saint Michel le 29 septembre, c’est-à-dire dans les premiers jours de la Balance, au point de passage du monde physique au monde spirituel, marqué par le déclin du Soleil extérieur et l’aurore du Soleil intérieur. La vie de l’esprit va connaître un renouveau tandis que la nature se prépare à entrer dans son sommeil hivernal.

L’archange Saint Michel et la Balance du Jugement – Gariento di Arpo – Museo Civico di Padova – Italie

Le Saint Michel de nos églises a pris la relève des anciennes divinités : c’est le Thot des Egyptiens, l’Hermès des Grecs, le Mercure des Romains. Loin de rejeter les dieux « païens », les Chrétiens leur ont ajusté de nouveaux vêtements pour que se perpétue la Tradition qui ne pourra s’éteindre tant que l’âme voudra se nourrir de Vérité. Michel, dont le nom signifie « qui est comme Dieu », étymologiquement : El « dieu », Mi, Cha « qui est semblable » est cet archange, personnage très populaire de la chrétienté. « Qui est comme Dieu » est probablement une question plutôt qu’une affirmation. Il est l’ennemi de Lucifer, l’ange qui se veut égal à Dieu, et qui doit sa majesté d’archange à sa profonde humilité.

Seul Saint Michel est appelé « l’archange » ou ange en chef dans la Bible canonique. Il est aussi appelé « Prince des Archanges », « Archange du Premier Rayon » et encore « Défenseur de la Foi ». C’est le prince de tous les bons anges, le chef des forces du ciel, des armées célestes, le Champion du Bien contre son frère déchu Lucifer.

Saint Michel a remplacé Hermès-Psychopompe ; il est le peseur d’âmes, placé au carrefour de la vie et de la mort. Entrer dans l’automne, c’est aussi entrer symboliquement dans une sorte de mort qui préfigure la vraie mort. Saint Michel nous invite à faire, à cette occasion, un bilan, sorte de répétition du jugement qui suit la mort. Sur les plateaux de la balance, il faut mettre les fruits de son travail, rejeter tout ce qui n’est pas sain pour ne garder que ce qui peut résister à l’épreuve du temps. C’est l’exaltation des valeurs de dépouillement, symbolisées par Saturne, nous invitant à élaguer nos pensées et nos sentiments comme autant de branches mortes ou inutiles.

 

Saint Michel terrassant le dragon – Statue chapelle du Mont-Saint-Michel

Saint Michel apparaît de nombreuses fois dans la Bible. Dans l’Ancien Testament d’abord, il est vu quand Dieu s’adresse aux hommes et il est envoyé comme messager, porteur de la Nouvelle. Bien que son nom ne soit pas cité explicitement, on reconnaît parfois que c’est lui qui retint la main d’Abraham qui s’apprêtait à immoler son fils Isaac. C’est lui encore qui apparut à Josué à Jéricho et le fit vainqueur. C’est aussi Saint Michel qui aida David à combattre Goliath. Parfois, il apparaît au voyant prophète Daniel.

Dans l’épître de Jude, il entre en conflit avec Satan, le démon. Et puis, dans les visions grandioses de Saint Jean au livre de l’Apocalypse, il terrasse le dragon qui est une représentation de Satan et l’expulse du Paradis, en disant : « Quis ut deus », c’est-à-dire en latin « Qui est Dieu ? », en référence à l’orgueil de Satan qui voulait monter au plus haut des montagnes et se montrer ainsi semblable au Très-Haut.

Pour les Chrétiens de la plupart des Eglises occidentales et orientales, l’archange Saint Michel est donc l’une des premières personnes à invoquer pour obtenir une protection contre les Démons.

Enfin, Saint Michel est cité une seule fois seulement dans le Coran comme étant un ange de Dieu : « Celui qui se déclare l’ennemi de Dieu, de Ses anges, de Ses Prophètes, de Gabriel et Michel, Allah Sera son ennemi car Allah Est l’ennemi des infidèles ».

C’est dès le IVe siècle que le culte de Saint Michel se répandit largement en Orient. Il fait son apparition en Occident à la fin du Ve siècle avec la construction d’un premier sanctuaire à Monte Sant’Angelo, dans le massif du Gargano, en Italie, en 492.

 

Saint Michel écrasant Satan – Monte Sant’Angelo – Gargano – Italie

Vers l’an 1000, de nombreux édifices et chapelles lui ont été dédiés. Ces sanctuaires sont généralement édifiés dans des lieux élevés pour rappeler que Saint Michel est le « chef » des anges. Un des plus célèbres de ces sites est Le Mont-Saint-Michel, en Basse-Normandie, outre Monte Sant’Angelo dans le massif du Gargano en Italie, on trouve toujours en Italie, mais au nord cette fois dans le Val de Susa, la Sacra di San Michele. En Bretagne, on peut citer le « Menez Mikael » ou Mont Saint-Michel de Braspart, ou encore Saint-Michel-Mont-Mercure en Vendée. Cette référence à Mercure confirme bien que le culte de Saint Michel nous vient de l’Antiquité et a traversé les civilisations. Il existe aussi l’abbaye Saint-Michel de Frigolet dans les Bouches-du-Rhône et  on trouve même, en Cornouailles, Saint Michael’s Mount. Les pèlerins se rendaient dans ces lieux pour recommander leur âme à l’archange et pour demander sa protection.

Et puis, c’est la ville de Bruxelles qui choisit l’archange Michel pour saint patron. La cathédrale de la ville, longtemps dédiée à une sainte locale Sainte Gudule, est maintenant appelée « cathédrale Saints-Michel-et Gudule ».

 

Fontaine et Place Saint-Michel – Paris 6e

Ne pas oublier non plus la belle fontaine, place Saint-Michel à Paris, carrefour entre le Ve et le VIe arrondissement. Ici, Saint Michel y est entouré des vertus cardinales : la Force (le Bélier), la Prudence (le Cancer), la Justice (la Balance) et la Tempérance (le Capricorne). Deux chimères ailées terrassent le dragon au-dessus des eaux de la fontaine. Elles symbolisent la victoire du Bien sur le Mal.

 

Mont Saint-Michel – Basse-Normandie

Quant à l’iconographie chrétienne ancienne elle présente l’archange Michel de plusieurs manières :

–       Un ange tenant une balance avec laquelle il va peser les âmes des défunts.

–       Un ange terrassant un dragon, qui d’après l’Apocalypse est Satan lui-même.

–       Un ange terrassant une figure difforme et hideuse qui est Satan.

–       Un ange revêtu des habits militaires de l’empereur et puis, plus tard, d’une armure.

–       Un ange revêtu de l’himation ou pallium.

L’Ange qui tient la balance est la plus ancienne représentation de l’archange Michel dans le monde occidental du IXe siècle. C’est un bas-relief taillé dans le sanctuaire souterrain de Monte Sant’Angelo sul Gargano qui le représente avec une balance pesant les âmes.

Un autre bas-relief datant de 1140 environ le représente également pesant les âmes sur le tympan du Jugement dernier de la Cathédrale Saint-Lazare d’Autun.

 

Bibliographie 

Henri Latou – Le Grand Livre de la Balance – Tchou Editeur

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