UN CADEAU ORIGINAL : OFFREZ OU FAITES-VOUS OFFRIR UNE CONSULTATION ASTROLOGIQUE

(03 - VOS CADEAUX) par sylvietribut le 29-12-2012

boules-de-sapin-de-noelPour vos cadeaux de Noël, pour vos étrennes de Nouvel An, pour une fête, pour un anniversaire, ou tout simplement pour faire plaisir, pensez à offrir une consultation astrologique… ou bien faites-vous offrir une consultation astrologique… 

Prenez contact avec moi (01.34.83.36.31) pour me communiquer les coordonnées de naissance de la personne à qui vous destinez ce cadeau. En retour, je vous adresserai par email une carte-invitation pour une consultation avec mes coordonnées pour qu’elle-même me contacte. Je conviendrai avec elle d’un rendez-vous, soit à mon cabinet à Rambouillet, soit par téléphone. Et si cette personne possède une ligne téléphonique fixe, je la rappellerai lui évitant ainsi tout frais téléphonique. La consultation peut être enregistrée. Je le fais à partir de mon ordinateur. Il suffit d’apporter ou de me faire parvenir une clé USB avec enveloppe affranchie à l’adresse de la personne à qui le cadeau est destiné (1,50 Euro de timbres). Je transfère le fichier enregistré sur la clé que je retourne à l’adresse indiquée.

Je personnalise cette carte-invitation avec quelques symboles correspondants au signe solaire de la personne à qui cette consultation est destinée.

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Je vous rappelle que pour travailler j’ai besoin de la date, de l’heure précise et du lieu de naissance de la personne qui consultera. L’heure de naissance se trouve sur le livret de famille de ses parents ou sur son extrait de naissance qu’on peut obtenir auprès du service de l’Etat Civil du lieu de sa naissance. Et parfois, tout simplement en téléphonant à celui-ci pour obtenir cette importante précision. 

Voici un exemple d’invitation :

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Joyeux Noël et Bonne Année

Alexandra

Votre maman a pris rendez-vous auprès de moi, Sylvie TRIBUT, car elle vous offre une consultation : l’analyse de votre thème astral assortie de prévisions datées.

Nous avons donc rendez-vous Mardi 4 janvier 2011 à 14 h 30

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(soit à mon adresse à Rambouillet, soit par téléphone : numéro d’un poste fixe à me communiquer)

N’hésitez pas à me contacter pour que je vous indique l’itinéraire le plus pratique et le plus rapide pour arriver chez moi sans encombre. Je suis à 30 mn de Paris-Montparnasse par le train et à 3 mn à pied de la gare de Rambouillet.

Tél. 01.34.83.36.31

sylvietribut@club-internet.fr

Faites d’ores et déjà connaissance avec moi en vous rendant sur mon site :

http://www.sylvie-tribut-astrologue.com

Enfin, outre une clé USB, vous pouvez apporter une cassette audio,je possède toujours un magnétophone. Mais peut-être avez-vous votre propre enregistreur, pour enregistrer notre entretien. Comptez 1 h 30 environ.

A bientôt le plaisir de faire votre connaissance.

 lunaison 

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JARDIN DE MOGADOR… UN THE VERT POUR LES GEMEAUX

(7.01 - LES THES DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 29-05-2011

C’est son anniversaire… c’est votre anniversaire… offrez-lui… offrez-vous… le thé de son signe… le thé de votre signe…

21 mai au 20 juin

JARDIN DE MOGADOR le thé des GEMEAUX

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Les Gémeaux – Signe d’Air – Signe Masculin – Signe Double et Mutable – Son Maître : Mercure

Et si les Gémeaux était une saveur de thé… ce serait Jardin de Mogador un mélange de thé vert Sencha et de thé Gunpowder, aromatisé à la menthe Nanah du Maroc et à la rose, parsemé de pétales de roses.   

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Un thé vert est un thé oxydé lors de sa fabrication. Ce type de thé est très populaire en Chine et au Japon, où il est réputé avoir les propriétés thérapeutiques les plus efficaces. Il est de plus en plus apprécié en Occident où par tradition on boit plutôt du thé noir.

Ce thé vert est aussi l’ingrédient de base du thé à la menthe.

Quant au Gunpowder, littéralement « poudre à canon » en anglais, c’est un thé vert chinois, originaire de la province du Zhejiang. Il doit son nom à ses feuilles roulées en billes. Les Chinois l’appellent « zhücha’ » ou « perles de thé », ce qui est quand même plus poétique que poudre à canon. La production de Gunpowder remonte à la dynastie Tang (618-907), mais son introduction à Taïwan ne date que des années 1800.

Ce sont également les pays du Maghreb qui importent le Gunpowder pour servir de base à leur thé à la menthe.

Sachez encore que des feuilles brillantes indiquent un thé jeune et témoignent d’une bonne qualité.

menthe-nanahLa menthe dite « marocaine » ou Mentha spicata « Nanah » est une menthe très similaire à la menthe verte ordinaire, mais au feuillage plus gaufré et à la saveur plus prononcée. C’est la menthe des thés du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. C’est une plante vigoureuse qui s’enracine dans n’importe quel sol et se répand rapidement, surtout quand elle pousse dans un sol sableux et frais.

Les Roses du Maroc qui agrémente le thé Jardin de Mogador provient de la Vallée des Roses. Ces petites roses très parfumées sont utilisées également dans la composition de nombreuses recettes de beauté, depuis des temps immémoriaux par les femmes orientales. Ainsi, une poignée de roses dans l’eau du bain contribue à hydrater et parfumer la peau qui retrouve douceur et souplesse.

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                                                               Rose du Maroc

Une excellente adresse et un charmant magasin pour trouver les thés Dammann Frères ainsi que Jardin de Mogador :

CAF’THE – 15 bis rue Chasles  à RAMBOUILLET

Laurence CHIRONI -Tél. 01.34.83.33.11

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PIERRE DE NEPTUNE ET DES POISSONS … L’AIGUE-MARINE

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 19-03-2011

L’aigue-marine est la pierre porte-bonheur du mois de mars et la pierre qui correspond à dix-neuf années de mariage. Ce nom vient du latin « aqua marina » qui signifie « eau de mer ». Selon certaines légendes, l’aigue-marine appartiendrait au trésor des sirènes. D’ailleurs, l’aigue-marine prend tout son éclat lorsqu’elle est immergée dans l’eau.  

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L’aigue-marine est pourtant un minéral du groupe des silicates. C’est une variété de béryl, transparente et de couleur bleu clair évoquant l’eau de mer. C’est une pierre fine, autrefois appelée également pierre semi-précieuse, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, c’est même d’ailleurs interdit du point de vue commercial.

Pourtant, bien moins onéreuse que sa sœur l’émeraude, l’aigue-marine est une très belle gemme dont la couleur reproduit les teintes bleu vert de la mer. C’est une des raisons pour lesquelles les Grecs et les Romains, dès le IIIe siècle avant Jésus-Christ, s’en servaient pour des intailles dont les thèmes des motifs se rapportaient à la mer, car elle était sensée apporter la protection des marins. Dans la Jérusalem céleste, l’aigue-marine occupe la huitième marche, représentant la tolérance.

On lui attribue d’autres vertus, notamment celles de renforcer les facultés psychiques, le désir d’apprendre. Elle préserverait la jeunesse et donnerait la joie à qui la portait. Au Moyen Age, on employait l’aigue-marine pour les maux de dents. A la Renaissance, les artistes l’appelaient « Pierre au caractère aimable ». On l’utilisait comme pierre de pouvoir contre les échecs de toutes sortes et pour les procès. Symbole de patience, l’aigue-marine est associée à saint Thomas.

Par ailleurs, il semblerait que l’aigue-marine renforce le système immunitaire et stimulerait la glande tyroïde. Elle aiderait aussi à la décongestion des sinus lors d’allergies respiratoires et aurait des effets positifs sur la gorge et stimulerait les reins. Elle lutterait contre les troubles liés aux yeux. On dit encore que l’aigue-marine favorise l’expression orale ainsi que l’expression artistique. C’est une pierre fraîche apportant une gaîté naturelle.

L’aigue-marine a des effets apaisants sur les angoisses, elle apporte le calme au système nerveux. Elle libère les tensions des mâchoires d’origine nerveuse. Le transparent bleuté de l’aigue-marine favorise la transparence émotionnelle. Elle permet de dire et de libérer ainsi des émotions enfouies. Elle facilite la communication et la créativité.

