LES ELEMENTS DANS LA SYMBOLIQUE ET L’ASTROLOGIE

(5.1 - Généralités) par sylvietribut le 20-09-2009

La théorie chinoise de cinq éléments dateraient du deuxième millénaire avant notre ère et serait apparue dans un petit traité, qui passe pour être le plus ancien de la philosophie chinoise : le Hong-Fan.

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Ces Cinq Eléments sont : l’eau, le feu, le bois, le métal et la terre, que les Chinois font correspondre aux cinq premiers nombres : 1, 2, 3, 4, 5.

Ces éléments ont des correspondances dans le temps et dans l’espace :

. L’eau avec le bas, l’hiver, le Nord (situé au bas de la carte) ;

. Le feu avec le haut, l’été, le Sud ;

. Le bois avec le printemps et l’Est ;

. Le métal avec l’automne et l’Ouest ;

. La terre est au centre, prêtant son assistance à tous les autres points et éléments.

A chaque élément, les Chinois ont fait correspondre également un animal, un viscère, une couleur, une saveur, une plante, un mode de l’échelle musicale pentatonique, une planète, ce qui les amenait à dire que tout ce qui se trouvait sur la Terre pouvait être sous la dépendance d’un élément.

Naturellement, il est impensable de vouloir faire agir les éléments, sans se reporter à l’action du Yin et du Yang.

Les Cinq éléments réagissent les uns sur les autres, tour à tour se produisant l’un de l’autre, ou se détruisant l’un par l’autre. Ce principe de classement et d’équivalence répond au besoin d’harmoniser la vie humaine et l’ordre cosmique, le Yin et Yang ayant eux pour fonction d’animer les aspects antithétiques de l’ordre cosmique, c’est-à-dire des éléments le composant ; il est clair que la théorie des Cinq Eléments ne peut se concevoir sans eux.

Pour les Grecs, comme pour la plupart des traditions, les éléments sont au nombre de quatre : le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau. Mais ils ne sont point irréductibles entre eux ; au contraire, ils se transforment les uns dans les autres (Platon, Timée). Ils procèdent même les uns des autres avec une rigueur qui atteint celle des raisonnements mathématiques. Aussi, leur théorie est-elle liée, dans le Timée, à celle des Idées et des Nombres, et à celle de la Participation qui est au cœur de la dialectique platonicienne. Chacun de ces éléments se subdivise en variétés, selon les mesures de la participation et des mélanges. Ainsi distingue-t-on trois sortes de feu, la flamme brûlante, la lumière, les résidus incandescents de la flamme. Un cinquième élément était rattaché tantôt à l’Air, tantôt au Feu, l’Ether.

Ces éléments ont leur correspondance dans la symbolique fondée sur l’analyse de l’imaginaire. Chacun d’eux est conducteur vers une autre réalité que lui-même. Les travaux de Gaston Bachelard sont à cet égard d’une extraordinaire richesse. Ils montrent comment l’image de l’Air est à la base de toute une psychologie ascensionnelle, qui a elle-même ses contraires dans l’envol et dans la chute, comme les quatre éléments correspondent aux quatre tempéraments :

. L’Eau au lymphatique,

. La Terre au bilieux,

. L’Air au sanguin,

. Le Feu au nerveux. 

Les quatre éléments sont à la base de ce que Bachelard a appelé « l’imagination matérielle » :

« Cet étonnant besoin de pénétration qui, par-delà les séductions de l’imagination des formes, va penser la matière, rêver la matière, vivre dans la matière ou bien – ce qui revient au même – matérialiser l’imaginaire… La physiologie, de l’imagination, plus encore que son anatomie, obéit à la loi des quatre éléments ».

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Il considère les quatre éléments : 

« Comme les hormones de l’imagination. Ils mettent en action des groupes d’images. Ils aident à l’assimilation intime du réel dispersé dans ses formes. Par eux s’effectuent les grandes synthèses qui donnent des caractères un peu réguliers à l’imaginaire. En particulier, l’air imaginaire est l’hormone qui nous fait grandir psychiquement ». 

