DANS L’HERBIER DU BELIER… L’ESTRAGON

(07- DE LA PLANTE A L'ETOILE) par sylvietribut le 17-04-2017

En italien on l’appelle « dragoncello », le petit dragon. C’est une plante herbacée vivace, semi-persistante de la famille des Astéracées, originaire d’Asie centrale, cultivée pour ses feuilles parfumées à usage condimentaire. L’estragon fait partie de la liste des plantes reprise dans le Capitulaire de Villis, du VIIIe siècle.

La forme serpentine de la racine de l’estragon faisait croire aux herboristes d’autrefois que la plante pouvait guérir les morsures d’animaux venimeux, selon la Théorie des Signatures.

Herbe aromatique et médicinale traditionnelle, l’estragon a révélé par la suite posséder des propriétés anti-oxydantes qui limitent les dommages causés par les radicaux libres dans l’organisme. Ses propriétés comme anti-allergène restent à quantifier. En revanche, son action apaisante sur le système nerveux central préconisée en cas d’insomnie, d’anxiété ou de spasmophilie, n’a pas été éprouvée.

BOUQUET D'ESTRAGON

Bouquet d’estragon

Herbe de Feu, l’estragon est chargé de l’énergie de l’instinct, de la force vitale brute de la nature et du souffle du Dragon. Polyvalent et très efficace pour le courage, la protection et la force, l’estragon doit être employé en quantités limitées car il est très puissant.

Cette plante contient des quantités non négligeables de vitamine K, les personnes prenant des médicaments anticoagulants doivent donc limiter sa consommation. C’est aussi une source intéressante de fer et de manganèse.

L’huile essentielle d’estragon est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des feuilles. Il faut environ 100 kg de plantes séchées pour obtenir 1 kg d’huile essentielle. Celle-ci est dangereuse en cas d’usage abusif. Elle est aussi connue pour ses propriétés abortives.

Enfin, en cas de hoquet, on recommande de mâcher une feuille d’estragon ou de prendre trois ou quatre gouttes, pour un adulte, de son huile essentielle sur du sucre pour stopper le hoquet.

L'ESTRAGON - FICHE BOTANIQUE

L’estragon – Fiche botanique

L’estragon symbolise la victoire sur nos monstres intérieurs imaginaires pour vivre sans peur. On dit que l’estragon naquit là où le Dragon de l’Eden, chassé, posa les pieds. On reconnaît l’estragon comme une plante excitante, fébrifuge et stomatique. Elle sert de condiment ou d’aromate pour le vinaigre. On laisse entendre que son parfum incline à la bonne conduite et favoriserait la longévité.

L’estragon est une armoise. Son nom scientifique est Artemisia dracunculus. Les médecins de l’Antiquité, tels Hippocrate et Pline l’Ancien, ont relayé dans leurs écrits une croyance populaire que l’estragon assurait une protection contre les morsures de serpents et autres bêtes venimeuses, en raison de l’aspect des racines de la plante en forme de serpents.

ARTEMIS ET LA BICHE

Artémise

Artémisia évoque la déesse de la chasse, l’Artémis de la mythologie grecque, la Diane chasseresse des Romains, et de ce fait l’estragon est également associé à la Lune, Artémis étant une des trois déesses lunaires, l’une des phases de la Lune, la Lune jeune. Elle était considérée comme protectrice des femmes dont elle régulait le cycle, ce sang menstruel sous l’influence de Mars et du Bélier. Les feuilles de l’Artemisia vultaris ont longtemps été utilisées en infusion dans ce but.

ESTRAGON

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DANS L’HERBIER DE LA BALANCE… LA VERVEINE

(6.6.7 - LES MYTHES DE LA BALANCE ET DE VENUS) par sylvietribut le 06-10-2016

On l’appelle aussi Verbena officinalis, Verveine officinale, Verveine commune ou des champs, herbe aux sorciers, herbe aux enchantements, herbe sacrée, herbe à tous les maux, guérit-tout, herbe du foie, herbe du sang. Les verveines sont des plantes de la famille des Verbenaceae.

Les Romains l’avaient dédiée à Vénus. Ils l’appelaient « Veneris herba » : herbe de Vénus ou « Veneris vena » : veine de Vénus, car ils la croyaient propre à rallumer les feux d’un amour près de s’éteindre ; ils en offraient des bouquets porte-bonheur pour le nouvel an, la mettaient à tremper dans de l’eau dont ils arrosaient les salles de banquet afin de réjouir le cœur des convives.