Comme l’émeraude, l’aigue-marine est de la famille des béryls : l’émeraude en est une variété verte et l’aigue-marine une variété bleue.  La couleur la plus prisée est un bleu profond et c’est le fer qui lui donne sa couleur. Cette pierre est fragile au choc. On en trouve au Brésil, au Pakistan, en Afghanistan, le Nigéria, Madagascar, mais également en France aussi bien dans le Tarn, en Midi-Pyrénées, en Auvergne, dans l’Allier et même en Bretagne dans le Morbihan. Mais c’est au Brésil qu’on a trouvé, en 1910, la plus grosse aigue-marine. Elle pesait 110 kg et mesurait 48,5 cm de long pour un diamètre de 41 cm. 

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Bibliographie

Grand Livre de la Magie des Pierres – S. Da Ros – Editions Trajectoire

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UN MYTHE POISSONS… CELUI DE SON MAITRE… NEPTUNE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 16-03-2011

Il est, chez les Grecs, le dieu principal des mers et des cours d’eau ; il fut identifié par les Romains à une vieille divinité italique de l’eau, Neptune, à laquelle ils attribuèrent les légendes de Poséidon. Le nom de « Poséidon » signifie peut-être « le maître (ou le mari) de la terre », sens qui n’est pas étranger à l’épithète habituelle du dieu « Gaieochos », « qui vient de la terre ». Poséidon était d’ailleurs également associé aux tremblements de terre, comme le montrent ses épithètes « enosichthon » et « enosigaios », « l’Ebranleur du sol ».  

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Bologne – Statue de Neptune

Les animaux qui lui sont consacrés sont principalement le cheval et le taureau. Poséidon était l’un des dieux les plus importants à la fois dans les cultes et dans les mythes ; les artistes le représentaient souvent le voyaient comme un personnage d’une taille élevée et barbu, brandissant un trident (harpon des pêcheurs de thon, pourvu de trois pointes) et quelquefois tenant un poisson. Il a peut-être évincé plusieurs vieilles divinités plus pacifiques, telles que Nérée, Phorcys et Protée, les « Vieillards de la Mer », et a revêtu la plupart de leurs attributs. Cependant, Poséidon est souvent décrit comme irascible, vindicatif et dangereux, violence dont les Vieillards étaient exempts. Poséidon symbolise en quelque sorte la puissance des flots en fureur, et ses actes mettent en lumière son pouvoir destructeur. 

Il était le fils de Cronos et de Rhéa et, d’après Hésiode, le frère aîné de Zeus. Comme ses frères et sœurs, à l’exception de Zeus/Jupiter, il fut avalé par son père à sa naissance, car Cronos/Saturne avait peur d’être détrôné par l’un de ses enfants. Les Arcadiens prétendent cependant que Rhéa substitua un poulain à Poséidon ; selon la légende, Rhéa l’aurait transporté à Rhodes où l’Océanide Caphira, aidée par les Telchines, l’aurait élevé. Par la suite, après que Métis eut donné à Cronos l’émétique qui lui fit restituer ses enfants, Poséidon/Neptune aida Zeus/Jupiter à vaincre les Titans et à les enfermer dans le Tartare. Ensuite, les trois fils de Cronos/Saturne se partagèrent l’Univers, gardant la Terre et l’Olympe comme territoire commun. Poséidon/Neptune obtint le pouvoir sur la mer, dans laquelle, selon une variante de la légende concernant sa naissance, Cronos le précipita dès qu’il sortit du sein de Rhéa ; Zeus fut doté du pouvoir suprême, Homère le considère d’ailleurs comme l’aîné, mais Poséidon se rebella souvent, ne s’avouant vaincu qu’à la dernière extrémité. Il complota même avec Héra et Athéna pour détrôner Zeus, et tous trois réussirent à l’enchaîner. Toutefois, Thétis sauva Zeus/Jupiter en appelant à son aide Briarée qui demeurait dans le Tartare.

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Aoste – Statue d’Amphitrite

La plupart des enfants de Poséidon, humains ou divins, héritèrent de sa violence. Sa femme était Amphitrite, une Néréide ou une Océanide. Lorsque Poséidon/Neptune demanda sa main, elle prit peur et s’enfuit dans l’Atlas. Le Dauphin, une divinité marine, la retrouva et la persuada d’épouser Poséidon. En récompense, il fut transformé en constellation. Amphitrite donna à son mari trois enfants : Triton, Rhodé et Benthésicymé. Mais Poséidon eut aussi un nombre considérable d’enfants de déesses, de nymphes et de mortelles. Il s’unit à Déméter sous la forme d’un cheval car, pour lui échapper, la déesse s’était transformée en jument. Déméter donna naissance au cheval divin Aréion et à une fille Despoina. Poséidon aima également la Gorgone Méduse au temps où elle était une belle jeune fille ; il s’unit à elle dans un temple consacré à Athéna, à la suite de quoi la déesse vierge transforma Méduse en un monstre repoussant et aida Persée à la tuer. Du cou de Méduse tranché, jaillirent Chrysaor et Pégase, le cheval ailé.

Poséidon engendra le géant Antée avec sa grand-mère Gaia, ainsi que d’autres géants parmi lesquels Otos et Ephialtès qui tentèrent de livrer assaut à l’Olympe ; Polyphème, le cyclope dont la mutilation par Ulysse déchaîna la colère du dieu contre le héros. D’autres enfants de Poséidon avaient une taille normale, mais possédaient un caractère féroce : Cercyon et Sciron, brigands qui furent tués par un autre de ses fils, Thésée ; Amycos, mis à mort par le fils de Zeus, Pollux, et Busiris, tué par Héraclès.

Homère lui donna un rôle très important. Sa haine pour les Troyens eut une influence capitale et le poussa à intervenir en faveur des Grecs durant la Guerre de Troie, malgré la défense expresse que lui en avait fait Zeus/Jupiter. Cette haine avait pour origine l’année de servitude que, jadis, Poséidon et Apollon passèrent chez le roi Laomédon, le père de Priam. Ils étaient convenus avec Laomédon de construire une muraille autour de la ville de Troie pour une certaine somme d’argent, mais une fois le travail exécuté, ce dernier refusa de les payer. Apollon semblait avoir estimé que la peste qu’il envoya alors était un châtiment suffisant, car il soutint les Troyens pendant la guerre. Mais Poséidon resta inflexible. Non content d’avoir envoyé un monstre marin qui devait dévorer Hésioné, la fille de Laomédon, il continua à persécuter les Troyens tout au long des combats.  

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Le Retour d’Ulysse à Ithaque

Cependant, sa colère n’épargna pas les Grecs non plus, car il aida sa nièce Athéna à les punir pour le sacrilège qu’Ajax commit en violant Cassandre dans le temple de la déesse. Poséidon alla jusqu’à tuer lui-même le coupable en faisant voler en éclats le rocher auquel Ajax s’agrippait, narguant les dieux et se vantant d’avoir été sauvé du naufrage qui détruisit sa flotte pendant son retour. Les navires des chefs grecs furent également détruits par la tempête car ces derniers avaient refusé de châtier le criminel. Ulysse qui avait voulu lapider Ajax pour son acte, échappa à la vengeance divine, mais plus tard, il fut l’objet de la colère de Poséidon pour avoir aveuglé Polyphème, le fils du Dieu. A cause de cela son retour à Ithaque fut considérablement retardé et n’eut lieu qu’après que le héros eut perdu tous ses compagnons.

Poséidon châtia les Phéaciens, peuple de marins, pour l’aide qu’ils apportèrent à Ulysse et d’autres voyageurs, en comblant leur port avec d’énormes rochers et en pétrifiant le navire dans lequel ils avaient ramené Ulysse. Cependant, lorsque le dieu était d’une humeur plus calme, il aimait à rendre visite aux fidèles Ethiopiens qui lui offraient de riches sacrifices, occasions qui permirent plus d’une fois à Ulysse d’échapper à son attention.

Comme on le voit Poséidon/Neptune est un dieu étrange, aussi mystérieux que le signe des Poissons qu’il gouverne, aussi porteur de contradictions. Ce n’est pas sans raison qu’en astrologie il est le maître du flou, des illusions, des incertitudes mais aussi des intuitions et de la prémonition, des pouvoirs paranormaux, de l’inspiration poétique aussi. Il est lié à l’infini, à l’éternité comme à la noyade, physique et psychique, à la dissolution du Moi.