L’analyse de Jung reprend la distinction traditionnelle entre les principes actifs et masculins, Air et Feu, et les principes passifs et féminins, Eau et Terre. Les diverses combinaisons de ces éléments et de leurs rapports symbolisent la complexité et la diversité infinie des êtres ou de la manifestation, ainsi que leur perpétuelle évolution d’une combinaison à une autre, suivant la prédominance de tel ou tel élément. Sur le plan intérieur et spirituel, c’est également l’évolution psychique qui se trouve évoquée par la valence de conducteur propre à chaque élément. Le Feu est souvent considéré comme l’élément moteur, qui anime, transforme, fait évoluer de l’un à l’autre les trois états de la matière, solide (Terre), liquide (Eau), gazeux (Air). L’être de Feu symbolise l’agent de toute évolution. 

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La prise en considération des éléments comme symboles relie l’astrologie à la doctrine antique des grands philosophes : Pythagore, Empédocle, Platon, Aristote… selon laquelle les divers phénomènes de la vie se ramènent aux manifestations des éléments qui déterminent l’essence des forces de la nature, celle-ci réalisant son œuvre de génération et de destruction au moyen des éléments : l’Eau, l’Air, le Feu et la Terre. Chacun d’eux est issu de la combinaison de deux principes primordiaux : 

. L’Eau procède du Froid et de l’Humide,

. L’Air de l’Humide et du Chaud,

. Le Feu du Chaud et du Sec,

. La Terre du Sec et du Froid.

Chacun d’eux est représentatif d’un état : liquide, gazeux, igné et solide. Et à chacun d’eux est assimilé un ensemble de conditions données de la vie, et cela dans une conception évolutive où le déroulement du cycle commence avec le premier élément (Eau) pour finir avec le dernier (Terre) en passant par les termes intermédiaires (Air et Feu). Nous avons ainsi un ordre quaternaire de la nature, des tempéraments et des étapes de la vie humaine :

. Hiver, printemps et automne ;

. Minuit au lever, lever au midi, midi au coucher, coucher au minuit ;

. Lymphatique, sanguin, bilieux, nerveux ;

. Enfance, jeunesse, maturité, vieillesse ;

. Formation, épanouissement, culmination, déclin…

C’est sur la base de ces valeurs universelles que reposent les opérations de l’alchimie, de l’astrologie et des disciplines ésotériques.  

La symbolique maçonnique a établi un tableau de correspondance entre les éléments et les principaux degrés de l’ascension initiatique. Dans cette initiation maçonnique, notes Jules Boucher, le Récipiendaire sort d’abord de la Terre. Il est ensuite, successivement, purifié par l’Air, par l’Eau et par le Feu. Il s’affranchit par paliers de la Vie matérielle, de la Philosophie et de la Religion et parvient enfin à l’Initiation pure.

 

              

ELEMENTS

 

 

FEU

EAU

AIR

TERRE

 

PARTIES DE L’ETRE HUMAIN

 

 

Esprit

Ame

Mental

Corps

              

DEGRES

 

 

Initiation

Religion

Philosophie

Vie matérielle

 

 

                      

Le même auteur rapproche ce tableau des données de l’astrologie traditionnelle :

. A l’élément Feu correspond l’ardeur et l’enthousiasme,

. A l’élément Eau, la sensibilité et l’émotivité,

. A l’élément Air, l’intellectualité,

. A l’élément Terre, la matérialité. 

Les correspondances zodiacales avec les éléments sont les suivantes :

                                . Feu : Bélier, Lion, Sagittaire,

. Eau : Cancer, Scorpion, Poissons,

. Air : Gémeaux, Balance, Verseau,

. Terre : Taureau, Vierge, Capricorne. 