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Verveine

Chez les Gaulois, les druides, avant le sacrifice, lavaient leurs autels avec de l’infusion de fleurs de verveine alors que chez les Germains, les prêtresses s’en couronnaient. Plus tard, elle entra dans la confection de la plupart des philtres, surtout ceux d’amour. Elle servait aussi à prédire l’avenir, à jeter des sorts ou à les lever. Par exemple, le chasseur qui pensait avoir ratait son gibier parce qu’on avait ensorcelé son fusil, annulait le « mauvais œil » en frottant son arme avec de la verveine.

Pour protéger les maisons contre les esprits malins, on accrochait une branche de verveine à la porte. Aujourd’hui, certains disent encore qu’un enfant qui porte sur lui un brin de verveine qu’il sera bien élevé, éveillé, de bonne humeur et qu’il aimera les sciences.

La verveine a été, partout et longtemps, la plante magique par excellence. Si bien que le célèbre médecin Matthiole était encore en droit d’écrire à la fin du XVIe siècle : « Les magiciens perdent leur sens et entendement à l’endroit de cette herbe. Car ils disent que ceux qui s’en seraient frottés obtiendront tout ce qu’ils demanderont, ayant opinion que cette herbe guérit des fièvres et fait aimer la personne, et en somme, qu’elle guérit de toutes maladies et de plusieurs autres ».

Dans le calendrier républicain français, le 27e jour du mois de Prairial est officiellement dénommé « jour de la verveine ».

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La verveine – Planche botanique

Cette verveine associée à tous ces prodiges, est, bien entendu, l’’espèce indigène qui pousse spontanément en Europe depuis toujours, car il existe une autre variété, généralement plus connue, originaire d’Amérique u Sud, vraisemblablement du Chili, qui n’a été acclimatée, puis cultivée chez nous qu’après l’époque des grands navigateurs découvreurs de terres nouvelles.

Quoi qu’en disent certains auteurs, c’est la première, la sauvage offerte gratuitement par la nature, qui possède les vertus les plus marquées. D’ailleurs, c’est elle qui est « officinale » tandis que sa sœur venue du Nouveau Monde est connue des botanistes sous les noms de « Verbena triphylla », parce que ses feuilles sont groupées par trois sur sa tige ; et « Verbena citriodora » parce qu’elle dégage une odeur citronnée qui lui vaut d’être baptisée aussi « citronnelle ».

La verveine des champs pousse au bord des chemins et des fossés, en lisière des forêts, dans les prés sablonneux. Elle ne dépasse guère 40 à 60 cm de haut. Ses tiges principales sont quadrangulaires. Ses feuilles sont opposées deux par deux, élégantes car très découpées en lobes inégaux, le terminal était beaucoup plus grand. Ses fleurs sont petites, mauve pâle, avec un calice à cinq lobes, disposées au sommet des rameaux en épis assez allongés. Elle est légèrement aromatique quand on l’écrase.

verveine-officinale

La verveine officinalis

L’autre verveine, au contraire, se fait remarquer par sa forte odeur qui lui vaut d’être désignée communément sous l’étiquette parlant de « verveine odorante » et qui la fait employer aussi bien en parfumerie que pour masquer le goût désagréable de certaines tisanes.

Cultivée dans les régions méditerranéennes, c’est un véritable arbuste qui atteint souvent la taille d’un homme. Ses feuilles sont en forme de lance et ses fleurs, petites, rose violacée, en épis terminaux, sont en fait son seul point commun avec sa sœur.

Différentes dans leur aspect, les deux verveines le sont également dans leurs composants. L’analyse a démontré que la première est de loin la plus riche ; elle contient notamment un glucoside amer, la verbénaline, qui agit sur le foie et qui est tenu pour tonique, digestif, antinévralgique et fébrifuge. C’est pourquoi, lorsqu’on le peut, il est conseillé de leur accorder la préférence.

La verveine se prend en décoction légère : 50 gr de plante séchée : sommités fleuries et feuilles séchées à l’ombre le plus rapidement possible afin de leur conserver leurs couleurs, pour un litre d’eau ; tremper à froid pendant dix à quinze minutes ; chauffer et faire bouillir seulement quelques secondes ; laisser infuser dix minutes. On peut en boire trois à quatre tasses par jour.

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Tisane de verveine

La verveine est indiquée contre les maladies du foie, la jaunisse en particulier, mais aussi de la rate, la congestion de l’organe, et des reins car c’est un excellent diurétique, mais également en cas de digestions difficiles, de diarrhée, les gaz fébriles. On a même comparé son action à celle de la quinine. Elle est efficace également en cas de règles douloureuses et irrégulières, surtout lorsqu’elles sont accompagnées de migraine.