Zeus/Jupiter s’était emparé du Ciel lors du grand partage et Poséidon/Neptune reçut les Océans. Cependant, il interviendra constamment dans la vie même du ciel, dans les variations climatiques car si Zeus/Jupiter manie la foudre et le tonnerre, Poséidon/Neptune préside aux pluies et crée les nuages qui font partie, avec les brouillards « des concepts primitifs de la psychologie neptunienne » selon Gaston Bachelard.

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Neptune enlève Amynomé, nymphe des Eaux – Mosaïque – Musée archéologique de Carthage

Selon Charles Ploix, il est peu concevable qu’à l’origine le dieu de l’eau douce et le dieu de l’eau salée soit un seul et même dieu. Et pourtant, le trident de Neptune aurait à voir avec la baguette du sourcier et il nous en donne la preuve avec l’intarissable fontaine de Lerne, créée d’un coup de trident lancé par Poséidon/Neptune sur un rocher, un jour où il décida de voleur au secours de la fille de Danaos poursuivie par un satyre… bien que, à l’exemple de son frère Zeus/Jupiter, il ne respecte pas toujours lui-même les jeunes mortelles ou déesses qui l’attirent. Selon d’autres, le trident lui sert à harponner de gros poissons. L’eau douce serait donc d’abord du règne de Poséidon/Neptune. Toujours selon Charles Ploix, Okéanos désigne « le grand réservoir d’eau douce situé aux extrémités du monde ».

Gaston Bachelard assure, de son côté, que « c’est une perversion qui a salé les mers ». Est-ce sa nature de Cancérien, ami des eaux douces et des ruisseaux, qui le lui fait croire ?

Lorsque Poséidon/Neptune défie Athéna pour la prise de possession d’Athènes, il est en effet assuré de perdre en choisissant de faire surgir une source d’eau salée alors qu’Athéna offrira l’olivier aux habitants de la ville. On comprend alors que les Athéniens élisent Athéna comme patronne de leur ville. Poséidon se vengera en faisant déferler sur Athènes des vagues immenses et contraindra les Athéniennes à abandonner leur droit de vote et le nom de leur mère, interdiction également faite aux Athéniens. Notation intéressante qui signe le triomphe du patriarcat. Leur adhésion à Athéna, si peu féminine, si entièrement tournée vers son père, n’atténuera en rien cette évolution.

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Neptune – Terre Cuite

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michael Grant et John Hazel – Collection Marabout

Dieux et Héros du Zodiaque – Joëlle de Gravelaine – Robert Laffont

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DANS L’HERBIER DE NEPTUNE ET DES POISSONS… LES ALGUES

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 15-03-2011

Plongée dans l’élément marin, réservoir de vie, l’algue symbolise une vie sans limite et que rien ne peut anéantir, la vie élémentaire, la nourriture primordiale. D’ailleurs, le ramassage des algues, élément important de l’alimentation japonaise, se fait suivant certains rites shintoïstes, non tant parce qu’elles constituent un produit de la mer, que parce qu’elles sont censées posséder une vertu protectrice. En effet, elles assureraient la sécurité des navigateurs et faciliteraient également les accouchements. 

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Cependant, dans la mythologie, les algues sont peu présentes. Elles font une courte apparition dans l’histoire d’Andromède et de Persée. Andromède était fille de Céphée, roi de Joppa, en Palestine ou pour d’autres en Ethiopie, et de sa femme Cassiopée, elle-même fille d’Arabos, fils d’Hermès/Mercure. Cassiopée prétendait que sa fille était plus belle que les Néréides. Celles-ci, irritées, se plaignirent à Neptune qui envoya un serpent ravager le pays. L’oracle déclara d’ailleurs qu’Andromède elle-même devait être livrée au serpent. Elle fut donc enchaînée à un rocher, au pied d’une falaise. C’est alors que Persée arrive en Ethiopie. Il voit une très belle jeune fille attachée à un rocher. Il demande au roi Céphée pourquoi sa fille est ainsi exposée et accrochée au rocher. Le roi lui explique que c’est pour satisfaire un monstre cruel, ancien époux d’Andromède. Persée se propose donc de tuer le monstre. Il en profite aussi pour demander la main d’Andromède au roi Céphée s’il réussissait à supprimer le monstre. Le roi y consentit sur le champ.

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Andromède accrochée au rocher – Par Gustave Doré

Persée se précipite donc avec une besace qui contient la tête de la Gorgone Méduse. Celle-ci s’ouvrit légèrement et les yeux de Méduse pétrifièrent les algues qui devinrent des coraux. Puis, brandissant la tête de la Gorgone devant le serpent, il le transforma en pierre, d’autres mythes affirment qu’il le transperça de son épée. Le roi Céphée donna donc une grande fête pour le mariage de sa fille Andromède avec Persée. Cependant, elle avait été promise en mariage à son oncle Phinée. Dépité, ce dernier interrompit la fête et à la tête d’une bande armée essaya d’enlever Andromède. De nouveau Persée utilisa la tête de Méduse pour se débarrasser des intrus qui furent sur le champ transformés en pierres. Malgré d’autres aventures, Andromède et Persée furent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Ils ne se séparèrent d’ailleurs plus, même dans la mort puis qu’Andromède, Persée, ses parents et le serpent de mer furent placés dans le ciel sous forme de constellations : Cassiopée, pour sa faute, fut couchée sur le dos, les pieds en l’air.

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La Constellation de Cassiopée

Les algues font également leur apparition dans le mythe de Glaucus, divinité de la mer et des eaux. Glaucus était le fils de Neptune et de Naïs, une nymphe de la mer. C’était un pêcheur renommé à Anthédon en Boétie.  Un jour, ayant mis sur l’herbe du rivage des poissons qu’il venait de pêcher, il s’aperçut qu’ils s’agitaient d’une manière extraordinaire et se jetaient dans la mer. Persuadé que cette herbe avait une vertu particulière, il en goûta et suivit l’exemple des poissons. Alors, dit le mythe, l’Océan et Thétis le dépouillèrent de ce qu’il avait de mortel et l’admirent parmi les dieux marins. Thétis était une Néréide, c’est-à-dire une nymphe de la mer Anthédon, sa ville, qui lui éleva un temple et lui offrit des sacrifices. Plus tard, les matelots vinrent consulter l’oracle qui s’y était installé. On raconte aussi qu’il apparut aux Argonautes, sous les traits d’un dieu marin. Dans le combat livré entre Jason et les Tyrrhéniens, il se mêla aux Argonautes et fut le seul qui en sortit sans blessure.

Par la suite, Glaucus tomba amoureux d’Ariane lorsqu’elle fut enlevée par Bacchus dans l’île de Dia. Le dieu pour le punir le lia avec des sarments de vigne, mais Glaucus trouva le moyen de se dégager.

Interprète de Nérée, divinité marine plus ancienne encore que Neptune lui-même, il prédisait l’avenir et avait appris à Apollon l’art de la prophétie.

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Glaucus et Scylla

Dans son apparence, Glaucus a beaucoup de rapport avec Triton. Sa barbe est humide et blanche, ses cheveux flottent sur ses épaules. Ses sourcils sont épais et réunis à tel point qu’ils semblent n’en faire qu’un. Ses bras sont d’énormes nageoires et sa poitrine est couverte d’algues. Le reste de son corps se termine en poisson dont la queue se recourbe jusqu’à ses reins.

Ovide évoque Glaucus dans ses Métamorphoses. Il raconte qu’il alla demander de l’aide à Circé. Celle-ci s’éprit de lui, mais il la refusa. Elle se serait vengeait en changeant Scylla, une belle nymphe dont il était amoureux, en monstre marin.

Glaucus a donné son nom à une variété de végétaux : les glaucophytes.

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La Grotte de Circé – Monte Circeo – Province de Latina au sud de Rome

Bibliographie

Dictionnaire de la Mythologie – Michel Grant et John Hazel – Collection Marabout

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins. 

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FLEUR DE NEPTUNE ET DES POISSONS… L’ANEMONE

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 12-03-2011

Les anémones appartiennent à la famille des Renonculacées des zones tempérées de deux hémisphères. Le mot « anémone » vient du grec « anémos », le vent. L’anémone est donc la « fleur du vent ». Elle possède en effet des graines plumeuses que le vent emporte à de grandes distances. Elle apprécie d’ailleurs les expositions ventées.  

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L’anémone est d’origine méditerranéenne. Elle fut introduite dans les pays du Nord vers 1525. Comme elle est très vite étiolée sous les bourrasques printanières, elle est devenue le symbole de l’amour fragile ou menacé, du bonheur intense mais de courte durée. On la trouve dans les enluminures du Moyen Age où elle représente l’abandon et l’éphémère. Elle symbolise la tristesse lorsqu’elle est violette et de la persévérance en dépit de tout lorsqu’elle est rouge.