Il est intéressant de remarquer ici que la tradition mystique musulmane, soufi, établit entre les quatre degrés d’évolution initiatique et les quatre éléments des rapports strictement contraires : Air, Feu, Eau, Terre, ce qui s’explique comme suit :

. La réalité apparente étant purement illusoire n’a aucune matérialité, c’est l’élément Air, 

. Celui qui s’engage sur un chemin de perfection (Tarik) commence donc par brûler en lui les images de cette réalité illusoire, c’est l’élément Feu, 

. Grâce à quoi il commence à appréhender la divine et unique réalité, d’abord en ce qu’elle a de plus fluide et imprécis, c’est l’élément Eau, 

. Et il parvient enfin à se fondre dans la totale et unique réalité, le Hak, la divinité, seul véritable solide, c’est l’élément Terre.   

Les figures traditionnelles des quatre éléments sont les lignes suivantes, avec des variations ornementales diverses autour du thème central :

                        . Eau : les vagues

                        . Air : les volutes

                        . Feu : les éclairs

                        . Terre : les carrés.

Les triangles et les carrés, associés aux éléments Feu et Terre, renvoient à la symbolique des nombres trois et quatre, et aident notamment à comprendre la valeur mâle liée au nombre trois et la valeur femelle, liée au nombre quatre.

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Bibliographie :

Dictionnaire des Symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont/Jupiter – Collection Bouquins 

 

 

 

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ASTARTEE : UNE DEESSE LUNAIRE

(06 - MYTHES, LEGENDES, TRADITIONS ET SYMBOLISME) par sylvietribut le 06-07-2009

La mythologie évoque une déesse lunaire d’origine phénicienne, la déesse Astarté. Des œuvres de poètes grecs et romains nous parlent d’elle et le Nouveau Testament la cite sous des noms différents. Astarté présentait un caractère belliqueux, implantée dans la mythologie égyptienne sous les Ramessides. A califourchon sur son cheval, elle accompagnait et protégeait le souverain. Elle devint la fille de Rê ou de Ptah, et était une des compagnes de Seth.

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Athtart à Ougarit, Shaushka ou Shaushga chez les Hourrites, Ashtart en langue punicophénicienne, elle est l’équivalent de la déesse mésopotamienne Ishtar (pour les Babyloniens) ou Inanna (pour les Sumériens).

venere-ericina3Elle semble avoir comme descendance Aprodithe en Grèce, Turan en Etrurie et Vénus à Rome, sous le nom officiel de Venere Ericina. Elle était Tanit chez les Carthaginois. Tanit était une déesse d’origine phénicienne de la fertilité, présidant aux naissances et à la croissance. Elle était la déesse tutélaire de la ville de Sarepta et son culte prit de l’ampleur à Carthage où elle était nommée Oum.  

Il semble que dans ses temples phéniciens, la déesse Astarté était une espèce de bonne à tout faire pour les problèmes féminins et maternels. Astarté, nous dit-on, fut la reine des cieux, déesse de la Lune, mère de toute la vie sur la Terre, déesse des mers et des poissons. Les Grecs disaient que le temple d’Astarté constituait une grande attraction touristique, qui attirait des visiteurs de tous les pays d’Asie, offrant toutes sortes de divertissements et d’orgies. Mais au sujet d’Astarté, on raconte bien d’autres histoires, plus édifiantes. 

Après la période phénicienne, cette déesse fut vénérée en Egypte en tant que divinité de la Lune miséricordieuse. Dans son temple, comme nous le rapportent des manuscrits de la XXe dynastie, on guérissait les malades. Les légendes sur l’activité de la tribu Mage, à laquelle appartenait le prophète Homanes et les récits sur Ptah pourraient donc être considérés comme les marches conduisant au temple de la guérisseuse Astarté, la déesse de la Lune qui connaissait les secrets capables de provoquer les maladies et aussi de les guérir.  L’historien anglais John A. Wilson estime que l’art de guérir les malades en Egypte est né pendant la Ve dynastie, entre 2468 et 2328 avant Jésus-Christ. Il n’existe pas de documents originaux qui décrivent les méthodes des médecins de l’époque, mais l’on a retrouvé des copies sur papyrus écrites vers le XVIIe siècle avant Jésus-Christ. Ces documents extraordinaires sont le « papyrus Ebers » et le « papyrus Edwin Smith ». Le premier décrit les fonctions du cœur. Il s’agit d’un texte écrit il y a environ quatre mille ans qui explique comment cet organe « s’exprime » dans les différentes parties du corps humains. Le texte traite également des différentes relations organiques entre le cœur et le corps. Le papyrus Edwin Smith s’intéresse aux fractures des membres et donne une liste de méthodes de soins et de médicaments qu’on appellerait aujourd’hui des médicaments phytothérapeutiques. Il traite également des rapports entre les astres les organes du corps humain. John A. Wilson remarque que l’on y trouve des recettes d’herbes médicinales mêlées de notions de magie. 