La verveine est également à usage externe, on fait cette même décoction, au besoin un peu plus corsée en augmentant la dose de plante, s’applique en compresses pour nettoyer et cicatriser les plaies et les ulcères, pour soulager la douleur en cas de foulure, d’ecchymoses et de névralgies faciales ; elle est indiquée en gargarismes contre les maux de gorge, en gains de bouche contre l’inflammation des gencives et la mauvaise haleine. Badigeonnée sur le front et les tempes, elle calme les maux de tête.

Une décoction concentrée ajoutée à l’eau de la baignoire procure un bain délassant et réparateur. Compter un sachet de 200 grammes pour deux litres d’eau.

Les cataplasmes de verveine appliqués le plus chaud possible, s’emploient couramment à la campagne en cas de lumbago et de points de côté douloureux. Compter deux grosses poignées de plante fraîche écrasée ou de plante séchée trempée à froid dix minutes, puis bouillies quelques secondes dans le minimum de vinaigre de vin.

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Bibliographie

Nos grand-mères savaient – La vérité sur les plantes et la vie naturelle – Jean Palaiseul – Editions Robert Laffont.

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UNE VILLE TAUREAU… TURIN… TORINO… LE PETIT TAUREAU

(6.3.2 - A l'étranger) par sylvietribut le 19-05-2015

L’histoire de Turin débute au IIIe siècle avant Jésus-Christ quand, le long des rives du Pô, s’installent les premières tribus celtiques à la recherche de plaines cultivables. Elles sont appelées « taurines », d’où le nom de leur première implantation : Taurasia. Plus tard, c’est-à-dire en 218 avant Jésus-Christ, lorsqu’Hannibal, arrivant d’Espagne, traverse les Alpes avec ses éléphants. L’effet de surprise est total chez Romains. Cependant, le général de Carthage se heurte à la résistance acharnée des tribus celto-ligures, les Taurins, établies dans les montagnes, et met trois jours à écraser leur village Taurasia. A l’époque de Jules César, on fait construire la Porta Palatina, présente aujourd’hui encore à côté de la Place de la République. Toute la Gaule cisalpine, dont la cité des Turins, est soumise peu à peu par Rome au cours des IIIe et IIe siècle avant Jésus-Christ.

L’importance stratégique du site, sur la route des Gaules et au confluent de quatre fleuves, pousse Rome à installer au 1er siècle avant Jésus-Christ, sous Auguste, une importante garnison militaire, et des structures marchandes propices à l’essor. La cité s’appelle alors Julia Augusta Taurinorum. Elle est déjà quadrillée par des rues droites et perpendiculaires, et protégée par de solides remparts, dont la Porta Palatina, l’ultime vestige de cette époque.

LE TAUREAU MASCOTE DE LA VILLE DE TURIN

Le Taureau mascotte de Turin

Le blason de la ville illustre cette origine avec son taureau rampant et doré, aux cornes d’argent, surmontées d’une couronne à neuf perles et d’une rangée de quartiers de lune. L’argent et les perles ne sont pas sans évoquer l’influence de la Lune dont le Taureau est le lieu d’exaltation de l’astre de la nuit.

La chute de l’empire romain marque le début des invasions barbares, des destructions et colonisations successives. Ducs lombards et comtes francs se succèdent à Turin jusqu’en 1563, date à laquelle Emmanuel-Philibert de Savoie décide d’y emménager la capitale de son duché alors situé à Chambéry. D’éminents architectes, comme Carlo di Castellamonte, Asciano Vitozzi d’Orvieto et Filippo Juvarra, construisent alors des palais richissimes, des places majestueuses et impriment à Turin son visage somptueux. On est bien dans l’univers opulent du Taureau.

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L’élégante et gourmande Turin

Après les guerres napoléoniennes, Turin devient un pôle d’attraction pour les patriotes du Risorgimento, cherchant à s’affranchir cette fois de la domination autrichienne. C’est l’époque des cafés historiques où l’on se retrouve pour discuter et espérer. En 1861, l’unité italienne est proclamée dans le Palazzo Carignano, siège de l’actuel Museo Nazionale del Risorgimento Italiano, et Turin devient la première capitale du pays. Toutefois, son nouvel homme fort, Victor-Emmanuel II, élu roi d’Italie, fera transférer cette jeune capitale à Florence.

Turin ne retrouvera son prestige qu’avec la fondation des usines Fiat par Giovanni Agnelli en 1899, et l’établissement de grands pôles industriels dans sa région. Turin participera également à l’avènement du cinéma italien, et à la naissance de la radio et télévision nationale, la RAI, avant de s’affirmer capitale industrielle du pays. Aujourd’hui, Turin reste la capitale du Piémont.

BLASON DE LA VILLE DE TURIN

Blason de la ville de Turin

Rambouillet, le 19 mai 2015

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