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Anémone violette symbole de tristesse

Dans la mythologie grecque, Anémone est une nymphe dont le dieu du vent, Zéphyr, tomba amoureux. On raconte que Zéphyr avait le cœur aussi grand et insaisissable que le vent. Flore, l’épouse de Zéphyr, les surprit dans leurs ébats, jalouse et furieuse, elle chassa la nymphe au bout du monde. Mais son parfum était si fort que Zéphyr la retrouve rapidement. Sa gaieté retrouvée éveilla des soupçons chez Flore qui se transforma en hirondelle pour le suivre discrètement. Zéphyr avait effectivement retrouvé Anémone.

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Zéphyr – Statue d’Antonio Bonazza (1757) – Sur sa tête une couronne d’anémones

Blessée dans son amour-propre, Flore transforma la nymphe en fleur pour la punir et lui ôta tout parfum pour que plus jamais, Zéphyr, son époux, ne puisse la retrouver. Depuis, l’anémone danse dans le vent et on dit qu’elle ne s’épanouit pleinement que lorsque souffle un léger zéphyr.

Elle n’en est pas moins la fleur d’Adonis, changé par Vénus en une anémone rouge pourpre. Adonis symbolise aussi la mort et le renouveau de la nature. Il était aimé à la fois de Vénus, la déesse de l’amour, et de Perséphone, la reine du royaume des morts. Le conflit entre les deux déesses s’envenima. La haine qu’elles éprouvaient l’une pour l’autre allait crescendo et Jupiter, le dieu suprême de l’Olympe, fut contraint de s’interposer entre les deux rivales. L’arbitre suprême exigea alors, de manière à contenter les deux parties, qu’Adonis passe un tiers de son temps auprès de Vénus, un tiers avec Perséphone, le dernier tiers le laissant libre d’agir à sa guise.

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Transformation du sang d’Adonis en anémones – John William Waterhouse

Au cours d’une chasse, Adonis fut tué par un sanglier envoyé par la Déesse Artémis, une déesse lunaire. Des gouttes du sang d’Adonis jaillirent des anémones. Vénus, éplorée, demanda aux dieux infernaux de lui permettre de vivre la moitié de l’année sur Terre, à ses côtés, et l’autre moitié dans les Enfers.

Ovide décrit la scène dans les Métamorphoses : « Elle répand sur le sang du jeune homme un nectar embaumé ; à ce contact, il bouillonne comme les bulles transparentes qui, du fond d’un bourbier, montent à la surface de ses eaux jaunâtres ; il ne s’est pas écoulé plus d’une heure que de ce sang naît une fleur de la même couleur, semblable à celle du grenadier, qui cache ses graines sous une souple écorce ; mais on ne peut en jouir longtemps ; car, mal fixée et trop légère, elle tombe, détachée par celui qui lui donne son nom, le vent ». 

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Anémones rouges symboles de la persévérance en dépit de tout

Suivant de nombreux auteurs, l’anémone doit être identifiée au lys des champs, dont il est constamment fait mention dans la Bible. Il n’existait pas de lys blanc dans les champs de Palestine ; mais l’anémone y était par contre très répandue. Le Cantique des Cantiques fait allusion au lys des champs, au lys de la vallée : « il croît entre les épines, il se trouve dans les jardins ».

Dans son sermon sur la montagne, le Christ parle du lys des champs et par là même il semble désigner l’anémone.  

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Anémones blanches des bois

L’anémone est une fleur solitaire dont la couleur vive attire le regard. Sa beauté est liée à la simplicité, ses pétales rouges évoquent des lèvres que le souffle du vent entrouvre. Elle apparaît ainsi dépendante de la présence et du souffle de l’Esprit : symbole de l’âme ouverte aux influences spirituelles. Mais elle peut être aussi, côté nocturne, un symbole de beauté offerte et précaire, forte comme l’est sa couleur et fragile comme l’est un corps que ne sous-tend pas une âme. Fleur de sang éclose par le vent et que le vent peut emporter, elle montrer aussi la richesse et la prodigalité de la vie en même temps que sa précarité. 

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Bibliographie

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

http://www.la-souris-verte-fleuriste.com/

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DANS L’UNIVERS VERSEAU… MASQUE S et BERGAMASQUES

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 14-02-2011

Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques                                                                                                   

Jouant du luth et dansant et quasi                                                                                                                 

Tristes sous leurs déguisement fantasques

Tout en chantant sur le monde mineur                                                                                                           

L’amour vainqueur et la vie opportune 

Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur   

Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,                                                                                  

Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres 

Et sangloter d’extase les jets d’eau, 

Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres

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Paul Verlaine – CLAIR DE LUNE – Premier poème de Fêtes Galantes

Ce poème qui n’est sans évoquer le Pierrot de Watteau semble évoquer une fête où tristesse et mélancolie se côtoient comme si les masques et déguisements ne cherchaient qu’à tromper les apparences. Cet univers de fête n’est finalement que leurre ou tricherie d’une vie davantage jouée que réellement vécue, et cela est d’autant plus ressenti que la bergamasque est une danse populaire italienne de fantaisie, du XVIIIe siècle, originaire de la ville de Bergamo en Lombardie.

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Par habitude culturelle ou par négligence intellectuelle, on parle de carnaval sitôt qu’il est question de déguisements, d’abondante consommation de nourritures riches et d’alcool, d’amusements, de débridements et de transgressions des règles sociales. Sous la protection du rite et de l’anonymat, ces fêtes ressemblent à une inversion du temps « quotidien ».

Un rapide parcours à travers la polysémie du masque peut éclairer l’origine du carnaval et ses rapports avec les déguisements et faire mieux comprendre peut-être les ambiguïtés que l’on peut déceler sur les fonctions sociales de ces rites. Sans masque, point de déguisement et point de carnaval ; le masque semble l’élément indispensable de toutes les fêtes qui mobilisent les sociétés européennes, rurales ou urbaines, globalement entre le 1er novembre et le 1er mai.

Dans l’histoire des institutions sociales européennes, l’utilisation du masque est variable et riche. En fait, il est présent pendant des funérailles et ensuite pour le culte des ancêtres, dans la mise en œuvre des rites agraires de fertilité et de renouveau de la nature, dans le déroulement des cérémonies initiatiques. Il est aussi manifeste dans le théâtre ou comique, les cortèges, les danses spontanées ou ritualisées.

Le masque est reconnu, de premier abord, comme une modalité infaillible de manifestation du divin, de l’Etre universel. La personnalité du porteur n’est en général pas modifiée. Cependant, sous un autre aspect, le masque impose à l’acteur qui le porte une obligation d’identification au rôle qu’il figure, cette identification étant parfois le but même de la représentation. Néanmoins, figuratif, réaliste ou irréel, le masque a une valeur spirituelle, qui opère une catharsis, et c’est pour cela qu’il n’est pas utilisé ou manipulé innocemment.

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Masque funéraire égyptien

Que l’utilisation du masque soit au départ rituelle ne laisse guère de doute depuis les temps les plus reculés. Il serait long et fastidieux de décrire l’amplitude du phénomène. En revanche, il serait intéressant d’insister sur le masque funéraire dans lequel le mort était supposé se réintégrer. Entre masque royaux mycéniens en or et portraits funéraires du Fayoum existent plusieurs autres modalités dans des témoignages artistiques provenant du monde méditerranéen.

Il existe aussi la tradition romaine des « images », masques en cire moulés sur le visage des défunts, exposés ensuite dans des niches autour de l’atrium ; il s’agit d’un privilège des familles patriciennes, servant à justifier l’ancienneté et la noblesse de la famille. Pendant les funérailles d’un membre de la famille, parents et amis portant ces masques s’intégraient au cortège funèbre, pour ainsi permettre aux ancêtres de participer au deuil.

Portés aux moments critiques de l’année, les masques chasseraient, conjureraient ou apaiseraient les âmes des morts. L’usage du masque pour les représentations théâtrales est bien connu : dès leur origine, la tragédie et la comédie en sont marquées. Dans le caractère rituel et liturgique de la tragédie se refléterait un esprit héroïque proche du culte des ancêtres, tandis que dans la comédie survivraient encore les esprits de la fertilité des parades et cortèges carnavalesques des fêtes dionysiaques.