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La déesse Astarté était représentée de deux façons. Au début, elle était vue comme une femme commune, probablement avec l’image qu’avaient d’elle les tribus qui passèrent de Phénicie en Egypte à la recherche de moyens de subsistances. Elle était vénérée dans le temple du dieu Baal ou Moloch. Astarté, déesse de la Lune, de la fécondité et de la maternité, ainsi que des plaisirs de la chair, était associée au dieu du ciel, au maître du Soleil, Baal, cruel et sans merci, comme les rayons de cet astre brûlaient la Terre et la vie à sa surface. Pour apaiser Baal, on sacrifiait la vie que la déesse de la Lune avait créée. Astarté, déesse mère de toute la vie sur la Terre, ne pouvait pas défendre les enfants nés de sa fécondité. 

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Dans la déesse de la Lune Astarté, nous pouvons reconnaître les origines historiques de la position sociale de la femme et les changements que le statut de la femme a subis dans la culture des différentes époques.

La statue du dieu Baal se trouvait dans le temple d’Astarté, mais aussi en plein air, de préférence sur une hauteur. La représentation du dieu, à l’extérieur du temple, était un four métallique surmonté d’une tête de taureau et muni de deux bras à la hauteur d’une grande ouverture. Le sacrifice se faisait de manière à ce que l’enfant, placé par les prêtes dans les bras du monstre brûlant, tombe en se tordant de douleur dans l’ouverture.

le-dieu-baalLe dieu Baal

Un autre type de déesse Astarté a été adoré, toujours en compagnie du dieu Baal, à Carthage, ville née en 814-813 avant Jésus-Christ, près de l’actuelle Carthage en Tunisie. La déesse Astarté de Carthage, comme l’appelaient les Romains, était splendide et portait un casque et un sceptre. Astarté était la divinité principale de la ville. Là encore, dans son temple, on sacrifiait à Baal des enfants vivants.

Cela voudrait-il démontrer qu’Astarté, éblouissante et majestueuse, approuvait le sacrifice des enfants ? Toutes les femmes en tout cas n’étaient pas prêtes à applaudir cette cruauté. L’historien allemand Peter Michkwitz a affirmé en 1875 que certains soldats romains qui assistèrent à des sacrifices d’enfants vivants à Carthage racontèrent, de retour à leurs camps en Sicile, qu’autour du temple de la déesse Astarté, on obligeait les mères désespérées à assister en souriant au sacrifice de leurs enfants. D’où, toujours selon l’historien allemand, découla la mode de s’exercer à sourire méchamment, rictus que les Romains de l’époque baptisèrent « sourire sardonique ».

Au-delà du caractère anecdotique de ces récits, nous pouvons constater que dans l’ancienne Egypte, sous la protection de la déesse de la Lune Astarté, la femme réussit à évoluer et à devenir savante libre, prêtresse en possession de secrets capables de guérir les malades et de vaincre la mort. Au contraire, dans le monde gréco-romain, la femme fut soumise à l’homme, même dans son rôle de mère, bien après le christianisme : ainsi Astarté consentait au sacrifice de ses propres enfants en honneur de Baal.

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Bibliographie : Les pouvoirs de la Lune – E. LUKAS – Editions DE VECCHI POCHE

  

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