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Masque comique – Mosaïque romaine – IIe siècle après Jésus-Christ

On pourrait voir dans la comédie grecque ancienne une institutionnalisation des rituels ruraux ; cette forme de représentation théâtrale a été transformée en farces populaires et en mascarades à travers les représentations ou bouffonneries parodiques en Sicile et en Italie méridionale. Les « personae » ou porte-voix, masques scéniques romains en carton-pâte colorié ont perdu leur fonction rituelle et ne visent qu’à amuser le public.

La tradition latine a survécu dans le haut Moyen Age grâce aux artistes ambulants, et constamment les jongleurs interviendront dans les jeux et les rites du carnaval, indépendamment des déguisements populaires. Les confréries d’acteurs succéderont aux sociétés des Fous, et ces groupements de danseurs et de musiciens animeront les fêtes carnavalesques dans plusieurs villes, perpétuant ainsi les liens entre le théâtre et le carnaval. Les démons, le diable, le fol ou le bouffon opèrent le renversement des hiérarchies et rappellent que le monde dualiste dissimule le mal sous de multiples masques, monstrueux ou grotesques. Carnaval et mystères théâtraux rivalisent dans la présentation des diableries, dans un contexte où le sens du sacré reste néanmoins présent. Dans les Temps modernes et pour la Commedia dell’arte, l’usage du masque semble dégagé de tout esprit de rite tout en gardant la disposition au mime, à l’improvisation et à l’animation des masques. On est naturellement tenté de découvrir dans les fêtes carnavalesques l’origine de la Commedia dell’arte ainsi que de reconnaître entre Bergamo, Padoue et Venise, au milieu des cortèges masqués du carnaval, le Docteur de Bologna, Pantalone, Brighella, etc.… Le passage de Zanni à Arlequin achève la transformation. A partir du XVIIe siècle règnent bateleurs et théâtres de foire où l’on rivalisait de nombreuses créations pour le mardi gras. C’est le carnaval qui prendra la relève de la Commedia dell’arte mourante, au XVIIIe siècle.

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Arlequin et Colombine

Certes, les carnavals et les masques contemporains sont parfois l’envers du carnaval et des masques traditionnels : ils sont une inversion grotesque d’un rituel déjà basé sur l’inversion de la réalité sociale mais toujours dans le même but, faire du rire le sacre de l’homme.

En Orient, le symbolisme du masque variait selon ses usages. Ses types principaux étaient le masque de théâtre, le masque carnavalesque, le masque funéraire, utilisé notamment chez les Egyptiens.

Le masque de théâtre, qui était aussi celui des danses sacrées, était une modalité de la manifestation du Soi universel. La personnalité du porteur n’en est généralement pas modifiée ; ce qui signifie que le Soi est immuable, qu’il n’est pas affecté par ses manifestations contingentes. Sous un autre aspect pourtant, une modification par l’adaptation de l’acteur au rôle, par son identification à la manifestation divine qu’il figure, est le but même de la représentation. Car le masque, notamment sous ses aspects irréels et animaux, est la Face divine et plus spécialement la face du Soleil, que traverse le rayonnement de la lumière spirituelle. 

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Masque de Barong II de Bali

Le masque extériorise parfois aussi des tendances démoniaques comme c’est le cas dans le théâtre de Bali où les deux aspects s’affrontent. Mais c’est plus encore le cas dans les masques carnavalesques où l’aspect inférieur, satanique, est exclusivement manifesté, en vue de son expulsion ; il est libérateur ; il l’était aussi lors des antiques fêtes chinoises du No, correspondant au renouvellement de l’année. Il opère comme une catharsis. Le masque ne cache pas, mais révèle au contraire des tendances inférieures, qu’il s’agit de mettre en fuite. Le masque ne s’utilise pas, ni ne se manipule jamais impunément : il est l’objet de cérémonies rituelles, non seulement chez les peuples africains, mais aussi au Cambodge, où les masques de la danse du Trot font l’objet d’attentions spéciales : ils seraient, dans le cas contraire, dangereux pour les porteurs.  

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Masque d’exorcisme chinois

Le masque funéraire est l’archétype immuable, dans lequel le mort est censé se réintégrer. Il tend aussi à retenir dans la momie le souffle des ossements, modalité subtile inférieure de l’homme. Ce maintien ne va pas sans danger, lorsqu’il ne s’agit pas d’un individu, qui est parvenu à un certain degré d’élévation spirituelle. Bien que ce soit selon des modalités différentes, le masque destiné à fixer l’âme errante, le Houen, fut également usité en Chine, avant l’usage de la tablette funéraire. Lui perçait-on les yeux, comme on pointe la tablette pour signifier la naissance du défunt dans l’autre monde ?

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Masque de cérémonie Iroquois

Dans la pensée dualiste des Iroquois, les danses masquées relèvent toutes du deuxième Jumeau Créateur, le Mauvais Frère, qui règne sur les Ténèbres. Il y a deux confréries de masques chez les Iroquois, qui appartiennent à la grande union des sociétés secrètes. Leur fonction est essentiellement médicale ; elles préviennent et guérissent aussi bien les maladies physiques que les maladies psychiques. Dans les rites pratiqués, les hommes masqués représente la création manquée, comme les nains, les monstres, etc. Au printemps et à l’automne, ils chassent les maladies des villages ; c’est-à-dire aux charnières des deux moitiés de la course solaire. Ces danses masquées proviendraient originairement de rites de chasse. Elles seraient devenues danses de guérison, du fait de la croyance que les animaux enverraient les maladies pour se venger des chasseurs. C’est à rapprocher du fait que, chez les Pueblos, les dieux-animaux sont les chefs des Sociétés de Médecine. Les danses masquées des Indiens Pueblos célèbrent le culte des Coco Katchina, qui sont à la fois des ancêtres et les morts. Ces Dieux-Animaux ne sont fêtés qu’en hiver, avec des rites particulièrement importants au solstice, ce qui relève bien du même symbolisme que les cérémonies iroquoises. Ils sont non seulement les maîtres des simples et des rites de guérison, mais aussi de la sorcellerie et de la magie noire.

En Afrique, l’institution des masques est associée à des rites agraires, funéraires, initiatiques. Dès la plus haute Antiquité, elle apparaît à cette phase de l’évolution où les peuples deviennent agriculteurs et sédentaires.  

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Masque africain

Les danses en processions masquées évoquent, à la fin des travaux saisonniers des labours, semailles, moissons, les événements des origines et l’organisation du monde, ainsi que de la société. Elles font plus que de le rappeler ; elles les répètent, afin d’en manifeste la permanente actualité et de réactiver, en quelque sorte, la réalité présente, en la rapportant à ces temps fabuleux où la conçut le dieu, avec l’aide des génies.

Les masques raniment, à intervalles régulier, les mythes qui prétendent expliquer les origines des coutumes quotidiennes. D’après les symboles, l’éthique se présente comme une réplique de la cosmogénèse. Les masques remplissent une fonction sociale : les cérémonies masquées sont des cosmogonies en acte qui régénèrent le temps et l’espace ; elles tentent par ce moyen de soustraire l’homme et les valeurs dont il est dépositaire à la dégradation qui atteint toute chose dans le temps historique. Mais ce sont aussi de véritables spectacles cathartiques, au cours desquels l’homme prend conscience de sa place dans l’univers, voit sa vie et sa mort inscrites dans un drame collectif qui leur donne un sens.

Dans les rites d’initiation, le masque prend un sens quelque peu différent. L’initiateur masqué incarne le génie qui instruit les hommes ; les danses masquées insufflent dans l’adolescent cette persuasion qu’il meurt à sa condition ancienne pour naître à sa condition d’adulte.

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Le Masque

Les masques revêtent, parfois, une puissance magique : ils protègent ceux qui les portent contre les malfaiteurs et les sorciers ; à l’inverse, ils servent aussi à des membres de sociétés secrètes pour imposer leur volonté en effrayant.

Le masque est aussi un instrument de possession : il est destiné à capter la force vitale qui s’échappe d’un être humain ou d’un animal au moment de sa mort. Le masque transforme le corps du danseur qui conserve son individualité et, s’en servant comme d’un support vivant et animé, incarne un autre être : génie, animal mythique ou fabuleux, qui est ainsi momentanément figuré, et dont la puissance est mobilisée.

Le masque remplit également la fonction de l’agent qui règle la circulation, d’autant plus dangereuse qu’elle est invisible, des énergies spirituelles éparses dans le monde. Il est piège pour empêcher leur errance. Le masque vise à maîtriser et à contrôler le monde invisible. La multiplicité des forces circulant dans l’espace expliquerait la variété composite des masques où se mêlent des figures humaines et des formes animales en des thèmes indéfiniment entrelacés et parfois monstrueux.

Mais le masque n’est pas sans danger pour celui qui le porte. Celui-ci ayant voulu capter les forces de l’autre en l’attirant dans les pièges de son masque, peut être à son tour possédé par l’autre. Le masque et son porteur s’intervertissent tour à tour et la force vitale qui s’est condensée dans le masque peut s’emparer de celui qui s’était placé sous sa protection : le protecteur devient le maître. Le porteur, ou même la personne qui voudrait seulement le toucher, doit s’habiliter au préalable à entretenir un contact avec le masque et se prémunir à l’avance contre tout choc en retour ; c’est pourquoi, pendant un temps plus ou moins long, il observe des interdits : alimentaires, sexuels, etc.… et il se purifie par des bains et des ablutions. Il célèbre des sacrifices et des prières.

C’est un peu comme une préparation des échanges mystiques. Des ethnologues ont d’ailleurs rapproché l’utilisation du masque des méthodes pratiques d’accès à la vie mystique. Cependant, les différentes conceptions de la mystique se situent au niveau des différentes théologies de la vie religieuse.

La force captée ne s’identifie ni au masque qui n’est qu’une apparence de l’être qu’il représente, ni au porteur qui la manipule sans se l’approprier. Le masque est médiateur entre deux forces et indifférent à celui qui l’emportera dans cette lutte dangereuse entre le captif et le captateur. Les relations entre ces deux termes varient dans chaque cas, et leur interprétation avec chaque tribu. Si le langage chiffré des masques est universellement répandu, le code des significations n’est ni toujours, ni partout, ni en tout point le même.  

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Masque celtique

Les langues celtiques ne connaissent pas de nom de « masque » ; elles ont emprunté le mot au latin ou au roman. Mais l’archéologie a fourni un certain nombre de masques celtiques et de nombreuses figurations, et l’on pourrait déduire de quelques descriptions mythologiques irlandaises que certains personnages ou envoyés de l’Autre Monde portaient un masque. La disparition de tout terme celtique original après la christianisation permet de soupçonner l’existence d’une donnée traditionnelle importante qui ne nous est plus accessible.

Les traditions grecques, ainsi que les civilisations minoenne et mycénienne, ont connu les masques rituels des cérémonies et des danses sacrées, les masques funéraires, les masques votifs, les masques de déguisement, les masques de théâtre. C’est même ce dernier type de masque, figurant un personnage (prosopon), qui a donné son nom à la « personne ». Ces masques de théâtre, généralement stéréotypés, comme dans le théâtre japonais, soulignent les traits caractéristiques d’un personnage : roi, vieillard, femme, serviteur, etc.… Il existe un répertoire de masques, comme de pièces de théâtre et de types humains. L’acteur qui se couvre d’un masque s’identifie, en apparence ou par une appropriation magique, au personnage représenté. C’est le symbole de l’identification. Le symbolisme du masque s’est prêté à des scènes dramatiques, dans des contes, des pièces, des films, où la personne s’est identifiée à tel point à son personnage, à son masque, qu’elle ne peut plus s’en défaire, qu’elle ne peut plus arracher le masque ; elle est devenue l’image représentée. Si elle a, par exemple, revêtu les apparences d’un démon, elle s’est finalement identifiée à lui. On image tous les effets que l’on peut tirer de cette force assimilante du masque. On conçoit aussi que l’analyse s’exerce à arracher les masques d’une personne, pour la mettre en présence de sa réalité profonde.

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Masque de théâtre hindou

Sous la forme de figurines, des divinités ou des génies en effigie sont portés sur les vêtements ou suspendus aux murs des temples. Mais peut-être rejoindrait-on là les mythes hindous et chinois du lion, du dragon ou de l’ogre qui demandent au dieu qui les a créés des victimes à dévore et qui entendent celui-ci leur répondre : nourrissez-vous de vous-mêmes ; ils s’aperçoivent alors qu’ils ne sont qu’un masque, qu’une apparence, qu’un désir, qu’un appétit insatiable, mais vide de toute substance.

Plus près de nous, le carnaval de Venise, fête traditionnelle italienne remontant au Moyen Age, est apparu vers le Xe siècle. Il fut institutionnalisé et codifié durant la Renaissance. Après une période d’éclipse au cours du XXe siècle, il est réapparu, sous sa forme actuelle, en 1979. Il se déroule tous les ans au mois de février ou début mars, au cours de la période de douze jours précédant Mardi Gras. Il attire des foules considérables venues du monde entier pour participer à la fête, en se déguisant. Il est devenu une attraction touristique planétaire et a quelque peu perdu de son authenticité et de son caractère vénitien.

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Masque vénitien – La Bauta

En 1094, le carnaval était déjà mentionné dans une charte du Doge Vital Faliero de Doni et, en 1269, le Sénat prescrivait qu’on eût à considérer la veille du Carême comme un jour de fête (mardi gras). On pouvait alors porter le masque, grâce auquel on retrouvera plus tard une ombre de l’égalité perdue au cours du temps, quand sous des vêtements d’emprunt les Nobles fraternisaient encore avec le peuple.

Inspiré par la Commedia dell’arte, le déguisement traditionnel est la « bauta », comprenant le « tabarro », la « larva » et le tricorne, ou encore le masque d’arlequin : son habit est coloré à losanges. Au XVIe siècle, loin d’être élégant, l’habit était simplement rapiécé pour figurer les haillons d’un mendiant.

Et puis, ces déguisements permettaient à tous les Vénitiens, quelle que soit leur condition sociale de participer à la fête. Cependant, suite à des problèmes, le carnaval fut interdit par Napoléon durant de très nombreuses années. Ensuite, il faut de nouveau autorisé par les Autrichiens qui avaient repris le contrôle de Venise.

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Bibliographie

Fêtes et Croyances Populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

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OISEAU DU VERSEAU… L’INDEPENDANTE HIRONDELLE

(09 - LES ANIMAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 12-02-2011

Bien qu’un vieil adage prétende que « l’hirondelle ne fait pas le printemps », on ne peut que constater comme l’écrivit Rémi Belleau que « les hirondelles sont du printemps les messagères ». D’ailleurs, en Chine, on faisait même autrefois correspondre l’arrivée et le départ des hirondelles à la date exacte des équinoxes. Le jour du retour des hirondelles, à l’équinoxe de printemps, était l’occasion de rites de fécondité. Ce dont on peut sans doute rapprocher plusieurs légendes qui rapportent la fécondation merveilleuse de jeunes filles par l’ingestion d’œufs d’hirondelles, comme l’histoire de Hien-ti ou encore l’histoire de l’ancêtre de la famille Chang, dont descendait Confucius. Confucius n’en est pas moins, si l’on ose dire, le fils de l’hirondelle. Autre signe du printemps : des galettes en forme d’hirondelle étaient fixées au-dessus des portes, l’hirondelle paraît d’ailleurs se confondre ici avec un autre oiseau du printemps qui pourrait être le loriot.

En outre, le rythme saisonnier, yin-yang, des migrations de l’hirondelle s’accompagne d’une métamorphose : elle se réfugie dans l’eau (yin, hiver) où, rapporte Lie-Tseu, elle devient coquillage, puis redevient hirondelle, en accompagnant le mouvement ascendant du soleil (yang, été).

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Dans le même sens, Isis se transformait en hirondelle, la nuit, tournoyant autour du cercueil d’Osiris et se lamentant en des cris plaintifs, jusqu’au retour du soleil. Symbole de l’éternel retour et annonce de la résurrection. Sur les tombeaux des Egyptiens l’hirondelle signifiait la vie après la mort. 

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L’hirondelle est représentée dans le domaine mythique celtique par le nom de Fand, épouse du dieu de la mer Manannan. Tombée amoureuse de Cùchulainn, elle l’invite dans l’autre monde et il passe un mois auprès d’elle. Puis, il l’abandonne et est repris par sa femme Emer. Avec beaucoup de mélancolie, Fand retourne alors vers son mari, qui est revenu la chercher. Un autre personnage mythique en relation avec le nom de l’hirondelle est Fandle, l’un des trois fils de Nechtan Scene, tué par Cùchulainn lors de sa première expédition sur la frontière de l’Ulster. Fandle était d’une extrême légèreté et combattait au-dessus de l’eau. L’hirondelle apparaît, là encore, liée à un symbolisme de la fécondité, de l’alternance et du renouveau.

Au Mali, l’hirondelle est un auxiliaire, une manifestation, du démiurge Faro, maître des eaux et du verbe et expression suprême de la pureté, par opposition à la terre, originellement souillée. L’hirondelle doit son rôle important au fait qu’elle ne se pose jamais sur la terre : elle est donc exempte de souillure. C’est elle qui recueille le sang des victimes des sacrifices offerts à Faro, pour l’emporter dans les espaces supérieurs, d’où il redescendra sous forme de pluie fécondante. Elle joue donc un rôle de véhicule dans le mécanisme cyclique de la fécondation de la femme, par l’intermédiaire du jus de la tomate sauvage, qu’elle porte également au ciel. 

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L’hirondelle est le symbole du renoncement et de la bonne compagnie en Islam ; elle est appelée « l’oiseau du paradis ». Chez les Persans, « le gazouillement de l’hirondelle sépare les voisins et les camarades ; elle signifie solitude, émigration, séparation, sans doute à cause de sa nature d’oiseau migrateur.

Une légende hellénique raconte aussi que Pandion, roi de l’Attique, épousa une naïade, nommée Zeuxippé et dont il eut deux fils : Erechté et Boutès, mais aussi deux filles : Philomèle et Procné. Alors que Pandion régnait sur l’Attique, à Thèbes c’était Labdacos qui était roi : les peuples de ces deux royaumes n’arrivaient pas à s’entendre et la guerre éclata entre Thèbes et Attique. Pandion s’allia avec le roi de Thrace, Térée qui, disait-on, était le fils d’Arès, Mars chez les Romains. Et, pour mieux sceller l’alliance, Pandion lui donna en mariage sa fille aînée, Procné. Bientôt, celle-ci eût un fils, nommé Itys. Cependant, Procné s’ennuyait à Thrace, loin d’Athènes et ce qu’elle souhaitait le plus au monde c’était de faire venir auprès d’elle sa sœur Philomèle. Térée y consentit et partit chercher la jeune fille. Mais pendant le voyage de retour, Térée tomba amoureux de Philomèle et lui fit violence. Puis, pour l’empêcher de se plaindre à sa sœur, il lui coupa la langue.  

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                                                      Procné et Philomèle par William Adolphe BOUGUEREAU (XIXe siècle)                                                                           

Musée National du Château de Fontainebleau

Cependant, Philomèle imagina un moyen de se faire entendre et sur une tapisserie, elle broda l’histoire de la violence qui lui avait été faite. Procné décida de la venger. Pour cela, elle tua Itys son propre fils, le fit bouillir, et donna sa chair à manger à Térée. Après quoi, elle s’enfuit avec sa sœur. Lorsqu’il comprit ce que sa femme avait fait, Térée saisit une hache et se lança à la poursuite des deux sœurs. Il les rejoignit à Daulis, en Phocide. Cependant, en le voyant arriver, Philomèle et Procné implorèrent les dieux qui eurent pitié d’elles et les transformèrent en oiseaux. Procné devint une hirondelle et Philomèle, un rossignol. Térée fut lui aussi métamorphosé en oiseau et devint une huppe.

« L’hirondelle est venue, ramenant le beau temps, annonçant les années heureuses ».

Ainsi chantaient les enfants en Grèce pendant l’Antiquité, à la fin de l’hiver, en promenant un simulacre d’hirondelle en bois, aux ailes mobiles fixées à l’extrémité d’un bâton, décoré d’épis et de plantes vertes. En écho à cette coutume, on retrouve dans l’ensemble des pays balkaniques la célébration du retour des hirondelles fixée symboliquement au 1er mars et

les enfants promènent toujours une hirondelle, cette messagère du printemps et de l’éternel retour, en accomplissant à la même occasion des rites de fécondité et d’abondance.

Plus près de nous, en Lorraine et plus particulièrement dans la région de Metz, on assure que l’hirondelle préserve de la foudre et porte bonheur à la maison qu’elle choisit pour y bâtir son nid. On dit encore que celui qui tue une hirondelle deviendra victime d’un malheur.  

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Dans le Petit Dictionnaire des Traditions populaires Messines, on apprend que les hirondelles arrivent le jour de l’Annonciation, le 25 mars, et qu’elles quittent le pays le 8 septembre, le jour de la nativité de la Vierge.

Tout aussi poétique et charmant, Jules Renard disait : « L’accent circonflexe est l’hirondelle de l’écriture ». Quant à Henri Lacordaire, il affirmait : « Il n’y a que le cœur qui aille aussi vite que les hirondelles ».

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La Vierge à l’hirondelle – Carlo Crivelli – Eglise San Francesco in Matelica

Il existe aussi une Madone à l’hirondelle. C’est une œuvre de Carlo Crivelli, commanditée en mars 1490 par Ranuzio Ottoni et Giorgio di Giacomo, du couvent franciscain, pour l’église San Francesco in Matelica (*). L’œuvre fut réalisée entre 1490 et 1492. C’est une Vierge à l’Enfant, entourée de saint Jérôme et de Saint Sébastien, nommée par la suite « Vierge à l’hirondelle » pour l’oiseau perché au-dessus de la Vierge, sur le retable, symbole de la Résurrection.

En fait, c’est depuis toujours que l’hirondelle est un symbole de résurrection puisque avec sa venue, la nature revit après sa mort hivernale. Elle l’est également parce qu’on lui attribuait, chez les Anciens, la capacité de donner la vue à ceux de ces petits qui seraient nés aveugles, grâce au suc de la chélidoine, plante employée pour soigner les verrues et qu’on appelle aussi « l’herbe des hirondelles ».

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La Chélidoine ou l’herbe des hirondelles

Selon Pline l’Ancien, le sang des hirondelles entrait dans la composition des collyres. Cette possibilité de redonner est un autre symbole de résurrection puisque le Christ ouvrait les yeux des ressuscités. Et pourtant, dans les légendes populaires, celui qui tue une hirondelle est menacé de cécité.

Quant aux premiers Chrétiens, ils ont vu en elle le symbole de la prière puisqu’un verset de la Bible rappelle : « Comme l’hirondelle, je pépie. Mes yeux faiblissent à regarder en haut » ; un autre verset fait de l’hirondelle un symbole d’habitation dans la maison de Dieu : « Le passereau a trouvé une maison et l’hirondelle un nid où poser ses petits : tes autels, Yahvé Sabaot, mon Roi et mon Dieu ».

Et puis, durant la « Drôle de guerre », l’hirondelle devint un symbole d’espoir. En effet, pour tromper leur attente des soldats ont peint avec des moyens de fortune une hirondelle sur l’un des murs de la casemate qui les abritait.

Enfin, à Paris, il existe la rue de l’Hirondelle. C’est une voie très ancienne de la rive gauche de Paris. Connue dès 1200 sous le nom d’Arrondale-en-Laas. Elle s’appela ensuite celui d’Hyrondale, de Lyrundelle et enfin d’Irondelle, en relation avec une enseigne représentant une hirondelle, en vieux français on disait arondale.

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Rue de L’Hirondelle – Paris 6e

En 1855, la création de la place Saint-Michel l’amputa sur près de la moitié de sa longueur. Aujourd’hui, cette rue étroite présente la particularité de communiquer avec la place Saint-Michel par un escalier et un passage voûté discret, ce qui lui donne l’aspect tranquille d’une impasse retirée dans un quartier très animé.

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matelica-macerata-marche-italia (*) Matelica est une petite ville située dans la région des Marches, en Italie centrale, dans la province de Macerata.

 

 

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

Fêtes et croyances populaires en Europe – Yvonne de Sike – Editions Bordas

Petit Dictionnaire des Traditions populaires Messines

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L’URANIUM… D’URANUS…

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 11-02-2011

L’uranium est un élément naturel, blanc argenté, brillant, dense et faiblement radioactif. L’uranium est un métal. Il se trouve donc dans la nature, en quantités variables mais faibles, notamment dans les roches, le sol, mais aussi dans l’eau, l’air, les plantes, les animaux et les êtres humains. Ainsi, il est présent dans l’organisme humain approximativement pour 90 microgrammes qui proviennent de l’air, de l’eau et même des aliments absorbés. Environ 66 % se situent dans le squelette, 16 % dans le foie, 8 % dans les reins et les   10 % restants occupent les autres tissus. 

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Uranium brut

Cet élément naturel est assez fréquent, d’une abondance supérieure à celle de l’argent, comparable à celle de l’arsenic. Il se trouve en fait partout à l’état de trace, y compris dans l’eau de mer.

C’est en 1789 que l’Uranium fut mis en évidence par le chimiste prussien Martin Heinrich Klaproth en examinant un morceau de roche qu’on lui avait apporté de Saint Joachimsthal. Klaproth le nom « d’Urane » ou « uranite » au composé qu’il venait d’identifier, en référence à la découverte de la planète Uranus faite par William Herschel huit ans plus tôt en 1781.

Ce n’est qu’en 1841 que le chimiste français Eugène-Melchior Péligot établit que l’urane était composé de deux atomes d’oxygène et d’un métal qu’il isola et nomma uranium. Il estima alors la masse volumique de l’uranium à 19 g/cm3. Toutefois, encore un Français, Henri Becquerel, qui découvrit la propriété radioactive de l’uranium, mais beaucoup plus tard, en 1896, lorsqu’il constata que des plaques photographiques placées à côté de sels d’uranium avaient été impressionnées sans avoir été exposées à la lumière. Les plaques avaient été noircies par les rayonnements émis par les sels : c’était la manifestation d’un phénomène jusqu’alors inconnu, la radioactivité naturelle.

L’Uranium est un métal lourd radioactif. Sa faible radioactivité génère une puissance de 0,1 watt par tonne ce qui en fait avec le thorium la principale source de chaleur qui tend à maintenir les hautes températures du manteau terrestre, en ralentissant de beaucoup son refroidissement. Cette énergie est de plus d’un million de fois supérieure à celle des combustibles fossiles pour une masse équivalente. De ce fait, l’uranium est devenu la principale matière première utilisée par l’industrie nucléaire. 

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Glyphe d’Uranus

En astrologie, Uranus représente la force cosmique qui provoque des changements et des bouleversements subits, brusques et imprévus, des interventions, des créations originales et du progrès. Ses domaines de prédilection sont l’électricité, l’aviation, le cinéma, la télévision, l’informatique et bien sûr le nucléaire. Par ailleurs, l’esprit nouveau qui souffle depuis deux siècles sur l’humanité provient principalement de cet astre, qui est aux yeux des astrologues le vrai créateur du monde moderne, fondé sur les principes de la Révolution française (1789) au plan social, et sur le machinisme et l’industrialisation dans la sphère du travail.

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1789 – Révolution Française : Prise de La Bastille

Le domicile d’Uranus est le Verseau qu’il partage avec Saturne. Au moment de sa découverte par William Herschel en 1781, Uranus occupait le signe des Gémeaux, le signe zodiacal qui gouverne les Etats-Unis. La civilisation de ce pays, en bien comme en mal, est la manifestation la plus parfaite à ce jour de l’influx uranien : son prodigieux dynamisme, l’égalité des sexes, la mentalité de jeune pionnier, les principes démocratiques coexistant avec le régime présidentiel, la première industrie du monde, le problème noir, la brutalité, le gangstérisme, tout, jusqu’à Hollywood et à la chaise électrique, porte la marque distinctive d’Uranus. Le processus uranien se situe, à l’origine, comme un moment de la colère du Chaos : c’est l’éveil du feu primordial.  

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Bibliographie 

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins

 

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DANS LE MONDE DE SATURNE… LE PLOMB

(08 - LES PIERRES ET METAUX DU ZODIAQUE) par sylvietribut le 17-01-2011

Symbole de la lourdeur et de l’individualité inentamable… Telle est sa définition. Mais on dit aussi : « Métal pesant, il est traditionnellement attribué au dieu séparateur, Saturne, la délimitation. C’est ainsi que, pour la transmutation du plomb en or, les alchimistes cherchaient symboliquement à se détacher des limitations individuelles, pour atteindre les valeurs collectives et universelles ». 

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Selon Paracelse, le plomb serait « l’eau de tous les métaux…Si les alchimistes connaissaient ce que contient Saturne, ils abandonneraient toute autre matière pour ne travailler que sur celle-là. Ce serait la matière de l’œuvre parvenue au noir ». Le plomb blanc s’identifierait au mercure hermétique. Il symboliserait la matière, en tant qu’elle est imprégnée de force spirituelle, et la possibilité des transmutations des propriétés d’un corps en celles d’un autre, ainsi que des propriétés générales de la matière en qualités de l’esprit. Le plomb symbolise la base la plus modeste d’où puisse partir une évolution ascendante.  

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Le plomb est relativement abondant dans la croûte terrestre et c’est d’ailleurs l’un des métaux des plus anciennement connus. On en a retrouvé des pigments recouvrant des tombes et même des dépouilles préhistoriques, c’est-à-dire environ 40 000 ans avant Jésus-Christ, ainsi que sur différents objets.

En dépit de sa toxicité, probablement en raison de sa facilité d’extraction, mais aussi de sa grande malléabilité et de son bas point de fusion, le plomb a été utilisé à l’âge de bronze, durci par l’antimoine et l’arsenic trouvés sur les mêmes sites miniers.

Le plomb est mentionné dans les écritures cunéiformes sumériennes, sous le vocable de « a-gar », il y a près de 5 000 ans, ou encore dans l’Exode, rédigé il y a plus de 2 500 ans. Il était considéré comme un sous-produit des mines d’argent.

A travers les siècles, de nombreux écrits relatent la présence du plomb aussi bien dans les cultures que dans les objets. Les Sumériens, les Egyptiens, les Grecs, les Hébreux ou encore les Romains savaient extraire le plomb. Ensuite, ils l’utilisaient pour colorer et émailler des céramiques, lester des hameçons, sceller les amphores, fabriquer des objets usuels et le plomb entrait même dans la fabrication des fards et du kohl. Cela se situait entre 4 000 et 2000 ans avant Jésus-Christ. On a d’ailleurs retrouvé des tuyaux de plomb sur les sites antiques romains, dont Pompéi et Herculanum. 

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Caducée sur pièce de monnaie romaine en plomb

Au Moyen Age, les alchimistes croyaient que le plomb était le métal le plus ancien et le plus froid et l’associaient à la planète Saturne. D’ailleurs, c’est pourquoi l’intoxication au plomb est appelée « saturnisme ». En fait, dès l’Antiquité la toxicité du plomb était connue des médecins et des mineurs, esclaves et prisonniers. Les Romains l’utilisaient sous forme d’acétate de plomb pour conserver et sucrer leur vin et ils s’étaient rendu compte que les gros buveurs, dont la classe aristocratique, souffraient d’intoxication au plomb. Plus tard, les symptômes spécifiques ont été décrits, associés à des métiers tels que les fondeurs, les peintres en bâtiment, artisans fabricants de vitraux et bien sûr les mineurs.

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Vitrail selon la technique du plomb

Le décès d’un enfant en Australie à la fin du XIXe siècle, suite à une intoxication au plomb, fut le premier cas à sensibiliser un gouvernement. Mais ce fut à la suite de l’étude de nombreux cas d’intoxication qu’une réglementation, que des recommandations et un dépistage se sont progressivement mis en place dans les pays riches, en Europe et aux Etats-Unis. Et c’est ainsi que le plomb fut interdit pour la confection des tuyaux de distribution de l’eau potable, d’abord en Suisse dès 1914, mais bien plus tardivement dans d’autres pays. Quant aux peintures au plomb, elles furent interdites en 1948 en France, mais l’interdiction totale des canalisations en plomb ne date que de 1995.

Dans le folklore français, les noces de plomb correspondent à 14 ans de mariage. Par ailleurs, le « Plomb » est le 5e niveau dans la progression de la Sarbacane Sportive.

Dans le vocabulaire et la dialectique le plomb symbolise la lourdeur ou l’oppression puisqu’on dort « d’un sommeil de plomb », on subit « un soleil de plomb », un projet qui rencontre des difficultés semble « avoir du plomb dans l’aile », pendant qu’une « chape de plomb » s’abat sur les pays qui s’enferment dans les dictatures ou sur les affaires sur lesquelles un gouvernement ne veut pas communiquer.

Pour les enfants, la devinette marche toujours… Est-ce le kilo de plomb qui pèse plus lourd que le kilo de plumes ? 

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Connaissez-vous la Molybdomancie ?

C’est tout simplement une méthode de voyance par le plomb ou un métal fondu. Cette technique consiste à laisser tomber du plomb en fusion dans de l’eau. Elle serait utilisée dans l’Est de l’Europe. Cependant, la difficulté de se procurer et de manier le métal inviterait à se rabattre sur la cire, tout compte fait moins dangereuse et plus maniable à tout niveau, d’où la Ceromancie pour certains et Ciromancie pour d’autres.

En attendant…toujours pas trouvée la formule pour transformer le plomb en or…  

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Alain Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins.

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